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	<title>L'An 02</title>
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	<description>L'An 02 est un outil &#233;colo de diffusion et de partage, un passeur d'id&#233;es hors des cercles confidentiels.
De 2011 &#224; 2015, L'An 02 a &#233;t&#233; une revue papier, en couleurs, multipliant les formes, notamment graphiques : photo-reportage, peinture, installation, typographie, bande dessin&#233;e. Cette dimension-l&#224; ne se retrouve que dans la revue papier, toujours en vente en librairie ou par correspondance. Retrouvez sur ce nouveau site tous les textes, un dossier au traitement mosa&#239;que enrob&#233; de chroniques grin&#231;antes, de lectures in-con-tour-na-bles et de reportages militants.
D&#233;sormais, L'An 02 propose &#224; chaque changement de saison une livraison de chroniques de livres r&#233;cents qui nous aident &#224; penser l'&#233;cologie politique, la d&#233;croissance et la technocritique.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>L'An 02</title>
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		<title>Des savoirs populaires &#224; l'&#233;cologie politique</title>
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		<dc:date>2012-07-01T19:55:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois de Beaulieu</dc:creator>



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&lt;p&gt;Alors que l'&#233;cologie politique est pr&#233;sent&#233;e comme un ph&#233;nom&#232;ne urbain de privil&#233;gi&#233;&#183;e&#183;s, retour sur une &#233;vidence pour Fran&#231;ois de Beaulieu, historien et administrateur de l'association naturaliste Bretagne Vivante : l'&#233;cologie est aux racines de la culture populaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Un sacr&#233; samedi d'avant les d&#233;fendu de, verboten, forbidden. Un samedi qui aurait pu durer sans fin dans les &#233;pices, le rythme et la joie partag&#233;e &#8211; si vous ne l'aviez d&#233;truit de vos mains. Bandes de cons. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Andr&#233; Hardellet, Les Chasseurs , (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-No2-L-ecologie-contre-le-peuple-" rel="directory"&gt;N&#176;2 : L'&#233;cologie contre le peuple ?&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Alors que l'&#233;cologie politique est pr&#233;sent&#233;e comme un ph&#233;nom&#232;ne urbain de privil&#233;gi&#233;&#183;e&#183;s, retour sur une &#233;vidence pour Fran&#231;ois de Beaulieu, historien et administrateur de l'association naturaliste Bretagne Vivante : l'&#233;cologie est aux racines de la culture populaire.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un sacr&#233; samedi d'avant les d&#233;fendu de, verboten, forbidden. Un samedi qui aurait pu durer sans fin dans les &#233;pices, le rythme et la joie partag&#233;e &#8211; si vous ne l'aviez d&#233;truit de vos mains. Bandes de cons. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Andr&#233; Hardellet, &lt;i&gt;Les Chasseurs&lt;/i&gt; , 1966&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cela se passe sous nos yeux. Si vite &#224; l'&#233;chelle de l'histoire des hommes et si lentement &#224; l'&#233;chelle de l'histoire d'un seul homme que nous avons du mal &#224; le voir. La civilisation rurale, apr&#232;s &#224; peine 10 000 ans d'existence, rend son dernier soupir en Europe. Pourtant, de la m&#233;moire individuelle de ceux et celles qui sont n&#233;&#183;e&#183;s avant 1960 en milieu rural, voire suburbain, pourraient surgir les mille raisons de se r&#233;volter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; De mon temps&#8230; on remplissait une boite d'allumettes avec des sauterelles en dix minutes dans la prairie pr&#232;s de la voie ferr&#233;e&#8230; en &#233;t&#233;, on devait nettoyer les pare-brise couverts d'insectes tous les trois jours&#8230; le soir, quand on d&#238;nait dehors, il y avait toujours des papillons de nuit &#224; tourner autour de la lampe&#8230; &#187; Ces savoirs naturalistes basiques ne doivent rien &#224; l'&#233;cologie scientifique ou aux documentaires animaliers. Ils sont la traduction sensible d'une culture longtemps rest&#233;e coll&#233;e aux chaussures boueuses de ceux et celles qui sont parti&#183;e&#183;s voir &#224; la ville si l'air &#233;mancipait vraiment. On a pu voir que, s'ils en avaient la libert&#233;, les ouvrier&#183;e&#183;s recr&#233;aient sur le moindre bout de terrain une ferme en mod&#232;le r&#233;duit. D'autres emmenaient leurs enfants &#224; la p&#234;che ou aux champignons comme pour continuer &#224; f&#234;ter le printemps et l'automne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Les pieds sur terre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces 10 000 ans de ruralit&#233; ont tiss&#233; des savoirs, des pratiques et une culture qui ont fa&#231;onn&#233; les paysages europ&#233;ens (ager, hortus, saltus). En livrant une grande partie de ces paysages &#224; l'agriculture intensive et le reste &#224; la for&#234;t industrielle ou &#224; la friche, le productivisme forcen&#233; a tent&#233; de balayer la culture populaire qui s'enracinait dans des &#233;quilibres &#233;cologiques robustes. Ainsi, en zone m&#233;diterran&#233;enne, on savait jouer avec le feu sans que cela vire &#224; la catastrophe ; ainsi, en Bretagne, on savait am&#233;liorer l'ordinaire avec des oiseaux de mer sans que cela tourne &#224; l'extinction d'une esp&#232;ce ; ainsi, un peu partout o&#249; il y avait des marais on savait jouer avec l'eau pour nourrir les hommes et les b&#234;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des milliers de dictons, mimologismes, contes, chants, l&#233;gendes et r&#233;cits t&#233;moignent d'une compr&#233;hension proprement &#233;cologique du monde. Un chant traditionnel breton (recueilli en 1835) explique d&#233;j&#224; comment les talus jouent un r&#244;le dans la r&#233;sistance &#224; l'&#233;rosion et aux &#233;carts thermiques et hydriques : &#171; La premi&#232;re chose c'est de faire des talus. / Sans talus, tu n'auras rien. / Si tu laisses ton champ ouvert / Au vent sauvage, au vent de mer, / Il ne te restera pas dedans / De quoi remplir l'escarcelle du barde &#187;. Les signes annonciateurs du printemps &#233;taient aussi pr&#233;cieux au plan psychologique que pour le calage du calendrier agraire ; nous mesurons mal la complexit&#233; des observations crois&#233;es des plantes et des animaux (sans &#234;tre paysan, Ch&#226;teaubriand savait, comme tout enfant du voisinage, qu'aux environs de Combourg pas moins de cinq oiseaux annon&#231;aient le printemps).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un double processus de destruction, de la nature et des cultures qui s'y enracinaient, est &#224; l'&#339;uvre depuis soixante ans. Dans un m&#234;me mouvement les agriculteurs et agricultrices ont perdu tout contr&#244;le sur leur travail et sur la m&#233;moire collective qui leur permettait de lire la nature o&#249; s'inscrivait leur action. C'est le march&#233; qui d&#233;tient d&#233;sormais la clef des champs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Il n'y en aura pas pour tout le monde&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que, dans les ann&#233;es 1970, le mouvement &#233;cologiste s'&#233;tait d&#233;velopp&#233; en France sur une base fortement implant&#233;e dans le monde rural (combats contre le remembrement, l'extension du camp du Larzac, l'enr&#233;sinement&#8230;) et en lien avec les associations de protection de la nature, l'&#233;cologie politique s'est d&#233;velopp&#233;e sur une base urbaine aussi ignorante qu'indiff&#233;rente aux enjeux li&#233;s &#224; la protection de la nature. Consid&#233;rant en quelque sorte qu'elle n'avait rien &#224; prouver dans ce domaine qui lui &#233;tait comme acquis par principe, l'&#233;cologie politique a de fait d&#233;sert&#233; le champ de la biodiversit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans un retour aux sources, elle restera coup&#233;e des racines de la culture populaire. De m&#234;me, sans une reconqu&#234;te de leur territoire et de sa compr&#233;hension globale, les ruraux et les urbain&#183;e&#183;s prol&#233;taris&#233;&#183;e&#183;s resteront &#224; la merci de l'id&#233;ologie dominante. La nature reste l'indispensable point de jonction entre les deux cultures. Et on aurait tort de croire que la marche restera longue pour le peuple. Il existe une conscience aigu&#235; de tous les grands enjeux (1). Au fond, chacun&#183;e sait d&#233;j&#224; qu'il n'y en aura pas pour tout le monde. Et la r&#233;volte ne peut que monter contre la minorit&#233; qui d&#233;truit la plan&#232;te en s'arrogeant tous droits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Un sondage r&#233;alis&#233; par Harris Interactive souligne que de 95 % &#224; 84 % des Fran&#231;ai&#183;se&#183;s estiment qu'il est important de s'occuper dans les ann&#233;es &#224; venir de la pollution de l'eau et de l'air, de l'extinction des esp&#232;ces animales et v&#233;g&#233;tales, de l'&#233;puisement des ressources fossiles et du r&#233;chauffement climatique. Une autre enqu&#234;te men&#233;e par le Credoc sur les attitudes des Fran&#231;ai&#183;se&#183;s en mati&#232;re de d&#233;veloppement durable montre qu'une &#233;crasante majorit&#233; (93 %) pense que les comportements individuels peuvent avoir un &#171; impact important &#187; sur l'environnement ; de m&#234;me, 80 % estiment qu'ils pourraient &#171; faire mieux &#187; dans ce domaine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#171; Il faut articuler la critique des besoins et la question des in&#233;galit&#233;s &#187;</title>
		<link>https://lan02.butternet.net/Il-faut-articuler-la-critique-des-besoins-et-la-question-des-inegalites</link>
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		<dc:date>2012-07-01T00:00:00Z</dc:date>
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&lt;p&gt;Entretien avec Herv&#233; Kempf &lt;br class='autobr' /&gt; Propos recueillis en mai 2012 par Laura Morosini et Aude Vidal &lt;br class='autobr' /&gt; Pour Herv&#233; Kempf, animateur du site Reporterre et auteur, notamment, de L'oligarchie &#231;a suffit, vive la d&#233;mocratie (Seuil, 2011), l'&#233;cologie politique est fondamentalement orient&#233;e vers la r&#233;duction des in&#233;galit&#233;s. Il reste &#224; convaincre les classes populaires que ce sont bien les &#233;cologistes qui portent aujourd'hui leurs int&#233;r&#234;ts. &lt;br class='autobr' /&gt; L'An 02 : Les racines de l'&#233;cologie politique, qui puisent dans la science, n'en (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-No2-L-ecologie-contre-le-peuple-" rel="directory"&gt;N&#176;2 : L'&#233;cologie contre le peuple ?&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class='spip_document_23 spip_documents'&gt;&lt;a href='https://lan02.butternet.net/IMG/png/peuple2.png' type=&#034;image/png&#034; title=&#034;peuple2&#034;&gt;&lt;img src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L150xH105/peuple2-79042-7008b.png?1698011313' width='150' height='105' alt='peuple2 {PNG}' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;Entretien avec Herv&#233; Kempf&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Propos recueillis en mai 2012 par Laura Morosini et Aude Vidal&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;Pour Herv&#233; Kempf, animateur du site &lt;a href=&#034;http://www.reporterre.net/&#034;&gt;Reporterre&lt;/a&gt; et auteur, notamment, de L'oligarchie &#231;a suffit, vive la d&#233;mocratie (Seuil, 2011), l'&#233;cologie politique est fondamentalement orient&#233;e vers la r&#233;duction des in&#233;galit&#233;s. Il reste &#224; convaincre les classes populaires que ce sont bien les &#233;cologistes qui portent aujourd'hui leurs int&#233;r&#234;ts.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;L'An 02 : Les racines de l'&#233;cologie politique, qui puisent dans la science, n'en font-elles pas un objet politique trop complexe, condamn&#233; &#224; ne pas &#234;tre populaire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Herv&#233; Kempf&lt;/strong&gt; : Je ne sais pas si c'est une question de complexit&#233;, mais il est vrai que l'&#233;cologie a grandi &#224; l'&#233;cart de la question sociale. Elle est issue pour partie d'une inqui&#233;tude, associ&#233;e &#224; un sentiment esth&#233;tique, devant le spectacle de la d&#233;gradation de la nature, inqui&#233;tude qu'on ne peut attribuer &#224; une couche sociale particuli&#232;re mais &#224; des individus. Un deuxi&#232;me courant a &#233;t&#233; une approche scientifique analysant les processus de d&#233;gradation de la biosph&#232;re, et alimentant un discours d'alarme se l&#233;gitimant par la connaissance scientifique. Une troisi&#232;me composante du mouvement &#233;cologique s'est forg&#233;e dans le mouvement de contestation de l'&#233;nergie nucl&#233;aire, aux &#201;tats-Unis, en Allemagne et en France, sur la base d'une revendication d&#233;mocratique de la l&#233;gitimit&#233; des citoyen&#183;ne&#183;s &#224; interroger un savoir technique qui leur &#233;tait pr&#233;sent&#233; comme indiscutable. Il y avait ici une revendication populaire, au sens de l'affirmation de la l&#233;gitimit&#233; du peuple &#224; participer &#224; la d&#233;cision, mais cette revendication n'&#233;tait pas sociologiquement enracin&#233;e dans un tissu prol&#233;taire ou autre. Ainsi, &#224; la diff&#233;rence du mouvement ouvrier au XIXe si&#232;cle, le mouvement &#233;cologique ne s'est pas d&#233;velopp&#233; sur une base sociale mais &#224; partir d'une attitude critique face au cours suivi par les soci&#233;t&#233;s productivistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;L'An 02 : Et aujourd'hui, avez-vous l'impression que l'&#233;cologie politique, des mouvements pour la d&#233;croissance &#224; EELV, traite bien les classes populaires et la question du social ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Herv&#233; Kempf &lt;/strong&gt; : Ce qui d&#233;finit la classe, ce n'est pas seulement une coh&#233;rence sociologique, mais aussi le fait qu'existe une conscience de classe. Or ce qu'on appelle maintenant classes populaires, par opposition aux classes moyennes et sup&#233;rieures, se d&#233;finit par son niveau de revenu, mais sans gu&#232;re de conscience d'appartenance ou de solidarit&#233; sp&#233;cifique. Dans les derni&#232;res d&#233;cennies, le capitalisme est parvenu &#224; faire perdre &#224; la classe ouvri&#232;re sa conscience de classe, et &#224; noyer la soci&#233;t&#233; dans le sentiment d'une indiff&#233;renciation g&#233;n&#233;rale. Il y a toujours une classe ouvri&#232;re, mais les personnes qu'on peut d&#233;finir comme ouvrier&#183;e&#183;s, par leur mode de vie et par leur position dans l'appareil de production, n'ont plus de conscience de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le capitalisme et la soci&#233;t&#233; de consommation ont d&#233;velopp&#233; des outils id&#233;ologiques tr&#232;s puissants pour changer la perception que la soci&#233;t&#233; a d'elle-m&#234;me : en exacerbant l'individualisme &#8211; le sort de chacune et chacun d&#233;pendrait essentiellement de ses qualit&#233;s propres &#8211; et en alimentant le d&#233;sir, la frustration et la rivalit&#233; ostentatoire, au moyen d'une propagande publicitaire dont on ne mesure pas suffisamment &#224; quel point elle impr&#232;gne la culture collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment, d&#232;s lors, d&#233;finir les besoins des classe populaires ? On peut dire qu'il y a des besoins objectifs &#8211; alimentation, logement, &#233;ducation, sant&#233;, divertissement &#8211;, et des besoins fabriqu&#233;s et stimul&#233;s par la publicit&#233;, qui influence &#233;norm&#233;ment la repr&#233;sentation du monde. En moyenne les gens regardent la t&#233;l&#233;vision 3 h 40 par jour (tandis que les classes sup&#233;rieures se tiennent soigneusement &#224; l'&#233;cart de cette douche id&#233;ologique), soit 3 h 40 de Jean-Pierre Pernaud, de Claire Chazal, de s&#233;ries polici&#232;res, de Star Academy, de match de football et de courses de Formule 1, le tout incluant 40 minutes de publicit&#233; : cette armature id&#233;ologique structure la conscience collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons au mouvement &#233;cologique. A partir des ann&#233;es 1970, il s'est &#233;panoui comme une critique du besoin, comme une critique de la soci&#233;t&#233; de consommation, avec des auteurs comme Jean Baudrillard ou Ivan Illich, et en France des revues comme &lt;i&gt;La Gueule ouverte&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Le Sauvage&lt;/i&gt; . On pourrait en d&#233;finir l'id&#233;e centrale ainsi : nous sommes arriv&#233;&#183;e&#183;s &#224; un &#233;tat d'abondance mat&#233;rielle tel que, sous r&#233;serve d'une distribution &#233;quitable des ressources, les besoins de logement, d'&#233;ducation, d'alimentation, sont largement couverts par l'appareil de production ; la majorit&#233; des d&#233;sirs &#8211; qui conduisent &#224; une consommation excessive d&#233;gradant l'environnement &#8211; sont suscit&#233;s par la machine publicitaire, par la soci&#233;t&#233; de consommation. En ce sens, l'&#233;cologie politique r&#233;pond, sans les satisfaire, aux besoins des classes populaires, puisqu'elle dit que les classes populaires, et en g&#233;n&#233;ral tous les membres de la soci&#233;t&#233; de consommation, sont ali&#233;n&#233;s par ce discours de cr&#233;ation de besoins factices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la suite, la pens&#233;e &#233;cologique s'est affaiss&#233;e, pour diff&#233;rentes raisons, mais elle conna&#238;t depuis une dizaine d'ann&#233;es un renouveau, et ce renouveau int&#232;gre la question sociale. Il s'agit d'articuler la critique de la soci&#233;t&#233; de consommation et de la construction du besoin avec la question des in&#233;galit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, il s'est produit depuis trente ans une augmentation continue des in&#233;galit&#233;s dans les pays occidentaux et la critique des besoins ne peut pas se dissocier de l'analyse de l'&#233;volution du syst&#232;me &#233;conomique et de la r&#233;partition des richesses. De ce point de vue, l'&#233;cologie politique dit aux classes populaires : non seulement on est ali&#233;n&#233; par les m&#233;dias et par la publicit&#233;, qui font r&#234;ver d'&#233;crans plats et de t&#233;l&#233;phones portables, mais de surcro&#238;t, l'&#233;volution oligarchique de la soci&#233;t&#233; fait que m&#234;me les besoins de base &#8211; emploi, &#233;ducation, s&#233;curit&#233; sociale, alimentation saine &#8211; commencent &#224; ne plus &#234;tre satisfaits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, les &#233;cologistes &#8211; ou un grand nombre d'entre eux &#8211; disent que face &#224; la d&#233;gradation acc&#233;l&#233;r&#233;e de la biosph&#232;re, qui est le ph&#233;nom&#232;ne historique crucial de l'&#233;poque, il faut op&#233;rer une r&#233;duction drastique des in&#233;galit&#233;s. Il s'agit de r&#233;orienter l'appareil &#233;conomique vers les biens communs &#8211; la sant&#233;, l'&#233;ducation, la culture &#8211; qui sont redevenus essentiels pour la majorit&#233; des gens. [&#8230;] Cette politique ne convainc pas encore les classes populaires, comme l'indiquent les r&#233;sultats &#233;lectoraux, mais elle a le potentiel pour r&#233;pondre aux questions qu'elles se posent. EELV ou, en Allemagne, les Gr&#252;nen, n'en sont pas assez porteurs, mais ces solutions sont reprises par des mouvements, comme le Parti de Gauche, qui ont des cultures politiques plus proches du mouvement ouvrier et qui int&#232;grent maintenant la probl&#233;matique &#233;cologique en modifiant leur corpus traditionnel de pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;L'An 02 : Il semble que la seule alternative actuelle &#224; l'aust&#233;rit&#233; et au bradage des services publics ou communs soit la relance de la croissance. Le d&#233;bat sur la d&#233;croissance &#233;tait absent des campagnes &#233;lectorales. Est-ce qu'il y a une pertinence de ce sujet, et est-il susceptible de toucher un plus large public ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Herv&#233; Kempf&lt;/strong&gt; : Ces diff&#233;rents sujets ont une absolue pertinence. Vous avez employ&#233; les mots d'aust&#233;rit&#233;, de relance et de d&#233;croissance. Je vais commencer par la relance. Jean-Luc M&#233;lenchon, candidat du Front de gauche, a expliqu&#233;, dans son interview &#224; &lt;a href='http://www.reporterre.net/spip.php?article2779'&gt;Reporterre&lt;/a&gt;, qu'il emploie le terme de &#171; relance &#187;, mais pas celui de &#171; croissance &#187;. Et effectivement, le mot est absent des documents de ce mouvement, par exemple de son programme, L'Humain d'abord. Cela me para&#238;t une avanc&#233;e tr&#232;s importante : une force politique qui p&#232;se vraiment d&#233;finit maintenant une politique &#233;conomique qui ne se r&#233;f&#232;re pas &#224; la croissance. Parce que relance et croissance, c'est diff&#233;rent. La croissance, il faut toujours le rappeler, est celle du PIB, produit int&#233;rieur brut. Or le PIB ne mesure pas bien l'&#233;tat de l'&#233;conomie parce qu'il n'int&#232;gre pas, ou tr&#232;s insuffisamment, les destructions de l'environnement engendr&#233;es par l'activit&#233; humaine. Et par ailleurs, il n'y a pas de lien m&#233;canique entre la croissance du PIB et la r&#233;duction du ch&#244;mage. Or la question sociale essentielle de l'&#233;poque, c'est que chacun&#183;e ait une activit&#233; et trouve sa place dans la soci&#233;t&#233;, autrement dit, dans les termes actuels, ait un emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois qu'EELV n'emploie pas non plus le terme de croissance, et que &#8211; c'&#233;tait un aspect int&#233;ressant de la campagne d'Eva Joly, tr&#232;s d&#233;cevante &#224; de nombreux autres &#233;gards &#8211; les propositions &#233;conomiques ne se r&#233;f&#233;raient pas explicitement &#224; la croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que deux partis importants &#233;voluent de cette fa&#231;on montre qu'il devient audible de refuser de se r&#233;f&#233;rer &#224; la croissance, audible d'affirmer que la solution des probl&#232;mes &#233;conomiques ne passera pas par la croissance. [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas d'aust&#233;rit&#233;, mais de l'adaptation de nos syst&#232;mes de consommation, de besoins, de d&#233;sirs, de l'adaptation de notre culture, en fait, &#224; un mouvement de justice &#224; l'&#233;chelle plan&#233;taire et aux conditions &#233;cologiques nouvelles de la soci&#233;t&#233; humaine au XXIe si&#232;cle. Si nous n'y parvenons pas par un choix r&#233;fl&#233;chi et d&#233;lib&#233;r&#233;, ce mouvement s'imposera par la force, ce qui nous conduira au chaos &#233;cologique et &#224; une guerre civile &#224; l'&#233;chelle plan&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et donc, la politique &#233;cologique vise une r&#233;duction forte des in&#233;galit&#233;s, et la mutation de notre &#233;conomie vers la gestion des biens communs. En ce sens, on peut parler d'une &#171; relance &#187; des politiques de la sant&#233;, de l'&#233;ducation, de l'agriculture, de l'&#233;nergie, des m&#233;dias, de la culture. Si nous n'allons pas dans cette direction, nous nous exposons &#224; un d&#233;cha&#238;nement des destructions &#233;cologiques et de la guerre entre les humains et entre les peuples. Or, l'enjeu essentiel de la politique, fondamentalement, reste la paix. C'est pourquoi l'&#233;cologie politique est une politique de la paix pour le XXIe si&#232;cle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#201;cologie cherche &#233;lectorat d&#233;sesp&#233;r&#233;ment</title>
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		<dc:creator>Makekazzo</dc:creator>



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&lt;p&gt;Sociologie du vote &#233;colo* &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais o&#249; est pass&#233; l'&#233;lectorat &#233;cologiste ? Comment le score d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) a-t-il pu d&#233;visser, d'un niveau historique de 16 % des suffrages exprim&#233;s en 2009, aux 2,3 % d'Eva Joly en avril dernier ? Aux &#233;lections europ&#233;ennes, l'&#233;cologie politique faisait jeu &#233;gal avec le PS et la voil&#224; maintenant en slip, balay&#233;e par une vague rose Flanby, brun Marine&#8230; Mais, si Mamy N&#248;v&#228; a en effet paum&#233; pas moins de deux millions d'&#233;lecteur/ices de Dany-Rouquemoute pour se (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-No2-L-ecologie-contre-le-peuple-" rel="directory"&gt;N&#176;2 : L'&#233;cologie contre le peuple ?&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sociologie du vote &#233;colo*&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais o&#249; est pass&#233; l'&#233;lectorat &#233;cologiste ? Comment le score d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) a-t-il pu d&#233;visser, d'un niveau historique de 16 % des suffrages exprim&#233;s en 2009, aux 2,3 % d'Eva Joly en avril dernier ? Aux &#233;lections europ&#233;ennes, l'&#233;cologie politique faisait jeu &#233;gal avec le PS et la voil&#224; maintenant en slip, balay&#233;e par une vague rose Flanby, brun Marine&#8230; Mais, si Mamy N&#248;v&#228; a en effet paum&#233; pas moins de deux millions d'&#233;lecteur/ices de Dany-Rouquemoute pour se retrouver aujourd'hui avec 800 000 voix, elle a au moins gard&#233; ses lunettes fluo, si on compare la douche norv&#233;gienne qu'elle a subie &#224; l'avoin&#233;e que s'est prise Dominique-la-comique aux pr&#233;sidentielles de 2007, avec 1,57 % des voix&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela nous permet d'en tirer au moins deux enseignements : 1) les &#233;colos aiment les moustaches (No&#235;l Mam&#232;re est &#224; ce jour le recordman des candidat&#183;e&#183;s aux pr&#233;sidentielles avec un mirifique 5,25 % en 2002) ; 2) on peut estimer, gr&#226;ce au score subaquatique de 2007, un noyau dur &#233;lectoral d'environ 570 000 irr&#233;ductibles moustachu&#183;e&#183;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le reste, &#171; l'&#233;lectorat &#233;cologiste &#187; n'est qu'un mot, ou presque. Volatile, il s'apparente &#224; ce &#171; nouvel &#233;lecteur &#187; strat&#232;ge qui fait gloser les politologues depuis les ann&#233;es 1970 : instruit&#183;e, sans affiliation partisane stable, il ou elle a tendance &#224; voter en fonction d'enjeux conjoncturels (l'environnement, l'anti-sarkozysme&#8230;), plut&#244;t que par fid&#233;lit&#233; &#224; une famille politique, au nom de convictions religieuses ou d'int&#233;r&#234;ts de classe. Il ou elle peut donc basculer des Verts au PS, voire au Modem, selon les circonstances (si environ 60 % des &#233;lecteur/ices d'EELV se positionnaient &#171; &#224; gauche &#187; en 2010, 20 % se d&#233;claraient &#171; au centre ou &#224; droite &#187;, et 15 % &#171; ni &#224; droite, ni &#224; gauche &#187;). C'est ainsi que les &#233;lections europ&#233;ennes et r&#233;gionales, au scrutin proportionnel, peuvent appara&#238;tre comme des occasions d'exprimer p&#233;riodiquement sa sensibilit&#233; environnementaliste, quand le scrutin pr&#233;sidentiel, majoritaire &#224; deux tours, favorise, lui, le vote &#171; utile &#187; et p&#233;nalise les candidat&#183;e&#183;s &#233;cologistes, jug&#233;&#183;e&#183;s peu cr&#233;dibles sur les sujets &#233;conomiques et s&#233;curitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que l'&#233;cologie politique ait consolid&#233; son implantation, depuis les ann&#233;es 1990, dans quelques r&#233;gions (Alsace, Rh&#244;ne-Alpes, grand ouest et &#206;le-de-France), elle peine donc encore &#224; fid&#233;liser son &#233;lectorat d'un scrutin &#224; l'autre et &#224; l'&#233;tendre au-del&#224; d'un segment sociologique caract&#233;ristique : plut&#244;t urbain, jeune et dipl&#244;m&#233; du sup&#233;rieur. Les &#233;cologistes r&#233;alisent en effet leurs meilleurs scores chez les classes moyennes intellectuelles des villes universitaires, et leurs plus mauvais r&#233;sultats en zones rurales (Picardie, Pas-de-Calais&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin d'&#234;tre &#171; populaire &#187;, l'&#233;cologie &#233;lectorale rassemble donc surtout des populations li&#233;es &#224; &#171; l'&#233;conomie du savoir &#187; (cadres, prof. interm&#233;diaires, &#233;tudiant&#183;e&#183;s), f&#233;minis&#233;es, lib&#233;rales culturellement, peu affili&#233;es aux organisations syndicales, mais d&#233;sireuses de &#171; faire de la politique autrement &#187; et de &#171; verdir le capitalisme &#187; sans le contester radicalement. En un mot, ni prolos, ni Sarko, ni fachos : les &#171; petits bobos &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*Merci &#224; Fr&#232;re Bruno Villalba pour ses tuyaux !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Repenser la question sociale</title>
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		<dc:creator>Sandrine Rousseau</dc:creator>



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&lt;p&gt;La question sociale demeure prisonni&#232;re d'un cadre de pens&#233;e productiviste, mais l'&#233;cologie politique lui offre une opportunit&#233; de renouveau. Par Sandrine Rousseau, &#233;conomiste et membre du bureau ex&#233;cutif d'EELV. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;cologie est-elle un luxe ? Il est vrai que, dans les campagnes &#233;lectorales o&#249; les questions de ch&#244;mage et de pouvoir d'achat sont centrales, les &#233;cologistes sont &#224; la peine. On leur reproche souvent d'avoir pour seul programme social la cr&#233;ation &#171; d'emplois verts &#187;, entre greenwashing de (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;La question sociale demeure prisonni&#232;re d'un cadre de pens&#233;e productiviste, mais l'&#233;cologie politique lui offre une opportunit&#233; de renouveau. Par Sandrine Rousseau, &#233;conomiste et membre du bureau ex&#233;cutif d'EELV.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cologie est-elle un luxe ? Il est vrai que, dans les campagnes &#233;lectorales o&#249; les questions de ch&#244;mage et de pouvoir d'achat sont centrales, les &#233;cologistes sont &#224; la peine. On leur reproche souvent d'avoir pour seul programme social la cr&#233;ation &#171; d'emplois verts &#187;, entre &lt;i&gt;greenwashing&lt;/i&gt; de m&#233;tiers traditionnels et cr&#233;ation d'activit&#233;s annexes. Pourtant la lutte contre la pr&#233;carit&#233;, le mal travail et les emplois ind&#233;cents sont au c&#339;ur du message &#233;cologiste. Mais ce discours pour une &#171; &#233;cologie sociale &#187; est-il audible ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Red&#233;finir le social&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord un constat : la d&#233;finition de ce qui est &#171; social &#187; n'a rien de naturel. Elle est marqu&#233;e par le compromis salarial fordiste, ou, pour le dire autrement, est per&#231;u comme &#171; social &#187; ce qui s'accorde avec un d&#233;placement vers les salari&#233;&#183;e&#183;s du curseur du compromis salarial fordiste. Rappelons-en les grandes lignes : une hausse majeure de la productivit&#233; (et donc une ali&#233;nation plus grande du travailleur) en &#233;change d'une s&#233;paration stricte entre travail et hors travail, et une croissance r&#233;guli&#232;re du pouvoir d'achat. D'un c&#244;t&#233; abandon de l'autonomie, de l'autre am&#233;lioration de la capacit&#233; &#224; accumuler les biens mat&#233;riels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le progr&#232;s technique, des ressources environnementales gratuites et la mise au travail salari&#233; des femmes ont en grande partie permis de faire fonctionner ce consensus relatif jusqu'aux ann&#233;es 1980. Mais depuis trente ans ce mod&#232;le a atteint ses limites sociales, environnementales et familiales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent, c'est la crise de l'emploi qui a le plus attir&#233; l'attention. Le ch&#244;mage de masse a mis &#224; l'agenda les &#171; plans &#187; de cr&#233;ation d'emplois : pression sur le SMIC, all&#232;gements de cotisations, d&#233;gr&#232;vements en tous genres, usage de travailleurs bon march&#233; (d&#233;localis&#233;&#183;e&#183;s, immigr&#233;&#183;e&#183;s, femmes en reprise d'activit&#233;, etc.). Ces politiques ont eu en commun de mettre l'accent sur la dimension quantitative de l'emploi, laissant dans l'ombre les questions li&#233;es &#224; la qualit&#233; et au sens des emplois ainsi cr&#233;&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A travers ce nouvel objectif &#8211; la baisse du co&#251;t du travail &#8211; la bourgeoisie a pu prot&#233;ger ses positions en profitant de deux atouts : son patrimoine (et les revenus qui en d&#233;coulent), et la schizophr&#233;nie du travailleur fordiste. Les riches ont la possibilit&#233; de &#171; vendre &#187; un travail qualifi&#233;. Ils et elles ach&#232;tent ensuite en grande partie des biens ayant requis une force de travail peu qualifi&#233;e, achet&#233;e &#224; vil prix... Pour les pauvres, la situation est plus compliqu&#233;e : ils et elles vendent et ach&#232;tent ce travail devenu bon march&#233;. Alors si pour les un&#183;e&#183;s la baisse du co&#251;t du travail devient ais&#233;ment un objectif souhaitable puisqu'il rench&#233;rit leur pouvoir d'achat relatif... Pour les second&#183;e&#183;s la situation est plus complexe : les int&#233;r&#234;ts du consommateur et du travailleur non qualifi&#233; sont bien souvent antagoniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cologie politique est, &#224; l'oppos&#233;, une rupture fondamentale de ce compromis. Elle ne souhaite pas ren&#233;gocier la position du curseur, elle vise &#224; remettre en cause les termes de l'&#233;change. En ce sens, sa position &#171; sociale &#187; est plus complexe. Elle ne peut se contenter d'affirmer vouloir distribuer plus de pouvoir d'achat. C'est la notion m&#234;me qui doit &#234;tre d&#233;construite, avec celles de productivit&#233; et de croissance...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Transformer l'emploi&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mod&#232;le &#233;cologiste peut d&#233;fendre un nouvel &#233;change s'appuyant sur la double transformation de l'emploi et de la consommation. Or, changer l'emploi ne consiste pas &#224; cr&#233;er des &#171; emplois verts &#187; (dans le cadre d'une croissance verte et qui permettrait de distribuer des gains de productivit&#233; verts sous forme de voitures vertes, de lessives vertes et de papiers recycl&#233;s...) mais &#224; rendre les emplois r&#233;ellement &#171; soutenables &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un nouveau rapport salarial doit &#234;tre construit autour de trois transformations radicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Changement d'abord des modes de r&#233;mun&#233;ration. Le salaire repose traditionnellement sur l'id&#233;e d'un &#233;change individualis&#233; entre un employeur et un&#183;e salari&#233;&#183;e. Il r&#233;mun&#232;re une qualification, un effort, un m&#233;rite individuels... Or la production rel&#232;ve d'un processus collectif. Les comp&#233;tences sont socialement produites, la productivit&#233; n'est pas individualisable, la r&#233;ussite ou non d&#233;pend bien plus d'une conjonction de facteurs collectifs que de l'h&#233;ro&#239;sme d'un producteur isol&#233;. Par cons&#233;quent la r&#233;mun&#233;ration (et la qualit&#233; des emplois) ne peut pas &#234;tre individualis&#233;e, et nous devons aller vers une socialisation croissante des revenus. Si le salaire ne repr&#233;sente pas une contribution individuelle &#224; la production (impossible &#224; &#233;tablir de mani&#232;re cr&#233;dible), alors les in&#233;galit&#233;s que l'on observe ne se justifient pas. L'augmentation des minima sociaux et du SMIC, la mise en place d'un salaire maximal, le retour &#224; une fiscalit&#233; fortement progressive sont les traductions concr&#232;tes de ce constat simple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me r&#233;volution : celle du temps de travail. Le fordisme a scell&#233; une s&#233;paration stricte entre travail et hors-travail. La flexibilisation r&#233;cente a remis en cause cette situation en permettant au travail de d&#233;border sur la vie priv&#233;e et familiale (imposition d'horaires flexibles et a-sociaux, travail au sifflet, etc.). Le mod&#232;le de production &#233;cologiste doit imposer le hors-travail &#224; l'entreprise : cong&#233;s parentaux ou pour activit&#233; b&#233;n&#233;vole, assouplissement des r&#232;gles d'absences, renouveau de la r&#233;gulation des pauses et de l'intensit&#233; du travail, d&#233;veloppement de la formation des adultes (au-del&#224; de la stricte formation professionnelle).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me axe de transformation : la r&#233;appropriation par les salari&#233;s de leur travail. Trente ans apr&#232;s les lois Auroux, il est plus que temps de redonner une impulsion &#224; la d&#233;mocratie en entreprise. La production est collective, les d&#233;cisions doivent l'&#234;tre &#233;galement. La pr&#233;sence syndicale, le r&#244;le des instances repr&#233;sentatives, les droits individuels face &#224; la hi&#233;rarchie ne sont pas des gadgets pour temps prosp&#232;res mais les exigences d'un nouveau rapport salarial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, c'est le mode de consommation qu'il convient de modifier radicalement en promouvant une autre approche de la richesse. L'accumulation mat&#233;rielle de biens individuels a atteint ses limites. Les gains en termes d'efficacit&#233; &#233;nerg&#233;tique ne seront pas &#224; la hauteur des enjeux. De nombreux travaux ont montr&#233; que le bien-&#234;tre n'est pas corr&#233;l&#233; &#224; la richesse mat&#233;rielle : le temps libre, l'acc&#232;s &#224; des services non marchands, l'usage de biens collectifs sont des &#233;l&#233;ments essentiels, aux impacts environnementaux limit&#233;s, qu'il faut d&#233;velopper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la dimension &#171; sociale &#187; de l'&#233;cologie politique tient surtout &#224; son objectif prioritaire de lutte contre les in&#233;galit&#233;s. La raret&#233; implique in&#233;vitablement un partage des ressources et cela d'autant plus que l'impact sur l'environnement de la consommation des plus riches est particuli&#232;rement grand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Changement du travail, transformation de la consommation, marche vers une plus grande &#233;galit&#233;, l'&#233;cologie politique n'est pas un peu, beaucoup ou passionn&#233;ment sociale. Elle n'est pas partiellement compatible avec le socialisme, elle en est le renouvellement, l'approfondissement, l'adaptation incontournable &#224; un monde &#233;puis&#233;. Pour souligner le potentiel de radicalit&#233; que contient l'&#233;cologie, certains parlent d'&#233;co-socialisme. L'expression est belle, mais cela pourrait bien &#234;tre, tout compte fait, un pl&#233;onasme.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Faut-il taxer l'&#233;nergie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans notre mod&#232;le marchand, le syst&#232;me de prix offre des signaux sur lesquels on peut agir : taxer certaines consommations et en subventionner d'autres est &#224; la base de la fiscalit&#233; &#233;cologique. (...) L'instauration d'une contribution climat-&#233;nergie qui permette &#224; terme de donner un signal-prix sur les consommations les plus polluantes est n&#233;cessaire. (&#8230;) La critique la plus fr&#233;quemment adress&#233;e &#224; ce type de mesures est qu'elles seraient particuli&#232;rement p&#233;nalisantes pour les plus pauvres. (&#8230;) Les d&#233;penses &#233;nerg&#233;tiques couvrent en effet pr&#232;s de 15 % des revenus des 20 % les plus pauvres, contre &#224; peine 6 % de ceux les plus riches ou encore 6 % pour les Parisiens et 12 % pour les ruraux&#8230; Pourtant, une taxe de ce type est aussi l'occasion de redistribuer les richesses. (&#8230;) Ainsi, redistribu&#233;e int&#233;gralement de mani&#232;re forfaitaire aux m&#233;nages, une taxe de 40 euros par tonne de carbone am&#233;liorerait de 0,5 % le revenu consomm&#233; r&#233;el des 20 % les plus pauvres. Ce montant d&#233;passerait 2 % pour une taxe de 200 euros la tonne. Mieux, rien ne nous emp&#234;che d'imaginer un transfert lui-m&#234;me progressif, &#224; l'image de ce qui a &#233;t&#233; fait au Danemark, o&#249; la moiti&#233; des gains issus d'une taxe environnementale a &#233;t&#233; utilis&#233;e pour les allocations familiales. Certes, les plus pauvres consomment proportionnellement des biens plus intenses en &#233;nergie et en carbone, mais ils consomment toujours beaucoup moins en valeur absolue [que les plus riches]. La redistribution est ainsi relativement ais&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sandrine Rousseau, &lt;i&gt;Oui, l'&#233;cologie, c'est social !&lt;/i&gt; , Les Petits Matins, 2012, pp. 93-96.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>L'&#206;le-St-Denis : la possibilit&#233; d'une &#233;cologie populaire</title>
		<link>https://lan02.butternet.net/L-039-Ile-St-Denis-la-possibilite-d-039-une-ecologie-populaire</link>
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		<dc:date>2012-07-01T00:00:00Z</dc:date>
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		<description>
&lt;p&gt;Long croissant sur la Seine, L'&#206;le-St-Denis (93), &#224; une dizaine de kilom&#232;tres au nord de Paris, est un de ces lieux o&#249; l'on teste avec 7000 habitant&#183;e&#183;s une &#233;cologie en action, &#224; l'initiative d'une administration qui r&#233;unit depuis 2001 Vert&#183;e&#183;s et militant&#183;e&#183;s associatifs/ves. Entretien avec &#201;lisabeth Bourgain, adjointe au maire. &lt;br class='autobr' /&gt; L'An 02 : Aujourd'hui on parle beaucoup d'&#233;cologie urbaine, o&#249; le d&#233;veloppement durable croise opportun&#233;ment la volont&#233; d'attirer dans des centres-villes r&#233;nov&#233;s des populations (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Long croissant sur la Seine, L'&#206;le-St-Denis (93), &#224; une dizaine de kilom&#232;tres au nord de Paris, est un de ces lieux o&#249; l'on teste avec 7000 habitant&#183;e&#183;s une &#233;cologie en action, &#224; l'initiative d'une administration qui r&#233;unit depuis 2001 Vert&#183;e&#183;s et militant&#183;e&#183;s associatifs/ves. Entretien avec &#201;lisabeth Bourgain, adjointe au maire.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;L'An 02 : Aujourd'hui on parle beaucoup d'&#233;cologie urbaine, o&#249; le d&#233;veloppement durable croise opportun&#233;ment la volont&#233; d'attirer dans des centres-villes r&#233;nov&#233;s des populations ais&#233;es exigeantes sur la qualit&#233; de leur environnement. Vous portez avec d'autres, &#224; L'&#206;le-St-Denis, une vision o&#249; le social n'est pas oubli&#233;. Une &#233;cologie populaire ? sociale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;&#201;lisabeth Bourgain&lt;/strong&gt; : Nous parlons en effet d'&#233;cologie populaire. C'est &#224; dire d'une &#233;cologie qui concerne tout le monde. Notre ville est une ville populaire. Une population qui vit &#224; 70 % dans du logement social. Majoritairement des ouvrier&#183;e&#183;s et des technicien&#183;ne&#183;s &#8211; et des ch&#244;meurs/ses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes persuad&#233;&#183;e&#183;s que l'&#233;cologie doit am&#233;liorer la vie de chacun&#183;e et, dans le m&#234;me temps, respecter les enjeux de survie de nos descendant&#183;e&#183;s. Quelques exemples&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La restauration scolaire est un moment important d'&#233;ducation. On y mange de plus en plus bio, et m&#234;me v&#233;g&#233;tarien une fois par semaine. Les enfants d&#233;couvrent. Une di&#233;t&#233;ticienne veille sur les menus et anime des ateliers. Elle fournit m&#234;me aux familles des conseils pour respecter un &#233;quilibre alimentaire entre le repas de midi et celui du soir. Certains esprits chagrins se sont inqui&#233;t&#233;s : &#171; Comment, pas de viande pour des enfants pauvres qui n'en mangent souvent qu'&#224; la cantine ? &#187; Cela a &#233;t&#233; l'occasion de faire de l'&#233;ducation populaire dans les comit&#233;s de quartier, et de faire circuler Bidoche, le livre de Fabrice Nicolino (1)&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les b&#226;timents communaux, on chauffe moins, on a mis un peu partout des dispositifs pour que la lumi&#232;re s'&#233;teigne quand il n'y a personne, une &#171; cellule &#233;nergie &#187; regroupant des techniciens et des &#233;lus a pass&#233; au crible tout ce qui &#233;tait source de gaspillage&#8230; 30 % d'&#233;conomie r&#233;alis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une &#233;cole, des panneaux solaires produisent de l'&#233;lectricit&#233;. Un grand panneau &#224; l'entr&#233;e mesure la production et les &#233;conomies de CO2 r&#233;alis&#233;es. Les enfants peuvent ainsi mesurer l'importance de ces panneaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons aussi install&#233; des panneaux solaires sur le gymnase municipal et incit&#233; un bailleur &#224; int&#233;grer la pose de panneaux solaires sur un tr&#232;s grand pignon expos&#233; plein sud, dans le cadre de la r&#233;habilitation de cette cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais aussi des gestes simples de tous les jours. Le tri s&#233;lectif, &#231;a existe un peu partout maintenant. Mais le compost ? Est-ce r&#233;serv&#233; &#224; ceux et celles qui ont des jardins ? Pas du tout. Nous encourageons les habitant&#183;e&#183;s de grands ensembles &#224; mettre en commun leurs &#233;pluchures. C'est le cas dans une cit&#233; &#224; c&#244;t&#233; de chez moi : les habitant&#183;e&#183;s collectent leurs d&#233;chets organiques. L'association HALAGE, qui anime des chantiers-&#233;coles dans les m&#233;tiers de l'environnement, entretient ce compost ce qui permettra dans quelques mois de l'utiliser pour enrichir la terre des plantations des espaces communs&#8230; Et d'organiser une f&#234;te du compost, pour planter des fleurs et des plantes avec les enfants en utilisant ce fameux compost.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) &lt;i&gt;Bidoche. L'industrie de la viande menace le monde&lt;/i&gt; , Les Liens qui lib&#232;rent, 2009.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>L'&#233;cologie et le peuple dans la Bretagne des ann&#233;es 1970</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tudi Kernalegenn</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le d&#233;bat du rapport de l'&#233;cologie au peuple semble sans fin. &#192; chaque d&#233;nonciation du caract&#232;re suppos&#233; &#233;litiste de l'&#233;cologie correspond un appel &#224; l'invention d'une &#233;cologie sociale ou populaire. Vrai d&#233;bat ou pol&#233;mique artificielle ? L'&#233;cologie politique s'est-elle invent&#233;e dans les ann&#233;es 1970 sur une base si &#233;litiste (voire bourgeoise) qu'elle doive assumer pour toujours ce stigmate d'une distance quasi irr&#233;m&#233;diable entre l'&#233;cologie et le peuple ? Le cas breton en tous cas donne &#224; voir une &#233;cologie avec le (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-No2-L-ecologie-contre-le-peuple-" rel="directory"&gt;N&#176;2 : L'&#233;cologie contre le peuple ?&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le d&#233;bat du rapport de l'&#233;cologie au peuple semble sans fin. &#192; chaque d&#233;nonciation du caract&#232;re suppos&#233; &#233;litiste de l'&#233;cologie correspond un appel &#224; l'invention d'une &#233;cologie sociale ou populaire. Vrai d&#233;bat ou pol&#233;mique artificielle ? L'&#233;cologie politique s'est-elle invent&#233;e dans les ann&#233;es 1970 sur une base si &#233;litiste (voire bourgeoise) qu'elle doive assumer pour toujours ce stigmate d'une distance quasi irr&#233;m&#233;diable entre l'&#233;cologie et le peuple ? Le cas breton en tous cas donne &#224; voir une &#233;cologie avec le peuple, et ceci pour ainsi dire d&#232;s les origines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il est vrai que les racines naturalistes de l'&#233;cologie semblent globalement &#233;loign&#233;es du peuple &#8211; ainsi la SEPNB (1), principale association naturaliste bretonne, est tr&#232;s largement domin&#233;e et anim&#233;e par des universitaires jusqu'aux ann&#233;es 1970, voire depuis &#8211;, celles-ci ne sont pas les seules. Les racines libertaires, r&#233;gionalistes, f&#233;ministes, etc. de l'&#233;cologie ont une dimension populaire certaine, malgr&#233; une sur-repr&#233;sentation estudiantine. Eau et rivi&#232;res de Bretagne, l'autre organisation centrale de la mouvance environnementaliste, se caract&#233;rise par une sociologie d&#233;j&#224; plus repr&#233;sentative de la population bretonne, gr&#226;ce notamment &#224; un ancrage rural non n&#233;gligeable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cologie politique proprement dite, en Bretagne, appara&#238;t essentiellement &#224; travers le mouvement antinucl&#233;aire, qui &#233;merge en 1974 &#224; Erdeven (56) et culmine entre 1978 et 1981 &#224; Plogoff (29). Ce mouvement social, qui a le m&#233;rite d'emp&#234;cher la construction de toute centrale nucl&#233;aire en Bretagne, n'est certes pas univoque, et les motivations de ses animateurs/rices n'est pas toujours l'&#233;cologie politique. Le fer de lance de ce mouvement toutefois, les CLIN (2), se cr&#233;ent sur une base &#233;cologiste clairement populaire &#224; travers la plate-forme de Porsmoguer (6 d&#233;cembre 1975), en clamant que &#171; &lt;i&gt;nous sommes tous des expert&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;i&gt;&#183;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;e&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;i&gt;&#183;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;s&lt;/i&gt; &#187; (de la vie, de la science et de la politique), et en liant le pouvoir centralis&#233; et autoritaire, la surconsommation et le gaspillage, avec le d&#233;veloppement de l'&#233;nergie nucl&#233;aire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce &#224; Gilles Simon nous savons &#233;galement qui sont les leaders antinucl&#233;aires en Bretagne : jeunes (ils sont 78 % &#224; avoir moins de 35 ans), ils et elles appartiennent pour plus de la moiti&#233; aux professions dites intellectuelles. Ce qui ne les distingue pas beaucoup en r&#233;alit&#233; de toutes les mobilisations &#171; h&#233;r&#233;tiques &#187; des ann&#233;es 1970 (gauchisme, r&#233;gionalisme, f&#233;minisme, etc.). Mais, au-del&#224; de cette direction, la mobilisation antinucl&#233;aire se caract&#233;rise par un r&#233;el investissement populaire : c'est le cas bien entendu &#224; Plogoff m&#234;me (et auparavant &#224; Erdeven et Ploumoguer), o&#249; la lutte est largement men&#233;e par des femmes au foyer, des retrait&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#183;e&lt;br class='autobr' /&gt;
&#183;s, des agriculteurs et agricultrices, des p&#234;cheurs, etc. que dans les CLINs et dans les rassemblements antinucl&#233;aires, tr&#232;s f&#233;d&#233;rateurs. De fait, l'&#233;cologie politique en Bretagne est n&#233;e dans ce qui est peut-&#234;tre la lutte politique et culturelle la plus massive et populaire de l'histoire de la r&#233;gion, culminant notamment dans rassemblement de 100-150 000 personnes &#224; Plogoff les 24-25 mai 1980. Formidable moment d'&#233;ducation populaire, le mouvement de Plogoff a form&#233; une g&#233;n&#233;ration de militant&lt;br class='autobr' /&gt;
&#183;e&lt;br class='autobr' /&gt;
&#183;s sociaux et sociales qui ont essaim&#233; par la suite au-del&#224; de l'&#233;cologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Soci&#233;t&#233; pour l'&#201;tude et la Protection de la Nature en Bretagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) Comit&#233;s Locaux d'Information Nucl&#233;aire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;A lire &#224; propos des luttes &#233;cologistes des ann&#233;es 1970 en Bretagne :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tudi Kernalegenn, &lt;i&gt;Luttes &#233;cologistes dans le Finist&#232;re (1967-1981). Les Chemins bretons de l'&#233;cologie&lt;/i&gt; , Fouesnant : Yoran Embanner, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maurice Le D&#233;mezet et Bruno Maresca, &lt;i&gt;La Protection de la nature en Bretagne. La SEPNB (1953-2003)&lt;/i&gt; , Rennes : PUR, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gilles Simon, &lt;i&gt;Plogoff. L'Apprentissage de la mobilisation sociale&lt;/i&gt; , Rennes : PUR, 2010.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pauvret&#233; de la &#171; trag&#233;die des communs &#187;</title>
		<link>https://lan02.butternet.net/Pauvrete-de-la-tragedie-des-communs</link>
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		<dc:date>2012-07-01T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Romain Felli</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Pour toute une famille de pens&#233;e, le peuple est incapable de g&#233;rer collectivement une ressource naturelle sans la surexploiter. R&#233;cit d'une imposture et de ses racines, par Romain Felli, qui enseigne l'histoire des id&#233;es politiques &#224; l'universit&#233; de Lausanne. &lt;br class='autobr' /&gt;
Si le spectre du r&#233;v&#233;rend Malthus est souvent invoqu&#233; pour donner une autorit&#233; morale aux visions conservatrices de la crise &#233;cologique (1), c'est plut&#244;t dans les &#233;crits du biologiste d'extr&#234;me droite Garrett Hardin que se met en place, dans les (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-No2-L-ecologie-contre-le-peuple-" rel="directory"&gt;N&#176;2 : L'&#233;cologie contre le peuple ?&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Pour toute une famille de pens&#233;e, le peuple est incapable de g&#233;rer collectivement une ressource naturelle sans la surexploiter. R&#233;cit d'une imposture et de ses racines, par Romain Felli, qui enseigne l'histoire des id&#233;es politiques &#224; l'universit&#233; de Lausanne.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le spectre du r&#233;v&#233;rend Malthus est souvent invoqu&#233; pour donner une autorit&#233; morale aux visions conservatrices de la crise &#233;cologique (1), c'est plut&#244;t dans les &#233;crits du biologiste d'extr&#234;me droite Garrett Hardin que se met en place, dans les ann&#233;es 1970, une id&#233;ologie n&#233;o-malthusienne ultra-r&#233;actionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hardin dans &#171; Lifeboat Ethics : The Case Against Helping the Poor &#187; [L'&#233;thique du canot de sauvetage : un plaidoyer contre l'aide aux pauvres] propose une analogie entre la situation de crise &#233;cologique et un naufrage. Les pays riches seraient le canot de sauvetage et toute tentative, inspir&#233;e par de bons sentiments, d'accueillir &#224; bord des naufrag&#233;&#183;e&#183;s (les pauvres) ne ferait que pr&#233;cipiter le chavirage de ce canot ; la bonne volont&#233; ne profitant au final ni aux un&#183;e&#183;s ni aux autres. Il pr&#233;cise que l'aide apport&#233;e aux plus pauvres aurait la cons&#233;quence suivante : &#171; Les moins pr&#233;voyant&#183;e&#183;s et moins aptes se multiplieraient aux d&#233;pens des plus pr&#233;voyant&#183;e&#183;s et des plus aptes, amenant finalement la ruine de tous ceux qui se partagent les communs (2). &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;f&#233;rence aux communs n'est pas innocente et elle renvoie &#224; l'article le plus c&#233;l&#232;bre de Hardin : &#171; The Tragedy of the Commons &#187; [La trag&#233;die des communs] (3). L'argument central en est connu : les &#234;tres humains auraient une tendance naturelle &#224; surexploiter les ressources accessibles gratuitement et sans contr&#244;le, et donc &#224; les d&#233;truire. Hardin pr&#233;tend que les communs dans l'Europe m&#233;di&#233;vale &#8211; ces champs, for&#234;ts et p&#226;turages laiss&#233;s &#224; l'acc&#232;s libre des populations pauvres pour la satisfaction de leurs besoins &#8211; auraient &#233;t&#233; surexploit&#233;s et finalement d&#233;truits. De cette pseudo le&#231;on historique, Hardin tire une th&#233;orie g&#233;n&#233;rale de la d&#233;gradation &#233;cologique : toute ressource qui ne dispose pas d'une propri&#233;t&#233; priv&#233;e clairement d&#233;finie (ou d'une propri&#233;t&#233; d'&#201;tat stricte, mais Hardin refuse la solution &#233;tatique pour d'autres raisons) est inexorablement conduite &#224; &#234;tre d&#233;truite par surexploitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux cons&#233;quences majeures sont tir&#233;es de ce point de vue. Premi&#232;rement, ce seraient les pauvres qui seraient coupables de la surexploitation et donc de la d&#233;gradation des ressources environnementales. Deuxi&#232;mement, il serait n&#233;cessaire de d&#233;finir clairement des droits de propri&#233;t&#233; sur les ressources naturelles afin de les pr&#233;server.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans pouvoir faire ici une critique d&#233;taill&#233;e de Hardin, pr&#233;cisons quelques &#233;l&#233;ments (4). Premi&#232;rement, Hardin ne fournit aucune base empirique &#224; son affirmation de la trag&#233;die des communs. L'exemple historique se r&#233;v&#232;le &#234;tre simplement faux. Deuxi&#232;mement, il postule une opposition intenable entre la propri&#233;t&#233; priv&#233;e (qui seule serait g&#233;r&#233;e) et les communs dont l'acc&#232;s serait non r&#233;gul&#233;. Comme de tr&#232;s nombreux travaux l'ont montr&#233;, il existe une infinit&#233; de mod&#232;le de gestion des ressources communes qui se situent entre la stricte propri&#233;t&#233; priv&#233;e et la non r&#233;gulation. C'est le grand m&#233;rite d'Elinor Ostrom que d'avoir d&#233;taill&#233;, de mani&#232;re empirique et th&#233;orique, ces diff&#233;rentes formes de gestion, dont l'efficacit&#233; &#233;cologique est nettement sup&#233;rieure &#224; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e (5). Comme le note Paul Burkett : &#171; La v&#233;ritable trag&#233;die des communs a &#233;t&#233; l'&#233;puisement et la spoliation des ressources communes par l'activit&#233; &#233;conomique priv&#233;e orient&#233;e vers le march&#233;, c'est-&#224;-dire la reconnaissance et la mise en &#339;uvre inad&#233;quate de la propri&#233;t&#233; commune sous la forme de droits et de responsabilit&#233;s stricts des usagers (6). &#187; Troisi&#232;mement, Hardin postule une rationalit&#233; capitaliste reposant sur l'int&#233;r&#234;t individuel et la recherche permanente du gain imm&#233;diat qui serait immanente &#224; la nature humaine. Il est d&#232;s lors incapable de comprendre les formes alternatives de gestion collective des ressources.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive, le probl&#232;me ne tient pas tant aux erreurs de Hardin, mais au fait qu'en d&#233;pit de sa d&#233;bilit&#233; intrins&#232;que la th&#232;se de la trag&#233;die des communs constitue une forme de &#171; sens commun &#187; de l'explication de la d&#233;gradation &#233;cologique &#224; l'&#233;chelle de la plan&#232;te. Le n&#233;o-malthusianisme &#224; la Hardin fournit un double avantage pour l'id&#233;ologie et la pratique des classes dominantes en relation avec la crise &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, il d&#233;tourne l'attention des causes &#233;conomiques de la d&#233;gradation environnementale pour faire reposer cette crise sur les populations les plus pauvres, jouant, d'ailleurs, avec un racisme assum&#233; dans le cas de Hardin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, il permet l'imposition de solutions de march&#233; pour &#171; r&#233;soudre &#187; la crise &#233;cologique sous la forme de d&#233;finition de droits de propri&#233;t&#233;, de privatisation des communs, d'internalisation des externalit&#233;s, de r&#233;gulation par le march&#233; de l'acc&#232;s aux ressources, et ultimement d'&#233;cotaxes et de march&#233;s de permis de polluer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;cid&#233;ment, nous sommes loin de la n&#233;cessaire d&#233;mocratisation des rapports socio-&#233;cologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) A tort, d'ailleurs. Ceci ne fait pas de lui une figure moins ha&#239;ssable pour autant ! Cf. John Bellamy Foster, &lt;i&gt;Ecology Against Capitalism&lt;/i&gt; , New York, MR Press, 2002, pp. 137-154. Sur la &#171; r&#233;invention &#187; de Malthus comme &#233;cologiste, cf. Eric Ross, &#171; Malthusianism, Counter-revolution and the Green Revolution &#187;, &lt;i&gt;Organization &amp; Environment&lt;/i&gt; 12, n&#176;1, 1998, pp. 446-450.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) Garrett Hardin, &#171; Lifeboat Ethics &#187;, &lt;i&gt;Psychology Today&lt;/i&gt; , 1974, p. 124.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(3) Garrett Hardin, &#171; The Tragedy of the Commons &#187;, &lt;i&gt;Science&lt;/i&gt; 162, n&#176;3859, 1968, pp. 1243-1248.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(4) Une mise au point utile, et sur laquelle nous nous basons pour les paragraphes suivants est celle de Ian Angus, &#171; The Myth of the &#034;Tragedy of the Commons&#034; &#187;, in Ian Angus (&#233;d.), &lt;i&gt;The Global Fight for Climate Justice. Anticapitalist Responses to Global Warming and Environmental Destruction&lt;/i&gt; , Resistance Books, Londres, 2009, pp. 64-75.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(5) Par exemple Elinor Ostrom, &lt;i&gt;Governing the Commons&lt;/i&gt; , Cambridge, CUP, 1990. Notons toutefois que nous ne partageons pas le cadre analytique sur lequel repose les travaux d'Ostrom, &#224; savoir le n&#233;o-institutionnalisme du choix rationnel. Pour une critique d&#233;taill&#233;e, voir Ben Fine &#171; Beyond the Tragedy of the Commons. A Discussion of Governing the Commons. The Evolution of Institutions for Collective Action &#187;, &lt;i&gt;Perspectives on Politics&lt;/i&gt; , 8 , 2010, pp. 583-586.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(6) Paul Burkett, &lt;i&gt;Marxism and Ecological Economics : Toward a Red and Green Political Economy&lt;/i&gt; , Chicago, Haymarket Books, 2009, p. 82, cf. aussi pp. 310-319 pour une &#233;tude sur les formes de propri&#233;t&#233; collective qui ne s'inscrivent ni dans la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, ni dans la propri&#233;t&#233; d'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;&#201;cologie par en-haut, &#233;cologie par en-bas&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une forme de r&#233;volution conservatrice a &#233;t&#233; op&#233;r&#233;e par laquelle, de contestataire, l'&#233;cologie devient un facteur de stabilit&#233;, voire de l&#233;gitimation, de l'ordre existant. Il n'est plus question aujourd'hui, gr&#226;ce au d&#233;veloppement durable, de contester radicalement le capitalisme, la &#034;soci&#233;t&#233; de consommation&#034; ou l'&#201;tat policier. Le but est au contraire de conserver ce monde existant, de le rendre durable en op&#233;rant une forme de modernisation &#233;cologique du capitalisme. On observe aujourd'hui tout une rh&#233;torique de la &#034;croissance verte&#034;, et de nouveaux secteurs &#233;conomiques (&#233;nergies renouvelables, d&#233;pollution, etc.) qu'on ne peut pas comprendre si on consid&#232;re le d&#233;veloppement durable comme une forme de contestation de l'ordre social existant. &#187; A cette &#233;cologie &#171; par en-haut &#187;, experte, &#233;litiste et autoritaire, il faut opposer une &#233;cologie bas&#233;e sur l'autonomie, la d&#233;centralisation et la critique de la technique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Romain Felli, &lt;i&gt;Les Deux &#194;mes de l'&#233;cologie&lt;/i&gt; , L'Harmattan, 2008.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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