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	<title>L'An 02</title>
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	<description>L'An 02 est un outil &#233;colo de diffusion et de partage, un passeur d'id&#233;es hors des cercles confidentiels.
De 2011 &#224; 2015, L'An 02 a &#233;t&#233; une revue papier, en couleurs, multipliant les formes, notamment graphiques : photo-reportage, peinture, installation, typographie, bande dessin&#233;e. Cette dimension-l&#224; ne se retrouve que dans la revue papier, toujours en vente en librairie ou par correspondance. Retrouvez sur ce nouveau site tous les textes, un dossier au traitement mosa&#239;que enrob&#233; de chroniques grin&#231;antes, de lectures in-con-tour-na-bles et de reportages militants.
D&#233;sormais, L'An 02 propose &#224; chaque changement de saison une livraison de chroniques de livres r&#233;cents qui nous aident &#224; penser l'&#233;cologie politique, la d&#233;croissance et la technocritique.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>L'An 02</title>
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		<title>A propos des villes intelligentes</title>
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		<dc:date>2015-12-12T19:56:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clarence Maeander</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;par Clarence Maeander &lt;br class='autobr' /&gt; Connaissez-vous les villes de Songdo, Masdar, PlanIt Valley ou KonzaTechnoCity ? Les villes intelligentes du futur sont l&#224;, ouvrant un avenir radieux pour la d&#233;mocratie... mais attention, vous n'avez pas int&#233;r&#234;t &#224; sortir sans smartphone. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons vu au cours des dix derni&#232;res ann&#233;es appara&#238;tre un nouvel adjectif pour d&#233;signer les villes. Celles-ci ne doivent pas seulement chercher &#224; &#234;tre comp&#233;titives, cr&#233;atives ou durables, mais devenir intelligentes, c'est-&#224;-dire comp&#233;titives (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-No5-Alerte-aux-territoires-19-" rel="directory"&gt;N&#176;5 : &#171; Alerte aux territoires ! &#187;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class='spip_document_29 spip_documents'&gt;&lt;a href='https://lan02.butternet.net/IMG/png/territoire.png' type=&#034;image/png&#034; title=&#034;territoire&#034;&gt;&lt;img src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L150xH127/territoire-df9d3-a8582.png?1696061304' width='150' height='127' alt='territoire {PNG}' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;par Clarence Maeander&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;Connaissez-vous les villes de Songdo, Masdar, PlanIt Valley ou KonzaTechnoCity ? Les villes intelligentes du futur sont l&#224;, ouvrant un avenir radieux pour la d&#233;mocratie... mais attention, vous n'avez pas int&#233;r&#234;t &#224; sortir sans smartphone.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons vu au cours des dix derni&#232;res ann&#233;es appara&#238;tre un nouvel adjectif pour d&#233;signer les villes. Celles-ci ne doivent pas seulement chercher &#224; &#234;tre comp&#233;titives, cr&#233;atives ou durables, mais devenir intelligentes, c'est-&#224;-dire comp&#233;titives et vertes &#224; la fois. Le terme de &#171; ville intelligente &#187; ou smart city fut d'abord utilis&#233; par des universitaires pour attirer l'attention sur le r&#244;le des technologies de l'information et de la communication (TIC) dans l'am&#233;lioration de la &#171; performance urbaine &#187;. Il fut ensuite propag&#233; en 2008 sous l'impulsion marketing de la &#171; plan&#232;te plus intelligente &#187; d'IBM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tude du cabinet Sircome command&#233;e par l'op&#233;rateur t&#233;l&#233;com m2ocity (1) met en avant trois dimensions principales de la &#171; ville intelligente &#187; : la gestion de l'&#233;nergie, notamment par la mise en place de smart grid (ou &#171; r&#233;seau intelligent &#187;) ; l'appropriation de la &#171; ville intelligente &#187; par les habitant&#183;e&#183;s, c'est-&#224;-dire l'association de ces dernier&#183;e&#183;s aux projets et aux d&#233;cisions en passant par le num&#233;rique (e-democratie et smartphones) ; l'acc&#232;s &#224; internet partout dans la ville, pour tou&#183;te&#183;s les habitant&#183;e&#183;s et/ou pour tous les objets. Ce dernier point est essentiel. L'optimisation technique des villes intelligentes repose sur la propagation de deux technologies s&#339;urs : les puces RFID ( &lt;i&gt;radio-frequency identification&lt;/i&gt; ) et leur extension, le standard NFC ( &lt;i&gt;near field communication&lt;/i&gt; ). Ces technologies sans fil permettent aux p&#233;riph&#233;riques &#233;quip&#233;s (smartphones, tablettes, cartes de transport) de communiquer avec d'autres p&#233;riph&#233;riques ou infrastructures sans contact. Ces technologies composent ce qui est couramment nomm&#233; &#171; l'internet des objets &#187; et qui permet de conna&#238;tre &#224; tout moment la position de tout objet &#233;quip&#233; et connect&#233;. Ceci pour optimiser la gestion des flux (eau, &#233;lectricit&#233;, humains).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Le futur est d&#233;j&#224; l&#224;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Construite sur une &#238;le artificielle en Cor&#233;e du Sud, voici Songdo International Business District, la ville vitrine de la multinationale am&#233;ricaine Cisco sp&#233;cialis&#233;e dans le mat&#233;riel de r&#233;seau :&#171; Lors de la phase de construction, Cisco a truff&#233; chaque parcelle de la ville et tout le b&#226;ti de capteurs embarqu&#233;s qui transmettent en continu un flux d'informations &#224; un contr&#244;leur central. Toutes sortes de donn&#233;es en provenance des b&#226;timents, des routes et des infrastructures y sont envoy&#233;es en permanence : des informations relatives &#224; la temp&#233;rature, &#224; la demande &#233;nerg&#233;tique, aux conditions de trafic, etc. Des cam&#233;ras plac&#233;es dans les rues permettent par exemple d'analyser le flux des pi&#233;tons et de r&#233;guler en cons&#233;quence l'&#233;clairage public, permettant ainsi une utilisation plus rationnelle. Des puces RFID, accol&#233;es aux v&#233;hicules, r&#233;pertorient en temps r&#233;el les conditions de trafic exact sur les art&#232;res de la ville et permettent de mieux g&#233;rer les feux de signalisation ou d'afficher des messages de pr&#233;vention routi&#232;re &#187; (2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;T&#233;moignant du savoir-faire des magnats des TIC, &#233;mergent aussi Masdar, une &#171; ville verte &#187; construite ex nihilo au milieu du d&#233;sert de l'&#233;mirat d'Abou Dabi ; PlanIt Valley au Portugal (3) ; KonzaTechnoCity au Kenya, &#233;l&#233;gamment renomm&#233;e &#171; Silicon Savannah &#187;, etc. Pour s&#251;r, les &#171; pays pauvres et en d&#233;veloppement &#187; constituent le nouveau march&#233; de la ville : en Europe ou aux &#201;tats-Unis, il n'y a plus d'argent &#224; faire et nous manquons d'espace pour b&#226;tir de nouvelles villes (4).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les projets de villes intelligentes concernent aussi les villes &#171; traditionnelles &#187;, celles dont la reconversion technologique des espaces urbains reste &#224; faire. Comp&#233;titivit&#233; et d&#233;veloppement durable obligent. Des classements et labels sont &#233;tablis pour motiver les villes &#224; entrer dans la comp&#233;tition. Voici cinq &#171; villes embl&#233;matiques &#187; selon l'&#233;tude Sircome : Lyon, Lille (5), Nantes, et &#224; &#233;galit&#233; pour la quatri&#232;me place Paris et Issy-les-Moulineaux (6). Cette derni&#232;re ville brille notamment par le r&#233;am&#233;nagement du &#171; Fort-d'Issy &#187;, incluant la gestion des appartements par smartphone interpos&#233; (7).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Politique et libert&#233; dans un monde &#171; plus intelligent &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours sur la ville intelligente fait g&#233;n&#233;ralement cohabiter les enjeux d'optimisation avec un enthousiasme immod&#233;r&#233; pour le &#171; participatif &#187; et &#171; l'appropriation &#187;. Dans la &#171; ville intelligente &#187; les citoyen&#183;ne&#183;s sont en contact direct avec la mairie pour notifier les trous dans la chauss&#233;e, ils et elles produisent des donn&#233;es sur toutes leurs activit&#233;s et certain&#183;e&#183;s d'entre eux innovent, c'est-&#224;-dire s'approprient et r&#233;utilisent les donn&#233;es pour produire de nouveaux services. Bref, le/la citadin&#183;e est enfin lib&#233;r&#233;&#183;e de toute contrainte, il/elle peut se d&#233;placer avec fluidit&#233;, entreprendre &#224; souhait, reprendre le contr&#244;le de sa consommation d'&#233;nergie, optimiser son int&#233;rieur connect&#233; et sociabiliser par &#233;cran interpos&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la &#171; ville intelligente &#187; est tentaculaire, si ce n'est totalitaire. Peu de risque quant &#224; la &#171; fracture num&#233;rique &#187; : les prix chuteront et nous aurons acc&#232;s &#224; l'&#233;quipement citoyen minimal (8). En revanche, les citoyenn&#183;e&#183;s devront&#234;tre &#233;quip&#233;&#183;e&#183;s de smartphones : pour pouvoir optimiser la gestion des flux, les tracer et les quantifier, la production d'informations tout azimuts et leur centralisation sont capitales. La technologie &#224; l'&#339;uvre dans la ville intelligente exclura n&#233;cessairement ceux et celles qui refuseraient d'y &#234;tre int&#233;gr&#233;&#183;e&#183;s (c'est-&#224;-dire qui refuseraient d'&#234;tre &#233;quip&#233;&#183;e&#183;s d'objets puc&#233;s, voire d'&#234;tre eux/elles-m&#234;mes puc&#233;&#183;e&#183;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a par ailleurs une illusion fondamentale &#224; croire que la notion d'efficacit&#233;, d'optimisation, peut &#234;tre concili&#233;e avec celle de libert&#233;. Dans une telle organisation, la &#171; gouvernance participative &#187; est un v&#339;u pieux tant il est peu probable que nous puissions discuter de &#171; l'optimalit&#233; &#187; des algorithmes du syst&#232;me d'exploitation urbain. Les choix politiques sont &#233;touff&#233;s par le fonctionnement du syst&#232;me technologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette participation illusoire s'ajoutent les l&#233;gitimes craintes de surveillance. Notons le faible impact de &#171; scandales &#187; comme Prism (9) sur nos habitudes de consommation num&#233;rique ou l'attention mod&#233;r&#233;e que nous portons aux questions li&#233;es &#224; la neutralit&#233; du net. Depuis une dizaine d'ann&#233;es, de nombreux acteurs fondateurs de l'internet nous alertent au sujet des dangers que comportent une fermeture progressive du net, notamment en raison de nos comportements moutonniers donnant un pouvoir d&#233;mesur&#233; aux GAFA (10). Prism ne concerne au fond que l'internet, votre messagerie et les sites sur lesquels vous naviguez. La &#171; ville intelligente &#187; embrasse, elle, la totalit&#233; de votre vie : l'int&#233;rieur de votre appartement, l'entreprise dans laquelle vous travaillez, l'ensemble des lieux publics que vous traversez, tout ce que vous consommez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;La magie des TIC vertes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; encore, le discours de la &#171; ville intelligente &#187; s'accompagne de v&#339;ux pieux dans l'espoir de donner un sens au d&#233;lire technologique. L'invention du concept de &#171; TIC vertes &#187; fait suite &#224; un rapport &#233;tablissant que les &#233;missions de gaz &#224; effet de serre li&#233;es aux TIC repr&#233;sentent 2 % des &#233;missions globales, chiffre comparable &#224; celui de l'aviation (11). Il mise sur la r&#233;duction de l'empreinte &#233;nerg&#233;tique du secteur des TIC et sur &#171; l'optimisation des ressources &#187; que permettraient ces derni&#232;res, pr&#233;tendant ainsi r&#233;duire l'ensemble des &#233;missions de 15 &#224; 30 % d'ici 2020. Malheureusement, en regardant plus loin que l'efficacit&#233; &#233;nerg&#233;tique d'un appareil donn&#233;, nous constatons que les smartphones et tablettes se multiplient, que les &#233;crans LCD sont toujours plus grands, que les d&#233;chets sont toujours mal pris en charge, et que la production de donn&#233;es ne cesse de cro&#238;tre, augmentant la consommation des r&#233;seaux et le nombre de serveurs devant les stocker. Consid&#233;rant que le succ&#232;s de la &#171; ville intelligente &#187; passe par la multiplication des capteurs, des p&#233;riph&#233;riques et donc des donn&#233;es, on ne peut que douter de cette solution marchande et liberticide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est d&#233;j&#224; bien tard pour s'&#233;lever contre ce mouvement, et nous avons peu &#224; attendre d'&#201;tats capitalistes et gestionnaires qu&#233;mandant des solutions industrielles pour relancer la croissance. Pour sortir de l'impasse, commen&#231;ons par refuser les smartphones et autres p&#233;riph&#233;riques NFC ou RFID, relais essentiels de ce monde technologique. D&#233;branchons-nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Op&#233;rateur cr&#233;&#233; en 2011 par V&#233;olia eau et Orange et d&#233;di&#233; aux &#171; objets communicants &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) &lt;a href=&#034;http://www.technocite.be/index.php/fr/blog/88-blog-it-jeu-video-formation-div/154-la-technologie-cisco-a-lechelle-dune-ville&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.technocite.be/index.php/fr/blog/88-blog-it-jeu-video-formation-div/154-la-technologie-cisco-a-lechelle-dune-ville&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(3) Projet momentan&#233;ment report&#233; en raison de la crise. &lt;a href=&#034;http://www.globalconreview.com/companies/internet-everything&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.globalconreview.com/companies/internet-everything&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(4) &#171; Cisco a estim&#233; que 10 &#224; 13 trillions de dollars am&#233;ricains seront d&#233;pens&#233;s au cours des dix prochaines ann&#233;es pour la construction de nouvelles villes [dans des pays en d&#233;veloppement]. Par ailleurs la reconversion [retrofitting] des espaces urbains existants cr&#233;e un march&#233; technologique accessible de l'ordre de 400 billions de dollars [pour le Nord] &#187;. &lt;a href=&#034;http://living-planit.com/what_is_living_planit.htm&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://living-planit.com/what_is_living_planit.htm&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(5) Dans la continuit&#233; de ce que d&#233;crit Tomjo, L'Enfert Vert. Un projet pav&#233; de bonnes intentions, Montreuil, L'&#201;chapp&#233;e, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(6) &lt;a href=&#034;http://www.zdnet.fr/actualites/lyon-en-tete-du-palmares-des-villes-francaises-intelligentes-39795628.htm&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.zdnet.fr/actualites/lyon-en-tete-du-palmares-des-villes-francaises-intelligentes-39795628.htm&lt;/a&gt;. L'&#233;tude Sircome dresse &#171; le palmar&#232;s des 50 villes intelligentes les plus embl&#233;matiques de France &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(7) Ma&#238;trise de la temp&#233;rature, de la lumi&#232;re et de la s&#233;curit&#233; &#224; partir d'un ordinateur de bord reli&#233; &#224; un smartphone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(8) Dans son rapport de novembre 2013, le Conseil national du num&#233;rique a invent&#233; le concept d'e-inclusivit&#233; dans le but de r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s et aider &#224; l'&#233;mancipation des individus par le num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(9) Prism est un programme de surveillance &#233;lectronique mis en place par la NSA (National Security Agency) aux &#201;tats-Unis collectant les renseignements &#224; partir d'internet et des fournisseurs &#233;lectroniques (Google, Facebook, Youtube, Microsoft, Yahoo, Skype, AOL, Apple, etc.) dont le monde a pris connaissance en juin 2013 suite aux r&#233;v&#233;lations de l'ancien employ&#233; Edward Snowden.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(10) Google, Apple, Facebook, Amazon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(11) Flipo F., Dobr&#233; M., Michot M., &lt;i&gt;La Face cach&#233;e du num&#233;rique. L'Impact environnemental des nouvelles technologies&lt;/i&gt; , L'&#201;chapp&#233;e, Montreuil, 2013.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Territoire et &#233;conomie coop&#233;rative</title>
		<link>https://lan02.butternet.net/Territoire-et-economie-cooperative</link>
		<guid isPermaLink="true">https://lan02.butternet.net/Territoire-et-economie-cooperative</guid>
		<dc:date>2014-09-01T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques Prades</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Comment lire et se r&#233;approprier les territoires afin d'y construire une &#233;conomie fond&#233;e sur la coop&#233;ration ? Par Jacques Prades, ma&#238;tre de conf&#233;rences en &#233;conomie &#224; l'universit&#233; Toulouse 2 Le Mirail. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le territoire est le partage d'un espace physique et sensible en construction, d&#233;limit&#233; par des fronti&#232;res qui conf&#232;rent aux membres qui s'en r&#233;clament un lien d'appartenance. Entendu de cette mani&#232;re, il y a au moins trois fa&#231;ons de lire le territoire. Notre propos est de montrer l'int&#233;r&#234;t que pr&#233;sentent ces (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-No5-Alerte-aux-territoires-19-" rel="directory"&gt;N&#176;5 : &#171; Alerte aux territoires ! &#187;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Comment lire et se r&#233;approprier les territoires afin d'y construire une &#233;conomie fond&#233;e sur la coop&#233;ration ? Par Jacques Prades, ma&#238;tre de conf&#233;rences en &#233;conomie &#224; l'universit&#233; Toulouse 2 Le Mirail.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le territoire est le partage d'un espace physique et sensible en construction, d&#233;limit&#233; par des fronti&#232;res qui conf&#232;rent aux membres qui s'en r&#233;clament un lien d'appartenance. Entendu de cette mani&#232;re, il y a au moins trois fa&#231;ons de lire le territoire. Notre propos est de montrer l'int&#233;r&#234;t que pr&#233;sentent ces approches pour l'&#233;conomie coop&#233;rative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Lire le territoire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re lecture vient des politiques publiques qu'on appelle les &#171; politiques du territoire &#187;. La deuxi&#232;me lecture est de partir de la place de l'agriculture dans l'&#233;conomie. On trouvera cette litt&#233;rature chez Fran&#231;ois Partant ou Fran&#231;ois de Ravignan, et plus largement chez les &#171; d&#233;croissants &#187;. Enfin, la troisi&#232;me lecture se d&#233;crypte &#224; partir de variables &#233;conomiques. Ici, Laurent Davezies a ouvert une porte int&#233;ressante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;Le lieu de politiques publiques&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re perception du territoire cherche &#224; optimiser l'efficacit&#233; des politiques men&#233;es par l'&#201;tat visant &#224; impulser des dynamiques &#233;conomiques et &#224; redistribuer des ressources en direction des territoires les plus vuln&#233;rables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre 1950 et 1970, la France a us&#233; de ces politiques avec un succ&#232;s ind&#233;niable. Il suffit de se promener sur les routes fran&#231;aises pour constater encore aujourd'hui que l'&#233;clairage public, l'entretien des routes, l'existence de trottoirs, leur propret&#233; sont assez uniformes sur tout l'Hexagone, ce qui n'est pas le cas, par exemple, en Espagne ou en Italie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 80, le d&#233;bat se complique car les politiques &#233;conomiques keyn&#233;siennes sous-tendant cette impulsion ou redistribution reposaient sur la m&#233;canique de l'arsenal. Cette derni&#232;re &#233;tait organis&#233;e, en France, autour de champions nationaux (Air inter, EDF-GDF, Airbus, SNCF, etc.) qui commen&#231;aient &#224; se d&#233;liter. L'impulsion est donc plus hasardeuse, les ressources moins abondantes, l'&#201;tat plus affaibli et la redistribution, plus difficile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 90, la classe politique fran&#231;aise a tardivement compris que tout cela &#233;tait termin&#233;. Elle a eu du mal &#224; saisir la pertinence des districts italiens, c'est-&#224;-dire ces petites entreprises en coop&#233;ration entre elles, mais en concurrence avec l'ext&#233;rieur, organis&#233;es sur un secteur particulier et dans des territoires tr&#232;s restreins, avec une dynamique locale qui partait du bas. Quinze ans plus tard (2004), la France a invent&#233; les p&#244;les de comp&#233;titivit&#233;, toujours dict&#233;s par l'&#201;tat, du haut vers le bas. Comme si ce n'&#233;tait pas suffisant, on a ensuite innov&#233; avec les p&#244;les territoriaux. A c&#244;t&#233; et pour singer l'op&#233;ration, on a enfin imagin&#233;, pour l'&#233;conomie sociale, des p&#244;les territoriaux de coop&#233;ration &#233;conomiques (PTCE), con&#231;us avec un &#201;tat-major parisien qui descendait dans les r&#233;gions, en demandant &#224; la population de bien vouloir &#233;crire des &#171; cahiers d'esp&#233;rance &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un pays o&#249; on ne connaissait pas les &lt;i&gt;clusters&lt;/i&gt; , on s'est trouv&#233; tr&#232;s rapidement avec cent p&#244;les de comp&#233;titivit&#233;, autant de p&#244;les territoriaux, donc presque autant que l'Italie, d&#233;montrant que les effets d'aubaine fonctionnent toujours ! Ainsi, les Toulousain&#8901;e&#8901;s ont appris qu'ils &#233;taient sp&#233;cialis&#233;s en canc&#233;rologie, les Bordelais&#8901;es ont &#233;cop&#233; du pin des Landes qui n'a plus de d&#233;bouch&#233;s depuis vingt ans et les PTCE ont cru qu'il suffisait de b&#226;tir une maison commune pour former un couple ! Le r&#233;sultat est &#224; la hauteur de la m&#233;thode : l&#224; o&#249; il y a d&#233;j&#224; un p&#244;le, l'a&#233;ronautique &#224; Toulouse, &#231;a a march&#233; mais l&#224; o&#249; il n'y avait rien, l'oncopole toulousain, il n'y a toujours rien (ou presque) !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &lt;i&gt;cluster&lt;/i&gt; ne se construit jamais par l'&#201;tat mais toujours de bas en haut, &#224; partir d'une dynamique locale qui se construit sur l'histoire d'un territoire. La France n'est pas un pays f&#233;d&#233;raliste et n'a donc pas cette culture de la soci&#233;t&#233; civile pour favoriser ces dynamiques dans un milieu local domin&#233; par des baronnies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On va alors reproduire avec les m&#233;tropoles, ce que Paris est &#224; la province, c'est-&#224;-dire vider les territoires autour d'elles. Avec ce r&#233;sultat : un co&#251;t ahurissant de la congestion de Paris et des m&#233;tropoles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;Territoire et agriculture&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me mani&#232;re de lire le territoire est de partir de son agriculture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est surprenant aujourd'hui de parler d'agriculture quand on vante les m&#233;rites de l'&#233;conomie cognitive ! Elle est pourtant le socle ind&#233;passable d'une soci&#233;t&#233;. L'auteur qui a fait le plus de mal en France sur cette question a &#233;t&#233; Jean Fourasti&#233; lorsqu'il a pens&#233; la th&#233;orie des trois secteurs &#8211; primaire, secondaire et tertiaire &#8211; en termes eschatologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les d&#233;croissants, dont Fran&#231;ois Partant, &#171; dis-moi quelle agriculture tu v&#233;hicules et je te dirai quelle est ta conception du territoire &#187;. Mais quel est l'avenir de l'agriculture ? Dans un rapport remis au minist&#232;re de l'Environnement, des g&#233;ographes dessinent quatre sc&#233;narios possibles pour l'agriculture fran&#231;aise &#224; l'horizon 2025.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier est celui d'une agriculture en fili&#232;re caract&#233;ris&#233;e par un pilotage par l'aval (industrie agro et distribution), donc le territoire sera r&#233;duit &#224; l'avantage comparatif qu'il est susceptible d'apporter. On assistera &#224; une banalisation de l'espace agricole et &#224; une biodiversit&#233; sacrifi&#233;e. C'est l'agriculture qui s'impose au territoire, le territoire &#233;tant un support d'activit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me sc&#233;nario est celui d'une agriculture duale o&#249;, &#224; c&#244;t&#233; de l'agriculture intensive pr&#233;c&#233;dente, se met en place un petit secteur bio, Amap, march&#233;s paysans, jardins d'insertion, etc. On prot&#232;ge l'aspect environnemental et l'&#233;conomie solidaire a une voie, bien qu'&#233;troite, une forme de fili&#232;re propre. Le territoire prend la forme d'un zonage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me sc&#233;nario est celui d'une agriculture r&#233;gionalis&#233;e, une sorte d'Europe des r&#233;gions qui donne davantage d'autonomie aux acteurs, et qui aboutira &#224; une grande diversit&#233; en fonction des situations naturelles initiales. C'est l&#224; qu'on retrouve une agriculture paysanne. Autrement dit, on produit ce qu'on peut fabriquer en fonction d'un territoire construit par affinit&#233;, on vend nos surplus et on ach&#232;te ce qui nous manque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le quatri&#232;me sc&#233;nario est celui d'une agriculture toute tourn&#233;e vers une haute performance environnementale. La prise de conscience des effets des pesticides sur la sant&#233; sugg&#232;re que l'&#201;tat est responsable de la sant&#233; publique. Apr&#232;s l'Allemagne qui a d&#233;cid&#233; de passer &#224; 20 % d'agriculture bio, l'&#201;milie-Romagne passera &#224; 100 % d'agriculture bio &#224; horizon 2015. Les m&#233;tiers li&#233;s &#224; l'environnement et au d&#233;veloppement rural connaissent alors un nouvel horizon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme tous les sc&#233;narios, il est fort probable qu'aucun ne se r&#233;alisera ! Mais je crois beaucoup aux utopies pour forcer les destins&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces sc&#233;narios sont int&#233;ressants car l'avenir de l'&#233;conomie sociale n'est pas inscrit de la m&#234;me mani&#232;re selon les territoires dessin&#233;s. Ce qu'il faut retenir est que la place que nous r&#233;serverons &#224; l'agriculture dessinera le monde de demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;Territoire et variables &#233;conomiques&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me mani&#232;re de lire le territoire est fonction de deux variables &#233;conomiques que Laurent Davezies a mis en valeur, m&#234;me si ses conclusions sont discutables. Il compare la production par t&#234;te au revenu par t&#234;te pour une r&#233;gion particuli&#232;re et il parvient &#224; des r&#233;sultats au premier abord surprenants. Pour faire vite, certains territoires ont des populations &#224; hauts revenus avec des productions quasiment nulles et d'autres territoires ont des populations exclues alors que la production moyenne est &#233;lev&#233;e. Pour caricaturer, ajoute Davezies, le Luberon b&#233;n&#233;ficie de hauts revenus alors qu'il ne produit presque rien alors que la plaine de Saint Denis affiche une production moyenne &#233;lev&#233;e et des zones d'exclusion tr&#232;s forte. Une des raisons de cet apparent paradoxe r&#233;side dans la multiplication et l'acc&#233;l&#233;ration des moyens de transport (TGV et compagnies a&#233;rienne &#224; bas co&#251;t) : quand on a de l'argent et qu'on travaille comme cadre sup&#233;rieur au si&#232;ge d'une entreprise &#224; Saint Denis, il est facile de passer ses week-ends dans le Lub&#233;ron, en faisant exploser le prix du foncier qui devient inaccessible aux locaux. Il existe d'autres raisons comme la venue des retrait&#233;&#8901;e&#8901;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on ne veut pas transformer nos territoires ruraux en camp de vacances, en mati&#232;re d'achat de propri&#233;t&#233;, il faudra parvenir &#224; une forme de &#171; demande sociale &#187; qui ne se r&#233;sume plus &#224; l'&#233;paisseur du portefeuille,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Territoire et &#233;conomie coop&#233;rative&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mythe du lib&#233;ralisme a conduit &#224; une banalisation des territoires parce que les entreprises ont d&#233;velopp&#233; leur capacit&#233; &#224; remettre en cause &#224; tout moment leur ancrage territorial, en fonction des opportunit&#233;s &#233;conomiques. C'est probablement la pire des strat&#233;gies d'entreprise qui ait &#233;t&#233; invent&#233;e ces trente derni&#232;res ann&#233;es car, dans ce mod&#232;le, la notion de territoire n'a plus de sens. Du point de vue de l'&#233;conomie sociale ou de l'&#233;conomie coop&#233;rative, la premi&#232;re conclusion que nous devons tirer des probl&#233;matiques du territoire &#233;voqu&#233;es plus haut est qu'il y a un besoin urgent de se r&#233;approprier son territoire. &#171; R&#233;approprier &#187; ne signifie pas relocaliser. La r&#233;appropriation du territoire est la capacit&#233; d'y &#171; habiter &#187;, au sens physique mais aussi sensible : travailler, habiter et vivre sur un lieu. Ce n'est pas un hasard si les lieux o&#249; les entreprises sont accroch&#233;es &#224; des territoires sont aussi les lieux de concentration de coop&#233;ratives (en Europe, Mondragon et Trente). C'est encore moins un hasard que de constater que ce sont aussi des lieux de revendication d'autonomie politique. Et c'est une banalit&#233; de dire que ce sont des lieux o&#249; les gens vivent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imaginons un monde exclusivement peupl&#233; de coop&#233;ratives : les d&#233;cisions partiraient n&#233;cessairement du bas, en favorisant la d&#233;mocratie directe. Comment imaginer que, dans ce m&#234;me monde de coop&#233;ratives, ne soient pas d&#233;velopp&#233;s les circuits courts en diminuant les interm&#233;diaires et en favorisant la proximit&#233; g&#233;ographique ? Si les coop&#233;rateurs sont dans les instances de gestion de leur coop&#233;rative, y a-t-il des chances pour qu'ils votent pour une d&#233;localisation de leurs activit&#233;s ? Si les personnes habitent et vivent au pays, pourquoi la productivit&#233; par t&#234;te serait-elle &#233;loign&#233;e de leur revenu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une solution qui pourrait &#234;tre envisag&#233;e serait de d&#233;tricoter les grandes villes pour diminuer les co&#251;ts de la congestion urbaine et de regrouper les communes qui ont un trop faible nombre d'habitant&#8901;e&#8901;s de mani&#232;re &#224; cr&#233;er une densit&#233; forte de villes moyennes. L&#224; r&#233;sideraient des coop&#233;ratives de production, de consommation, de cr&#233;dit, de s&#233;curit&#233; sociale, d'universit&#233;, de logement, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce qu'un programme de ce type est politique et &#233;conomique &#224; la fois, la coop&#233;rative est l'outil de cette transformation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) &#171; Agriculture, environnement et territoires. Quatre sc&#233;narios pour 2025 &#187;, La Documentation fran&#231;aise, 2006.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le NIMBY contre l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral ? Tout contre</title>
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&lt;p&gt;par L&#233;a S&#233;bastien &lt;br class='autobr' /&gt; Une association villageoise mont&#233;e contre un projet de d&#233;charge fait la d&#233;monstration qu'une lutte locale peut d&#233;boucher sur une prise de conscience globale. Par L&#233;a Sebastien, ma&#238;tre de conf&#233;rences en g&#233;ographie &#224; l'universit&#233; Toulouse 2 Le Mirail. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les mouvements d'opposition aux projets g&#233;n&#233;rateurs de nuisances sont le plus souvent associ&#233;s au ph&#233;nom&#232;ne NIMBY, bien connu des industriels. NIMBY est l'acronyme de not in my back yard (&#171; pas dans mon jardin &#187;) ; il englobe l'ensemble des (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-No5-Alerte-aux-territoires-19-" rel="directory"&gt;N&#176;5 : &#171; Alerte aux territoires ! &#187;&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_29 spip_documents'&gt;&lt;a href='https://lan02.butternet.net/IMG/png/territoire.png' type=&#034;image/png&#034; title=&#034;territoire&#034;&gt;&lt;img src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L150xH127/territoire-df9d3-a8582.png?1696061304' width='150' height='127' alt='territoire {PNG}' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;par L&#233;a S&#233;bastien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;Une association villageoise mont&#233;e contre un projet de d&#233;charge fait la d&#233;monstration qu'une lutte locale peut d&#233;boucher sur une prise de conscience globale. Par L&#233;a Sebastien, ma&#238;tre de conf&#233;rences en g&#233;ographie &#224; l'universit&#233; Toulouse 2 Le Mirail.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mouvements d'opposition aux projets g&#233;n&#233;rateurs de nuisances sont le plus souvent associ&#233;s au ph&#233;nom&#232;ne NIMBY, bien connu des industriels. NIMBY est l'acronyme de &lt;i&gt;not in my back yard&lt;/i&gt; (&#171; pas dans mon jardin &#187;) ; il englobe l'ensemble des pratiques sociales d'opposition &#224; l'implantation ou &#224; l'extension d'installations de nature industrielle pour des raisons de modifications, r&#233;elles, pr&#233;visibles ou suppos&#233;es du proche environnement (1).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La litt&#233;rature scientifique traitant du ph&#233;nom&#232;ne NIMBY est majoritairement nord-am&#233;ricaine et en pr&#233;sente deux facettes radicalement diff&#233;rentes. La plus classique est hautement critique vis-&#224;-vis des Nimbistes, lesquel&#183;le&#183;s iraient &#224; l'encontre de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral pour conserver leurs privil&#232;ges. Ainsi peut-on lire &#231;&#224; et l&#224; dans la litt&#233;rature scientifique : &#171; Le syndrome NIMBY est une maladie mentale r&#233;currente qui continue &#224; infecter la soci&#233;t&#233; &#187; (2). &#171; Les citoyens sont irrationnels, ignorants et &#233;go&#239;stes et abusent du syst&#232;me d&#233;mocratique &#224; leur profit &#187; (3). Mais une lecture plus positive du ph&#233;nom&#232;ne NIMBY, minoritaire, sugg&#232;re que la position du public sur les probl&#232;mes d'implantation peut &#234;tre rationnelle et politiquement l&#233;gitime. Selon cette perspective, l'opposition locale sert de ce fait l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, par exemple en identifiant des faiblesses dans les analyses d'expert&#183;e&#183;s concernant les propositions de sites d'implantation ou en proposant des alternatives cr&#233;dibles au projet. C'est cette perspective que nous rejoignons ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet l'histoire n'est pas toujours aussi simple. Voyons ce qui se passe &#224; Saint-Escobille, petite commune rurale d'Essonne face &#224; un projet de CSDU (4), nouvelle appellation savante pour parler de d&#233;charge. Nous sommes ici au c&#339;ur de la Beauce, r&#233;gion c&#233;r&#233;ali&#232;re par excellence. Tout a commenc&#233; avec l'histoire d'une habitante d'un village voisin qui propose en 2002 ses terres d'une superficie de 19 ha &#224; une grande entreprise, alors en prospection. Le terrain trouv&#233;, le projet peut commencer. L'industriel souhaite installer un CSDU de classe 2 visant &#224; enfouir 150 000 tonnes de d&#233;chets ultimes par an sur une p&#233;riode de dix ans, renouvelable &#233;videmment. Fin 2002 est cr&#233;&#233;e dans la panique l'Association de d&#233;fense de Saint-Escobille (ADSE), pr&#233;sid&#233;e par le maire du village et qui compte une centaine d'adh&#233;rent&#183;e&#183;s. Dix ans plus tard, l'ADSE se d&#233;nomme l'Association de d&#233;fense pour la sant&#233; et l'environnement, compte un millier de membres et s'investit dans des probl&#233;matiques similaires partout en France. Qu'a-t-il pu bien se passer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons dix ans en arri&#232;re. Pass&#233; le rejet &#171; instinctif &#187; face &#224; l'appropriation d'un espace quotidien, les arguments des militant&#183;e&#183;s se centrent autour des incertitudes scientifiques qui entourent les d&#233;charges : 1-les pollutions issues des fuites liquides ou gazeuses ; 2-les impacts sanitaires et socio-&#233;conomiques. L'objectif est d'abord de prendre contact avec une s&#233;rie d'expert&#183;e&#183;s afin d'acqu&#233;rir les connaissances n&#233;cessaires &#224; l'analyse des impacts de la d&#233;charge sur le territoire. Avocat&#183;e&#183;s, m&#233;decins, hydrog&#233;ologues : petit &#224; petit, les militant&#183;e&#183;s s'entourent des meilleur&#183;e&#183;s expert&#183;e&#183;s et se noue alors un premier r&#233;seau technique autour de la lutte contre le projet de d&#233;charge. Les membres de l'ADSE s'attaquent alors &#224; l'&#233;tude d'impact du projet de d&#233;charge et ciblent de nombreuses lacunes scientifiques, lacunes confirm&#233;es ensuite par le bureau d'&#233;tude en charge du dossier. L'ADSE &#233;tudie &#233;galement les meilleures technologies disponibles en mati&#232;re de d&#233;chets en se rendant sur plusieurs sites europ&#233;ens utilisant ces techniques. L'association formule alors des propositions parmi lesquelles la biom&#233;thanisation apr&#232;s tri, de petites unit&#233;s de traitement &#224; l'&#233;chelle communale, la stabilisation des d&#233;chets avant enfouissement, le tri des d&#233;chets par ballot, le d&#233;veloppement des ressourceries et &#233;videmment davantage d'obligations pour les industriels ainsi qu'une r&#233;duction globale de la production des d&#233;chets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En parall&#232;le des savoirs scientifiques, le collectif apprend l'existence, le r&#244;le et le fonctionnement des institutions gravitant autour du dossier, d&#233;brouillent les comp&#233;tences des divers niveaux &#233;lectifs, des administrations et de leurs services techniques. G&#233;omembrane, lixiviat, biogaz, m&#233;thanisation mais aussi enqu&#234;te publique ou recours administratif n'ont plus de secret pour les riverains du projet. L'ADSE participe syst&#233;matiquement &#224; toute conf&#233;rence sur le th&#232;me des d&#233;chets ayant lieu en France et en profite pour interpeller les scientifiques sur le sujet. On assiste alors &#224; une r&#233;duction de la distance entre les visions expertes et profanes avec l'apparition d'un public composite, pluriel, d&#233;positaire de savoirs et de comp&#233;tences sp&#233;cifiques li&#233;es &#224; son exp&#233;rience et &#224; ses habilet&#233;s qui le rendent &#224; m&#234;me d'accomplir des expertises profanes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau des impacts sur la faune et la flore, l'ADSE a souhait&#233; contacter plusieurs associations de protection de la nature (APN), mais au premier abord, les Beauceron&#183;ne&#183;s ont trouv&#233; une fin de non recevoir. En effet, quel paradoxe pour les APN de soutenir le paysan beauceron, le symbole m&#234;me de l'agriculture intensive, point&#233; du doigt comme le grand responsable de la d&#233;gradation de l'environnement r&#233;gional. Les APN jugeaient que, quitte &#224; cr&#233;er un CSDU, autant l'installer au c&#339;ur de la Beauce, zone d&#233;j&#224; sinistr&#233;e pour la biodiversit&#233;. Mais l'ADSE n'a pas rel&#226;ch&#233; sa pression, et a fini par prouver &#224; ses interlocuteurs qu'il ne s'agit pas l&#224; de riverain&#183;e&#183;s souhaitant conserver leur cadre de vie mais d'acteurs locaux assid&#251;ment mobilis&#233;&#183;e&#183;s dans la d&#233;monstration de l'incongruit&#233; d'un CSDU en Essonne du sud. Ayant assis sa l&#233;gitimit&#233;, l'ADSE a finalement re&#231;u le soutien officiel de plusieurs APN sur ce dossier. Il s'agit l&#224; d'une victoire pour les riverain&#183;e&#183;s mais &#233;galement d'un rapprochement entre deux mondes a priori antinomiques : l'&#233;cologie et la ruralit&#233;. Se cr&#233;e alors un second r&#233;seau, dit associatif, auquel viennent rapidement s'adjoindre de nombreuses associations li&#233;es &#224; la gestion des d&#233;chets ou &#224; la protection de l'environnement, en France mais aussi &#224; l'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, un r&#233;seau local prend racine avec la cr&#233;ation de l'association. Saint-Escobille abrite les agriculteurs d'un c&#244;t&#233;, et les rurbain&#183;e&#183;s de l'autre, des habitant&#183;e&#183;s de la commune travaillant &#224; Paris,deux mondes sans communication. Jusqu'au projet de CSDU, les habitants de Saint-Escobille vivaient &#171; chacun&#183;e chez soi &#187;, comme c'est le cas dans de nombreux villages agricoles de la grande couronne parisienne jalonn&#233;e de zones-dortoirs. Le projet de d&#233;charge a r&#233;uni ces deux populations qui ont d&#251; collaborer dans une lutte commune. Ainsi lors des r&#233;unions hebdomadaires travaillent c&#244;te &#224; c&#244;te &#233;lu&#183;e&#183;s de tous bords politiques, exploitant&#183;e&#183;s agricoles, &#233;cologistes et citadin&#183;e&#183;s, des acteurs aux visions antagonistes et qui, sans la d&#233;charge, auraient eu peu de chance de se croiser. R&#233;seaux technique, associatif et local sont alors mobilisables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui plus est, l'ADSE organise de nombreuses manifestations en tous genres afin de rassembler toujours davantage d'adh&#233;rent&#183;e&#183;s &#224; la r&#233;sistance, afin aussi de s'encourager pour rester mobilis&#233;e. Pendant ce temps, les articles dans la presse s'accumulent. Soir&#233;es &#224; th&#232;mes, concerts, ventes aux ench&#232;res, journ&#233;es du patrimoine, d&#233;bats ou repas dansants : les membres de l'ADSE expriment leur intention de ne pas se laisser... enterrer. En pr&#233;sentant &#171; leur Beauce &#187; diff&#233;remment des clich&#233;s habituels, en allant &#224; la red&#233;couverte de l'histoire et du patrimoine, les membres de l'ADSE ont d'abord ancr&#233; leur attachement au territoire puis ont r&#233;ussi &#224; le transmettre &#224; d'autres acteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, cerise sur le &lt;i&gt;sundae&lt;/i&gt; , l'ADSE s'investit politiquement sur le territoire. Le premier acte de positionnement politique de l'ADSE, et donc de mont&#233;e en g&#233;n&#233;ralit&#233;, survient en 2005, lorsque l'association r&#233;dige un &#171; Moratoire sur les d&#233;chets d'enfouissement et de stockage de d&#233;chets ultimes &#187; qu'elle diffuse &#224; l'ensemble des acteurs locaux. Les militant&#183;e&#183;s ciblent &#233;galement nombre de contradictions avec moult documents d'urbanisme, du Plan de gestion des d&#233;chets du b&#226;timent (PGDB) &#224; l'Agenda 21 d&#233;partemental, en passant par le Plan de d&#233;placement urbain (PDU) ou le Sch&#233;ma d'am&#233;nagement de gestion des eaux. O&#249; en est-on aujourd'hui ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les centaines de soutiens officiels re&#231;us (politiques, associatifs, agricoles, etc.) et bien que l'enqu&#234;te publique ait donn&#233; un avis d&#233;favorable au projet, le pr&#233;fet a demand&#233; que ce dernier soit class&#233; d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral (PIG), soit contre l'avis de la r&#233;gion &#206;le-de-France, comp&#233;tente en mati&#232;re de planification d'&#233;limination de d&#233;chets. Pour les militant&#183;e&#183;s, il s'agit d'un d&#233;ni de d&#233;mocratie o&#249; l'industriel et le pr&#233;fet veulent &#224; eux seuls imposer cette d&#233;charge co&#251;te que co&#251;te contre l'avis de tou&#183;te&#183;s. &#171; Vu la situation de prise en otages des locaux, notre strat&#233;gie est de saisir toutes les occasions pour s'opposer au caract&#232;re d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral impos&#233; par le pr&#233;fet en attendant que les lois soient appliqu&#233;es en France. Pour l'instant, on explore les voies de la l&#233;galit&#233; mais s'ils nous poussent &#224; bout, on serait partant pour franchir le seuil de l'ill&#233;galit&#233;. On est &#224; la retraite, on ne risque pas grand-chose &#224; avoir un casier judiciaire &#187;. En attendant le couperet, l'ADSE continue la bataille, aupr&#232;s de la Commission des p&#233;titions du Parlement europ&#233;en, aupr&#232;s du Conseil d'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conflits environnementaux peuvent &#234;tre l'expression de revendications l&#233;gitimes et d'oppositions d&#233;mocratiques &#224; des projets qui ne font pas l'unanimit&#233; ; face aux incertitudes associ&#233;es &#224; de nombreuses probl&#233;matiques environnementales, aucun d&#233;cideur n'a plus la l&#233;gitimit&#233; pour d&#233;finir seul l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. C'est ainsi que de nombreux acteurs proposent leur vision, ce qui am&#232;ne &#224; une reconfiguration du paysage social. Les contestations locales ne peuvent plus &#234;tre r&#233;duites au NIMBY, guid&#233; par l'ignorance et l'&#233;go&#239;sme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des citoyen&#183;ne&#183;s qui s'opposent et qui proposent ; voici l'exemple d'un front de refus qui sort du jardin priv&#233; pour mener un travail politique de fond, et ce pour une cause commune. Attention, je ne dis pas l&#224; que toute mobilisation est bonne &#224; prendre, que toute opposition induit un int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. Oh que non. La recette est la suivante : un collectif qui dure dans le temps (les d&#233;cideurs ont toujours les militant&#183;e&#183;s &#224; l'usure) ; un r&#233;seau social qui s'&#233;toffe et se ramifie ; un socle de savoirs scientifiques et administratifs solide ; un attachement patrimonial transmissible ; un investissement politique fort. M&#233;langez le tout. Le NIMBY s'est transform&#233; en r&#233;sistance &#233;clair&#233;e !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NB : Fin novembre 2013, apr&#232;s l'&#233;criture de l'article, la demande pr&#233;fectorale de classer la d&#233;charge de Saint-Escobille en projet d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral (PIG) a &#233;t&#233; refus&#233;e. Un nouvel espoir pour les militant&#8901;e&#8901;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour davantage de pr&#233;cisions, vous pouvez retrouver l'article int&#233;gral dans la revue &lt;i&gt;Sociologies pratiques&lt;/i&gt; n&#176;27, 2013, intitul&#233; : &#171; Le NIMBY est mort. Vive la r&#233;sistance &#233;clair&#233;e &#187;, de L&#233;a S&#233;bastien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Maillebouis C., &#171; Nimby ou la col&#232;re des lieux. Le cas des parcs &#233;oliens &#187;, &lt;i&gt;Nature, sciences et soci&#233;t&#233;s&lt;/i&gt; , 2003, vol. 11, p. 190-194.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) Piller C., &lt;i&gt;The Fail-Safe Society : Community Defiance and the End of American Technological Optimism&lt;/i&gt; , Basic Books, New York, 1991.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(3) Beckmann P., &lt;i&gt;Eco-hysterics and the Technophobes&lt;/i&gt; , Golem, Boulder, 1973.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(4) Centre de stockage de d&#233;chets ultimes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; D&#233;senclaver &#187;</title>
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		<description>
&lt;p&gt;Verbe transitif direct, apparu &#224; la fin du XIXe si&#232;cle et au d&#233;but du XXe. Signifie alors l'action de rompre, par la route ou le chemin de fer, l'isolement d'une partie du territoire qui &#233;tait jusqu'alors enclav&#233;e (d' inclavare , &#171; ferm&#233; avec une cl&#233; &#187;). &lt;br class='autobr' /&gt;
Alors que la France se couvre progressivement du million de kilom&#232;tres de routes et des 30 000 km de voies ferr&#233;es actuelles, que chaque lieu habit&#233; du territoire est rendu facilement accessible en voiture ou en train, le mot perd progressivement son sens (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Verbe transitif direct, apparu &#224; la fin du XIXe si&#232;cle et au d&#233;but du XXe. Signifie alors l'action de rompre, par la route ou le chemin de fer, l'isolement d'une partie du territoire qui &#233;tait jusqu'alors enclav&#233;e (d' &lt;i&gt;inclavare&lt;/i&gt; , &#171; ferm&#233; avec une cl&#233; &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la France se couvre progressivement du million de kilom&#232;tres de routes et des 30 000 km de voies ferr&#233;es actuelles, que chaque lieu habit&#233; du territoire est rendu facilement accessible en voiture ou en train, le mot perd progressivement son sens initial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;senclaver signifie aujourd'hui l'action qui permet de faire acc&#233;der plus vite &#224; la capitale (Paris) depuis un point quelconque. Exemples : &#171; la ligne &#224; grande vitesse doit d&#233;senclaver Toulouse &#187; ; &#171; il faut d&#233;senclaver la Bretagne &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par extension, sont consid&#233;r&#233;s comme enclav&#233;s, et donc &#224; d&#233;senclaver, tous les territoires (et leurs habitant&#183;e&#183;s) non &#233;quip&#233;s d'une ou de plusieurs infrastructure(s) de transport rapide (autoroute, ligne &#224; grande vitesse, a&#233;roport). A donn&#233; (d&#233;but XXIe) &#171; nous &#233;tions tellement enclav&#233;&#183;e&#183;s ! &#187;, &#171; se faire d&#233;senclaver &#187;, et plus r&#233;cemment &#171; allez tou&#183;te&#183;s vous faire enclaver ! &#187; (vulg.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;Le Robert des am&#233;nageurs&lt;/i&gt; (2013) et la r&#233;daction.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Neuf fontaines </title>
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		<dc:creator>Castets</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;C'&#233;tait neuf sources, deux &#233;tangs, un ruisseau coulant sur le sable. Une oasis landaise. Un reste de marais dans la for&#234;t. On y mit le lavoir, on venait y chercher l'eau qui rafra&#238;chit. Puis vinrent les machines &#224; laver, les frigos. Et on l'oublia. Hubert veillait, Jojo vivait, Charly gardait son secret. Quelques ann&#233;es. Et quelques-un&#183;e&#183;s red&#233;couvrirent. Pierre y laissa son pucelage. La commune racheta, les marais devinrent patrimoine. Nous y retourn&#226;mes, am&#233;nageurs volontaires, avec des faux, des (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'&#233;tait neuf sources, deux &#233;tangs, un ruisseau coulant sur le sable. Une oasis landaise. Un reste de marais dans la for&#234;t. On y mit le lavoir, on venait y chercher l'eau qui rafra&#238;chit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Puis vinrent les machines &#224; laver, les frigos. Et on l'oublia.&lt;br class='autobr' /&gt;
Hubert veillait, Jojo vivait, Charly gardait son secret.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques ann&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et quelques-un&#183;e&#183;s red&#233;couvrirent. Pierre y laissa son pucelage.&lt;br class='autobr' /&gt;
La commune racheta, les marais devinrent patrimoine. Nous y retourn&#226;mes, am&#233;nageurs volontaires, avec des faux, des s&#233;cateurs, des tron&#231;onneuses. Et ce furent ap&#233;ros du dimanche &#224; regarder les cistudes, concours de p&#234;che, sentiers, d&#233;guisements en lavandi&#232;re. C'&#233;tait de nouveau &#224; nous.&lt;br class='autobr' /&gt;
Puis vint l'autoroute.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Cher monsieur, je me permets de vous &#233;crire pour vous signaler que, sous le trac&#233; de l'autoroute que vous venez de publier, n'apparaissent pas les &#233;tangs de notre commune. Merci de corriger et d'en tirer les cons&#233;quences. Le maire. &#187; &#171; Cher monsieur le maire, il n'y a pas d'&#233;tang sur le lieu que vous mentionnez. Le directeur g&#233;n&#233;ral de l'&#233;quipement. &#187; Alors ce fut l'Appel des &#233;tangs (fois trois). Et puis nous dans les arbres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais nous e&#251;mes l'autoroute, le &#171; viaduc des neuf fontaines &#187; et le pr&#233;fet pour son inauguration : &#171; Finalement, monsieur le maire, pour votre village, n'est-ce pas, cette autoroute est un plus ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors on re&#231;ut des sous.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous faisons maintenant partie du &#171; Parc naturel urbain &#187; du Marsan. Gr&#226;ce au &#171; 1 % paysage et d&#233;veloppement &#187; le concessionnaire y a financ&#233; des &#171; cheminements et des berges am&#233;nag&#233;es &#187;, une &#171; signal&#233;tique homog&#233;n&#233;is&#233;e &#187;, un airial &#171; revaloris&#233; &#187;, des &#171; zones de stationnement r&#233;organis&#233;es &#187; et du &#171; nouveau mobilier &#187;. Chez Jojo, derri&#232;re le mur anti-bruit, ils ont m&#234;me install&#233; un berger et ses ch&#232;vres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Heureusement, car ils n'y sont pour rien, il n'y a personne sur l'autoroute.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Greetings from Mont-de-Marsan</title>
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&lt;p&gt;La th&#233;orie du d&#233;senclavementNich&#233;e au c&#339;ur du vaste massif forestier landais atrophi&#233; par les temp&#234;tes, la pr&#233;fecture du quaranti&#232;me d&#233;partement vit &#224; sa mani&#232;re les paradoxes de la ruralit&#233; d'aujourd'hui. &gt; par Natacha Sansoz et Pantxo Desbordes &lt;br class='autobr' /&gt;
La th&#233;orie du d&#233;senclavement &lt;br class='autobr' /&gt;
Nich&#233;e au c&#339;ur du vaste massif forestier landais atrophi&#233; par les temp&#234;tes, la pr&#233;fecture du quaranti&#232;me d&#233;partement vit &#224; sa mani&#232;re les paradoxes de la ruralit&#233; d'aujourd'hui. Les mutations territoriales ont marqu&#233; l'&#233;volution de cette (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_29 spip_documents'&gt;&lt;a href='https://lan02.butternet.net/IMG/png/territoire.png' type=&#034;image/png&#034; title=&#034;territoire&#034;&gt;&lt;img src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L150xH127/territoire-df9d3-a8582.png?1696061304' width='150' height='127' alt='territoire {PNG}' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;par Natacha Sansoz et Pantxo Desbordes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;La th&#233;orie du d&#233;senclavement&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nich&#233;e au c&#339;ur du vaste massif forestier landais atrophi&#233; par les temp&#234;tes, la pr&#233;fecture du quaranti&#232;me d&#233;partement vit &#224; sa mani&#232;re les paradoxes de la ruralit&#233; d'aujourd'hui.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les mutations territoriales ont marqu&#233; l'&#233;volution de cette citadelle du XIe si&#232;cle, &#233;rig&#233;e au confluent de deux rivi&#232;res, la Douze et le Midou. &#192; l'embranchement de ces deux routes fluviales, o&#249; circulaient les hommes et les marchandises depuis le pal&#233;olithique, on &#233;difia un quai. Ainsi naquit Mont-de-Marsan, ville &#233;tape, forteresse marchande aux clefs pr&#233;cieuses.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces deux clefs que l'on retrouve sur les armoiries de la ville symbolisent cette opportunit&#233; territoriale. Deux rivi&#232;res en formant une, la Midouze, ont scell&#233; le destin de cette cit&#233; isol&#233;e dans un environnement hostile, celui des marais de Gascogne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut attendre le XIXe si&#232;cle pour voir un &#171; am&#233;nageur &#187;, Nicolas Br&#233;montier, s'attaquer &#224; la probl&#233;matique landaise et penser ce &lt;i&gt;Far West&lt;/i&gt; insalubre comme une formidable aubaine industrielle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Publiquement, la plantation de pins maritimes sur la plaine landaise fut pr&#233;sent&#233;e en 1857, ann&#233;e de la loi relative &#224; l'assainissement et &#224; la mise en culture des Landes de Gascogne, comme indispensable pour &#171; assainir les mar&#233;cages et am&#233;liorer les conditions d'hygi&#232;ne &#187;. Malgr&#233; les r&#233;voltes, l'agropastoralisme c&#233;da la place aux monocultures du pin, du ma&#239;s et l'on privatisa la Terre.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'activit&#233; portuaire disparut de la citadelle montoise qui mua lentement en une ville essentiellement administrative, puis militaire. Au lendemain de la 2e guerre mondiale, l'a&#233;ro-club local, devenu a&#233;roport militaire sous l'occupation allemande, changea la ville en cit&#233; garnison. Il est des &#171; am&#233;nageurs &#187; qu'on pr&#233;f&#232;re oublier, d'autres auxquels on donne des noms de rues. La post&#233;rit&#233; est chose subjective, surtout quand on s'assoit dessus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;The dark side of the Moun&lt;/b&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La base de Captieux, aux portes de la Gironde, servirait de leurre, se dit on s&#251;rement, au moment o&#249; l'on fit de la base a&#233;rienne montoise 118 le refuge du fleuron de la puissance de feu du processus de dissuasion fran&#231;ais. Camoufl&#233;e par la ville mitoyenne au garde-&#224;-vous, la BA118 allait pendant pr&#232;s de quarante ans abriter La Bombe, dans un voisinage inimaginable aujourd'hui avec quelques 30.000 &#226;mes, plongeant la ville dans un immobilisme secret-d&#233;fense.&lt;br class='autobr' /&gt;
Saupoudrez d'une pinc&#233;e de folklore culinaire, d'un chou&#239;a de culture rugbystico-ib&#233;rique, arrosez d'une lamp&#233;e d'Armagnac, laissez reposer une trentaine d'ann&#233;es, afin de curer les restes des Trente Glorieuses. Vous obtenez Mont-de-Marsan, &lt;i&gt;lou Moun&lt;/i&gt;, en gascon.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'agglom&#233;ration montoise compte d&#233;sormais 50 000 habitant&lt;br class='autobr' /&gt;
&#183;e&#183;s et vit une croissance structurelle galopante. Enclav&#233;e au nord par la BA 118, la ville s'&#233;tend d&#233;sormais dans un amas de zones commerciales et de quartiers pavillonnaires assez d&#233;primants.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'image des Landes et de l'Aquitaine, Mont-de-Marsan est aujourd'hui sous le feu des am&#233;nageurs, du d&#233;senclavement, de la conqu&#234;te perp&#233;tuelle de la carte et du territoire. On y vante le Progr&#232;s en inaugurant des autoroutes, on y sacralise l'Avenir en le faisant rimer avec Vitesse, oubliant le pr&#233;sent et ceux qui y vivent, loin de la carte de Tendre.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'exub&#233;rance des ronds-points &#224; palmiers y masque mal la tentation pour le b&#233;ton et l'acier. Les all&#233;es et venues des avions de chasse, 22 000 mouvements par an, vous d&#233;chirent les feuilles &#224; 120 d&#233;cibels. Quand la lumi&#232;re s'y pr&#234;te, on aper&#231;oit la pluie fine de k&#233;ros&#232;ne s'&#233;chapper des r&#233;acteurs, pour s'&#233;pandre sur la ville, tel le gaucho sur l'abeille, inexorablement. Le r&#234;ve agro-militaire de Monsanto est ici devenu r&#233;alit&#233;. La pr&#233;fecture des Landes vient d'accorder une d&#233;rogation autorisant l'&#233;pandage de pesticides par h&#233;licopt&#232;re sur les champs de ma&#239;s. D&#233;cid&#233;ment, on vit une chouette &#233;poque, dans un d&#233;cor de carte postale, o&#249; paradoxalement, il fait bon vivre et se tirer une balle dans le pied.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Greetings from Mont-de-Marsan &#8211; French California.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Paris sans le peuple</title>
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		<dc:date>2014-09-01T00:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;Paris sans le peuple Anne Clerval La D&#233;couverte, 2013 256 pages, 24 &#8364; &lt;br class='autobr' /&gt; par Phil&#233;mon &lt;br class='autobr' /&gt;
A Paris intra-muros, certain&#183;e&#183;s parlent aussi de quartiers &#171; enclav&#233;s &#187; ! Un comble quand on conna&#238;t la qualit&#233; du r&#233;seau de transports en commun. Mais dans ce cas, comme nous l'explique Anne Clerval, il s'agit pour les classes moyennes qui y r&#233;sident de d&#233;noncer un quartier &#171; pas comme les autres &#187;... c'est &#224; dire avec quand m&#234;me un peu trop de pauvres et d'immigr&#233;&#183;e&#183;s. La municipalit&#233; parisienne, en d&#233;veloppant sous (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-No5-Alerte-aux-territoires-19-" rel="directory"&gt;N&#176;5 : &#171; Alerte aux territoires ! &#187;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&lt;span class='spip_document_29 spip_documents'&gt;&lt;a href='https://lan02.butternet.net/IMG/png/territoire.png' type=&#034;image/png&#034; title=&#034;territoire&#034;&gt;&lt;img src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L150xH127/territoire-df9d3-a8582.png?1696061304' width='150' height='127' alt='territoire {PNG}' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;Paris sans le peuple&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt; Anne Clerval&lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;strong&gt;La D&#233;couverte, 2013&lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;strong&gt;256 pages, 24 &#8364;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;par Phil&#233;mon&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Paris intra-muros, certain&#183;e&#183;s parlent aussi de quartiers &#171; enclav&#233;s &#187; ! Un comble quand on conna&#238;t la qualit&#233; du r&#233;seau de transports en commun. Mais dans ce cas, comme nous l'explique Anne Clerval, il s'agit pour les classes moyennes qui y r&#233;sident de d&#233;noncer un quartier &#171; pas comme les autres &#187;... c'est &#224; dire avec quand m&#234;me un peu trop de pauvres et d'immigr&#233;&#183;e&#183;s. La municipalit&#233; parisienne, en d&#233;veloppant sous pr&#233;texte de &#171; mixit&#233; sociale &#187; des logements pour les classes moyennes dans les quartiers concentrant les cat&#233;gories populaires, s'attaque ainsi &#8211; involontairement ? &#8211; aux solidarit&#233;s sociales ou ethniques pr&#233;existantes et accompagne le processus de gentrification de la capitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gentrification, explique Anne Clerval, est &#171; un embourgeoisement sp&#233;cifique des quartiers populaires, qui s'accompagne de la transformation du b&#226;ti et du quartier en g&#233;n&#233;ral &#187;. Dans son livre, elle retrace ce processus, engag&#233; &#224; Paris depuis Hausmann. La volont&#233; politique de Napol&#233;on III &#233;tait clairement de sortir les classes &#171; dangereuses &#187; de la capitale. D'ailleurs, elle note en passant que la carte qu'elle dresse des fronts de la gentrification &#224; Paris recoupe souvent celle de l'avanc&#233;e des Versaillais &#224; la fin de la Commune !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du fait de la lib&#233;ration des loyers (et vu les niveaux d&#233;j&#224; atteints), la gentrification semble presque in&#233;luctable, c'est simplement le mode de production de la ville capitaliste. La production de logements sociaux peut ralentir la gentrification ; mais m&#234;me lorsque l'on transforme de l'habitat d&#233;grad&#233; pour en faire des logements tr&#232;s sociaux, le nombre d'habitant&#183;e&#183;s diminue du fait des normes de densit&#233; dans un logement, sans compter ceux et celles qui n'ont pas les bons papiers et qui devront aller chercher ailleurs, loin du centre et des r&#233;seaux de solidarit&#233;s traditionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contributeur de &lt;i&gt;L'An 02&lt;/i&gt; qui est parti habiter dans un quartier popu parce que c'est plus sympa, vivant, avec une m&#233;moire ouvri&#232;re, etc. se rend compte qu'en faisant conna&#238;tre aux copains les charmes du quartier il participe &#224; sa gentrification...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La culture de proximit&#233;, c'est aussi un laboratoire du vivre ensemble</title>
		<link>https://lan02.butternet.net/La-culture-de-proximite-c-est-aussi-un-laboratoire-du-vivre-ensemble</link>
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		<dc:date>2014-09-01T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>David Langlois-Mallet</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;par David Langlois-Mallet &lt;br class='autobr' /&gt; Collectif Un peuple cr&#233;atif &lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;flexion politique, dans une soci&#233;t&#233; en crise profonde, &#233;conomique, environnementale mais aussi humaine, passerait-elle par des voies d&#233;tourn&#233;es et inattendues ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Quand des artistes isol&#233;&#183;e&#183;s et sans ateliers ont invent&#233; le squat collectif, qu'ont-ils fait sinon proposer &#224; la soci&#233;t&#233; une r&#233;flexion sur le partage de l'espace ? En passant de l'atelier-logement individuel &#224; l'atelier-logement collectif, ils et elles ont aussi r&#233;invent&#233; du quartier, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-No5-Alerte-aux-territoires-19-" rel="directory"&gt;N&#176;5 : &#171; Alerte aux territoires ! &#187;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class='spip_document_29 spip_documents'&gt;&lt;a href='https://lan02.butternet.net/IMG/png/territoire.png' type=&#034;image/png&#034; title=&#034;territoire&#034;&gt;&lt;img src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L150xH127/territoire-df9d3-a8582.png?1696061304' width='150' height='127' alt='territoire {PNG}' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;par David Langlois-Mallet&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Collectif Un peuple cr&#233;atif&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;flexion politique, dans une soci&#233;t&#233; en crise profonde, &#233;conomique, environnementale mais aussi humaine, passerait-elle par des voies d&#233;tourn&#233;es et inattendues ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand des artistes isol&#233;&#183;e&#183;s et sans ateliers ont invent&#233; le squat collectif, qu'ont-ils fait sinon proposer &#224; la soci&#233;t&#233; une r&#233;flexion sur le partage de l'espace ? En passant de l'atelier-logement individuel &#224; l'atelier-logement collectif, ils et elles ont aussi r&#233;invent&#233; du quartier, des lieux d'usage multiples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles cons&#233;quences ces &#171; r&#233;inventions &#187; et ces mutualisations ont-elles pour le logement ? Quelles solutions collectives pourraient-&#234;tre propos&#233;es aux familles monoparentales en difficult&#233; ? Partager les co&#251;ts, les servitudes et les obligations pourrait rendre le quotidien plus agr&#233;able, plus convivial ou dans certains cas moins toxique pour les enfants ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On trouve intelligent de d&#233;penser notre argent public pour chasser dans nos rues (&#224; cheval maintenant) les biffins, ces petits chiffonniers de la mis&#232;re, alors qu'une partie de l'avenir de notre soci&#233;t&#233; est dans nos poubelles. N'est-il pas temps au contraire de g&#233;n&#233;raliser une soci&#233;t&#233; de la r&#233;cup&#233;ration dans laquelle les petits m&#233;tiers m&#233;pris&#233;s gagneraient un statut et une reconnaissance au lieu de pousser des pr&#233;caires dans une mis&#232;re encore plus dangereuse pour tou&#183;te&#183;s ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Grand Paname, fabrique de l'imaginaire</title>
		<link>https://lan02.butternet.net/Le-Grand-Paname-fabrique-de-l-imaginaire</link>
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		<dc:date>2014-09-01T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>David Langlois-Mallet</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;par David Langlois-Mallet Collectif Un peuple cr&#233;atif &lt;br class='autobr' /&gt;
La question centrale du Grand Paris n'est pas celle des infrastructures et du Paris Capitale mais celle de la multitude des Paris-villages, des gens qui y vivent, de leurs liens, de leur culture : du Grand Paname. &lt;br class='autobr' /&gt;
Souvent obs&#233;d&#233;es par une vision ann&#233;e 60 des grands travaux, les institutions, quand il s'agit d'ouvrir le d&#233;bat &#224; la soci&#233;t&#233; civile, convoquent les habitant&#183;e&#183;s sur leurs probl&#233;matiques techniques et attendent des citoyen&#183;ne&#183;s au mieux (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class='spip_document_29 spip_documents'&gt;&lt;a href='https://lan02.butternet.net/IMG/png/territoire.png' type=&#034;image/png&#034; title=&#034;territoire&#034;&gt;&lt;img src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L150xH127/territoire-df9d3-a8582.png?1696061304' width='150' height='127' alt='territoire {PNG}' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;par David Langlois-Mallet&lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;strong&gt;Collectif Un peuple cr&#233;atif&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question centrale du Grand Paris n'est pas celle des infrastructures et du Paris Capitale mais celle de la multitude des Paris-villages, des gens qui y vivent, de leurs liens, de leur culture : du Grand Paname.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Souvent obs&#233;d&#233;es par une vision ann&#233;e 60 des grands travaux, les institutions, quand il s'agit d'ouvrir le d&#233;bat &#224; la soci&#233;t&#233; civile, convoquent les habitant&#183;e&#183;s sur leurs probl&#233;matiques techniques et attendent des citoyen&#183;ne&#183;s au mieux des r&#233;ponses qu'ils ont d&#233;j&#224;, au pire une simple pr&#233;sence, une validation. Jamais elles ne se posent la question de l'imaginaire. Et si ce divorce entre l'imaginaire des Parisien&#183;ne&#183;es et imaginaire institutionnel &#233;tait la bonne question ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Paris est d'abord un territoire de l'imaginaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi Paris est-elle la premi&#232;re destination mondiale du tourisme ? Parce que ce bout de terre et d'eau vit dans l'imaginaire de chaque humain ou presque. Nous ne pouvons plus nous loger chez nous, en partie du fait de la puissance de cet imaginaire qui fait de notre lopin l'enjeu d'une sp&#233;culation-monde et des rues du c&#339;ur de Paris un co&#251;teux parc d'attraction patrimonial. Et cette fracture, organis&#233;e politiquement par le d&#233;coupage administratif, en amplifie les effets : une ville capitale et sa mairie, v&#233;ritable &#201;tat bis pesant de tout leur impact sur le centre, le vidant de sa vie et de ses habitant&#183;e&#183;s, et un p&#233;riph&#233;rique qui inscrit dans la g&#233;ographie la blessure pollu&#233;e de la s&#233;gr&#233;gation spatiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;La fabrique de l'imaginaire parisien proc&#232;de des habitant&#183;e&#183;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que les d&#233;cisions d'am&#233;nagement sont dans les faits confisqu&#233;s par la technostructure, l'imaginaire de Paris est abusivement sous-trait&#233; aux acteurs institutionnels de la culture et aux activit&#233;s &#224; fort impact marchand. L'imaginaire de Paris se r&#233;sumerait aux vieilles pierres et &#224; l'imagerie parisienne de la Tour Eiffel en talons hauts et rubans...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fabrique de l'imaginaire parisien proc&#232;de de son peuple. Paris, c'est s&#251;rement les industries du luxe, un patrimoine touristique ; mais Paris c'est d'abord sa multitude. La puissance de cette fabrique de l'imaginaire, diff&#233;rente selon les &#226;ges, proc&#232;de toujours de ses habitant&#183;e&#183;s et du choc cr&#233;atif qui s'op&#232;re ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La particularit&#233; de sa population, par rapport aux autres r&#233;gions, tient justement au fait que le/la Parisien&#183;ne n'existe quasiment pas. La culture parisienne est la somme des rencontres qui ont lieu ici entre gens de toutes les r&#233;gions de France d'abord, du monde maintenant. Paris, c'est le bureau de la France, mais aussi l'espace public du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Un imaginaire entrav&#233; par les politiques publiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La panne de cette fabrique du r&#234;ve aujourd'hui ne vient pas d'une panne de la cr&#233;ativit&#233; de ses habitant&#183;e&#183;s. Le peuple de Paris est riche de projets, d'id&#233;es et d'invention. M&#234;me pr&#233;caris&#233; et fragilis&#233;, c'est un peuple de porteurs de projets culturels et solidaires, d'&#339;uvrier&#183;e&#183;s. L'institution lui retire un &#224; un ses lieux d'expression de proximit&#233; (le dernier en date : la Forge &#224; Belleville, comme le Carrosse), et ce faisant toute possibilit&#233; de rencontre gratuite. Pire, elle les remplace par les relais culturels de ses politiques d'image, favorisant ainsi &#171; la valorisation &#187; du quartier, sa gentrification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r il y a quelques rares exceptions d'innovation institutionnelles. Le 100 &#201;tablissement culturel solidaire &#224; Aligre est un mod&#232;le de service public de la pratique des arts innovants, qui sert &#224; plus de mille plasticien&#183;ne&#183;s d'&#206;le-de-France, d'auteur&#183;e&#183;s et de compagnies. Mais quasiment tous les grands collectifs d'artistes ont &#233;t&#233; chass&#233;s de la capitale, ou r&#233;duits &#224; la confidentialit&#233;. Pour trouver des collectifs de projet un peu costauds, il faut regarder du c&#244;t&#233; de Saint-Denis avec le &#171; 6B &#187;, d'Aubervilliers avec &#171; La Villa mais d'ici &#187;... il faut penser Grand Paname.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Comment remettre en marche ce Grand Paname ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les institutions ne peuvent, qui plus est dans un contexte d'&#233;conomie de moyens, faire l'impasse sur la premi&#232;re des &#233;conomies : ouvrir une r&#233;flexion critique sur les politiques publiques et l'id&#233;ologie implicite qui les sous-tend. En mati&#232;re de politiques culturelles, la France fonctionne sur un mod&#232;le louis-quatorzien parfaitement anachronique. Le fait du prince est loi. C'est du politique que proc&#232;de la s&#233;lection des artistes et l'attribution des lieux. Nous sommes dans la culture dans une situation o&#249; le politique paye une limousine &#224; de tr&#232;s rares artistes qu'il a choisi&#183;e&#183;s et laisse les autres marcher &#224; pied.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut totalement renverser ce paradigme, aussi d&#233;suet que la chaise &#224; porteur. Il est temps de consid&#233;rer que la soci&#233;t&#233; est cr&#233;ative et que le r&#244;le du politique dans une d&#233;mocratie est de lui fournir les outils de son expression, pas de la privatiser ou la normaliser.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Grand Moscou, &#224; qui profite la ville ?</title>
		<link>https://lan02.butternet.net/Le-Grand-Moscou-a-qui-profite-la-ville</link>
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		<dc:date>2014-09-01T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Adeline Marquis </dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;par Adeline Marquis &lt;br class='autobr' /&gt;
En 2011, Dmitri Medvedev, alors pr&#233;sident de la f&#233;d&#233;ration de Russie, annonce le lancement d'un projet d&#233;mesur&#233;, la cr&#233;ation du Grand Moscou. Il s'agit de hisser la capitale russe au rang des villes mondiales, d'en faire une place financi&#232;re forte, capable de rivaliser avec les plus grandes. La superficie de la ville double par absorption d'une large bande de terre et de ses habitant&#183;e&#183;s au sud-ouest, pour d&#233;passer les 2 500 km2, soit le double de New York. Dix &#233;quipes (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-No5-Alerte-aux-territoires-19-" rel="directory"&gt;N&#176;5 : &#171; Alerte aux territoires ! &#187;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class='spip_document_29 spip_documents'&gt;&lt;a href='https://lan02.butternet.net/IMG/png/territoire.png' type=&#034;image/png&#034; title=&#034;territoire&#034;&gt;&lt;img src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L150xH127/territoire-df9d3-a8582.png?1696061304' width='150' height='127' alt='territoire {PNG}' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;par Adeline Marquis &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2011, Dmitri Medvedev, alors pr&#233;sident de la f&#233;d&#233;ration de Russie, annonce le lancement d'un projet d&#233;mesur&#233;, la cr&#233;ation du Grand Moscou. Il s'agit de hisser la capitale russe au rang des villes mondiales, d'en faire une place financi&#232;re forte, capable de rivaliser avec les plus grandes. La superficie de la ville double par absorption d'une large bande de terre et de ses habitant&#183;e&#183;s au sud-ouest, pour d&#233;passer les 2 500 km2, soit le double de New York. Dix &#233;quipes internationales tri&#233;es sur le volet participeront au concours, selon trois axes, la constitution de l'agglom&#233;ration moscovite, l'am&#233;nagement de l'extension et la cr&#233;ation ex-nihilo d'une ville pour relocaliser les fonctionnaires des grands minist&#232;res et administrations, appel&#233;s &#224; quitter le centre d'une ville o&#249; la sp&#233;culation fonci&#232;re fait voltiger les prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus encore que les propositions des candidat&#183;e&#183;s, r&#233;pondant bon gr&#233; mal gr&#233; aux directions impos&#233;es par les autorit&#233;s russes, c'est le fondement m&#234;me du projet qui pose question. Dans ses aspects techniques et dans ses aspects humains. L'extension, l'&#233;talement, le gigantisme d'un c&#244;t&#233;, et les infrastructures de logement, de transports, de loisirs que cela suppose. Des infrastructures invasives et irr&#233;versibles. Et de l'autre c&#244;t&#233;, les habitant&#183;e&#183;s. Comment garantir qu'une hyper-ville reste vivable, d&#233;sirable ? L'ambition affich&#233;e est de s'imposer comme m&#233;galopole mondiale incontournable. Soit. Mais les success stories urbaines passent rarement uniquement par des hyper structures, c'est une histoire de feeling, de bien-&#234;tre, d'appartenance, une histoire de cit&#233; et de citadin&#183;e&#183;s. Un &#233;change de bons proc&#233;d&#233;s. Et en la mati&#232;re, Moscou balbutie encore. Mais elle a des potentialit&#233;s immenses, pourvu qu'elle veuille bien regarder les sien&#183;ne&#183;s d'un autre &#339;il.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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