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	<title>L'An 02</title>
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	<description>L'An 02 est un outil &#233;colo de diffusion et de partage, un passeur d'id&#233;es hors des cercles confidentiels.
De 2011 &#224; 2015, L'An 02 a &#233;t&#233; une revue papier, en couleurs, multipliant les formes, notamment graphiques : photo-reportage, peinture, installation, typographie, bande dessin&#233;e. Cette dimension-l&#224; ne se retrouve que dans la revue papier, toujours en vente en librairie ou par correspondance. Retrouvez sur ce nouveau site tous les textes, un dossier au traitement mosa&#239;que enrob&#233; de chroniques grin&#231;antes, de lectures in-con-tour-na-bles et de reportages militants.
D&#233;sormais, L'An 02 propose &#224; chaque changement de saison une livraison de chroniques de livres r&#233;cents qui nous aident &#224; penser l'&#233;cologie politique, la d&#233;croissance et la technocritique.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>L'An 02</title>
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		<title>Pay&#233;es &#224; rien foutre</title>
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		<dc:date>2015-07-01T00:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Violette van Hoenacker</dc:creator>



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&lt;p&gt;&#171; Plein de temps libre au boulot ? Mais c'est super/g&#233;nial/formidable, tu peux faire des tas de choses pour toi ! &#187; Voil&#224; la premi&#232;re r&#233;action quand on fait allusion &#224; cette situation incongrue : &#234;tre scotch&#233;e au boulot dans un &#233;tat de sous-occupation qui s'installe. Alors que beaucoup de personnes au travail sont &#233;cras&#233;es de t&#226;ches (sous un statut salari&#233; ou ind&#233;pendant), nous profitons sans contrepartie, ou &#224; peine, de ce luxe que les Romains appelaient l' otium , la jouissance de son temps en toute (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-Chronique-du-vrai-travail-" rel="directory"&gt;Chronique du {vrai} travail&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Plein de temps libre au boulot ? Mais c'est super/g&#233;nial/formidable, tu peux faire des tas de choses pour toi ! &#187; Voil&#224; la premi&#232;re r&#233;action quand on fait allusion &#224; cette situation incongrue : &#234;tre scotch&#233;e au boulot dans un &#233;tat de sous-occupation qui s'installe. Alors que beaucoup de personnes au travail sont &#233;cras&#233;es de t&#226;ches (sous un statut salari&#233; ou ind&#233;pendant), nous profitons sans contrepartie, ou &#224; peine, de ce luxe que les Romains appelaient l' &lt;i&gt;otium&lt;/i&gt; , la jouissance de son temps en toute libert&#233;. Classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf que&#8230; cette situation n'est pas si &#171; sympa &#187;. Et les psychologues du travail nous rassurent. Non, notre exigence &#224; demander d'un emploi plus que des sous n'est pas compl&#232;tement idiote mais a &#224; voir avec une certaine humanit&#233;. Oui, beaucoup des personnes vivent cet &#233;tat de fait et en souffrent &#233;galement. L'estime de soi est mise &#224; rude &#233;preuve quand notre boulot est parfaitement inutile ou quand on nous assigne pour mission hebdomadaire une t&#226;che qui prend environ une heure. Les chiffres du d&#233;s&#339;uvrement au travail, bien plus &#233;lev&#233;s que nous le soup&#231;onnions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Il touche environ 30 % des personnes selon certaines estimations. Christian (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, peinent &#224; nous rassurer car il est imaginable que le poste que nous pourrions trouver apr&#232;s celui-ci nous r&#233;serve la m&#234;me surprise. Mais c'est d&#233;j&#224; un soulagement, car notre premi&#232;re r&#233;action a &#233;t&#233; la culpabilit&#233;. Non seulement nous tirions au flanc et &#233;tions pay&#233;es &#224; rien foutre (et il faudrait avoir un employeur douteux, genre Areva, pour &#234;tre d&#233;complex&#233;e &#224; ce sujet) mais en plus nos coll&#232;gues d&#233;bord&#233;&#183;e&#183;s se plaignent aupr&#232;s de nous de situations pas moins difficiles. Nous, nous devons nous taire par d&#233;cence, par honte ou par peur de d&#233;clencher pire encore&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une plus ou moins longue p&#233;riode de culpabilit&#233;, nous nous rendons compte que le probl&#232;me est structurel et tient &#224; l'organisation du service ou &#224; l'incurie d'un chef. Ouf ! Mais les 35 h restent dues, alors comment faire passer les journ&#233;es, faire du plein avec du vide ? Autour de nous, que ce soit au boulot ou dans l'entourage amical, la situation n'est pas rare et voici un petit relev&#233; des diff&#233;rentes strat&#233;gies. Les winners arriveront &#224; d&#233;crocher (aux d&#233;pens des autres) les rares missions dans une situation de p&#233;nurie ou se recr&#233;eront leur poste. On a beau nous aussi a-do-rer l'autonomie, on a l'impudence de penser que c'est l&#224; la responsabilit&#233; de notre employeur. Plus modeste, la chasse &#224; l'occupation nous fait assister &#224; la moindre r&#233;union vaguement en lien avec notre m&#233;tier. Il reste encore la possibilit&#233; de s'occuper avec des activit&#233;s qui n'ont en commun avec notre travail que l'ordinateur qui lui sert d'outil, et cela va de mater des films &#224; mettre en page des tracts pour les associations dont nous faisons partie. Recours ultimes : des t&#226;ches d&#233;qualifi&#233;es (le m&#233;nage pour une comptable, par exemple) ou plus simplement l'absent&#233;isme. Arriver un peu tard, partir un peu t&#244;t, et moins on a peur de bousculer le statu quo, plus on ose rester chez soi une demi-journ&#233;e ou une journ&#233;e enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se d&#233;livrer de la contrainte du temps pass&#233; sur place r&#232;gle-t-il le probl&#232;me ? Le t&#233;l&#233;travail ou l'absence totale d'exigence &#224; notre &#233;gard &#8211; quasiment un revenu garanti &#8211; n'y changent rien. Nous avons avant tout envie d'&#234;tre occup&#233;es et nos occupations individuelles ne remplissent pas forc&#233;ment les journ&#233;es (m&#234;mes femmes, militantes ou jardini&#232;res). Et puis nous avions la chance de pouvoir pr&#233;tendre &#224; des emplois &#224; la fois stimulants et utiles, ench&#226;ss&#233;s dans le fonctionnement d'un groupe humain. Il faut mettre une croix sur toutes ces gratifications. Il nous arrive de penser &#171; arr&#234;t-maladie &#187; ou &#171; rupture conventionnelle &#187; quand le pr&#233;judice subi est trop fort, quand ne pas travailler nous fatigue au point de ne plus arriver &#224; nous investir dans notre vie personnelle, au point d'&#234;tre tr&#232;s vite blas&#233;es, d&#233;motiv&#233;es par tout. Mais &#224; quoi bon rentrer chez soi si c'est pour y retrouver l'incapacit&#233; &#224; faire &#339;uvre avec les autres, l'absence de reconnaissance et l'attente que la journ&#233;e se termine ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il touche environ 30 % des personnes selon certaines estimations. Christian Bourion et St&#233;phane Trebucq, &#171; Le bore-out syndrom &#187;, &lt;i&gt;Revue internationale de psychosociologie&lt;/i&gt; , 2011/41 (vol. XVII).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dans l'espace, personne ne vous entend crier. Blues du journaliste &#233;colo</title>
		<link>https://lan02.butternet.net/Dans-l-espace-personne-ne-vous-entend-crier-Blues-du-journaliste-ecolo</link>
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		<dc:date>2014-09-01T00:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;Chronique du vrai travail &lt;br class='autobr' /&gt; Jade Lindgaard &lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait vers le milieu de l'ann&#233;e 2013 et un vent de d&#233;prime soufflait dans les c&#339;urs d'un petit groupe de journalistes &#233;colos. Vacuit&#233; de la politique gouvernementale, nullit&#233; du d&#233;bat public sur les enjeux &#233;nerg&#233;tiques, absence de mouvement social en r&#233;action au d&#233;r&#232;glement climatique, silence des intellectuel-le-s, reflux d'int&#233;r&#234;t des r&#233;dac' chefs pour les sujets environnementaux. Et le sentiment d'&#233;chouer &#224; interpeller la soci&#233;t&#233; sur l'&#233;puisement &#233;cologique de (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-Chronique-du-vrai-travail-" rel="directory"&gt;Chronique du {vrai} travail&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_28 spip_documents'&gt;
&lt;img src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L500xH411/usine-petite-c96b1.png?1703349010' width='500' height='411' alt=&#034;usine-petite&#034; title=&#034;usine-petite&#034; /&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Chronique du vrai travail &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Jade Lindgaard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait vers le milieu de l'ann&#233;e 2013 et un vent de d&#233;prime soufflait dans les c&#339;urs d'un petit groupe de journalistes &#233;colos. Vacuit&#233; de la politique gouvernementale, nullit&#233; du d&#233;bat public sur les enjeux &#233;nerg&#233;tiques, absence de mouvement social en r&#233;action au d&#233;r&#232;glement climatique, silence des intellectuel-le-s, reflux d'int&#233;r&#234;t des r&#233;dac' chefs pour les sujets environnementaux. Et le sentiment d'&#233;chouer &#224; interpeller la soci&#233;t&#233; sur l'&#233;puisement &#233;cologique de son mod&#232;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se r&#233;unit &#224; quelques-un-e-s pour partager nos exp&#233;riences. L'un d'entre nous est en conflit avec sa direction qui le dessaisit du suivi de la lutte contre l'a&#233;roport de Notre-Dame-des-Landes ; l'autre bataille pour publier son reportage sur la douleur des gens apr&#232;s la catastrophe de Fukushima. Mon directeur ne veut pas de mon sujet sur la transition &#233;nerg&#233;tique en Tunisie &#8211; je vois encore son regard interloqu&#233; : &#171; Non, mais c'est surr&#233;el ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tristesse, d&#233;ception, sensation d'impuissance. L'une d'entre nous se fabrique des strat&#233;gies de judoka du storytelling : &#171; Faut leur parler de ce qu'ils aiment lire : tu fais le bilan carbone de Paris Hilton : ses voyages, les sushis de son chihuahua... ou du gros G&#233;g&#233; Depardieu &#187;. Une autre monte un think tank. On se quitte en se promettant d'essayer de b&#226;tir un cadre collectif en rupture avec l'individualisme concurrentiel qui r&#233;git notre m&#233;tier. Six mois plus tard, cette discussion se poursuit par intermittence, mais nous cherchons toujours une &#233;bauche de solution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'espace, personne ne vous entend crier. C'&#233;tait le slogan du film &lt;i&gt;Alien, le huiti&#232;me passager,&lt;/i&gt; de Ridley Scott, en 1979. J'ai compris tardivement que cette &#339;uvre de terreur spatiale d&#233;peignait aussi l'angoisse terrestre de l'isolement du journaliste. Vous enqu&#234;tez, vous rencontrez, vous interrogez, vous publiez. Et rien. Rien ne se passe, au sens o&#249; personne ne r&#233;agit, personne ne se saisit des informations r&#233;unies pour se plaindre, demander des comptes, d&#233;noncer l'injustice ou le scandale r&#233;v&#233;l&#233;. All&#232;gement de la proc&#233;dure d'installation des gros &#233;levages porcins conc&#233;d&#233; par la gauche ? Discussions sur l'allongement de la dur&#233;e de vie des centrales nucl&#233;aires alors qu'aucune au monde n'a jamais atteint l'&#226;ge de 60 ans ? Un lanceur d'alerte d&#233;nonce la gestion par le groupe Vinci, l'op&#233;rateur du projet de Notre-Dame-des-Landes, de ses a&#233;roports au Cambodge ? La sant&#233; des pr&#233;caires &#233;nerg&#233;tiques est d&#233;grad&#233;e par le froid ? Invisible bouchon de li&#232;ge sur un oc&#233;an de donn&#233;es, votre petit article est imm&#233;diatement englouti par la houle de l'info en continu et la pr&#233;gnance de questions class&#233;es prioritaires : la crise &#233;conomique, la crise sociale, le ras-le-bol fiscal, l'&#233;quipe de France de foot, les blagues de Cyril Hanouna, le devenir people de Serge le lama.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, bien d'autres sujets se fracassent sur le mur de l'indiff&#233;rence collective. Mais elle prend peut &#234;tre une forme particuli&#232;re sur l'&#233;cologie. C'est la trag&#233;die du tempo. Comment rendre compte en temps m&#233;diatique de la responsabilit&#233; de nos activit&#233;s humaines et de nos modes de vie dans la sixi&#232;me extinction des esp&#232;ces, la pollution de l'eau, le d&#233;r&#232;glement climatique ? Vous publiez extensivement sur les ravages sociaux et environnementaux du transport des marchandises &#224; bas co&#251;t, et &#233;clate le scandale de l'&#233;cotaxe, qui ravale l'argument &#233;cologiste au r&#244;le de triste paravent d'un lucratif partenariat public-priv&#233;. Vous insistez sur les promesses de la conversion &#233;cologique de l'&#233;conomie, et Bosch annonce le d&#233;p&#244;t de bilan de son site photovolta&#239;que de V&#233;nissieux, ancien lieu de sa fili&#232;re automobile. Vous &#233;pluchez les positions des d&#233;l&#233;gations de la 19e conf&#233;rence de l'ONU sur le climat, &#224; Varsovie, et l'ouragan Haiyan d&#233;vaste les Philippines, rendant d&#233;risoire une diplomatie d&#233;j&#224; d&#233;faillante. Vous &#234;tes d&#233;cal&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'y faire ? Ne pas se r&#233;soudre. Relire les articles d'Andr&#233; Gorz sous son nom de plume de Michel Bosquet pour retrouver la rage &#233;ditoriale. Repartir &#224; la recherche d'un mode d'emploi du journalisme au temps des catastrophes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Il &#233;tait une fois les projectionnistes</title>
		<link>https://lan02.butternet.net/Il-etait-une-fois-les-projectionnistes</link>
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		<dc:date>2013-07-01T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lala Lili</dc:creator>



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&lt;p&gt;Dans la s&#233;rie des m&#233;tiers d'antan : projectionniste. En 2006, titulaire depuis peu d'un CAP, je suis engag&#233;e pour des remplacements dans une grande cha&#238;ne de cin&#233;mas. J'encha&#238;ne sur une cinquantaine de CDD pour finir par d&#233;crocher un CDI, &#224; mi-temps puis &#224; plein temps. Nous sommes alors en permanence trois op&#233;rateurs/rices pour plus de quinze salles. Le travail peut &#234;tre intense, particuli&#232;rement du lundi au mercredi matin, &#224; monter et d&#233;monter les bobines ou &#224; r&#233;gler image et niveau sonore pour la (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-Chronique-du-vrai-travail-" rel="directory"&gt;Chronique du {vrai} travail&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L150xH124/arton104-5e106.png?1698011329' width='150' height='124' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans la s&#233;rie des m&#233;tiers d'antan : projectionniste. En 2006, titulaire depuis peu d'un CAP, je suis engag&#233;e pour des remplacements dans une grande cha&#238;ne de cin&#233;mas. J'encha&#238;ne sur une cinquantaine de CDD pour finir par d&#233;crocher un CDI, &#224; mi-temps puis &#224; plein temps. Nous sommes alors en permanence trois op&#233;rateurs/rices pour plus de quinze salles. Le travail peut &#234;tre intense, particuli&#232;rement du lundi au mercredi matin, &#224; monter et d&#233;monter les bobines ou &#224; r&#233;gler image et niveau sonore pour la semaine. Avec quatre ou cinq kilom&#232;tres de pellicule pour un film, les bobines nous arrivent s&#233;par&#233;es, pesant au total une vingtaine de kilos. Il faut en remonter entre six et huit, mises bout &#224; bout et coll&#233;es sur le m&#234;me cerceau. Un boulot physique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui les fichiers arrivent via connexion s&#233;curis&#233;e sur les machines, qu'il faut programmer au d&#233;but de la semaine pour qu'elles marchent toutes seules jusqu'au mardi. A peine est-il besoin de les allumer le matin et de les &#233;teindre le soir. En cas de d&#233;faillance, le/la technicien-ne de garde appelle la &lt;i&gt;hotline&lt;/i&gt; qui &#224; distance prend la main sur la machine. Pour celles et ceux qui n'ont pas fait l'objet d'un plan social, le travail est devenu simple surveillance, d'un ennui et d'une solitude que n'envient pas leurs coll&#232;gues au ch&#244;mage. M&#234;me ces postes sont vou&#233;s &#224; dispara&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus de projectionnistes, plus de pellicules &#224; reproduire en plusieurs centaines d'exemplaires : est-ce que le dispositif est plus &#233;cologique ? Certes les pellicules sont des supports synth&#233;tiques bien crades, mais le num&#233;rique augmente la rapidit&#233; de l'obsolescence des machines. Les formats (35 mm pour une bande classique) n'ont pas chang&#233; ces derni&#232;res d&#233;cennies, et nous bossions sur des machines qui avaient quinze ans. Quarante ou cinquante dans certains cin&#233;-clubs. Comme un ordi, les machines num&#233;riques ont une dur&#233;e de vie de sept &#224; huit ans. &lt;i&gt;Made in China, dead in Ghana&lt;/i&gt; . Les petits cin&#233;mas fran&#231;ais, gr&#226;ce au volontarisme des municipalit&#233;s qui ont subventionn&#233; leur &#233;quipement, ont r&#233;ussi leur transition mieux qu'ailleurs. Paradoxalement, le passage au num&#233;rique est bien plus lent aux USA, o&#249; l'on n'octroie pas autant d'aides &#224; l'exploitation. Les financements publics ont donc contribu&#233; &#224; la vitesse du basculement op&#233;r&#233; en France entre 2010 et 2012. Entre le succ&#232;s d' &lt;i&gt;Avatar&lt;/i&gt; et mon entr&#233;e &#224; P&#244;le emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus &#233;conomique, le num&#233;rique ? Entre les frais d'installation (machines, r&#233;organisation des cabines et mise en r&#233;seau), le rythme de renouvellement des machines, l'externalisation de leur entretien, il y a encore quelques inconnues et beaucoup de disparit&#233;s dans les diff&#233;rents mod&#232;les &#233;conomiques. Mais une chose est certaine : les co&#251;ts mat&#233;riels remplacent les co&#251;ts humains. Et les petites salles, qui ont bien r&#233;ussi ce passage, restent vuln&#233;rables et pourraient avoir du mal &#224; se faire aider en cas de nouveau bond technique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les distributeurs, c'est tout b&#233;nef : les frais de copie et de transport disparaissent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Une partie de ces &#233;conomies est compens&#233;e par des &#171; frais de copies virtuelles (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le contr&#244;le sur les usages du film sont plus faciles (la projection sauvage du film en-dehors des horaires d'ouverture, &#224; l'attention du personnel, n'est plus qu'un souvenir). Pour les cin&#233;astes, la qualit&#233; de l'image n'est pas au rendez-vous : perte de fluidit&#233;, de profondeur de champ, et les points de brillance de la projection num&#233;rique peuvent ruiner leur travail d'&#233;talonnage. La plus grande in&#233;galit&#233; de traitement est de mise pour les films de patrimoine : quelques dizaines de grands films sortent en num&#233;rique dans des versions restaur&#233;es, mais le tout-venant continuera &#224; n'exister que sur pelloche. Et les spectateurs/rices ? Les cin&#233;philes se plaignent d'une image trop r&#233;aliste, trop brillante et qui ressemble un peu trop &#224; de la t&#233;l&#233;. Les autres acceptent des d&#233;fauts qui sont les m&#234;mes qu'&#224; la maison. Il faudra leur en mettre &#224; tou&#183;te&#183;s plein la vue pour qu'ils et elles sortent leurs dix euros par film ou vingt par mois. Mais ceci est une autre histoire...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une partie de ces &#233;conomies est compens&#233;e par des &#171; frais de copies virtuelles &#187;, une contribution obligatoire qui porte sur les deux premi&#232;res semaines d'exploitation. Elle participera au financement sur le long terme de l'&#233;quipement des petites salles.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Le jardinier r&#233;calcitrant</title>
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		<dc:date>2012-07-01T00:00:00Z</dc:date>
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&lt;p&gt;par Patrice K. (quelque part dans le sud-ouest de la France) &lt;br class='autobr' /&gt;
Comme tou&#183;te&#183;s les gamin&#183;e&#183;s, je m'&#233;tais imagin&#233; v&#233;t&#233;rinaire, zoologue, gardien de r&#233;serve naturelle ou reporter ou super-h&#233;ros sauveur de l'humanit&#233;&#8230; Apr&#232;s une scolarit&#233; chaotique, je me suis orient&#233; vers les m&#233;tiers des espaces verts, naturels et forestiers. Les al&#233;as de la vie m'ont men&#233; de petits boulots pr&#233;caires en RMI, jusqu'&#224; ce que j'aie l'opportunit&#233; d'entrer dans une collectivit&#233; territoriale comme jardinier polyvalent. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nouveau dans la (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-Chronique-du-vrai-travail-" rel="directory"&gt;Chronique du {vrai} travail&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;par Patrice K. (quelque part dans le sud-ouest de la France)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme tou&#183;te&#183;s les gamin&#183;e&#183;s, je m'&#233;tais imagin&#233; v&#233;t&#233;rinaire, zoologue, gardien de r&#233;serve naturelle ou reporter ou super-h&#233;ros sauveur de l'humanit&#233;&#8230; Apr&#232;s une scolarit&#233; chaotique, je me suis orient&#233; vers les m&#233;tiers des espaces verts, naturels et forestiers. Les al&#233;as de la vie m'ont men&#233; de petits boulots pr&#233;caires en RMI, jusqu'&#224; ce que j'aie l'opportunit&#233; d'entrer dans une collectivit&#233; territoriale comme jardinier polyvalent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nouveau dans la bo&#238;te, j'acceptais quasiment toutes les t&#226;ches. M&#234;me celles qui m'&#233;c&#339;uraient profond&#233;ment, comme passer du d&#233;sherbant chimique sur les trottoirs et les massifs. Les ann&#233;es passaient, je grimpais les &#233;chelons (la territoriale ressemble un peu &#224; la grande muette !) et pouvais choisir les m&#233;thodes de travail me permettant d'obtenir un r&#233;sultat acceptable pour les &#233;lu&#183;e&#183;s, la hi&#233;rarchie et le public sans avoir recours aux produits honnis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour d&#233;sherber, en plus des binettes, sarclettes, serfouettes, j'ai r&#233;ussi &#224; m'&#233;quiper d'un d&#233;sherbeur thermique, un lance-flamme qui br&#251;le ou fait d&#233;p&#233;rir les plantes en faisant exploser leurs cellules. Pas l'id&#233;al, mais une alternative int&#233;ressante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ne pas utiliser de produits phytosanitaires, le mieux est de conserver (ou retrouver) les &#233;quilibres naturels des sols. J'utilise un paillage de BRF (1), qui me permet de ne plus d&#233;sherber les massifs et a aussi l'avantage de maintenir de l'humidit&#233; aux pieds des plantes l'&#233;t&#233; et de nourrir les micro-organismes du sol. De m&#234;me, certaines maladies des gazons ou des plantes peuvent &#234;tre &#233;vit&#233;es par des techniques de travail &#171; harmonieuses &#187; : d&#233;compacter le sol afin de favoriser les micro-organismes du sol et l'implantation des racines, scarifier les pelouses pour d&#233;feutrer, ramasser les d&#233;chets v&#233;g&#233;taux &#171; infect&#233;s &#187;, arroser peu quand apparaissent des maladies li&#233;es &#224; l'humidit&#233;, r&#233;tablir les propri&#233;t&#233;s physiques ou/et chimiques d'un sol&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la r&#233;duction du personnel et les al&#233;as climatiques m'ont rapidement mis au pied du mur. Je ne parvenais pas &#224; rendre un travail parfait dans les d&#233;lais impartis. Et pas moyen d'embaucher, je devais repasser &#224; des techniques de travail permettant un r&#233;sultat plus rapide. Soit les produits phytosanitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que je refusai. Ce refus d'ob&#233;issance &#224; un ordre devant &#234;tre consign&#233; par courrier, je r&#233;digeai donc une lettre dans laquelle j'expliquai quelques-unes des raisons de mon refus :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1696061304' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; refus d'empoisonner la terre, les cours d'eau et les nappes phr&#233;atiques (par ruissellement) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1696061304' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; refus d'empoisonner les habitant&#183;e&#183;s de la commune ainsi que des enfants susceptibles d'entrer en contact avec ces produits ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1696061304' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; refus d'empoisonner la faune (animaux sauvages, animaux domestiques) susceptibles d'entrer en contact avec des r&#233;sidus de ces produits ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1696061304' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; risques li&#233;s &#224; l'utilisation de ces produits toxiques, m&#234;me &#233;quip&#233; d'&#233;quipement de protection adapt&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De convocation en convocation, nous nous ent&#234;tons. La direction m'interdit d'utiliser un d&#233;sherbeur thermique. R&#233;ponse pu&#233;rile, qui m'oblige &#224; faire quelques heures de d&#233;sherbage (le matin tr&#232;s t&#244;t) en plus de ma journ&#233;e de travail. Ali&#233;nation volontaire ! L'affaire suit son cours, et je suis curieux de savoir quel sort l'administration r&#233;serve aux jardini&#232;r&#183;e&#183;s r&#233;calcitrant&#183;e&#183;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) BRF, bois ram&#233;al fragment&#233; : broyat issu de jeune branches d'arbres (pas de r&#233;sineux de pr&#233;f&#233;rence).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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