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	<title>L'An 02</title>
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	<description>L'An 02 est un outil &#233;colo de diffusion et de partage, un passeur d'id&#233;es hors des cercles confidentiels.
De 2011 &#224; 2015, L'An 02 a &#233;t&#233; une revue papier, en couleurs, multipliant les formes, notamment graphiques : photo-reportage, peinture, installation, typographie, bande dessin&#233;e. Cette dimension-l&#224; ne se retrouve que dans la revue papier, toujours en vente en librairie ou par correspondance. Retrouvez sur ce nouveau site tous les textes, un dossier au traitement mosa&#239;que enrob&#233; de chroniques grin&#231;antes, de lectures in-con-tour-na-bles et de reportages militants.
D&#233;sormais, L'An 02 propose &#224; chaque changement de saison une livraison de chroniques de livres r&#233;cents qui nous aident &#224; penser l'&#233;cologie politique, la d&#233;croissance et la technocritique.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>L'An 02</title>
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		<title>Cause animale, cause du Capital ?</title>
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		<description>
&lt;p&gt;Le panais dans la mare &lt;br class='autobr' /&gt; Jocelyne Porcher &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis quelques ann&#233;es et de fa&#231;on exponentielle, la &#171; cause animale &#187; (&#171; la Cause &#187; pour les initi&#233;&#183;e&#183;s) est d&#233;fendue, quasiment chaque semaine, dans un nouvel ouvrage, une nouvelle tribune, une nouvelle p&#233;tition. Des &#171; intellectuel&#183;le&#183;s &#187;, essayistes, journalistes, cin&#233;astes&#8230; qui jusqu'&#224; pr&#233;sent ne s'&#233;taient jamais souci&#233; des animaux se d&#233;couvrent plein&#183;e&#183;s de sollicitude et de compassion envers eux et s'emploient &#224; nous convaincre que nous, consommateurs omnivores, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-Le-panais-dans-la-mare-" rel="directory"&gt;Le panais dans la mare&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class='spip_document_22 spip_documents'&gt;&lt;a href='https://lan02.butternet.net/IMG/png/panais_petite.png' type=&#034;image/png&#034; title=&#034;panais_petite&#034;&gt;&lt;img src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L137xH150/panais_petite-faeb8-87302.png?1698011313' width='137' height='150' alt='panais_petite {PNG}' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;Le panais dans la mare&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Jocelyne Porcher&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelques ann&#233;es et de fa&#231;on exponentielle, la &#171; cause animale &#187; (&#171; la Cause &#187; pour les initi&#233;&#183;e&#183;s) est d&#233;fendue, quasiment chaque semaine, dans un nouvel ouvrage, une nouvelle tribune, une nouvelle p&#233;tition. Des &#171; intellectuel&#183;le&#183;s &#187;, essayistes, journalistes, cin&#233;astes&#8230; qui jusqu'&#224; pr&#233;sent ne s'&#233;taient jamais souci&#233; des animaux se d&#233;couvrent plein&#183;e&#183;s de sollicitude et de compassion envers eux et s'emploient &#224; nous convaincre que nous, consommateurs omnivores, sommes des idiots moraux qu'il faut &#233;duquer, former, transformer. Apr&#232;s 150 ans d'industrialisation de l'&#233;levage, de luttes paysannes, de r&#233;sistances des &#233;leveurs &#224; la violence envers leurs animaux, ces litt&#233;rateurs d&#233;couvrent la condition animale dans les pays industrialis&#233;s avec une belle unanimit&#233; et une m&#234;me na&#239;vet&#233; confondante. Sur quelle plan&#232;te vivaient-ils jusqu'&#224; pr&#233;sent ? Les animaux ne souffraient-ils pas la m&#234;me souffrance tandis que ces bonnes &#226;mes &#233;taient tout occup&#233;es &#224; regarder ailleurs ? Mais quel courage ne montrent-ils pas depuis, alors que les portes de la pens&#233;e critique ont &#233;t&#233; ouvertes par ceux et celles qui se sont battu&#183;e&#183;s pour les animaux sans les attendre, &#224; r&#233;p&#233;ter les m&#234;mes arguments et &#224; aboutir aux m&#234;mes conclusions : pour le bien de la plan&#232;te, le n&#244;tre et celui des animaux, il faut manger moins de viande, il faut devenir v&#233;g&#233;tarien, il faut devenir v&#233;gan. Amen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet emballement m&#233;diatique pour la cause animale pose une grande question : pourquoi maintenant ? Les syst&#232;mes industriels de productions animales, ceux-l&#224; m&#234;mes qui ravagent l'environnement, massacrent les animaux et ali&#232;nent les paysan&#183;ne&#183;s, sont n&#233;s avec le capitalisme industriel il y a 150 ans. Depuis la naissance de la zootechnie comme &#171; science de l'exploitation des machines animales &#187; et de la &#171; production animale &#187;, fille-s&#339;ur de &#171; la production v&#233;g&#233;tale &#187;, la &#171; machine animale &#187; est somm&#233;e de produire toujours plus et toujours plus vite. Des premi&#232;res tentatives d'utilisation du caillebotis au 19e si&#232;cle &#224; l'usine des mille vaches, en passant par la vache-hublot, le broyeur &#224; poussins, l'aspirateur &#224; poulets, la bo&#238;te &#224; &#233;lectrocuter les porcs&#8230; les productions animales ont &#233;t&#233; prises dans une dynamique effrayante de violence envers les animaux &#8211; et envers les paysan&#183;ne&#183;s &#8211; dont la seule rationalit&#233; est le profit. Si les zootechniciens du 19e avaient le sentiment, en soutenant l'industrialisation de l'&#233;levage, d'&#339;uvrer &#233;galement pour le progr&#232;s social, ce sentiment est bien absent chez ses promoteurs actuels. Les usines qui produisent &lt;i&gt;du&lt;/i&gt; porc, &lt;i&gt;de la&lt;/i&gt; volaille ou de l'&#233;lectricit&#233; via les vaches et leurs veaux ne travaillent pas pour le bien commun mais, ici ou ailleurs, pour maximiser les profits des investisseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ceux et celles qui proposent de construire avec les animaux d'&#233;levage, via le v&#233;ganisme, des rapports pacifi&#233;s, des rapports de citoyennet&#233; plut&#244;t que des suppos&#233;s uniques rapports de domination, il est n&#233;cessaire d'opposer une analyse du monde r&#233;el capitaliste, des rapports de force, des rapports de classe. Comment penser un instant que les animaux puissent &#234;tre citoyens, personnes, dans des soci&#233;t&#233;s qui refusent la citoyennet&#233; &#224; des millions d'&#234;tres humains, qui plongent les peuples dans la violence et dans la guerre, qui affament, qui dressent les &#234;tres les un&#183;e&#183;s contre les autres au nom de la comp&#233;titivit&#233; et de l'int&#233;r&#234;t des nations dominantes, dans des soci&#233;t&#233;s o&#249; le ma&#238;tre-mot de toute relation est le profit ? Comment penser les alternatives &#224; l'alimentation carn&#233;e propos&#233;es par les fonds d'investissements autrement que comme partie prenante du processus d'industrialisation de notre alimentation, autrement que dans le champ des rapports de force entre les paysan&#183;ne&#183;s et les multinationales ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le bien des animaux, plut&#244;t que de pr&#233;parer leur disparition et une d&#233;pendance alimentaire accrue aux multinationales, il faut soutenir les &#233;leveurs et n&#233;gocier avec eux les conditions d'un &#233;levage &#224; la hauteur de nos liens.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Lib&#233;ration animale &#187; et veganisme : au service de quelles transformations sociales ?</title>
		<link>https://lan02.butternet.net/Liberation-animale-et-veganisme-au-service-de-quelles-transformations-sociales</link>
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		<dc:date>2014-09-01T00:00:00Z</dc:date>
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		<description>
&lt;p&gt;Le Panais dans la mare &lt;br class='autobr' /&gt; Jocelyne Porcher &lt;br class='autobr' /&gt;
Les d&#233;fenseurs des animaux et pros&#233;lytes du veganisme (mode de vie sans consommation de produits d'origine animale) le clament dans tous les m&#233;dias : l'alimentation carn&#233;e est le crime contemporain absolu et l'&#233;levage la racine de toutes les barbaries. C'est pourquoi ils promeuvent une &#171; agriculture sans &#233;levage &#187; au service d'une soci&#233;t&#233; enfin lib&#233;r&#233;e et pacifi&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'horizon que dessinent les bons sentiments des un-e-s et la philosophie hors-sol des autres est (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-Le-panais-dans-la-mare-" rel="directory"&gt;Le panais dans la mare&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_22 spip_documents'&gt;&lt;a href='https://lan02.butternet.net/IMG/png/panais_petite.png' type=&#034;image/png&#034; title=&#034;panais_petite&#034;&gt;&lt;img src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L137xH150/panais_petite-faeb8-87302.png?1698011313' width='137' height='150' alt='panais_petite {PNG}' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Le Panais dans la mare&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Jocelyne Porcher&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;fenseurs des animaux et pros&#233;lytes du veganisme (mode de vie sans consommation de produits d'origine animale) le clament dans tous les m&#233;dias : l'alimentation carn&#233;e est le crime contemporain absolu et l'&#233;levage la racine de toutes les barbaries. C'est pourquoi ils promeuvent une &#171; agriculture sans &#233;levage &#187; au service d'une soci&#233;t&#233; enfin lib&#233;r&#233;e et pacifi&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'horizon que dessinent les bons sentiments des un-e-s et la philosophie hors-sol des autres est pourtant tr&#232;s sordide. Car que s'agit-il de faire au juste, au nom des animaux, de la &#171; plan&#232;te &#187;, de notre sant&#233; ? De ne plus manger de viandes et de consommer uniquement des v&#233;g&#233;taux ? Et tout irait bien ? Il semblerait que cette politique morale nous conduise bien au contraire &#224; un monde encore plus d&#233;sastreux que celui dont nous d&#233;sirons sortir. Car, en r&#233;alit&#233;, &#224; qui profitent ces orientations ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le comprendre, rappelons tout d'abord que l'&#233;ducation morale des populations vis-&#224;-vis des animaux de la part des intellectuels (1) n'est pas nouvelle. Elle est &#224; l'origine des premi&#232;res lois de protection des animaux au XIXe si&#232;cle (2). Les bourgeois n'aiment pas voir souffrir les animaux et n'ont de cesse d'&#233;duquer le menu peuple brutal et ignorant. C'est ainsi que scientifiques et intellectuels de tout genre, aujourd'hui comme hier, apprennent aux paysans ce qu'est un animal et quelle morale de relations est acceptable ou non. Que les paysans eux-m&#234;mes depuis des si&#232;cles aient donn&#233; un sens moral &#224; leurs relations aux animaux ne les int&#233;resse pas. Et la construction de la &#171; question animale &#187; renvoie &#224; des rapports de classe qu'il serait tr&#232;s regrettable d'ignorer. Les rapports d'exploitation n'opposent pas des oppresseurs (les humains) &#224; des opprim&#233;s (les animaux) &#8211; comme le pr&#233;tendent certains intellectuels &#8211; mais bien des bourgeois &#224; des prol&#233;taires, que ceux-ci soient des humains ou des animaux. Et l'int&#233;r&#234;t des un-e-s et des autres n'est pas vraiment le m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui a int&#233;r&#234;t &#224; ce que l'&#233;levage disparaisse ? En tout premier lieu les multinationales de l'agroalimentaire et des biotechnologies. Google, McDonald's et de g&#233;n&#233;reux donateurs anonymes soutiennent la recherche sur la viande &lt;i&gt; in vitro&lt;/i&gt; ; la fondation Bill Gates appuie &lt;i&gt;Beyond Meat&lt;/i&gt; , un projet de substituts de viande sans animal, essentiellement &#224; base de soja ; Cargill a d&#233;velopp&#233; un fromage sans lait, que l'on retrouvera dans les pizzas industrielles. Car ce qui change fondamentalement la donne si on &#171; lib&#232;re &#187; les animaux (de facto si on les condamne &#224; dispara&#238;tre), c'est que ce qui &#233;tait de l'ordre du bien commun (l'&#233;levage, la relation aux animaux, la nourriture produite par les paysan-ne-s) devient un bien priv&#233; brevet&#233;. La production de prot&#233;ines animales va sortir du monde agricole pour entrer dans celui des industriels comme n'importe quel autre produit, comme c'&#233;tait du reste l'objectif des premiers zootechniciens, sauf que cela se fera sans les animaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des failles importantes de la pens&#233;e des &#171; lib&#233;rateurs &#187; des animaux est qu'elle ne tient pas compte du monde r&#233;el. Ni du monde r&#233;el qui construit la relation entre humains et animaux et articule vie et mort dans la complexit&#233; de nos liens, ni du monde r&#233;el politique (la soci&#233;t&#233; capitaliste) dans lequel l'alpha et l'om&#233;ga de toutes choses est le profit et non le bien-&#234;tre de qui que ce soit. Comment penser un seul instant que les animaux puissent &#234;tre libres, respect&#233;s, acqu&#233;rir des droits&#8230; dans un monde o&#249; les &#234;tres humains sont trait&#233;s comme des objets ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi r&#233;-inventer l'&#233;levage est la v&#233;ritable option politique pour changer nos relations aux animaux et &#224; nous-m&#234;mes, pour reprendre avec eux la main sur leurs vies et sur la n&#244;tre. Int&#233;grer les animaux dans la construction des rapports sociaux au sein d'une soci&#233;t&#233; lib&#233;r&#233;e de l'emprise de la cupidit&#233;, de la performance &#224; court terme, de la concurrence de tou-te-s contre tou-te-s est un but beaucoup plus &#233;mancipateur que la funeste entreprise de &#171; lib&#233;ration &#187; des animaux qui conduirait &#224; une ali&#233;nation accrue et des &#234;tres humains et des animaux. La plupart de nos concitoyen-ne-s veulent vivre avec des animaux et non pas s'en d&#233;tacher. Attachons-nous mieux, voil&#224; l'enjeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Voir la r&#233;cente &#171; p&#233;tition des intellectuels &#187; en faveur d'un changement de statut des animaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) Michelle Julien, &lt;i&gt;Le Cauchemar de Dickens. Naissance des expositions et des refuges&lt;/i&gt; , &#233;ditions Mongrel, 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(3) Il faut rappeler que le terme &#171; animaux d'&#233;levage &#187; renvoie aux animaux de ferme mais &#233;galement aux chiens et aux chats qui eux aussi doivent majoritairement la vie &#224; des &#233;leveurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les agriculteurs conventionnels actuels seront-ils les bio de demain ?</title>
		<link>https://lan02.butternet.net/Les-agriculteurs-conventionnels-actuels-seront-ils-les-bio-de-demain</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques Caplat</dc:creator>



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&lt;p&gt;Le panais dans la mare &lt;br class='autobr' /&gt;
Alors que les consommateurs recherchent de plus en plus d'aliments biologiques, alors que les cons&#233;quences sanitaires, environnementales et sociales de l'agriculture &#171; conventionnelle &#187; deviennent irr&#233;futables, l'agriculture biologique peine &#224; se d&#233;velopper en France. L'une des raisons de ce retard tient &#224; la grande m&#233;connaissance de ce qu'est l'agriculture biologique, objet de fantasmes et de malentendus. Si cette m&#233;connaissance est regrettable lorsqu'il s'agit des citoyens, elle (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-Le-panais-dans-la-mare-" rel="directory"&gt;Le panais dans la mare&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le panais dans la mare&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les consommateurs recherchent de plus en plus d'aliments biologiques, alors que les cons&#233;quences sanitaires, environnementales et sociales de l'agriculture &#171; conventionnelle &#187; deviennent irr&#233;futables, l'agriculture biologique peine &#224; se d&#233;velopper en France. L'une des raisons de ce retard tient &#224; la grande m&#233;connaissance de ce qu'est l'agriculture biologique, objet de fantasmes et de malentendus. Si cette m&#233;connaissance est regrettable lorsqu'il s'agit des citoyens, elle devient dramatique lorsqu'il s'agit des agriculteurs. Or, ce sont bien les agriculteurs qu'il faut convaincre d'une part, et accompagner vers de nouvelles pratiques d'autre part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des agriculteurs, mais &#233;galement des conseillers agricoles et des chercheurs, croient que l'agriculture bio est une agriculture &#171; sans chimie &#187;. Cette formule comporte un sous-entendu rarement explicit&#233; : celui que le mot &#171; agriculture &#187; d&#233;signerait un ensemble de pratiques universel, auquel nous pourrions soit ajouter des produits chimiques soit ne pas en ajouter. Cette erreur est la matrice de tous les d&#233;nigrements et de tous les fantasmes vis-&#224;-vis de la bio.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agriculture conventionnelle est bas&#233;e sur un choix discutable qui n'a rien d'universel, celui des cultures pures (une seule plante par parcelle). Elle s'appuie sur des vari&#233;t&#233;s v&#233;g&#233;tales et des races animales issues d'une s&#233;lection standardis&#233;e et centralis&#233;e, sans co&#233;volution avec les milieux naturels. Elle vise &#224; r&#233;duire la main d'&#339;uvre en la rempla&#231;ant par des machines. Ces choix ne d&#233;finissent certainement pas l'agriculture en g&#233;n&#233;ral, mais une agriculture particuli&#232;re ! Lui retirer les produits chimiques de synth&#232;se n'en fait qu'une agriculture &#171; conventionnelle sans chimie &#187;, qui ne nourrira pas le monde et ne sera pas p&#233;renne sur le plan agronomique, m&#234;me si elle permet au moins de r&#233;duire la destruction de l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agriculture biologique, au sens de ses fondateurs et des pratiques r&#233;elles de millions de paysans, est avant tout une d&#233;marche agronomique tr&#232;s moderne et tr&#232;s performante. Elle consiste &#224; cr&#233;er un &#171; organisme agricole &#187; qui met en lien l'&#233;cosyst&#232;me (sol, haies, arbres, points d'eau...), l'agrosyst&#232;me (plantes cultiv&#233;es et animaux domestiques) et les humains (force de travail, savoirs, besoins, envies). C'est l'application &#224; l'agriculture de la r&#233;volution syst&#233;mique qui a travers&#233; les sciences au XXe si&#232;cle. La suppression de la chimie de synth&#232;se n'est qu'un moyen pour construire un agro&#233;cosyst&#232;me coh&#233;rent, ce n'est absolument pas un but en soi ni une d&#233;finition. La bio s'appuie sur des cultures associ&#233;es (plusieurs plantes par parcelle), des vari&#233;t&#233;s et races adapt&#233;es au milieu et &#233;volutives, la valorisation de la main-d'&#339;uvre et le respect de la physiologie animale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je cherche d'abord &#224; montrer aux paysans qu'un choix est bien possible : l'agriculture biologique est une autre agriculture, bien plus conforme aux fondamentaux de l'agronomie ; elle est extr&#234;mement performante &#224; l'&#233;chelle mondiale et peut nourrir douze milliards d'humains sans d&#233;fricher un seul hectare suppl&#233;mentaire. Mais il reste ensuite &#224; aider ces paysans &#224; &#233;voluer !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La transition vers l'agriculture biologique ne se fait pas en un jour. Plus les fermes consid&#233;r&#233;es sont industrielles, surm&#233;canis&#233;es et incoh&#233;rentes sur le plan environnemental, plus leur transformation prendra du temps. En outre, la bio fait face &#224; des distorsions de concurrence terribles (r&#232;glements sur les semences qui emp&#234;chent d'utiliser des vari&#233;t&#233;s adaptables et &#233;volutives, co&#251;t de la main-d'&#339;uvre qui rel&#232;ve de choix fiscaux d&#233;pass&#233;s, non-int&#233;gration du co&#251;t des pollutions dans le prix des produits) et elle doit encore inventer des techniques de cultures associ&#233;es. Nous devons donc &#224; la fois exiger un changement du cadre des politiques agricoles, et proposer aux agriculteurs des &#233;volutions progressives. Chaque citoyen peut agir pour aider les paysans &#224; changer leurs pratiques et pour aider l'installation de paysans biologiques. Mais la seule consommation ne suffit pas : l'agriculture r&#233;sulte d'abord des d&#233;cisions de ceux qui la font.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques Caplat est l'auteur de &lt;i&gt;Changeons d'agriculture. R&#233;ussir la transition&lt;/i&gt; , Actes Sud, 2014, 160 pages, 17 euros.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>L'agro&#233;cologie, un outil de transformation sociale</title>
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		<dc:date>2012-12-01T00:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Silvia P&#233;rez-Vitoria Le panais dans la mare</dc:creator>



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&lt;p&gt;par Silvia P&#233;rez-Vitoria Le panais dans la mare &lt;br class='autobr' /&gt;
L'agro&#233;cologie a commenc&#233; &#224; &#234;tre th&#233;oris&#233;e et mise en pratique &#224; la fin des ann&#233;es 70, en Am&#233;rique latine, comme r&#233;ponse aux d&#233;g&#226;ts d'un syst&#232;me agro-industriel tr&#232;s d&#233;velopp&#233;. Il en existe une d&#233;finition restrictive et une d&#233;finition plus large. Dans son acception &#233;troite, il s'agit de &#171; l'application de concepts et principes &#233;cologiques &#224; l'agriculture &#187;. Dans sa vision large, celle qui nous int&#233;ressera ici, l'agro&#233;cologie int&#232;gre les dimensions sociales, (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class='spip_document_22 spip_documents'&gt;&lt;a href='https://lan02.butternet.net/IMG/png/panais_petite.png' type=&#034;image/png&#034; title=&#034;panais_petite&#034;&gt;&lt;img src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L137xH150/panais_petite-faeb8-87302.png?1698011313' width='137' height='150' alt='panais_petite {PNG}' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;par Silvia P&#233;rez-Vitoria&lt;br class='autobr' /&gt;
Le panais dans la mare&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agro&#233;cologie a commenc&#233; &#224; &#234;tre th&#233;oris&#233;e et mise en pratique &#224; la fin des ann&#233;es 70, en Am&#233;rique latine, comme r&#233;ponse aux d&#233;g&#226;ts d'un syst&#232;me agro-industriel tr&#232;s d&#233;velopp&#233;. Il en existe une d&#233;finition restrictive et une d&#233;finition plus large. Dans son acception &#233;troite, il s'agit de &#171; l'application de concepts et principes &#233;cologiques &#224; l'agriculture &#187;. Dans sa vision large, celle qui nous int&#233;ressera ici, l'agro&#233;cologie int&#232;gre les dimensions sociales, culturelles et politiques, dans une approche globale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion fondamentale est celle d'agro&#233;cosyst&#232;me, c'est-&#224;-dire l'&#233;cosyst&#232;me travaill&#233; par l'Homme. C'est une construction sociale, produit de la co-&#233;volution entre les cultures humaines et la nature. Les soci&#233;t&#233;s, au cours de leur histoire, ont cr&#233;&#233; des syst&#232;mes de production et d'&#233;changes diversifi&#233;s et adapt&#233;s &#224; leurs cultures et &#224; leurs environnements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les destructions, en particulier au plan &#233;cologique, du syst&#232;me agro-industriel dominant sont de plus en plus &#233;videntes : perte de biodiversit&#233;, pollutions, d&#233;gradation des sols, surconsommation d'eau et d'&#233;nergies fossiles&#8230; C'est pourquoi les institutions agronomiques (1), certaines ONG et des organisations internationales se sont empar&#233;es de l'agro&#233;cologie en la r&#233;duisant &#224; sa dimension technico-agronomique. Une occasion de promouvoir des recherches et de pr&#233;coniser des techniques susceptibles de r&#233;duire les inconv&#233;nients de l'agriculture industrielle mais sans remettre en cause les m&#233;canismes qui ont permis sa domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute autre est l'approche des mouvements paysans et en particulier de Via campesina (2). Pour eux il s'agit de s'approprier l'agro&#233;cologie dans son acception la plus large. Celle-ci tient compte du syst&#232;me agroalimentaire dans son ensemble, des &#233;changes, des politiques publiques, de l'acc&#232;s &#224; la terre et &#224; l'eau, des cultures propres &#224; chaque soci&#233;t&#233;. Il ne s'agit pas d'un r&#233;pertoire de recettes agronomiques et de ce point de vue l'agriculture biologique est une condition n&#233;cessaire mais non suffisante pour l'agro&#233;cologie. Les savoirs et savoir-faire paysans sont reconnus &#224; parit&#233; avec les savoirs scientifiques car ce sont eux qui ont le mieux su valoriser les agro&#233;cosyst&#232;mes. C'est une reconnaissance de la place centrale qui doit &#234;tre donn&#233;e aux paysanneries sur la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'Olivier De Schutter, dans son rapport au Conseil des droits de l'Homme de l'ONU de 2011, ait soulign&#233; l'efficacit&#233; tant &#233;cologique que sociale des pratiques paysannes, la Banque mondiale et la FAO continuent leur politique en faveur d'une industrialisation et d'une acc&#233;l&#233;ration de l'int&#233;gration au march&#233; mondial des agricultures paysannes, ce qui signe leur disparition. C'est ainsi que sont favoris&#233;s l'accaparement des terres pour de grands projets d'agriculture industrielle dans le monde, la &#171; modernisation &#187; des agricultures traditionnelles pour augmenter leur &#171; productivit&#233; &#187; et leur &#171; comp&#233;titivit&#233; &#187; ou la privatisation des semences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sa part, Via campesina construit progressivement sa riposte en organisant des formations propres et en mettant en pratique sur le terrain les principes de l'agro&#233;cologie, en &#233;troite symbiose avec les savoirs paysans. Une fois dans les mains des mouvements paysans, l'agro&#233;cologie peut devenir un v&#233;ritable outil de transformation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) En Europe, c'est &#224; l'ISEC, Instituto de sociologia y estudios campesinos, de Cordoba (universit&#233; d'Andalousie) qu'a &#233;t&#233; construite une conception multidisciplinaire de l'agro&#233;cologie, avec les apports d'anthropologues, d'&#233;conomistes, d'&#233;cologues, de politologues. Cet institut soutient de longue date les luttes paysannes en Espagne et en Am&#233;rique latine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) Via Campesina est un mouvement international de petit&#183;e&#183;s paysan&#183;ne&#183;s, paysan&#183;ne&#183;s sans terre, peuples indig&#232;nes, associations de femmes rurales, cr&#233;&#233; en 1993. &lt;a href=&#034;http://viacampesina.org&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://viacampesina.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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