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	<title>L'An 02</title>
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	<description>L'An 02 est un outil &#233;colo de diffusion et de partage, un passeur d'id&#233;es hors des cercles confidentiels.
De 2011 &#224; 2015, L'An 02 a &#233;t&#233; une revue papier, en couleurs, multipliant les formes, notamment graphiques : photo-reportage, peinture, installation, typographie, bande dessin&#233;e. Cette dimension-l&#224; ne se retrouve que dans la revue papier, toujours en vente en librairie ou par correspondance. Retrouvez sur ce nouveau site tous les textes, un dossier au traitement mosa&#239;que enrob&#233; de chroniques grin&#231;antes, de lectures in-con-tour-na-bles et de reportages militants.
D&#233;sormais, L'An 02 propose &#224; chaque changement de saison une livraison de chroniques de livres r&#233;cents qui nous aident &#224; penser l'&#233;cologie politique, la d&#233;croissance et la technocritique.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>L'An 02</title>
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		<title>Main basse sur la for&#234;t de Born&#233;o</title>
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		<dc:creator>Aude Vidal</dc:creator>



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&lt;p&gt;&#192; Born&#233;o, la disparition de la for&#234;t tropicale est autant une pr&#233;occupation environnementale qu'une question de subsistance pour les populations autochtones. Reportage sur la partie malaisienne de l'&#238;le, dans l'&#233;tat du Sarawak. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Ils arrivent avec leurs bulldozers, ils s'en fichent : &#8220;Nous avons une licence&#8221; &#187;, se rappelle Jok Jau Evong, figure embl&#233;matique de la lutte contre la d&#233;forestation depuis les ann&#233;es 1980. Il raconte depuis son bureau o&#249; ronronne un ventilateur les premi&#232;res mobilisations (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-Reportages-" rel="directory"&gt;Reportages&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#192; Born&#233;o, la disparition de la for&#234;t tropicale est autant une pr&#233;occupation environnementale qu'une question de subsistance pour les populations autochtones. Reportage sur la partie malaisienne de l'&#238;le, dans l'&#233;tat du Sarawak.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ils arrivent avec leurs bulldozers, ils s'en fichent : &#8220;Nous avons une licence&#8221; &#187;, se rappelle Jok Jau Evong, figure embl&#233;matique de la lutte contre la d&#233;forestation depuis les ann&#233;es 1980. Il raconte depuis son bureau o&#249; ronronne un ventilateur les premi&#232;res mobilisations villageoises contre les compagnies d'exploitation du bois venues abattre la for&#234;t, privant les communaut&#233;s autochtones de leurs droits de propri&#233;t&#233;, les &lt;i&gt;native customary rights&lt;/i&gt; (NCR). De r&#233;sign&#233;es, les populations deviennent de plus en plus combatives, bloquent les routes menant aux sites et formulent parall&#232;lement des recours en justice pour faire valoir leurs droits sur leurs terres. Mais quelles terres ? Comme ici tout est affaire de cartes, Jok dessine un plan sommaire des habitats autochtones, ces &lt;i&gt;longhouses&lt;/i&gt; ou maisons communautaires o&#249; chaque famille a un appartement mais dont le vestibule est commun et abrite la vie sociale. Il peut y avoir jusqu'&#224; trente &#171; portes &#187; &#224; une m&#234;me maison. Les peuples Iban, Kayan, Kenyah, Kiput ou Lun Bawang b&#226;tissent leur maisons aux confluences (long) des rivi&#232;res, de part et d'autre de la fronti&#232;re entre la Malaisie et l'Indon&#233;sie, qui exerce son autorit&#233; sur le sud de l'&#238;le. Ils ont un pied dans la &lt;i&gt;temuda&lt;/i&gt; , les terres qu'ils cultivent (riz, l&#233;gumes et fruits), et un autre dans le &lt;i&gt;pulau galau&lt;/i&gt; , la for&#234;t o&#249; ils chassent et cueillent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1958 l'administration britannique a mis sur pied ce syst&#232;me de droits coutumiers des peuples autochtones qui leur accorde la propri&#233;t&#233; des terres dont ils font usage. Pas seulement les terres cultiv&#233;es, mais aussi la for&#234;t dont ils tirent le reste de leur subsistance, soit l'ensemble, la &lt;i&gt;pemakai menua&lt;/i&gt; . Elles sont propri&#233;t&#233; individuelle ou collective, mais toujours incessibles &#224; des non-membres de la communaut&#233;. Les Britanniques ont initi&#233; la mise en cartes du territoire, trac&#233; les limites entre les terres des diff&#233;rents villages, not&#233; les terres tomb&#233;es en d&#233;sh&#233;rence et oblig&#233; chaque village &#224; d&#233;clarer un changement de r&#233;sidence. Les Iban, le peuple majoritaire, se s&#233;parent souvent, en raison de la croissance d&#233;mographique ou de conflits dans la communaut&#233;. Les nouveaux groupes doivent chercher le long de la rivi&#232;re de nouvelles terres pour y construire leur maison, en accord avec leurs voisin&#183;e&#183;s. Et effectuer une d&#233;claration aupr&#232;s des autorit&#233;s. Peu &#224; peu, les rivi&#232;res sont cartographi&#233;es et il est entendu que tout ce qui n'est pas utilis&#233; par les diff&#233;rents villages &#224; cette date est propri&#233;t&#233; de l'&#201;tat. Les NCR figurent encore, apr&#232;s les ind&#233;pendances, dans les constitutions f&#233;d&#233;rale et du Sarawak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais depuis quelques d&#233;cennies, alors que l'exploitation de la for&#234;t remonte toujours plus en amont des rivi&#232;res, la d&#233;finition de ces droits fait l'objet de graves conflits entre les peuples autochtones et l'&#201;tat, qui consid&#232;re d&#233;sormais que seules les terres cultiv&#233;es leur appartiennent en droit. On en rigole parfois dans les mobilisations : &#171; L'&#201;tat, lui, on ne lui demande pas de cultiver la terre pour prouver qu'elle est &#224; lui ! &#187; Mais cette disposition est une catastrophe pour le seul peuple de l'&#238;le qui n'a jamais cultiv&#233; la terre, les chasseurs-cueilleurs Penan, qui ne peuvent &#224; ce titre r&#233;clamer aucun droit. Remarquables botanistes mais pi&#232;tres paysan&#183;ne&#183;s et constructeurs, ils et elles sont somm&#233;&#183;e&#183;s de de s&#233;dentariser &#224; mesure que recule la for&#234;t qui a de longue date constitu&#233; leur seule ressource.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;R&#233;sistances cartographiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire valoir les NCR sur l'ensemble des terres, les militant&#183;e&#183;s s'attachent dans un premier temps &#224; cartographier le territoire par des enqu&#234;tes aupr&#232;s des habitant&#183;e&#183;s et sur le terrain, &#224; la recherche de traces de peuplement (tombes, arbres fruitiers, etc.) pour prouver l'usage des terres avant 1958, et donc leur propri&#233;t&#233;. &#192; l'initiative de Jok au milieu des ann&#233;es 1990, le Borneo Project de l'universit&#233; de Berkeley met &#224; la disposition des communaut&#233;s locales des moyens mat&#233;riels et forme des militant&#183;e&#183;s &#224; la cartographie. Le travail de fourmi s'acc&#233;l&#232;re avec le GPS, mais la for&#234;t recule plus vite qu'elle n'est mise en cartes. Une fois les connaissances &#233;tablies sur les droits de propri&#233;t&#233;, il faut encore les faire valoir aupr&#232;s des tribunaux &#224; chaque projet de mise en coupe ou de plantation. Les affaires remontent souvent jusqu'&#224; la capitale f&#233;d&#233;rale puisque l'&#233;tat du Sarawak, qui exerce sa comp&#233;tence sur les ressources naturelles, est juge et partie dans les affaires. Officiellement, les redevances vers&#233;es &#224; l'&#233;tat sont insignifiantes, brad&#233;es &#224; des compagnies qui sont, selon les all&#233;gations des militant&#183;e&#183;s locaux/ales, li&#233;es au gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Baru Bian, avocat sp&#233;cialis&#233; dans les NCR, lui-m&#234;me membre du peuple Lun Bawang, n'est pas le seul &#224; consid&#233;rer que cet &#233;tat est &#171; l'un des plus corrompus au monde &#187;. La raison ? Pour lui c'est en premier lieu la na&#239;vet&#233; de ses habitant&#183;e&#183;s, qui reconduisent au pouvoir depuis l'ind&#233;pendance le m&#234;me parti repr&#233;sentant les int&#233;r&#234;ts de la minorit&#233; malaise. Suite &#224; de nombreuses affaires perdues, et quelques-unes gagn&#233;es, il a fini par rejoindre le principal parti d'opposition pour h&#226;ter l'alternance et est aujourd'hui membre de l'assembl&#233;e de l'&#233;tat. On pourrait compl&#233;ter son constat en rappelant la particularit&#233; des richesses qui circulent au Sarawak. L'exploitation des ressources naturelles est peu gourmande en main d'&#339;uvre, elle redistribue peu de richesses mais plut&#244;t les concentre, transformant un capital naturel sur lequel vit de mani&#232;re durable et extensive une population nombreuse en une ressource exploit&#233;e d'un coup. Les ressources naturelles, devenues marchandises, sont faciles &#224; &#233;changer sur le march&#233; mondial mais impossibles &#224; renouveler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Quand la for&#234;t recule&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es 1990 ont vu la Malaisie faire l'objet de campagnes &#233;cologistes mondiales et d'une farouche r&#233;sistance locale. La d&#233;forestation y atteint alors des rythmes sans pr&#233;c&#233;dent. Le &lt;i&gt;chief minister&lt;/i&gt; de l'&#233;tat, Taib Mahmud, membre du parti au pouvoir et qui n'abandonnera son mandat qu'en 2014, donne &#224; son arriv&#233;e dans les ann&#233;es 1980 le d&#233;part &#224; la pr&#233;dation des ressources naturelles du Sarawak. Dans un premier temps, la for&#234;t est offerte &#224; l'industrie foresti&#232;re et le pays, de superficie pourtant modeste, devient le deuxi&#232;me exportateur mondial de bois tropicaux. &#192; la suite de l'exploitation du bois, vient celle du palmier &#224; huile, qui par opposition aux &#233;nergies fossiles est souvent qualifi&#233;e de durable mais est devenue le nouveau combat des associations locales (avec le programme hydro-&#233;lectrique SCORE et sa douzaine de barrages). Cette plante originaire d'Afrique fournit en trois r&#233;coltes de fruits par an une huile bon march&#233; utilisable dans l'alimentation ou comme carburant. Les for&#234;ts priv&#233;es de leurs plus beaux arbres, puis des moins beaux, sont ensuite d&#233;frich&#233;es, plus souvent br&#251;l&#233;es m&#234;me si la pratique est interdite. Quand le sol est nu, la culture peut commencer. Dans les plantations, rien d'autre ne peut pousser &#224; la ronde, le palmier prend toute l'eau et exige encore des engrais chimiques. Sale culture, que les grosses compagnies affili&#233;es au Malaysian Palm Oil Council m&#232;nent dans les plaines aux terres organiques comme dans les pentes plus min&#233;rales, am&#233;nageant des terrasses pour ne rien perdre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;forestation n'entra&#238;ne pas seulement la perte de subsistance des peuples qui y vivent, elle a aussi des r&#233;percussions environnementales locales et globales. En l'absence d'arbres, les pluies lessivent les sols et les entra&#238;nent dans les ruisseaux et les rivi&#232;res. Auparavant claires, les eaux se chargent de boue et prennent la couleur orang&#233;e caract&#233;ristique des sols tropicaux. Les esp&#232;ces v&#233;g&#233;tales disparaissent, parfois avant m&#234;me d'avoir &#233;t&#233; recens&#233;es. La faune dispara&#238;t ou migre vers des r&#233;gions moins d&#233;grad&#233;es. L'orang utan (en malais, l'homme de la for&#234;t) est embl&#233;matique des esp&#232;ces animales dont l'existence m&#234;me est menac&#233;e &#224; Born&#233;o. Et de poumon de la plan&#232;te, qui capture du CO2, l'&#238;le devient &#233;mettrice et contribue &#224; l'effet de serre mondial. Crise d'extinction de la biodiversit&#233;, changement climatique&#8230; la for&#234;t tropicale est en premi&#232;re ligne sur ces questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mahathir Mohamad, premier ministre de la Malaisie dans les ann&#233;es 1980 et 1990, r&#233;pondait aux protestations de la soci&#233;t&#233; civile internationale (et au premier chef europ&#233;enne) que les pays d'Europe avaient beau jeu, apr&#232;s avoir fait dispara&#238;tre l'essentiel de leur for&#234;t, de demander aux pays tropicaux plus pauvres de ne pas exploiter la leur. Mais le &#171; d&#233;veloppement &#187; dont se targuent les autorit&#233;s du Sarawak n'est rien d'autre que la concentration de richesses autour de l'oligarchie au pouvoir. L'ONG Sarawak Report suit &#224; la trace les investissements de Taib Mahmud et de sa famille, parmi les plus riches du pays, et des autres barons locaux. Il n'y a dans cet &#233;tat, qui est pourtant loin d'&#234;tre pauvre, pas de bonnes routes, m&#234;me pas celle qui relie les unes aux autres les villes de la c&#244;te, et les services publics sont beaucoup moins satisfaisants que sur la p&#233;ninsule. Ce ne sont pas les n&#233;cessit&#233;s de la subsistance des habitant&#183;e&#183;s qui mettent en p&#233;ril la for&#234;t, au contraire ces n&#233;cessit&#233;s leur sont d&#233;ni&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup d'autochtones, qui vivent encore dans les &lt;i&gt;longhouses&lt;/i&gt; , n'ont ni les moyens ni l'envie d'abandonner leur mode de vie mais y sont peu &#224; peu contraint&#183;e&#183;s. &#171; Avant on pouvait aller chasser une ou deux heures et ramener du gibier, mais aujourd'hui il faut partir avec des r&#233;serves d'eau pour deux jours &#187;, se d&#233;sole Jok. &#171; Il n'y a plus de for&#234;t, 80 &#224; 90 % est d&#233;j&#224; perdu, il faut aller chercher le peu qu'il reste tr&#232;s en amont de la rivi&#232;re &#187;. Mais que les visiteurs se rassurent, il reste au Sarawak douze tr&#232;s beaux parcs nationaux de plus d'un millier d'hectares am&#233;nag&#233;s pour leur plus grand confort et abondamment promus par le bureau du tourisme&#8230; pardon, de l'&#233;co-tourisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;SAM : les Amis de la Terre
&lt;p&gt;En 1983, Sahabat Alam Malaysia (SAM), une ONG malaisienne affili&#233;e &#224; Friends of the Earth International, ouvre une antenne &#224; Marudi, &#224; l'est du Sarawak, &#224; une cinquantaine de kilom&#232;tres &#224; l'int&#233;rieur des terres, sur les rives de la sinueuse rivi&#232;re Baram. L'association accompagne les luttes locales et les r&#233;percute au niveau international en faisant du plaidoyer et du lobbying en lien avec des associations d'Europe du nord ou du Japon. Elle re&#231;oit en 1988 le Right Livelihood Award, ou &#171; Nobel &#233;colo &#187;. Alors tr&#232;s active, elle s'est depuis un peu effac&#233;e au profit des nombreux comit&#233;s locaux dont elle a suscit&#233; la cr&#233;ation. Le respect des NCR est encore au centre de son activit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;Petite histoire du Sarawak
&lt;p&gt;Au milieu du XIXe si&#232;cle, le Sarawak et ses ports, sur la partie nord de l'&#238;le de Born&#233;o, sont sous la domination du sultan de Brunei. L'aventurier britannique James Brooks profite de l'affaiblissement du pouvoir du sultan qui lui laisse la main-mise sur la r&#233;gion. Il sera le premier d'une lign&#233;e de rajahs blancs (rajah putih). La for&#234;t est alors exploit&#233;e le long des rivi&#232;res pour le bois tropical, laissant place &#224; des plantations d'h&#233;v&#233;a. Suite &#224; la seconde guerre mondiale, les Britanniques prennent le relais et administrent l'&#238;le avec plus de moyens. En 1963, apr&#232;s une p&#233;riode d'incertitude, le Sarawak et son voisin l'&#233;tat de Sabah sont conc&#233;d&#233;s au pays le plus droitier du voisinage, la F&#233;d&#233;ration malaise (Malaya) qui est venue &#224; bout d'une gu&#233;rilla mao&#239;ste. La Malaisie est ainsi cr&#233;&#233;e &#224; partir de deux entit&#233;s de taille sensiblement &#233;gale mais que tout oppose, la p&#233;ninsule prosp&#232;re, &#224; majorit&#233; musulmane, et le Sarawak et le Sabah, &#224; majorit&#233; autochtone et moins d&#233;velopp&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Des centres communautaires pour les femmes</title>
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&lt;p&gt;Vous avez envie de vous remettre au yoga ? d'apprendre le fran&#231;ais langue &#233;trang&#232;re ? besoin d'acc&#233;der &#224; un ordi pour votre recherche d'emploi ? d'un lieu pour accueillir un groupe de discussion f&#233;ministe ? Des centres communautaires permettent aux femmes de mener des activit&#233;s ensemble. De Montr&#233;al &#224; San Francisco, en passant par Portland, et sur le vieux continent &#224; Lille, des femmes s'organisent pour animer des espaces ouverts &#224; toutes, en particulier aux plus fragiles. &lt;br class='autobr' /&gt; Accueillir les femmes (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L150xH126/arton106-93e2d.jpg?1698011329' width='150' height='126' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vous avez envie de vous remettre au yoga ? d'apprendre le fran&#231;ais langue &#233;trang&#232;re ? besoin d'acc&#233;der &#224; un ordi pour votre recherche d'emploi ? d'un lieu pour accueillir un groupe de discussion f&#233;ministe ? Des centres communautaires permettent aux femmes de mener des activit&#233;s ensemble. De Montr&#233;al &#224; San Francisco, en passant par Portland, et sur le vieux continent &#224; Lille, des femmes s'organisent pour animer des espaces ouverts &#224; toutes, en particulier aux plus fragiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Accueillir les femmes migrantes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Centre des femmes d'ici et d'ailleurs, dans le quartier populaire de Villeray &#224; Montr&#233;al, n'est pas tout &#224; fait comme les autres : dans la mosa&#239;que des centres de femmes qui existent au Qu&#233;bec, il a une couleur... de toutes les couleurs. Les femmes sont accueillies dans quatre langues &#8211; fran&#231;ais, anglais, espagnol et arabe &#8211; et le centre est particuli&#232;rement ouvert aux migrantes d'Am&#233;rique latine. Il les invite &#224; apprendre le fran&#231;ais, avec des cours et des conversations pour toutes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A San Francisco, &lt;i&gt;The Women's Building&lt;/i&gt; est aussi &lt;i&gt;El Edificio de las mujeres&lt;/i&gt; , et utilise les deux langues dans la m&#234;me mesure. Dans Mission, le quartier hispanique o&#249; il s'impose sur la rue avec des &lt;i&gt;murals&lt;/i&gt; &#233;clatants et r&#233;cemment restaur&#233;s, c'est une &#233;vidence, et les salari&#233;es sont pour la plupart des femmes latines. Certaines activit&#233;s sont aussi disponibles en cantonais, au hasard des propositions qui sont faites au centre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez VioleTTe, &#224; Lille, est situ&#233;e dans le quartier de Moulins, toujours en grande difficult&#233; mais investi d&#233;sormais par les classes moyennes. Les &#233;tudiantes de la fac de droit et les habitantes originaires du Maghreb ou d'Afrique noire qui y cohabitent s'approprient peu la rue, et ce fut pour l'association un d&#233;fi de s'installer dans l'espace urbain le plus genr&#233; de la ville, la place Vanhoenacker. Le centre s'est donn&#233; pour ambition d'aller &#224; la rencontre des femmes les plus modestes du quartier, en dialogue avec les services municipaux. Et cela va de subventions dans le cadre des politiques de la ville &#224; des &#233;changes formels ou amicaux avec les biblioth&#233;caires et les travailleurs/ses sociaux/ales de Moulins. La non-mixit&#233; du lieu est v&#233;cue comme un atout, le moyen de proposer un espace tout &#224; fait s&#251;r pour des femmes qui peuvent craindre des &#233;changes avec des hommes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='La non-mixit&#233; de l'accueil est un outil utile pour L'&#201;chapp&#233;e, association qui (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Une part des habitantes de Moulins ne sont plus des migrantes mais toujours racis&#233;es (renvoy&#233;es &#224; leur origine sans autre consid&#233;ration), dans une r&#233;gion ancr&#233;e &#224; gauche mais o&#249; le FN fait de bons scores en-dehors de Lille. Chez VioleTTe leur propose &#224; toutes une aide pour r&#233;diger leur CV ou des cours de fran&#231;ais langue &#233;trang&#232;re pour celles qui sont le moins &#224; l'aise dans notre langue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Des lieux sociaux et politiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces centres de femmes s'inscrivent dans des politiques sociales, et ont des ambitions qui tiennent &#224; la justice et &#224; l'&#233;galit&#233; d'acc&#232;s pour les plus fragiles. Mais ce sont aussi et surtout des lieux politiques, dans le sens o&#249; on y d&#233;veloppe une r&#233;flexion f&#233;ministe et contre l'ensemble des dominations qui ont cours dans nos soci&#233;t&#233;s. &lt;i&gt;In Other Words&lt;/i&gt; , &#224; Portland, dans le nord-ouest des USA, fonctionne d'apr&#232;s une charte qui demande &#224; chacun&#183;e d'&#234;tre conscient&#183;e des multiples dominations &#224; l'&#339;uvre et dont peuvent souffrir les femmes, les lesbiennes et les gays, les personnes handicap&#233;es ou victimes de pr&#233;jug&#233;s racistes ou qui concernent leur apparence physique, leur &#226;ge, leur condition sociale, etc. Ouvert en 1993, quand les derni&#232;res librairies f&#233;ministes &#171; commerciales &#187; disparaissaient du paysage am&#233;ricain, &lt;i&gt;In Other Words&lt;/i&gt; est &#224; l'origine une librairie &#224; but non-lucratif. A son d&#233;m&#233;nagement en 2006 vers Killingsworth Street dans North Portland, un ancien quartier afro-am&#233;ricain dont l'embourgeoisement est aujourd'hui en cours, &lt;i&gt;In Other Words&lt;/i&gt; investit un espace qui permet de mener plus d'activit&#233;s et de se transformer en 2010 en un vrai centre communautaire : biblioth&#232;que, lieu d'exposition, de discussion, et parfois m&#234;me de spectacle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Montr&#233;al, on trouve au Centre des femmes d'ici et d'ailleurs des animatrices qui tiennent au caract&#232;re inclusif du lieu et un accueil vigilant qui propose par exemple, comme &#224; &lt;i&gt;In Other Words&lt;/i&gt; , &#224; toutes les femmes de venir avec leurs enfants. Pour que la charge d'enfants, qui porte parfois exclusivement sur les femmes, et les plus d&#233;munies, n'emp&#234;che en rien leur socialisation. Une &#171; garde solidaire &#187; Chez VioleTTe, avec des mamans qui se relaient tour &#224; tour le mercredi, leur permet aussi de se m&#233;nager quelques heures de libert&#233;, et pas seulement pour profiter des activit&#233;s de l'association. La biblioth&#232;que contribue &#224; l'accueil des enfants, avec un beau rayon de litt&#233;rature jeunesse, des albums non-sexistes pour les petit&#183;e&#183;s &#224; une litt&#233;rature ado qui met en sc&#232;ne des h&#233;ro&#239;nes moins englu&#233;es dans les clich&#233;s sexistes (voir encadr&#233;). L'association s'est encore tourn&#233;e vers les enfants lors d'un festival &#171; Genre et enfance &#187; pour lequel elle a investi d'autres lieux du quartier, et pr&#233;pare un jeu autour des st&#233;r&#233;otypes de genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Centre des femmes d'ici et d'ailleurs propose aux femmes qui le fr&#233;quentent de s'emparer de th&#233;matiques politiques. Printemps &#233;rable oblige, l'int&#233;r&#234;t pour ces questions s'est aiguis&#233; dans l'ensemble de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise. Le Centre avertit des prochaines manifestations, permet de discuter des enjeux politiques qu'elles portent et donne moyen aux femmes (&#224; toutes les femmes) d'y participer, en organisant des d&#233;parts collectifs. Dans une ville &#233;tendue comme Montr&#233;al, o&#249; les transports en commun co&#251;tent cinq dollars l'aller-retour, un d&#233;part collectif pris en charge par l'association n'est pas anecdotique, en particulier pour les femmes les plus pauvres ou qui doivent justifier chacune de leurs d&#233;penses &#224; leur conjoint. Le Centre permet donc &#224; des femmes qu'on voit peu en manif de rejoindre des rassemblements &#224; la population plut&#244;t jeune et conscientis&#233;e. Et c'est un plaisir d'aller faire un &lt;i&gt;sit-in&lt;/i&gt; avec les dames des d&#233;jeuners (petits-d&#233;jeuners) solidaires du jeudi. &#199;a, c'est de l'inclusivit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Sur l'inclusivit&#233;, voir l'encadr&#233; sur l'Assembl&#233;e de quartier de Villeray dans (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Des lieux pour les femmes ou des lieux f&#233;ministes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si la s&#233;rie t&#233;l&#233; &#224; succ&#232;s Portlandia investit les lieux r&#233;guli&#232;rement pour mettre en sc&#232;ne une librairie f&#233;ministe &#171; &lt;i&gt;Women and Women First &lt;/i&gt; &#187; (les femmes, et d'abord les femmes &#8211; et il faut s'accrocher pour rester), dans la vraie vie &lt;i&gt;In Other Words&lt;/i&gt; pr&#233;sente le slogan &#171; &lt;i&gt;Feminism Is For Everybody&lt;/i&gt; &#187; (le f&#233;minisme, c'est pour tout le monde) et c'est un lieu ouvert tant aux hommes qu'aux femmes, en tant qu'usag&#232;r&#183;e&#183;s ou b&#233;n&#233;voles. Aux USA on ne conna&#238;t pas les hommes pro-f&#233;ministes qui expliquent doctement ce que les femmes devraient faire et qui prendraient sans inqui&#233;tude les r&#234;nes du mouvement f&#233;ministe si on le leur permettait&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='Voir dans le n&#176;3 de L'An 02 la chronique &#171; Trop queer ! &#187;' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#199;a aide... &#201;tant un lieu plus politique que social, la non-mixit&#233; des activit&#233;s y a moins d'int&#233;r&#234;t que dans les autres centres, mais c'est un outil qui n'est pas &#233;cart&#233;, notamment quand s'ouvrent des groupes de discussion pour partager entre femmes des exp&#233;riences sur le corps ou la sexualit&#233;. Et ce sont des femmes (des personnes qui se per&#231;oivent comme telles ou partagent la sp&#233;cificit&#233; de leur exp&#233;rience) qui le dirigent, car elles restent les premi&#232;res concern&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez VioleTTe, la situation par d&#233;faut est la non-mixit&#233; (voir encadr&#233;), mais on s'interroge &#233;galement sur la pertinence d'ouvrir le centre &#224; la mixit&#233; &#224; certaines occasions. Un film de fiction, par des femmes ou non-sexiste, et qui ne donne pas lieu &#224; plus d'&#233;changes qu'une auberge espagnole et un moment de convivialit&#233;, sera ainsi l'occasion d'inviter les sympathisants masculins de l'association. Mais un groupe de parole sur la sexualit&#233;, une lecture-discussion autour du livre de Mona Chollet &lt;i&gt;Beaut&#233; fatale&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='appendix' title='Voir notre lecture dans le n&#176;2 de L'An 02 .' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, tout autant que les ateliers (d'&#233;criture, d'arts plastiques, etc.), resteront des moments non-mixtes. Chaque &#233;v&#233;nement propos&#233; est interrog&#233; &#224; ce prisme lors de l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale qui a lieu chaque mois et o&#249; se prennent toutes les d&#233;cisions concernant le lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;A la recherche de l'autonomie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez VioleTTe est un lieu qui cultive l'autogestion, en faisant tourner les t&#226;ches et les responsabilit&#233;s, prises en charge chaque mois par des &#171; abeilles &#187; diff&#233;rentes, une rod&#233;e et une qui se rode de pr&#233;f&#233;rence, pour permettre &#224; chacune de mettre la main &#224; la p&#226;te, de d&#233;couvrir son potentiel... et &#233;viter les situations de concentration des responsabilit&#233;s. Pas toujours &#233;vident, quand les vocations sont moins nombreuses. Ce sont les m&#234;mes difficult&#233;s auxquelles se confronte &lt;i&gt;In Other Words&lt;/i&gt; , qui a des besoins b&#233;n&#233;voles autrement plus exigeants : la librairie est ouverte cinq jours par semaine, avec deux &#233;quipes de deux qui se relaient entre midi et la cl&#244;ture en soir&#233;e, soit d&#233;j&#224; vingt cr&#233;neaux hebdomadaires &#224; se distribuer. Et c'est sans compter les &#233;quipes biblioth&#232;que, librairie, les commissions animation, financement et communication. Malgr&#233; ces gros besoins humains, &lt;i&gt;In Other Words&lt;/i&gt; refuse d'envisager le salariat pour un autre poste que celui de comptable. M&#234;me choix Chez VioleTTe, pour ne pas se faire prendre au pi&#232;ge d'une association para-publique ou qui n'ayant plus besoin de s'appuyer sur le b&#233;n&#233;volat ne serait plus aussi attentive &#224; la participation active de ses adh&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Centre des femmes d'ici et d'ailleurs, ainsi que le &lt;i&gt;Women's Building&lt;/i&gt; , ont fait d'autres choix qui leur permettent de mener d'autres actions ou de s'inscrire dans une autre temporalit&#233;. Tous ces centres jonglent avec deux dimensions, sociale et politique, de soin et de lutte, qui sont compl&#233;mentaires mais impliquent parfois des choix strat&#233;giques diff&#233;rents, sur ces questions de salariat et de mixit&#233;, mais pas que&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='appendix' title='Dilemme Chez VioleTTe : les cours de couture non-mixtes sont l'activit&#233; de (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Chacun trouve son &#233;quilibre bien particulier, mais tous sont attentifs &#224; offrir des espaces qui n'existent pas dans le reste de la soci&#233;t&#233;, des espaces non-marchands, inclusifs et qui permettent aux femmes de s'accomplir, individuellement et au sein d'un groupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;Merci &#224; Colline, Domitille, Kim, Laurence, Sarah et Sonia.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.cdfia.net&#034;&gt;Le Centre des femmes d'ici et d'ailleurs&lt;/a&gt;, 8043 rue St Hubert, Montr&#233;al&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://inotherwords.org/&#034;&gt; &lt;i&gt;In Other Words&lt;/i&gt; &lt;/a&gt;, 14 NE Killingsworth St, Portland, Oregon&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.womensbuilding.org&#034;&gt; &lt;i&gt;The Women's Building&lt;/i&gt; &lt;/a&gt;, 3543 18th St, San Francisco&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://chezviolette.over-blog.org/&#034;&gt;Chez VioleTTe&lt;/a&gt;, 19 place Vanhoenacker, Lille&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Le test de Bechdel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alison Bechdel, auteure de romans graphiques remarqu&#233;s ( &lt;i&gt;Fun Home&lt;/i&gt; , &lt;i&gt;Are You My Mother ?&lt;/i&gt; ), propose au cours d'une s&#233;rie de comics &#233;tal&#233;e sur plus de vingt ann&#233;es de production, &lt;i&gt;Les Lesbiennes &#224; suivre&lt;/i&gt; , un test en trois questions simplissimes pour reconna&#238;tre les fictions sexistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1696061304' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Est-ce que le film ou le roman pr&#233;sente plus d'un protagoniste f&#233;minin ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1696061304' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; S'il y en a au moins deux, est-ce qu'&#224; un moment elles se parlent ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1696061304' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Est-ce qu'elles parlent d'autre chose que d'un homme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le test porte sur des protagonistes masculins, toutes les fictions y satisfont (&#224; part &lt;i&gt;Huit femmes&lt;/i&gt; de Fran&#231;ois Ozon ou &lt;i&gt;The Women&lt;/i&gt; de George Cukor, dont le d&#233;fi est justement de ne pr&#233;senter que des personnages de femmes !). Mais quand c'est de personnages f&#233;minins qu'on attend ce genre d'exploit (se parler, mazette !), la liste r&#233;tr&#233;cit comme une peau de chagrin. M&#234;me quand elles brossent &#171; de beaux portraits de femmes &#187;, une majorit&#233; de fictions offrent l'image de femmes compl&#232;tement d&#233;socialis&#233;es, ou en relation exclusive avec des hommes (filiation, s&#233;duction). Accablant. La biblioth&#232;que de Chez VioleTTe utilise ce test pour guider ses choix d'achats, vous pouvez donc venir emprunter un bouquin les yeux ferm&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;A. O. F.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La non-mixit&#233; de l'accueil est un outil utile pour L'&#201;chapp&#233;e, association qui accueille et oriente les femmes victimes de violences sexistes et sexuelles. L'&#201;chapp&#233;e, qui partage les locaux de Chez VioleTTe, contribue &#224; l'offre parfois insuffisante dans ce domaine, mais surtout apporte une dimension clairement politique et f&#233;ministe dans sa lutte contre les violences de genre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur l'inclusivit&#233;, voir l'encadr&#233; sur l'Assembl&#233;e de quartier de Villeray dans le n&#176;3 de &lt;i&gt;L'An 02&lt;/i&gt; , &#171; Retour sur un printemps &#233;rable &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir dans le n&#176;3 de &lt;i&gt;L'An 02&lt;/i&gt; la chronique &#171; Trop queer ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir notre lecture dans le n&#176;2 de &lt;i&gt;L'An 02&lt;/i&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dilemme Chez VioleTTe : les cours de couture non-mixtes sont l'activit&#233; de l'association qui fait venir les femmes des horizons les plus vari&#233;s. Mais dire que la couture, c'est pour les femmes, et uniquement pour les femmes, c'est aller dans le sens de pr&#233;suppos&#233;s sexistes. L'approche sociale et l'approche politique semblent &#234;tre contradictoires. Apr&#232;s une discussion sur ce sujet, les violettes d&#233;cident pragmatiquement de conserver la non-mixit&#233; de l'activit&#233;, pour ne pas en priver des femmes qui ne viendraient pas dans d'autres conditions.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le chantier de la ligne THT Cotentin-Maine patine dans la boue</title>
		<link>https://lan02.butternet.net/Le-chantier-de-la-ligne-THT-Cotentin-Maine-patine-dans-la-boue</link>
		<guid isPermaLink="true">https://lan02.butternet.net/Le-chantier-de-la-ligne-THT-Cotentin-Maine-patine-dans-la-boue</guid>
		<dc:date>2012-07-01T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Une petite main &#224; molette</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#171; N'en d&#233;plaise &#224; la na&#239;vet&#233; de certain&#183;e&#183;s qui comptaient uniquement sur des recours &#224; la justice partiale, les travaux de la future ligne T.H.T. ont bien commenc&#233;. Il s'agit d'une attaque en ordre dispers&#233;e de notre territoire. &#187; Les pelleteuses s'activent ainsi depuis septembre 2010 du c&#244;t&#233; de Saint-S&#233;bastien-de-Raids, dans la Manche, pour la construction du poste de transformation de Taute, point de d&#233;part de la future ligne THT Cotentin Maine. &#171; Cet hideux chantier est aujourd'hui quasiment achev&#233; sans (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-Reportages-" rel="directory"&gt;Reportages&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;N'en d&#233;plaise &#224; la na&#239;vet&#233; de certain&#183;e&#183;s qui comptaient uniquement sur des recours &#224; la justice partiale, les travaux de la future ligne T.H.T. ont bien commenc&#233;. Il s'agit d'une attaque en ordre dispers&#233;e de notre territoire.&lt;/i&gt; &#187; Les pelleteuses s'activent ainsi depuis septembre 2010 du c&#244;t&#233; de Saint-S&#233;bastien-de-Raids, dans la Manche, pour la construction du poste de transformation de Taute, point de d&#233;part de la future ligne THT Cotentin Maine. &#171; &lt;i&gt;Cet hideux chantier est aujourd'hui quasiment achev&#233; sans avoir &#233;t&#233; inqui&#233;t&#233;. Il est dor&#233;navant prot&#233;g&#233;, &#224; l'image du reste de cette soci&#233;t&#233; nucl&#233;aire, avec palissades, vigiles et barbel&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; Pourtant, cela fait d&#233;j&#224; huit ans que la population locale et les militant&#183;e&#183;s anti-nucl&#233;aires luttent contre cette future ligne THT de 163 km de long et de 400 000 volts. Une lutte toujours en cours, puisque le chantier de la ligne &#224; proprement dite a d&#233;but&#233; le 28 novembre dernier et se poursuit toujours. &#171; &lt;i&gt;Au d&#233;but de l'hiver, la campagne s'est vue infliger un d&#233;cor jaune fluo des plus immondes : des panneaux obligatoires affichant les permis de construire... qui ont vol&#233; au gr&#233; du vent et du climat lorsque des pluies de peinture ne sont pas tomb&#233;s dessus.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ton est donn&#233; : place aux balais des travaux publics pour imposer les chemins d'acc&#232;s aux futurs pyl&#244;nes THT. C'est que RTE veut achever co&#251;te que co&#251;te le chantier d'ici la fin de l'ann&#233;e, pour une entr&#233;e en service programm&#233;e d&#232;s 2013. Pourtant, elle ne se justifie que par l'implantation de l'EPR &#224; Flamanville qui ne sera pas op&#233;rationnel, au mieux, avant 2016. Qu'importe pour le lobby nucl&#233;aire, les pyl&#244;nes doivent prendre place dans le paysage. Et pour y parvenir, le passage en force continue, appuy&#233; par la communication de RTE qui pr&#233;tend &#224; une acceptation sans &#233;moi de la population. Or, ce qui se voit sur le terrain est tout autre. &#171; &lt;i&gt;Les pressions sur les personnes parfois isol&#233;es deviennent insupportables.&lt;/i&gt; &#187; Des plaintes contre RTE affluent, nombre de personnes impact&#233;es n'ont pas sign&#233; les conventions de servitude et/ou agricoles. Presque 20 % sur toute la ligne. La r&#233;alit&#233; du chantier signe un certain r&#233;veil chez des riverains exasp&#233;r&#233;s et flou&#233;s. RTE change de strat&#233;gie et d&#233;cide d'offrir de racheter, sans expropriation et &#224; prix d'or, les maisons d'habitation situ&#233;es &#224; moins de 100 m de part et d'autres du fuseau. La raison &#224; peine cach&#233; du lobby nucl&#233;aire ? Le risque sanitaire des lignes THT. &#171; &lt;i&gt;Cette acceptation du risque sanitaire des lignes THT par RTE est une avanc&#233;e obtenue par la premi&#232;re partie de la lutte.&lt;/i&gt; &#187; Et pourquoi 100m ? Quid des riverains habitants &#224; 102 m comme c'est le cas actuellement ? &#171; &lt;i&gt;Tenir bon la distance d'&#233;loignement des habitations de 500 m telle que signifi&#233; dans les nombreux arr&#234;t&#233;s municipaux pris contre la ligne aurait rendu impossible l'implantation de cette structure n&#233;faste. Mais il ne faut pas se faire d'illusion, c'est bien pour diviser la r&#233;sistance que RTE a l&#226;ch&#233; du lest.&lt;/i&gt; &#187; Toujours est-il qu'il y a maintenant de belles maisons vides, appartenant &#224; RTE&#8230; &#171; &lt;i&gt;A nous d'imaginer la vie qui ira avec.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces travaux, le promoteur a fait le choix de les sous-traiter. &#171; &lt;i&gt; Cette sous-traitance est rarement locale, mettant ainsi &#224; mal l'argument de l'emploi local brandi par RTE. Les entreprises luxembourgeoises, italiennes, marseillaises, du Nord et de l'Est de la France, de r&#233;gion parisienne, ont amen&#233; avec elles leurs nomades des grands chantiers.&lt;/i&gt; &#187; Tout au plus quelques entreprises locales de travaux publics seront charg&#233;es d'acheminer les milliers de tonnes de pierre tir&#233;es des carri&#232;res de la r&#233;gion pour l'empierrement des chemins d'acc&#232;s. RTE en pilote l'avancement des travaux et l'imposante logistique depuis un &#233;nigmatique quartier g&#233;n&#233;ral situ&#233; juste &#224; cot&#233; d'Avranches (50), tandis que le mat&#233;riel est dispatch&#233; depuis une base (KS Service) &#224; Br&#233;cey (50) jusqu'&#224; des d&#233;p&#244;ts situ&#233;s un peu partout le long du trac&#233; de la ligne. &#171; &lt;i&gt;Si leur logistique est mise &#224; mal, le chantier s'&#233;croule.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur place, la r&#233;sistance n'est pas vaine, malgr&#233; une contestation devenue trop faible, &#233;puis&#233;e par les ann&#233;es de manifestation, proc&#233;dures et autres recours r&#233;sistance &#224; l'&#233;poque. Le 1er janvier, les opposant&#183;e&#183;s envoient leurs v&#339;ux au lobby nucl&#233;aire : &#171; &lt;i&gt;L'ann&#233;e sera compliqu&#233;e pour RTE et compagnie&lt;/i&gt; &#187;. Certains attaquent en justice les basses man&#339;uvres de RTE et le passage en de force de l'&#233;tat. D'autres bloquent les chantiers, perturbent les r&#233;unions, d&#233;boulonnent publiquement les pyl&#244;nes, et maintenant occupent le bois de la B&#233;vini&#232;re au Chefresne. D'autres encore m&#232;nent des actions de sabotage. &#171; &lt;i&gt;Des entreprises qui bousillent les sols et souillent la terre par le b&#233;tonnage des fondations des structures m&#233;talliques mortif&#232;res ont &#233;t&#233; vis&#233;es, de nombreux engins ne d&#233;marrent plus, des pyl&#244;nes pr&#233;-assembl&#233;s au sol sont d&#233;mont&#233;s voire endommag&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; Il y en a pour tout le monde et tout le long de la ligne. Pour autant, patinant, retard&#233;, le chantier avance&#8230; plus vite que la r&#233;sistance. &#171; &lt;i&gt;Cette lutte a besoin d'un nouvel &#233;lan pour &#233;viter qu'elle ne s'&#233;puise et pour se renforcer. S'ouvrir d&#232;s &#224; pr&#233;sent sur des objectifs plus larges, plus d&#233;termin&#233;s et plus ambitieux que la probl&#233;matique antid&#233;mocratique et sanitaire.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais que faire ? &#171; &lt;i&gt;Dans la p&#233;riode qui nous est offerte sur ce vaste terrain de jeu, agir avec les gens du coin qui luttent et qui initient la conflictualit&#233; sur place, et mettre en place des moyens pour s'opposer &#224; partir de quelques points de convergences, ou l'hostilit&#233; &#224; RTE est palpable, tel est le d&#233;fi &#224; relever en attendant l'estocade sur ce projet inutile.&lt;/i&gt; &#187; Un week-end de r&#233;sistance &#224; la THT a &#233;t&#233; organis&#233; dans ce sens du c&#244;t&#233; du Chefresne (50) fin juin 2012 afin d'amplifier les nuisances et les coups d'arr&#234;t au chantier. Les actions de contestation se multiplient sur tout le trac&#233; de la ligne. L'opposition se radicalise. &#171; &lt;i&gt;Mettre &#224; terre ce chantier est possible, c'est un travail des locaux de tous les jours avec des renforts multiples et n&#233;cessaires.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Lyon-Turin, les No-TAV tiennent la vall&#233;e</title>
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&lt;p&gt;Un reportage de Mika&#235;l Chambru &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Nous voulons lib&#233;rer le territoire et le monde de la haute vitesse, d'un chantier inutile et d&#233;vastateur, d'une &#339;uvre pharaonique, fille d'un mod&#232;le de d&#233;veloppement &#233;nergivore et d&#233;mesur&#233; du vieux monde &#187; . Cela fait maintenant vingt ans que les habitants du Val de Suse luttent contre le projet de nouvelle liaison ferroviaire alpine, via du fret de marchandises et une ligne grande vitesse voyageurs, entre Lyon-Turin, le TAV (treno alta velocit&#224;). N&#233; d'abord d'une (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-Reportages-" rel="directory"&gt;Reportages&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un reportage de Mika&#235;l Chambru&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;&#171; Nous voulons lib&#233;rer le territoire et le monde de la haute vitesse, d'un chantier inutile et d&#233;vastateur, d'une &#339;uvre pharaonique, fille d'un mod&#232;le de d&#233;veloppement &#233;nergivore et d&#233;mesur&#233; du vieux monde &#187;&lt;/i&gt; . Cela fait maintenant vingt ans que les habitants du Val de Suse luttent contre le projet de nouvelle liaison ferroviaire alpine, via du fret de marchandises et une ligne grande vitesse voyageurs, entre Lyon-Turin, le TAV (treno alta velocit&#224;). N&#233; d'abord d'une inqui&#233;tude du devenir de leur commune ou de leur maison situ&#233;e sur le trac&#233;, le mouvement No-Tav ne veut aujourd'hui d'un Lyon-Turin ni ici ni ailleurs. &lt;i&gt;&#171; Nous ne voulons plus des transports inutiles de marchandises et du syst&#232;me de production actuel qui l'accompagne. Nous exigeons au contraire la r&#233;novation des voies existantes et la r&#233;ouvertures des petites gares, pour le bien commun &#187;&lt;/i&gt; . En 2005, la population locale &#233;tait parvenue &#224; faire suspendre pour plusieurs ann&#233;es les chantiers... jusqu'au d&#233;but de l'ann&#233;e 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une manifestation o&#249; d&#233;filent 50 000 personnes &#224; Suse au printemps, les No-Tav d&#233;cident, d&#233;but juin, d'occuper pacifiquement le site arch&#233;ologique de la Maddalena pour emp&#234;cher sa destruction contre les vell&#233;it&#233;s de l'&#201;tat italien, d'y percer une galerie de reconnaissance n&#233;cessaire &#224; la construction du Tav. &lt;i&gt;&#171; Nous l'avons appel&#233; la R&#233;publique libre de la Maddalena, un lieu pour tous les hommes et les femmes libres capables de cr&#233;er un mod&#232;le de vie diff&#233;rent, avant de lib&#233;rer le reste du monde et de la soci&#233;t&#233; &#187;&lt;/i&gt; . Le 27 juin, l'&#201;tat italien d&#233;cide d'y envoyer 2500 policiers pour les d&#233;loger et lancer le d&#233;but des travaux. &lt;i&gt;&#171; Ils sont arriv&#233;s avec d'&#233;normes bulldozers pour balayer notre r&#233;sistance passive. Ils nous ont encercl&#233;&#183;e&#183;s et nous ont asperg&#233;&#183;e&#183;s de gaz lacrymog&#232;nes avant de nous poursuivre dans la montagne et dans la for&#234;t. C'&#233;tait un v&#233;ritable acte de guerre brutal et anti-d&#233;mocratique &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;. En moins d'une semaine, les No-Tav mettent sur pied une manifestation pour tenter de reprendre d'assaut le site. 70 000 personnes sont au rendez-vous le 3 juillet au matin. &lt;i&gt; &#171; Eux, ils ont les matraques et les armes chimiques, nous, nous avons le nombre. Nous allons le lib&#233;rer par notre pr&#233;sence. Nous allons devoir &#234;tre plus fort&#183;e&#183;s qu'eux &#187;. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Local blocks contre &lt;/strong&gt; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;carabinieri&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A peine les No-Tav arrivent-ils et elles aux cl&#244;tures que les grenades lacrymog&#232;nes se mettent &#224; pleuvoir. Il en vient de partout. A gauche, &#224; droite, devant et derri&#232;re nous. Certaines sont tir&#233;es &#224; hauteur d'homme. De l'eau irritante est lanc&#233;e depuis les cannons &#224; eau. &lt;i&gt;&#171; Nous avons &#233;t&#233; intoxiqu&#233;&#183;e&#183;s il y a une semaine par les gaz des policiers, alors aujourd'hui nous avons d&#233;cid&#233; de nous prot&#233;ger. C'est pour cela que nous, les habitant&#183;e&#183;s de la vall&#233;e, nous avons tou&#183;te&#183;s des casques et des masques &#187;. &lt;/i&gt; Les affrontements sont tr&#232;s violents. Les &lt;i&gt;carabinieri&lt;/i&gt; lancent &#233;galement des pierres sur les No-Tav. &lt;i&gt;&#171; Nous avons l'habitude ici, il ne faut pas s'inqui&#233;ter. On ne va rien l&#226;cher, nous allons continuer &#224; aller aux cl&#244;tures et &#224; mettre la pression &#187;. &lt;/i&gt; Cela va durer plusieurs heures. &lt;i&gt; &lt;/i&gt; 200 policiers et 233 militant&#183;e&#183;s seront bless&#233;&#183;e&#183;s. &lt;i&gt; &#171; Nous savons qui utilise la violence contre une r&#233;sistance populaire massive.&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Nous voulions prendre d'assaut le chantier, nous l'avons fait. Nous avons vaincu &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 8 juillet, les No-Tav remettent cela avec une marche nocturne aux flambeaux, cette fois-ci &#224; Turin. Ils sont encore plusieurs dizaines de milliers pour d&#233;noncer les violences polici&#232;res. &lt;i&gt;&#171; Tout a &#233;t&#233; fait par l'&#201;tat italien pour que la violence &#233;clate et que cela nous d&#233;cr&#233;dibilise. Nous ne l'avons pas choisi, nous l'avons subi et nous nous sommes d&#233;fendu&#183;e&#183;s. Nous nous voulons simplement la d&#233;mocratie &#187;. &lt;/i&gt; Le 14 juillet, l'&#201;tat italien d&#233;p&#234;che 150 soldats pour prot&#233;ger le chantier. &lt;i&gt;&#171; Dans ces troupes, beaucoup sont des jeunes calabrais, siciliens et autres &lt;/i&gt; mezzogiorni &lt;i&gt;. L'&#201;tat veut utiliser la crise inter communautaire entre le nord et le sud de l'Italie pour attiser les haines. Mais on va leur parler, comme &#224; nos fils et &#224; nos fr&#232;res, pour les inciter &#224; prendre conscience de la justice et du camp que l'on choisit de d&#233;fendre pour &#234;tre un humain digne de ce nom &#187;&lt;/i&gt; . Cela ne fonctionne pas toujours. Le 24 juillet par exemple, apr&#232;s une cha&#238;ne humaine pacifique entourant la zone prot&#233;g&#233;e du chantier, la journ&#233;e s'est achev&#233;e par une pluie de projectiles. &#171; &lt;i&gt; Ils ont soudainement d&#233;vers&#233; leur jet d'eau sous pression avec des mati&#232;res urticantes et leur lots de bombes lacrymog&#232;nes sur le camping &#187;&lt;/i&gt; . La semaine suivante par contre, 15 000 personnes d&#233;filent sans violence&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Contre l'envahisseur &#224; grande vitesse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant tout l'&#233;t&#233;, des campements vont &#234;tre organis&#233;s sur les &lt;i&gt;presidii&lt;/i&gt; de Chiomonte, Giaglione et Venaus. C'est l&#224; o&#249; la r&#233;sistance s'organise au quotidien. &lt;i&gt;&#171; C'est un m&#233;lange de Woodstock &#8211; avec ses concerts et ses assembl&#233;es populaires &#8211; et de camp retranch&#233; du Vi&#234;t Nam &#8211; avec des explosifs et des attaques aux bombes lacrymog&#232;nes. Cela donne une ambiance assez irr&#233;elle ! &#187;&lt;/i&gt; . &lt;i&gt; &lt;/i&gt; Ici, tous les moyens sont bon pour d&#233;fier l'&#201;tat italien et mettre des b&#226;tons dans les roues de l'envahisseur &#224; grande vitesse. Les heurts avec la police sont quasi quotidiens, intenses et assum&#233;s collectivement. Le 29 juillet, les No-Tav saisissent le tribunal administratif r&#233;gional du Pi&#233;mont pour r&#233;clamer la suspension de l'occupation du site de la Maddalena. &lt;i&gt;&#171; C'est une mesure autoritaire totalement ill&#233;gale qui emp&#234;che par voie de fait le droit constitutionnel de tout&#183;e citoyen&#183;ne de manifester et de circuler sur cette partie du territoire public &#187;. &lt;/i&gt; Mi-ao&#251;t, les &lt;i&gt;carabinieri&lt;/i&gt; , las du harc&#232;lement quotidien des No-Tav, attaquent la Baita pour les d&#233;loger. &lt;i&gt;&#171; Malgr&#233; les pluies de gaz lacrymog&#232;nes, nous avons repouss&#233; leurs assauts &#187;&lt;/i&gt; . Fin ao&#251;t, ils sont plus d'un millier &#224; devenir co-propri&#233;taires, pour 15 euro chacun, d'une parcelle de vignes de 1500 m2, &#224; l'endroit pr&#233;cis o&#249; est pr&#233;vue la sortie du tunnel de base. &#171; &lt;i&gt;Si l'&#201;tat veut d&#233;buter les travaux, il devra exproprier les 1500 co-propri&#233;taires, ce qui est plus compliqu&#233; qu'avec une seule personne &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au m&#234;me moment, les No-Tav organisent le premier forum th&#233;matique contre les grands projets inutiles, initi&#233; dans le cadre de la Charte d'Hendaye. &lt;i&gt;&#171; Nous souhaitons mutualiser nos exp&#233;riences de lutte contre ces grandes infrastructures, planifi&#233;es sans consultation de la population et servant en priorit&#233; les int&#233;r&#234;ts des grandes entreprises priv&#233;es, des financiers et de beaucoup de politiciens &#224; leur service &#187;&lt;/i&gt; . Quelques jours plus tard, des centaines de personnes vont parvenir, &#224; plusieurs reprises, &#224; envahir pacifiquement les vignes de la Maddalena jusqu'alors occup&#233;es par les &lt;i&gt;carabinieri&lt;/i&gt; pour prot&#233;ger le chantier. &lt;i&gt;&#171; C'est le plus gros vignoble de la vall&#233;e et on ne va pas pouvoir faire correctement les vendanges. Une grosse partie de la r&#233;colte va pourrir sur les pieds. Ave, le Tav, c'est toute l'&#233;conomie locale qui est prise en otage &#187;. &lt;/i&gt; Le d&#233;but d'une r&#233;sistance europ&#233;enne contre les grandes projets inutiles &lt;i&gt;. &#171; Bien s&#251;r la col&#232;re monte, la rage m&#234;me. Car devant cette arm&#233;e, nous nous sentons vraiment impuissant&#183;e&#183;s. Notre seul recours, la parole et la cr&#233;ativit&#233; &#187;&lt;/i&gt; .&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les &#233;colos peuvent-ils prendre le temps d'aller vite ?</title>
		<link>https://lan02.butternet.net/Les-ecolos-peuvent-ils-prendre-le-temps-d-039-aller-vite</link>
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		<dc:creator>Mika&#235;l Chambru</dc:creator>



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&lt;p&gt;&#171; L'utilit&#233; marginale d'une augmentation de vitesse, accessible &#224; un petit nombre de gens, a pour prix la croissante d&#233;sutilit&#233; de la vitesse pour la majorit&#233;. (...) Il se cr&#233;e une hi&#233;rarchie des destinations accessibles selon la vitesse qu'on est susceptible d'atteindre et chaque cat&#233;gorie de destination d&#233;finit une classe correspondante d'usagers. (...) En outre, chaque nouveau r&#233;seau a pour effet la d&#233;gradation des r&#233;seaux de moindre vitesse et chaque d&#233;passement d'un seuil de vitesse augmente d'autant (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class='spip_document_6 spip_documents'&gt;&lt;a href='https://lan02.butternet.net/IMG/jpg/reportage-color1.jpg' type=&#034;image/jpeg&#034; title=&#034;reportage-color&#034;&gt;&lt;img src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L150xH126/reportage-color1-e3593-16e68.jpg?1698011313' width='150' height='126' alt='reportage-color {JPEG}' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;i&gt;&#171; L'utilit&#233; marginale d'une augmentation de vitesse, accessible &#224; un petit nombre de gens, a pour prix la croissante d&#233;sutilit&#233; de la vitesse pour la majorit&#233;. (...) Il se cr&#233;e une hi&#233;rarchie des destinations accessibles selon la vitesse qu'on est susceptible d'atteindre et chaque cat&#233;gorie de destination d&#233;finit une classe correspondante d'usagers. (...) En outre, chaque nouveau r&#233;seau a pour effet la d&#233;gradation des r&#233;seaux de moindre vitesse et chaque d&#233;passement d'un seuil de vitesse augmente d'autant la fraction du temps social d&#233;volue aux d&#233;placements. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce constat d'Ivan Illich, &lt;i&gt;Europe-&#201;cologie-Les Verts&lt;/i&gt; tente de le faire mentir et sa position officielle, de la commission Transports aux diff&#233;rents votes en Conseil r&#233;gional, a souvent &#233;t&#233; de refuser que les nouveaux projet de liaisons ferroviaires &#224; grande vitesse entrent en concurrence dans les budgets publics avec le TER. C'&#233;tait le cas par exemple avec le TAV et le soutien critique historique des &#233;lus &#233;cologistes au projet depuis 1995. &lt;i&gt; &#171; Pour nous &#224; l'&#233;poque, le Lyon-Turin, c'&#233;tait non sauf si. Non, car nous n'avons jamais trouv&#233; tr&#232;s int&#233;ressant de r&#233;duire le temps de parcours pour les voyageurs entre Lyon et Turin. Par contre, nous souscrivions au projet si effectivement c'&#233;tait le moyen de r&#233;gler le probl&#232;me des marchandises sur les routes et si cela permettait de d&#233;bloquer des moyens pour am&#233;liorer les liaisons r&#233;gionales &#187;&lt;/i&gt; . Une strat&#233;gie peu claire, qui ne leur a fait que des ennemi&#183;e&#183;s, et qui, surtout, fait l'&#233;conomie d'une r&#233;flexion &#233;colo sur la vitesse. En 2011, les choses bougent. &lt;i&gt;&#171; Avant d'&#234;tre technique, cette question est avant tout politique et ces derni&#232;res ann&#233;es il y a des &#233;l&#233;ments nouveaux, lourds et forts, qui sont arriv&#233;s avec la crise &#233;conomique et financi&#232;re de l'Europe, l'aggravation de la crise &#233;cologique et l'&#233;puisement annonc&#233; des ressources. Nous devons d'abord d&#233;finir quels seront les besoins souhaitables de circulation de marchandises par rapport &#224; l'&#233;puisement des ressources naturelles et &#224; une &#233;conomie relocalis&#233;e. C'est donc la question du type de soci&#233;t&#233; et du type d'&#233;conomie dans laquelle les humains vont devoir vivre qui se pose &#187;. &lt;/i&gt; C'est effectivement ce que disent les No-Tav, cette nouvelle liaison ferroviaire &#224; grande vitesse incarne un projet de soci&#233;t&#233; et une certaine vision du monde. &lt;i&gt;&#171; Pour nous &#233;cologistes, cette infrastructure est inadapt&#233;e et incompatible avec le projet que nous d&#233;fendons. C'est une infrastructure qui ne sert &#224; rien si ce n'est &#224; gaspiller &#233;norm&#233;ment d'argent public, &#224; entra&#238;ner la destruction de l'environnement et &#224; renforcer le syst&#232;me productiviste &#187;&lt;/i&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, tout le monde ne voit pas l'envahisseur &#224; grande vitesse d'un mauvais &#339;il chez EELV. La vision technicienne a encore le vent en poupe. &lt;i&gt;&#171; Pour le 21&#232;me si&#232;cle, le train doit &#234;tre le mode de transport prioritaire pour le transport des marchandises &#224; travers les Alpes, et pour les d&#233;placements intercit&#233;s pour les voyageurs. Si nous voulons porter cette ambition, les infrastructures actuelles qui datent de 150 ans doivent &#233;voluer fortement. Pour pr&#233;parer l'avenir, on doit en r&#233;aliser des nouvelles, d'autant plus que les projets comme le Lyon-Turin sont indispensables pour lutter contre la production des gaz &#224; effet de serre et la pollution de l'air provenant du trafic automobile &lt;/i&gt; &#187;. Cette question, EELV devrait la trancher d'ici la fin de l'ann&#233;e. Esp&#233;rons cette fois-ci que la r&#233;flexion ne s'enferme pas dans un d&#233;bat techniciste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Mika&#235;l Chambru&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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