<?xml
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>L'An 02</title>
	<link>https://lan02.butternet.net/</link>
	<description>L'An 02 est un outil &#233;colo de diffusion et de partage, un passeur d'id&#233;es hors des cercles confidentiels.
De 2011 &#224; 2015, L'An 02 a &#233;t&#233; une revue papier, en couleurs, multipliant les formes, notamment graphiques : photo-reportage, peinture, installation, typographie, bande dessin&#233;e. Cette dimension-l&#224; ne se retrouve que dans la revue papier, toujours en vente en librairie ou par correspondance. Retrouvez sur ce nouveau site tous les textes, un dossier au traitement mosa&#239;que enrob&#233; de chroniques grin&#231;antes, de lectures in-con-tour-na-bles et de reportages militants.
D&#233;sormais, L'An 02 propose &#224; chaque changement de saison une livraison de chroniques de livres r&#233;cents qui nous aident &#224; penser l'&#233;cologie politique, la d&#233;croissance et la technocritique.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://lan02.butternet.net/spip.php?page=backend&amp;id_rubrique=15" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>L'An 02</title>
		<url>https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L144xH52/siteon0-2ec28.png?1696061304</url>
		<link>https://lan02.butternet.net/</link>
		<height>52</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; La lenteur est aussi une vitesse &#187;</title>
		<link>https://lan02.butternet.net/La-lenteur-est-aussi-une-vitesse</link>
		<guid isPermaLink="true">https://lan02.butternet.net/La-lenteur-est-aussi-une-vitesse</guid>
		<dc:date>2015-12-12T18:58:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Aude Vidal</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Entretien avec Thierry Paquot &lt;br class='autobr' /&gt; L'An 02 : Le mouvement &#233;cologiste donne-t-il, selon vous, &#224; la question du temps l'importance qu'elle m&#233;rite ? Le traitement de cette question (&#224; travers celles de la RTT, de la vitesse, etc.) dessine-t-il des lignes de fracture au sein de ce mouvement ? &lt;br class='autobr' /&gt; Thierry Paquot : Le &#171; mouvement &#233;cologiste &#187;, &#224; l'&#233;chelle mondiale, est particuli&#232;rement divers et certaines de ses composantes d'origine ont disparu, d'autres sont apparues depuis, sans toujours revendiquer un (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-Dossier-du-no1-Le-temps-qui-nous-fait-" rel="directory"&gt;N&#176;1 : &#171; Le temps qui nous fait &#187;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Entretien avec Thierry Paquot&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;L'An 02&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; &lt;strong&gt; : Le mouvement &#233;cologiste donne-t-il, selon vous, &#224; la question du temps l'importance qu'elle m&#233;rite ? Le traitement de cette question (&#224; travers celles de la RTT, de la vitesse, etc.) dessine-t-il des lignes de fracture au sein de ce mouvement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Thierry Paquot : &lt;/strong&gt; Le &#171; mouvement &#233;cologiste &#187;, &#224; l'&#233;chelle mondiale, est particuli&#232;rement divers et certaines de ses composantes d'origine ont disparu, d'autres sont apparues depuis, sans toujours revendiquer un h&#233;ritage particulier, aussi je formulerais une r&#233;ponse plus g&#233;n&#233;rale. La question du temps n'a pas &#233;t&#233; un des fers de lance de cette n&#233;buleuse, pourtant f&#233;conde. En effet, ses revendications portaient, et portent encore, sur la protection de la nature, sur la condamnation des pollutions et des pollueurs, sur la qualit&#233; de l'agriculture, sur la d&#233;fense des paysages, sur la remise en cause de la production et de la consommation de masse, sur les in&#233;galit&#233;s sociales (et aussi Nord/Sud), sur la d&#233;licate question de la d&#233;mographie, etc. Ni Ren&#233; Dumont, ni Ren&#233; Dubos, ni Jacques Ellul, ni Serge Moscovici, ni le Groupe des Dix, ni Andr&#233; Gorz ou encore F&#233;lix Guattari pour ne citer que ceux-l&#224;, sans mentionner les Am&#233;ricains ou les &#171; pionniers &#187; de l'&#233;cologie politique ou les partisans de la &lt;i&gt;deep ecology&lt;/i&gt; et les militantes de l' &lt;i&gt;ecofeminism&lt;/i&gt; ne s'arr&#234;tent sur le temps, comme bien existentiel non renouvelable et trop souvent gaspill&#233;. Il faut pr&#233;ciser que le &#171; temps &#187;, philosophiquement parlant, ne fait l'objet d'analyses sp&#233;cifiques qu'avec Jean-Marie Guyau, Henri Bersgon, Gaston Bachelard et surtout Martin Heidegger, qui avec, &lt;i&gt;Sein und Zeit&lt;/i&gt; (1927) r&#233;volutionne fondamentalement la mani&#232;re de le penser. C'est chacun d'entre nous qui pr&#233;sentifie le temps en lui donnant un contenu, en le transformant de temps &#171; pr&#233;sent &#187;, &#171; disponible &#187; en un &#171; temps pour &#187;. Si l'&#234;tre humain est un &#171; &#234;tre jet&#233; pour la mort &#187;, c'est-&#224;-dire que d&#232;s sa naissance le compte &#224; rebours est d&#233;clench&#233; et que l'issue fatale ne peut &#234;tre ignor&#233;e, son destin est alors marqu&#233; par les mani&#232;res dont il va &#171; habiter le temps &#187;, pour reprendre le titre d'un remarquable essai de Jean Chesneaux. Selon les cultures, les religions, les modes de vie, l'appr&#233;ciation du temps, sa mesure, ses repr&#233;sentations sont diff&#233;rentes, ce dont l'&#233;cologie temporelle &#224; construire doit tenir compte. C'est du reste cette diversit&#233; des rythmes et des temporalit&#233;s qui assure &#224; l'humanit&#233; sa richesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque individu devrait, r&#233;guli&#232;rement, examiner ses temps &#171; v&#233;cu &#187;, &#171; con&#231;u &#187; et &#171; per&#231;u &#187; de m&#234;me qu'il se pr&#233;occupe, &#224; la suite d'Henri Lefebvre, de ses espaces &#171; v&#233;cu &#187;, &#171; con&#231;u &#187; et &#171; repr&#233;sent&#233; &#187;. &#192; ce temps de l'intime (&#171; pour soi &#187;), se combinent les temps sociaux, d&#233;cid&#233;s et souvent impos&#233;s par d'autres, comme les horaires des transports, des administrations, des commerces, etc. Ceux-ci sont fr&#233;quemment chronophages, songeons aux embouteillages, aux retards des trains, aux attentes &#224; l'a&#233;roport, aux &#171; urgences &#187; de l'h&#244;pital ou au guichet de la mairie, etc. Mais l&#224; o&#249; la soci&#233;t&#233; bride le plus les temporalit&#233;s individuelles, c'est dans son absurde tripartition de la journ&#233;e et de la vie. Chaque jour est d&#233;coup&#233;e en trois &#171; moments &#187; &#224; peu pr&#232;s &#233;gaux, le temps de sommeil, le temps de travail et le temps pour assurer les deux autres (transports, courses, loisirs, &#233;ducation&#8230;), c'est ce que les sociologues appellent &#171; la vie quotidienne &#187;, et l'existence comprend trois temps in&#233;gaux : l'enfance et la formation, la vie active (!) et la retraite (!). Ces deux tripartitions ne visent que les populations des pays dans lesquels l'&#233;conomie repose sur le salariat. Avec l'extension du domaine du pr&#233;cariat, la combinaison des trois &#171; moments &#187; quotidiens se modifie. De m&#234;me, l'allongement de la vie permet une retraite &#171; active &#187; qui vient parasiter la vie dite &#171; active &#187; qui elle-m&#234;me est contrari&#233;e par le ch&#244;mage&#8230; Ces deux tripartitions vont conna&#238;tre de puissants changements dans les ann&#233;es &#224; venir, ce sont elles qui vont politiser la question du temps et stimuler une &#171; &#233;cologie temporelle &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;L'An 02&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; &lt;strong&gt; : Quelles sont les r&#233;ponses possibles face &#224; la &#171; chronophagie dominante &#187; ? R&#233;ponses individuelles, culturelles, politiques, quelles articulations entre elles proposez-vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Thierry Paquot : &lt;/strong&gt; Il y a l&#224; un paradoxe. Pour le capitalisme &#171; le temps c'est de l'argent &#187;, d'o&#249; la chasse aux &#171; temps morts &#187;, le taylorisme, la sous-traitance, la flexibilit&#233;, les flux tendus, etc., et pourtant ce m&#234;me capitalisme alimente d'incroyables &#171; pertes &#187; de temps, comme le d&#233;montre, Jean Robert, un compagnon d'Ivan Illich, dans &lt;i&gt;Le Temps qu'on nous vole&lt;/i&gt; (Seuil, 1980), qui pr&#233;conise des actions pour contrecarrer les m&#233;faits des &#171; progr&#232;s &#187; chonophagiques en mati&#232;re de transport. Personnellement, je d&#233;nonce la tyrannie de la vitesse pour la vitesse qui s'impose comme seule mesure du progr&#232;s technique, or, la lenteur est aussi une vitesse, il convient donc de bien comprendre que la lenteur s'oppose &#224; la rapidit&#233; mais pas &#224; la vitesse, et que celle-ci peut d&#233;c&#233;l&#233;rer. Il serait fastidieux de lister ici toutes les possibilit&#233;s d'organiser le temps autrement, mais c'est un formidable chantier. Je ne donnerais que deux exemples, l'apport de l'ordinateur et la chronotopie. Avec les applications de l'ordinateur, il est envisageable de diff&#233;rer telle activit&#233;, de la combiner &#224; telle l'autre et ainsi d'&#233;conomiser son propre temps en le r&#233;partissant mieux et en agissant au &#171; bon &#187; moment pour vous, dans votre propre d&#233;roul&#233; temporel. Quant &#224; la chronotopie c'est la fa&#231;on de m&#233;nager (ou prendre soin) les lieux dans lesquels nous inscrivons notre quotidien. Elle comprend aussi des &#171; maisons des temps &#187; qui &#224; l'&#233;chelle d'une agglom&#233;ration, par exemple, tentent d'harmoniser les temps sociaux aux temps individuels et des &#171; banques du temps &#187;, qui facilitent les &#233;changes entre citadins r&#233;mun&#233;r&#233;s en temps (une heure d'anglais contre une heure de jardinage, la garde des enfants contre un cours de piano, etc.). L&#224;, comme souvent pour l'&#233;cologie politique, l'exp&#233;rimentation est &#224; encourager&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;L'An 02&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; &lt;strong&gt; : Vous &#234;tes un militant de la sieste au nom du respect des rythmes chronobiologiques, est-ce une revendication r&#233;cup&#233;rable par les partisans de la productivit&#233; ? permet-elle d'autres ruptures ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Thierry Paquot : &lt;/strong&gt; La sieste est un bienfait. C'est aussi l'expression la plus intime du temps personnel, celui de la chronobiologie. Personne ne peut me dicter &#171; ma &#187; sieste ! C'est un moment privil&#233;gi&#233; durant lequel je me mets volontairement, et avec d&#233;lectation, hors du jeu social. Faire la sieste c'est dire &#171; pouce ! &#187;, et durant quelques minutes se lover en une pause r&#233;paratrice. Bien s&#251;r, elle peut &#234;tre r&#233;cup&#233;r&#233;e, et un patron remarquera vite qu'en tol&#233;rant la sieste, il regaillardit son personnel&#8230; La sieste, comme sa cousine la paresse, est indispensable &#224; revendiquer dans un monde qui globalise le temps et en gomme l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233;. Il faut cultiver le plaisir du temps, telle une incomparable gourmandise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;L'An 02&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; &lt;strong&gt; : Quelle serait votre d&#233;finition d'une &#171; &#233;cologie temporelle &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Thierry Paquot : &lt;/strong&gt; Bernard Charbonneau, avec &lt;i&gt;Dimanche et lundi &lt;/i&gt; (1966), ouvre la voie &#224; une &#233;cologie temporelle, m&#234;me si l'expression devra attendre les travaux de William Grossin et des &#171; Temporalistes &#187;, &#224; partir des ann&#233;es 1980, pour &#234;tre formul&#233;e sans toutefois aboutir ni &#224; une politique ni &#224; une th&#233;orie ( &lt;i&gt;Pour une science des temps, introduction &#224; l'&#233;cologie temporelle&lt;/i&gt; , 1996). C'est dans &lt;i&gt;&#201;loge du luxe, de l'utilit&#233; de l'inutile &lt;/i&gt; (2005) et &lt;i&gt;Petit Manifeste pour une &#233;cologie existentielle&lt;/i&gt; (2007) que j'esquisse cette th&#233;orisation en montrant les impacts de l'organisation temporelle sur la consommation d'&#233;nergie, la sant&#233;, la quotidiennet&#233;, le travail, les loisirs, etc. L'&#233;cologie temporelle est un des piliers de l'&#233;cologie existentielle, elle concourt &#224; r&#233;concilier l'&#234;tre humain avec ses biorythmes et &#224; assurer une continuit&#233; &#171; douce &#187; entre ses temporalit&#233;s, tant sociales qu'individuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Propos recueillis par Aude Vidal, septembre 2011&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Rien ne sert de courir sur un tapis roulant</title>
		<link>https://lan02.butternet.net/Rien-ne-sert-de-courir-sur-un-tapis-roulant</link>
		<guid isPermaLink="true">https://lan02.butternet.net/Rien-ne-sert-de-courir-sur-un-tapis-roulant</guid>
		<dc:date>2011-12-01T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Merly</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Dans son ouvrage Acc&#233;l&#233;ration , fruit d'une approche originale et critique de la question du temps dans nos soci&#233;t&#233;s &#171; modernes &#187;, Hartmut Rosa tente de tirer au clair le paradoxe qui veut que plus nous perfectionnons nos outils techniques, nos processus de production, nos moyens de communication, et plus nous changeons avec eux, plus nous nous trouvons pris par ce sentiment diffus et partag&#233; de manquer de temps. &lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, depuis la fin du moyen-&#226;ge et le d&#233;but de l'&#233;poque moderne, les soci&#233;t&#233;s (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-Dossier-du-no1-Le-temps-qui-nous-fait-" rel="directory"&gt;N&#176;1 : &#171; Le temps qui nous fait &#187;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans son ouvrage &lt;i&gt;Acc&#233;l&#233;ration&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Hartmut Rosa, Acc&#233;l&#233;ration. Une critique sociale du temps , trad. D. (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; , fruit d'une approche originale et critique de la question du temps dans nos soci&#233;t&#233;s &#171; modernes &#187;, Hartmut Rosa tente de tirer au clair le paradoxe qui veut que plus nous perfectionnons nos outils techniques, nos processus de production, nos moyens de communication, et plus nous changeons avec eux, plus nous nous trouvons pris par ce sentiment diffus et partag&#233; de manquer de temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, depuis la fin du moyen-&#226;ge et le d&#233;but de l'&#233;poque moderne, les soci&#233;t&#233;s europ&#233;ennes connaissent un emballement continu de leur rythme de vie concomitant &#224; celui, erratique, du changement et du renouvellement technique, lui-m&#234;me stimul&#233; par la qu&#234;te de la productivit&#233; et de l'accumulation ainsi que par les horizons de promesse d'un temps ascendant, lin&#233;aire et progressiste. Ce mouvement permanent d'am&#233;lioration technique, particuli&#232;rement criant en mati&#232;re de transports et de moyens de communication, g&#233;n&#232;re des effets de contraction spatiale et temporelle : les distances se r&#233;duisent au fur et &#224; mesure que se relayent des appareils de plus en plus rapides et efficients, tant et si bien que l'espace et le temps ne sont plus strictement ench&#226;ss&#233;s l'un dans l'autre. L'innovation technologique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='La technologie, &#224; titre de d&#233;finition parcellaire, correspond &#224; la convergence (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; soutenue et permanente, suppos&#233;e nous faire gagner du temps dans nos activit&#233;s quotidiennes, participe de l'acc&#233;l&#233;ration de tous les facteurs de la vie et nous conduit &#224; accomplir plus de t&#226;ches en moins de temps, sans pour autant nous en lib&#233;rer, nous invitant alors &#224; souhaiter de nouvelles innovations afin de nous permettre &#224; nouveau de d&#233;gager du &#171; temps libre &#187; durant lequel finalement nous allons accomplir plus de t&#226;ches encore... Le paradoxe dans cette logique d'acc&#233;l&#233;ration, dont les effets se font sentir aussi bien au niveau du changement social qu'&#224; celui, individuel, du rythme de vie et des sentiments qui l'accompagnent &#8211; stress, peur, confusion, d&#233;pression, euphorie &#8211;, se manifeste dans l'effet de &#171; sur place &#187; qu'elle engendre et dans la fixation qu'elle op&#232;re du sujet moderne au temps pr&#233;sent. Ainsi, avec pour horizon d'attente et pour cap la &#171; vie bonne &#187; et bien remplie, chaque &#234;tre humain s'engage dans une qu&#234;te infinie d'exp&#233;riences, guette et saisit au vol toutes les opportunit&#233;s qui s'offrent &#224; lui sur un rythme effr&#233;n&#233; et lui permettent de composer un r&#233;cit de vie, coh&#233;rent sur le court terme : celui d'un &#234;tre souvent submerg&#233; par le flot du choix incessamment renouvel&#233; au pr&#233;sent, se pr&#233;cipitant toujours plus vite vers plus de c&#233;l&#233;rit&#233;, vers une int&#233;gration accrue, consciente ou pas, aux logiques syst&#233;miques de l'&#233;conomie, vers nulle part en particulier, en somme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre plan&#232;te, joli grain de poussi&#232;re d'&#233;toile au milieu de l'univers, est d'autant plus petite que ses dimensions diminuent au fur et &#224; mesure que l'intelligence humaine cherche et trouve des solutions pour en traverser plus rapidement les &#233;tendues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ne pas chercher d'autres rythmes, plus &#171; naturels &#187;, pour se balader sur ce merveilleux caillou, plut&#244;t que de se pr&#233;cipiter d'un c&#244;t&#233; &#224; l'autre sans autre but que de continuer d'avancer, toujours plus&lt;br class='autobr' /&gt;
vite ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Hartmut Rosa, &lt;i&gt;Acc&#233;l&#233;ration. Une critique sociale du temps&lt;/i&gt; , trad. D. Renault, Paris, La D&#233;couverte, coll. &#171; Th&#233;orie critique &#187;, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La technologie, &#224; titre de d&#233;finition parcellaire, correspond &#224; la convergence de savoirs scientifiques, pratiques et techniques, avec la force transformatrice de l'industrie. Elle compose &#233;galement un registre de discours expert int&#233;gr&#233; &#224; celui de l'&#233;conomie, et qui implique une forte r&#233;ification du monde, per&#231;u comme espace pour l'humain, comme ressources utilisables, comme environnement modulable et perfectible.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le temps des femmes </title>
		<link>https://lan02.butternet.net/Le-temps-des-femmes</link>
		<guid isPermaLink="true">https://lan02.butternet.net/Le-temps-des-femmes</guid>
		<dc:date>2011-12-01T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominique M&#233;da</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res ann&#233;es, des enqu&#234;tes nombreuses ont mis en &#233;vidence la r&#233;partition encore fortement d&#233;s&#233;quilibr&#233;e des diff&#233;rents temps entre les hommes et les femmes, a fortiori lorsque ceux-ci sont parents. Grossi&#232;rement, les hommes passent plus de temps au travail et dans les loisirs, et les femmes dans les activit&#233;s domestiques et familiales (1) . &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces investissements temporels diff&#233;rents doivent, certes, &#234;tre pr&#233;cis&#233;s selon la situation familiale (l'&#233;cart entre hommes et femmes est plus grand en (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-Dossier-du-no1-Le-temps-qui-nous-fait-" rel="directory"&gt;N&#176;1 : &#171; Le temps qui nous fait &#187;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ces derni&#232;res ann&#233;es, des enqu&#234;tes nombreuses ont mis en &#233;vidence la r&#233;partition encore fortement d&#233;s&#233;quilibr&#233;e des diff&#233;rents temps entre les hommes et les femmes, &lt;i&gt;a fortiori&lt;/i&gt; lorsque ceux-ci sont parents. Grossi&#232;rement, les hommes passent plus de temps au travail et dans les loisirs, et les femmes dans les activit&#233;s domestiques et familiales &lt;strong&gt;(1)&lt;/strong&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces investissements temporels diff&#233;rents doivent, certes, &#234;tre pr&#233;cis&#233;s selon la situation familiale (l'&#233;cart entre hommes et femmes est plus grand en pr&#233;sence d'enfants et surtout de jeunes enfants), mais aussi selon le niveau de revenu et de dipl&#244;me : plus leur niveau de dipl&#244;me est &#233;lev&#233;, plus les femmes travaillent, ont des enfants tard, interrompent moins leur carri&#232;re et vivent avec des partenaires avec lesquels les responsabilit&#233;s sont mieux partag&#233;es &lt;strong&gt;(2)&lt;/strong&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Le temps de travail des femmes structur&#233; autour de contraintes domestiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'emp&#234;che, d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, un certain nombre de t&#226;ches restent exerc&#233;es prioritairement par les femmes : au niveau domestique, le repassage, les repas quotidiens, le m&#233;nage et les courses ; au niveau familial, la garde des enfants lorsqu'ils sont malades, le fait de les habiller ou de v&#233;rifier qu'ils sont habill&#233;s, et de leur faire faire les devoirs &lt;strong&gt;(3)&lt;/strong&gt; . Or, on voit combien la prise en charge de ces activit&#233;s est structurante en mati&#232;re temporelle : l'emploi du temps d'un grand nombre de femmes, et tout particuli&#232;rement celles qui ont de jeunes enfants et qui ne disposent pas des moyens de partager cette charge ou de la d&#233;l&#233;guer enti&#232;rement &lt;strong&gt;(4)&lt;/strong&gt; , est ainsi, en grande partie, d&#233;termin&#233; par ces activit&#233;s parall&#232;les au travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arriv&#233;e du premier enfant constitue donc un choc sur l'activit&#233; f&#233;minine, environ 40 % des m&#232;res connaissant un changement dans leur activit&#233; professionnelle &#224; la suite d'une naissance, contre seulement 6 % des p&#232;res &lt;strong&gt;(5)&lt;/strong&gt; . Ce premier choc a des cons&#233;quences sur l'ensemble de la carri&#232;re, en termes de temps de travail, de prise de responsabilit&#233; et de r&#233;mun&#233;ration des femmes. D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, il existe des liens forts entre ce d&#233;s&#233;quilibre des prises en charge temporelles et les in&#233;galit&#233;s hommes-femmes persistantes en mati&#232;re professionnelle, ceci sur fond d'orientation scolaire diff&#233;renci&#233;e entre filles et gar&#231;ons, et malgr&#233; une extraordinaire mont&#233;e des niveaux d'&#233;ducation f&#233;minins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi une telle diff&#233;rence entre hommes et femmes ? Elle n'est en rien naturelle ou biologique : elle s'explique d'abord par la construction historique diff&#233;renci&#233;e des r&#244;les sociaux sexu&#233;s, et ensuite par la tr&#232;s insuffisante r&#233;action des institutions au moment o&#249; les femmes ont pu acc&#233;der massivement aux &#233;tudes sup&#233;rieures et au march&#233; du travail dans les ann&#233;es 1970. Cette arriv&#233;e aurait d&#251; provoquer un vaste d&#233;bat national et une adaptation radicale de la soci&#233;t&#233; en vue de redistribuer les r&#244;les et les temps : d&#233;veloppement des services et des structures d'accueil des jeunes enfants, accroissement de l'investissement des p&#232;res, r&#233;vision drastique de l'organisation du temps de travail ; tout ceci afin de permettre la conciliation entre parentalit&#233; et activit&#233; professionnelle f&#233;minine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;La conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle, une question &#171; sous-trait&#233;e &#187;&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tel d&#233;bat n'a gu&#232;re eu lieu qu'en Su&#232;de dans les ann&#233;es 1970 et, plus tard, aux Pays-Bas dans les ann&#233;es 1990. Mais pas en France, o&#249; tout s'est pass&#233; comme si les femmes avaient &#233;t&#233; autoris&#233;es &#224; acc&#233;der &#224; l'autonomie financi&#232;re et au march&#233; du travail &#224; condition que rien d'autre ne change, c'est-&#224;-dire qu'elles assument seules les cons&#233;quences de cette &#233;volution. Celles-ci sont aujourd'hui assez claires : les femmes travaillent plus &#224; temps partiel, n'acc&#232;dent pas aux m&#234;mes postes que les hommes et continuent &#224; gagner moins qu'eux &#224; niveau de qualification &#233;gal. Et cette question centrale de la qualit&#233; de l'emploi des femmes mais aussi plus g&#233;n&#233;ralement de la qualit&#233; de vie des m&#232;res actives reste sous-trait&#233;e &lt;strong&gt;(6) &lt;/strong&gt; : elle n'est pas jug&#233;e suffisamment noble pour faire l'objet d'un d&#233;bat public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, on ne peut pas ne pas faire le lien entre le peu d'int&#233;r&#234;t accord&#233; au traitement politique de cette question et le fait que les principales personnes concern&#233;es soient les femmes. On ne peut pas non plus faire fi des r&#233;sistances au changement qui sont le fait, tant des d&#233;tenteurs des emplois auxquels les femmes pourraient l&#233;gitimement pr&#233;tendre (le plus souvent des hommes), que des entreprises, des institutions et des groupes d'int&#233;r&#234;t qui seraient n&#233;cessairement affect&#233;s par ces r&#233;organisations d'ampleur. Car il s'agit de permettre &#224; tous les hommes et toutes les femmes, de toutes conditions, de concilier r&#233;ellement vie professionnelle, vie familiale et vie priv&#233;e. C'est donc toute l'articulation du travail et du hors travail qui doit &#234;tre repens&#233;e et notamment la possibilit&#233; d'une norme d'emploi &#224; temps complet beaucoup plus courte et beaucoup mieux int&#233;gr&#233;e aux diff&#233;rents cycles de vie. Un tel changement ne serait pas qu'au seul avantage des m&#232;res mais bien &#233;videmment aussi des p&#232;res (dont une partie revendique d&#233;sormais la possibilit&#233; d'une paternit&#233; active et d'une d&#233;sp&#233;cialisation des r&#244;les), et beaucoup plus g&#233;n&#233;ralement de tous ceux qui souhaitent pouvoir concilier les diff&#233;rents r&#244;les qui leur incombent : citoyens, travailleurs, parents&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;L'enjeu de la qualit&#233; de vie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience a montr&#233; (en 1998, au moment des d&#233;bats sur la r&#233;duction du temps de travail) que cette ligne d'argumentation (l'&#233;galit&#233; hommes-femmes et la qualit&#233; de vie) est moins pris&#233;e par les partis de gauche qu'une argumentation en termes de lutte contre le ch&#244;mage. Or, comme le soulignent la philosophe am&#233;ricaine Nancy Fraser et la sociologue Jane Jenson, il y a un pi&#232;ge &#224; pousser les feux de l'activit&#233; f&#233;minine et de la &#171; valeur travail &#187; (comme &#231;a a &#233;t&#233; le cas lors de la pr&#233;c&#233;dente campagne pr&#233;sidentielle, et alors m&#234;me que c'&#233;tait surtout sa d&#233;gradation qui &#233;tait organis&#233;e&#8230;) en n&#233;gligeant les valeurs du &lt;i&gt;care&lt;/i&gt; et plus g&#233;n&#233;ralement les activit&#233;s autres que productives. On peut pourtant se demander si ces diff&#233;rentes questions ne pourraient pas converger autour de l'id&#233;e d'une am&#233;lioration de la qualit&#233; de vie de chacun, homme et femme, au travail et en dehors du travail, passant par une am&#233;lioration de la qualit&#233; de l'emploi et un partage du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est alors de la capacit&#233; &#224; traiter ensemble trois imposantes questions de soci&#233;t&#233;, celles de l'&#233;galit&#233; hommes-femmes, du travail, et de la reconversion &#233;cologique, que pourrait na&#238;tre la possibilit&#233; d'un autre mod&#232;le de d&#233;veloppement : une configuration o&#249; hommes et femmes acc&#233;deraient &#233;galement &#224; un travail de qualit&#233;, plus court, mieux partag&#233;, moins intensif, moins g&#233;n&#233;rateur de d&#233;chets et de pollutions et plus g&#233;n&#233;rateur de sens et de lien social, mieux int&#233;gr&#233; dans le reste de la vie et permettant d'accorder &#224; la vie politique, sociale, familiale et personnelle, le temps qui convient. Ce sont sans doute les &#233;l&#233;ments concrets de cette transition vers un autre mod&#232;le qu'il importe d&#233;sormais de mettre au c&#339;ur du d&#233;bat public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;(1)&lt;/strong&gt; La derni&#232;re enqu&#234;te &lt;i&gt;Emploi du temps&lt;/i&gt; de l'INSEE, qui date de 1999, avait d&#233;j&#224; montr&#233; que le temps moyen quotidien consacr&#233; aux soins des enfants &#233;tait de 25 minutes par m&#233;nage, &#224; raison de 38 minutes pour les femmes et de seulement 11 minutes pour les hommes. Des travaux plus approfondis ont montr&#233; que les hommes consacraient trois fois moins de temps aux t&#226;ches parentales que les femmes ( &lt;i&gt;Algava E. (2002), &#171; Quel temps pour les activit&#233;s parentales ? &#187;, DREES, &lt;/i&gt; &lt;i&gt; &lt;i&gt;&#201;tudes et r&#233;sultats&lt;/i&gt; &lt;/i&gt; , &lt;i&gt;mars).&lt;/i&gt; La prochaine enqu&#234;te Emploi du temps est d&#233;sormais &lt;a href=&#034;http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1377&#034;&gt;disponible&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;(2)&lt;/strong&gt; Une r&#233;cente exploitation de l'enqu&#234;te &lt;i&gt;Emploi du temps&lt;/i&gt; (Lesnard L. (2009), &lt;i&gt;La Famille d&#233;sarticul&#233;e. Les Nouvelles Contraintes de l'emploi du temps&lt;/i&gt; , PUF) a, &#224; cet &#233;gard, montr&#233; une accentuation de la polarisation entre, d'une part, les couples peu dipl&#244;m&#233;s, aux faibles revenus, et les familles monoparentales, au ch&#244;mage ou travaillant souvent &#224; temps partiel ou en horaires d&#233;cal&#233;s, qui ne disposent que de tr&#232;s peu de temps pour leurs enfants, et, d'autre part, les couples ais&#233;s, travaillant beaucoup mais sur des horaires r&#233;guliers, et consacrant un temps de qualit&#233; &#224; leurs enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;(3)&lt;/strong&gt; D. Bauer (2007), &#171; Entre maison, enfant(s) et travail : les diverses formes d'arrangement dans les couples &#187;, &lt;i&gt;&#201;tudes et r&#233;sultats&lt;/i&gt; , n&#176; 570, avril.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;(4)&lt;/strong&gt; L'offre insuffisante de modes de garde fait que deux tiers des enfants de 0 &#224; 3 ans sont gard&#233;s par leurs parents, c'est-&#224;-dire par leur m&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;(5)&lt;/strong&gt; Pailh&#233; A., Solaz A. (2006), &#171; La charge de la conciliation repose essentiellement sur les femmes &#187;, &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;i&gt;Population et Soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
, n&#176; 426, INED.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;(6)&lt;/strong&gt; Dans tous les sens du terme&#8230; voir l'article de Fran&#231;ois-Xavier Devetter et Sandrine Rousseau, &#171; Temps libre et sale boulot&#034;, dans ce num&#233;ro (NdE).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quels temps pour une d&#233;mocratie &#233;cologique ?</title>
		<link>https://lan02.butternet.net/Quels-temps-pour-une-democratie-ecologique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://lan02.butternet.net/Quels-temps-pour-une-democratie-ecologique</guid>
		<dc:date>2011-12-01T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antoine Chollet</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;par Antoine Chollet &lt;br class='autobr' /&gt;
Le pr&#233;sent constitue le centre de gravit&#233; de la d&#233;mocratie et tenter de l'assujettir au futur, comme le font certains penseurs &#233;cologistes, revient &#224; tomber dans le pi&#232;ge antid&#233;mocratique classique. Il faut penser un pr&#233;sent autonome et responsable. &lt;br class='autobr' /&gt;
La discussion concernant le temps de l'&#233;cologie et le temps de la d&#233;mocratie ne semble pouvoir &#234;tre pens&#233;e qu'au travers d'une opposition irr&#233;ductible entre le long terme du premier, et le &#171; court-termisme &#187; incoercible du second. La (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-Dossier-du-no1-Le-temps-qui-nous-fait-" rel="directory"&gt;N&#176;1 : &#171; Le temps qui nous fait &#187;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class='spip_document_9 spip_documents'&gt;
&lt;img src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L500xH334/temps-bc5f0.png?1703349013' width='500' height='334' alt=&#034;temps&#034; title=&#034;temps&#034; /&gt;&lt;/span&gt;par Antoine Chollet&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sent constitue le centre de gravit&#233; de la d&#233;mocratie et tenter de l'assujettir au futur, comme le font certains penseurs &#233;cologistes, revient &#224; tomber dans le pi&#232;ge antid&#233;mocratique classique. Il faut penser un pr&#233;sent autonome et responsable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La discussion concernant le temps de l'&#233;cologie et le temps de la d&#233;mocratie ne semble pouvoir &#234;tre pens&#233;e qu'au travers d'une opposition irr&#233;ductible entre le long terme du premier, et le &#171; court-termisme &#187; incoercible du second. La d&#233;mocratie serait ainsi condamn&#233;e &#224; agir au gr&#233; des &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales et de &#171; d&#233;sirs du peuple &#187; forc&#233;ment erratiques, et d&#232;s lors incapable de tenir compte des horizons temporels plus &#233;loign&#233;s que mettent en jeu les questions &#233;cologiques. Convaincu qu'il s'agit l&#224; d'un vieux trope du discours antid&#233;mocratique, j'aimerais sugg&#233;rer qu'il est possible de poser le probl&#232;me autrement.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;noncer la courte vue d'un r&#233;gime d&#233;mocratique, c'est en r&#233;alit&#233; reprendre un tr&#232;s vieil argument que l'on trouve d&#233;j&#224; chez Platon, lorsqu'il d&#233;crit les d&#233;sirs volages de l'homme d&#233;mocratique dans &lt;i&gt;La R&#233;publique&lt;/i&gt; . Du 17e au 19e si&#232;cles, les grands penseurs lib&#233;raux &#8211; Locke en Angleterre, Madison et Hamilton aux &#201;tats-Unis, Benjamin Constant en France &#8211; le r&#233;utiliseront sous une forme ou une autre afin de contraindre le principe d&#233;mocratique dans des institutions aristocratiques cens&#233;es tenir compte des n&#233;cessit&#233;s du long terme : Cour supr&#234;me et S&#233;nat am&#233;ricains par exemple, chambres hautes des syst&#232;mes repr&#233;sentatifs, constitutions et garanties des libert&#233;s individuelles, etc., retrouvant par l&#224; l'id&#233;e antique de la &lt;i&gt;constitution mixte&lt;/i&gt; comme meilleure forme de r&#233;gime : un peu de d&#233;mocratie, un peu d'oligarchie et un peu de monarchie. Tocqueville a fort bien r&#233;sum&#233; cette position en affirmant que le souci du pass&#233; et du futur est r&#233;serv&#233; &#224; la seule aristocratie, la d&#233;mocratie &#233;tant condamn&#233;e &#224; ne se pr&#233;occuper que du pr&#233;sent (1). De nos jours, certains penseurs de l'&#233;cologie ont pris le relais de ces vieilles lunes aristocratiques, et d&#233;noncent une d&#233;mocratie qui serait incapable de se soucier des &#171; g&#233;n&#233;rations futures &#187;, de r&#233;pondre au &#171; principe responsabilit&#233; &#187;, ou d'anticiper les cons&#233;quences de ses actions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Trois conceptions politiques du pr&#233;sent&lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Au lieu de se joindre &#224; ces condamnations de la d&#233;mocratie, il faut plut&#244;t reconna&#238;tre la pertinence de l'analyse de Tocqueville tout en contestant son jugement, ce qui signifie admettre que le pr&#233;sent est bien le centre de gravit&#233; temporel de la d&#233;mocratie et que cela constitue l'une des valeurs fondamentales de cette derni&#232;re. Peu se sont aventur&#233;s sur cette voie. Parmi les auteurs classiques, je ne vois gu&#232;re que Machiavel &#224; l'avoir explor&#233;e un peu syst&#233;matiquement. Celui-ci nous permet d'ailleurs du m&#234;me coup de comprendre que cette centralit&#233; du pr&#233;sent ne suppose nullement la disparition du pass&#233; et du futur (2), mais la n&#233;cessit&#233; d'entretenir avec ces derniers des rapports originaux. Chez Machiavel, le futur est &#224; la fois certain &#224; long terme puisqu'il am&#232;nera la ruine de toute cit&#233;, incertain dans chacun de ses moments du fait de la puissance de la &lt;i&gt;fortuna&lt;/i&gt; (du hasard, dirait-on aujourd'hui, sans que cela soit exactement &#233;quivalent), mais rendu partiellement pr&#233;visible gr&#226;ce &#224; la p&#233;rennit&#233; des institutions politiques que les humains &#233;tablissent. Hors de tout sch&#233;ma progressiste, le temps machiav&#233;lien est, fondamentalement, un temps cr&#233;&#233; par l' &lt;i&gt;action&lt;/i&gt; .&lt;br class='autobr' /&gt;
Tentons maintenant d'examiner trois mani&#232;res contemporaines de concevoir un rapport d&#233;mocratique au pr&#233;sent. La premi&#232;re, emprunt&#233;e &#224; Hannah Arendt, consiste &#224; penser l'action politique comme une fulgurance du pr&#233;sent, comme l'initiation collective de quelque chose de neuf et d'in&#233;dit. Le futur est d&#232;s lors impr&#233;visible, puisqu'il accueillera de nouveaux commencements. Agir dans une situation o&#249; le futur est largement inconnaissable suppose une confiance toujours renouvel&#233;e dans la capacit&#233; qu'ont les humains &#224; pouvoir lancer de nouvelles initiatives, c'est-&#224;-dire une confiance dans les pr&#233;sents du futur (3).&lt;br class='autobr' /&gt;
La deuxi&#232;me solution est celle qu'esquisse Walter Benjamin, et revient &#224; &lt;i&gt;arr&#234;ter&lt;/i&gt; le temps et les catastrophes qu'il charrie avec lui (sous la forme du &#171; progr&#232;s &#187;), &#224; concentrer dans le pr&#233;sent toutes les &#233;nergies r&#233;volutionnaires et &#224; les utiliser pour &#233;tablir une autre soci&#233;t&#233;. Les explosions r&#233;volutionnaires lui servent de mod&#232;les, et notamment l'une des plus belles d'entre elles : la Commune de Paris. Insignifiante dans le temps des vainqueurs, elle acquiert au contraire une extraordinaire importance dans le temps cr&#233;&#233; par tous les insurg&#233;s, hier comme demain (4).&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, une troisi&#232;me mani&#232;re de concevoir cette centralit&#233; du pr&#233;sent renvoie aux textes du dernier Merleau-Ponty, celui qui pense cette &#233;trange notion de &#171; chair de l'histoire &#187;. Le pr&#233;sent doit &#234;tre compris comme un &#171; champ de pr&#233;sence &#187;, qui s'&#233;tend dans le pass&#233; et le futur proches et dont la traduction sociale est le concept d'institution. Sans origine ni fin, l'institution n'est pas limit&#233;e au pr&#233;sent, car elle a une &lt;i&gt;inertie&lt;/i&gt; . On ne peut cependant la comprendre autrement qu'au pr&#233;sent, car c'est l&#224; qu'elle existe, qu'elle a une r&#233;alit&#233; pour chacun, et que notre action l'affecte toujours, f&#251;t-ce imperceptiblement (que l'on songe au langage, par exemple). Tout comme la chair soutient la surface visible, pass&#233; et futur soutiennent le pr&#233;sent, seule dimension &#171; visible &#187; de la temporalit&#233;, et la seule &#224; partir de laquelle il soit possible d'agir (5).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;L'autonomie politique du pr&#233;sent&lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Une politique d&#233;mocratique doit donc int&#233;grer deux choses fondamentales : toute action est un commencement ultimement ind&#233;termin&#233; d'une part, et notre futur portera n&#233;cessairement la trace de ces commencements d'autre part, de m&#234;me que notre pr&#233;sent est affect&#233; par les commencements du pass&#233;. Cela doit nous conduire &#224; accepter la responsabilit&#233; de nos actions pr&#233;sentes, mais sans nous autoriser &#224; faire d'un futur largement incertain le censeur du pr&#233;sent. En d'autres termes, cela signifie que l'action d&#233;mocratique est n&#233;cessairement tragique, car elle nous force &#224; la d&#233;cision et nous en tiendra responsables, alors que nous savons bien ne pas contr&#244;ler toutes les cons&#233;quences de nos d&#233;cisions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toute th&#233;orie de la d&#233;mocratie qui cherche &#224; assujettir le pr&#233;sent &#224; l'une ou l'autre dimension de la temporalit&#233; se transforme &lt;i&gt;in fine&lt;/i&gt; et in&#233;vitablement en une th&#233;orie antid&#233;mocratique. Le pr&#233;sent doit &#234;tre compris comme un moment &lt;i&gt;autonome&lt;/i&gt; par rapport au pass&#233; et au futur, non pas s&#233;par&#233; ou d&#233;li&#233; (de la m&#234;me mani&#232;re qu'un &#234;tre autonome n'est pas &#233;tranger &#224; un autre), encore moins d&#233;termin&#233; par ces derniers, mais au sens o&#249; il cherche &#224; fixer ses propres lois tout en tenant compte des conditions dans lesquelles il se trouve.&lt;br class='autobr' /&gt;
En appeler &#224; cette autonomie-l&#224; du pr&#233;sent, c'est du m&#234;me coup rappeler la triple nature humaine, sociale et politique du temps lui-m&#234;me : humaine parce que le temps n'est pas naturel (le &#171; temps &#187; des physiciens n'a strictement rien &#224; voir avec celui des soci&#233;t&#233;s humaines), sociale parce qu'il n'est pas individuel (Robinson sur son &#238;le ne conna&#238;t plus le temps (6)), et politique parce qu'il est un enjeu de luttes et que celui ou celle qui commande au temps, commande tout court (7).&lt;br class='autobr' /&gt;
Une politique &#233;cologique doit, si elle veut rester d&#233;mocratique, tenir compte de ces &#233;l&#233;ments, et savoir se d&#233;prendre de l'illusion catastrophiste, si fr&#233;quente aujourd'hui. D'un point de vue &#233;cologique et social, si catastrophe il y a, elle est sous nos yeux. La certitude d'une catastrophe &#224; venir n'est d'ailleurs que la figure invers&#233;e du mythe d'une r&#233;volution future in&#233;luctable qui r&#233;parera tous les torts. L'une et l'autre tiennent le pr&#233;sent pour quantit&#233; n&#233;gligeable, moment insignifiant par rapport aux &#171; vrais &#187; &#233;v&#233;nements qui, suppos&#233;ment, sont toujours &#224;-venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
(1) Le passage le plus significatif se trouve dans &lt;i&gt;De la d&#233;mocratie en Am&#233;rique II&lt;/i&gt; , premi&#232;re partie, chapitre 17.&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) D'innombrables chapitres des &lt;i&gt;Discours sur la premi&#232;re d&#233;cade de Tite-Live&lt;/i&gt; parlent en effet du pass&#233; et de son importance pour tout responsable politique, c'est d'ailleurs l'un des th&#232;mes principaux de ce chef d'&#339;uvre de la pens&#233;e politique. Quant au futur, qu'on se souvienne des indications saisissantes du chapitre 25 du &lt;i&gt;Prince&lt;/i&gt; pour comprendre son importance pour le Florentin.&lt;br class='autobr' /&gt;
(3) C'est surtout dans &lt;i&gt; The Human Condition&lt;/i&gt; , Chicago, The University of Chicago Press, 1958 (tr&#232;s mauvaise trad. fr. : &lt;i&gt;Condition de l'homme moderne&lt;/i&gt; ) et &lt;i&gt;On Revolution&lt;/i&gt; , New York, The Viking Press, 1963 (trad. fr. : &lt;i&gt;Essai sur la r&#233;volution&lt;/i&gt; , &#233;puis&#233;e), que l'on trouvera ces positions. La question se complique si l'on se penche sur d'autres textes, notamment &lt;i&gt;Between Past and Future&lt;/i&gt; (trad. fr. : &lt;i&gt;La Crise de la culture&lt;/i&gt; ).&lt;br class='autobr' /&gt;
(4) Cf. Walter Benjamin, &#171; Sur le concept d'histoire &#187; [1940], &lt;i&gt;&#338;uvres III&lt;/i&gt; , Paris, Gallimard (Folio), 2000, p. 427-443.&lt;br class='autobr' /&gt;
(5) Cf. Maurice Merleau-Ponty, &lt;i&gt;Signes&lt;/i&gt; , Paris, Gallimard, 1960 et &lt;i&gt;Les Aventures de la dialectique&lt;/i&gt; , Paris, Gallimard, 1955. Sur toutes ces questions, faute de place, je suis oblig&#233; de renvoyer le lecteur curieux &#224; : Antoine Chollet, &lt;i&gt;Les Temps de la d&#233;mocratie&lt;/i&gt; , Paris, Dalloz, 2011, o&#249; les positions respectives d'Arendt, Benjamin et Merleau-Ponty sont examin&#233;es plus pr&#233;cis&#233;ment.&lt;br class='autobr' /&gt;
(6) Cf. Michel Tournier, &lt;i&gt;Vendredi ou les limbes du Pacifique&lt;/i&gt; , Paris, Gallimard, 1967, et la belle analyse qu'en a faite son ami Gilles Deleuze.&lt;br class='autobr' /&gt;
(7) Jeremy Rifkin a &#233;crit un livre assez int&#233;ressant sur ce point, m&#234;me si je n'en partage pas les conclusions : cf. Jeremy Rifkin, &lt;i&gt;Time Wars&lt;/i&gt; , New York, Henry Holt, 1987.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le temps qui nous fait</title>
		<link>https://lan02.butternet.net/Le-temps-qui-nous-fait</link>
		<guid isPermaLink="true">https://lan02.butternet.net/Le-temps-qui-nous-fait</guid>
		<dc:date>2011-12-01T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;Dossier du n&#176;1, d&#233;cembre 2011 &lt;br class='autobr' /&gt;
Les agendas sont pleins &#224; craquer, le travail s'intensifie, les &#233;crits sont toujours plus vite p&#233;rim&#233;s mais les tomates, elles, peuvent bien rester trois semaines dans le frigo. Va-t'en comprendre dans quels temps on vit. Partout on nous vend de l'&#233;ternit&#233;, mais jamais le capitalisme n'a &#233;t&#233; aussi myope, aussi court-termiste : les licenciements et les d&#233;sastres d'aujourd'hui font les profits de demain et la mis&#232;re d'apr&#232;s-demain. C'est donc le rapport au temps lui-m&#234;me qui est (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-Dossier-du-no1-Le-temps-qui-nous-fait-" rel="directory"&gt;N&#176;1 : &#171; Le temps qui nous fait &#187;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_9 spip_documents'&gt;
&lt;img src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L500xH334/temps-bc5f0.png?1703349013' width='500' height='334' alt=&#034;temps&#034; title=&#034;temps&#034; /&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Dossier du n&#176;1, d&#233;cembre 2011&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les agendas sont pleins &#224; craquer, le travail s'intensifie, les &#233;crits sont toujours plus vite p&#233;rim&#233;s mais les tomates, elles, peuvent bien rester trois semaines dans le frigo. Va-t'en comprendre dans quels temps on vit. Partout on nous vend de l'&#233;ternit&#233;, mais jamais le capitalisme n'a &#233;t&#233; aussi myope, aussi court-termiste : les licenciements et les d&#233;sastres d'aujourd'hui font les profits de demain et la mis&#232;re d'apr&#232;s-demain. C'est donc le rapport au temps lui-m&#234;me qui est boulevers&#233; par notre civilisation, et qui doit &#234;tre interrog&#233; &#224; pr&#233;sent. Nos &#171; allures de vie &#187; et le besoin de les accorder ont surgi en politique gr&#226;ce aux &#233;cologistes, du &#171; on arr&#234;te tout &#187; de &lt;i&gt;L'An 01&lt;/i&gt; &#224; Bernard Charbonneau et Serge Moscovici. Il s'agit maintenant de continuer &#224; &#234;tre &#224; contre-temps, de ne pas se faire emporter par l'imm&#233;diatet&#233; et par son corollaire, l'obsolescence. Et de reprendre la ma&#238;trise de nos rythmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thierry Paquot, &#171; La lenteur est aussi une vitesse &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dominique M&#233;da, &#171; Le temps des femmes &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois-Xavier Devetter et Sandrine Rousseau, &#171; Temps libre et sale boulot &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Olivier Merly, &#171; Rien ne sert de courir sur un tapis roulant, lecture de Harmut Rosa &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bastien Hourst, &#171; Ralentir : concertation en cours &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Antoine Chollet, &#171; Quel temps pour une d&#233;mocratie &#233;cologique ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vincent Gerber, &#171; Bookchin, l'urgence et la d&#233;mocratie &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Interventions graphiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jochen Gerner &#171; (Un temps.) &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guillaume Trouillard &#171; Toromiro &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ralentir : concertation en cours ! </title>
		<link>https://lan02.butternet.net/Ralentir-concertation-en-cours</link>
		<guid isPermaLink="true">https://lan02.butternet.net/Ralentir-concertation-en-cours</guid>
		<dc:date>2011-12-01T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bastien Hourst</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;par Bastien Hourst &lt;br class='autobr' /&gt;
L'action publique locale, en particulier des villes et des intercommunalit&#233;s, vise &#224; g&#233;rer l'existant, &#224; assurer les services publics, mais aussi &#224; investir, c'est &#224; dire d&#233;penser pour augmenter ou am&#233;liorer le patrimoine de la collectivit&#233; (refaire une route, construire une nouvelle &#233;cole...). Plus largement, la puissance publique &#171; produit de la ville &#187;, que ce soit par la r&#233;glementation de l'occupation du sol (PLU) ou par la r&#233;alisation &#171; d'op&#233;rations d'urbanisme &#187;, soit en (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-Dossier-du-no1-Le-temps-qui-nous-fait-" rel="directory"&gt;N&#176;1 : &#171; Le temps qui nous fait &#187;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_9 spip_documents'&gt;
&lt;img src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L500xH334/temps-bc5f0.png?1703349013' width='500' height='334' alt=&#034;temps&#034; title=&#034;temps&#034; /&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;par Bastien Hourst&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'action publique locale, en particulier des villes et des intercommunalit&#233;s, vise &#224; g&#233;rer l'existant, &#224; assurer les services publics, mais aussi &#224; investir, c'est &#224; dire d&#233;penser pour augmenter ou am&#233;liorer le patrimoine de la collectivit&#233; (refaire une route, construire une nouvelle &#233;cole...). Plus largement, la puissance publique &#171; produit de la ville &#187;, que ce soit par la r&#233;glementation de l'occupation du sol (PLU) ou par la r&#233;alisation &#171; d'op&#233;rations d'urbanisme &#187;, soit en r&#233;am&#233;nageant un espace de la ville, soit en mordant sur les terres agricoles environnantes (ZAC, r&#233;novation de quartier, lotissements...). Il s'agit l&#224; de projets lourds et co&#251;teux, et qui prennent donc du temps &#224; &#234;tre mis en &#339;uvre, le temps des travaux, &#233;videment, mais aussi et surtout le temps de la conception et de l'ensemble des proc&#233;dures administratives (phases successives des march&#233;s publics, enqu&#234;te publique, dossiers de subvention, expropriations). Il est souvent consid&#233;r&#233;, tant par les &#233;lus que par les habitants, qu'un bilan de mandat digne de ce nom passe par l'affichage de r&#233;alisations concr&#232;tes, tangibles. Une nouvelle &#233;quipe municipale doit donc agir vite pour s'assurer que les r&#233;alisations promises pourront &#234;tre achev&#233;es avant la fin du mandat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, l'investissement local suit en g&#233;n&#233;ral le calendrier &#233;lectoral (1).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si, en plus, la municipalit&#233; veut que ces projets soient &#233;labor&#233;s de fa&#231;on participative avec les habitant&#183;e&#183;s, &#231;a devient difficile. Car faire un projet avec les habitant&#183;e&#183;s (ou du moins le plus d'habitant&#183;e&#183;s possible) prend du temps, demande plus de travail (r&#233;unions publiques, r&#233;alisations de projets alternatifs...) et donc plus d'argent. Et quand un projet est d&#233;cid&#233;, les diverses phases administratives obligatoires font qu'il ne va &#171; rien se passer &#187; pendant de longs mois, voire ann&#233;es. Mais si l'on veut vraiment que la puissance publique &#233;labore &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;i&gt;conjointement&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; les projets avec les habitant&#183;e&#183;s, ils et elles doivent acqu&#233;rir les connaissances de base n&#233;cessaire, s'approprier les projets... cela ne fait &#233;videment que rallonger les d&#233;lais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit donc bien la tension syst&#233;matique entre &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;i&gt;prendre le temps &lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
de faire bien et s'assurer que l'on est &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;i&gt;dans les temps&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
. Car une route, une &#233;cole ou un quartier qu'il faut achever avant la fin du mandat, c'est pour 15, 20 ou 30 ans... Comment alors, pour l'&#233;lu&#183;e, prendre le temps d'une r&#233;flexion suffisante, co-construite ? Oser surseoir &#224; une d&#233;cision ? Comment voir ce qui rel&#232;ve d'une vision &#224; long terme de l'&#233;volution de la ville et ce qui rel&#232;ve de la conjoncture &#233;lectorale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est, semble-t-il, la d&#233;mocratie repr&#233;sentative qui trouve ici ses limites, avec le calendrier &#233;lectoral comme principal frein &#224; une action de la puissance publique coh&#233;rente sur la dur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, pour s'en sortir, un maire &#224; vie ou la d&#233;mocratie directe locale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Selon Dominique Hoorens, l'influence du cycle &#233;lectoral g&#233;n&#232;rerait un &#233;cart de -5 % &#224; +7 % par rapport &#224; la tendance d'&#233;volution moyenne. D. Hoorens, &#171; Le cycle de l'investissement local &#187;,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;Constructif&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;, novembre 2003.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Bookchin, l'urgence et la d&#233;mocratie</title>
		<link>https://lan02.butternet.net/Bookchin-l-039-urgence-et-la-democratie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://lan02.butternet.net/Bookchin-l-039-urgence-et-la-democratie</guid>
		<dc:date>2011-12-01T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Vincent Gerber</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Personne ne l'ignore, la crise &#233;cologique qui se profile &#224; l'horizon aura des r&#233;percussions mondiales. C'est un &#233;norme d&#233;fi pour nos soci&#233;t&#233;s modernes et il d&#233;terminera notre capacit&#233; &#224; faire face et &#224; nous adapter. Une grande interrogation demeure n&#233;anmoins : aurons-nous le temps ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le processus multilat&#233;ral et de forme d&#233;mocratique dans lequel sont aujourd'hui engag&#233;es les nations, d&#233;finir une voie de d&#233;veloppement commune, la faire accepter puis enfin l'appliquer demande un temps d&#233;sesp&#233;r&#233;ment long. (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-Dossier-du-no1-Le-temps-qui-nous-fait-" rel="directory"&gt;N&#176;1 : &#171; Le temps qui nous fait &#187;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Personne ne l'ignore, la crise &#233;cologique qui se profile &#224; l'horizon aura des r&#233;percussions mondiales. C'est un &#233;norme d&#233;fi pour nos soci&#233;t&#233;s modernes et il d&#233;terminera notre capacit&#233; &#224; faire face et &#224; nous adapter. Une grande interrogation demeure n&#233;anmoins : aurons-nous le temps ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le processus multilat&#233;ral et de forme d&#233;mocratique dans lequel sont aujourd'hui engag&#233;es les nations, d&#233;finir une voie de d&#233;veloppement commune, la faire accepter puis enfin l'appliquer demande un temps d&#233;sesp&#233;r&#233;ment long. Cela alors que l'urgence climatique exige que des mesures soient prises sans plus attendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Face &#224; l'urgence, la tentation autoritaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise &#233;cologique est donc aussi de nature politique. Elle remet directement en cause le mod&#232;le de d&#233;mocratie repr&#233;sentative que nous connaissons, souvent r&#233;duit &#224; une logique d'opposition dualiste (gauche vs. droite, pays riches vs. pays &#233;mergents, etc.) et par une vision limit&#233;e &#224; la dur&#233;e des mandats &#233;lectoraux. Avec d'autres &#233;cologistes, James Lovelock a mis en doute les capacit&#233;s du syst&#232;me politique d&#233;mocratique &#224; faire face &#224; l'urgence. A l'image de ce qui est pratiqu&#233; en temps de guerre, l'auteur de l'hypoth&#232;se Ga&#239;a proposait de mettre &#171; la d&#233;mocratie de c&#244;t&#233; &#187; provisoirement, au profit d'un monde &#171; plus autoritaire &#187;, dirig&#233; par &#171; un petit nombre de personnes en qui on a confiance &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Voir l'interview de Leo Hickman pour le London Guardian , publi&#233;e le 29 mars (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais l'autoritarisme n'est pourtant pas la seule alternative &#224; la d&#233;mocratie moderne. L'Am&#233;ricain Murray Bookchin (1921-2006), th&#233;oricien de l'&#233;cologie sociale, a point&#233; dans la direction oppos&#233;e, celle d'une accentuation de la d&#233;mocratie, c'est-&#224;-dire sa &lt;i&gt;d&#233;centralisation&lt;/i&gt; et sa &lt;i&gt;radicalisation&lt;/i&gt; par le renforcement du pouvoir populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son discours anarchiste, Bookchin met en avant les limitations du mod&#232;le de l'&#201;tat-nation, et plus encore de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative, dans la perspective de la r&#233;solution du conflit &#233;cologique. D'une part, la politique est aujourd'hui domin&#233;e par la finance et les grandes corporations multinationales (via le financement des partis, le lobbying, les investissements, l'apport en termes d'emplois et d'imp&#244;ts, etc.), devenues plus puissantes que les &#201;tats cens&#233;s les gouverner. D'autre part, les d&#233;cisions radicales &#224; prendre &#233;tant g&#233;n&#233;ralement impopulaires (car elles rompent avec un &lt;i&gt;statu quo&lt;/i&gt; rassurant ou favorable), elles s'opposent directement aux int&#233;r&#234;ts &#233;lectoralistes de tout &#233;lu en faisant la promotion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Partir d'en bas&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Copenhague a clairement montr&#233; la quasi impossibilit&#233; de prise de d&#233;cisions contraignantes sur les &#233;missions de CO2 au niveau international. Pour bon nombre de convaincues, il est certain que la solution ne viendra pas d'en haut, mais d'en bas. Car prendre les d&#233;cisions &#224; l'&#233;chelon politique le plus local (identifi&#233; chez Bookchin par les municipalit&#233;s ou les quartiers des grandes villes) revient &#224; en diminuer les enjeux et ainsi rendre possible que des mesures concr&#232;tes et ambitieuses soient prises. Conscientes des probl&#232;mes, les gens n'ont pas &#224; attendre un compromis mondial ou national pour se r&#233;unir chez eux et d&#233;cider de ces fameuses solutions locales &#224; un probl&#232;me global.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la perspective de l'&#233;cologie sociale de Bookchin, la d&#233;mocratie directe, exerc&#233;e par des assembl&#233;es populaires de &#171; communes &#187; autonomes politiquement et conf&#233;d&#233;r&#233;es entre elles, repr&#233;sente le mod&#232;le politique le plus sens&#233; pour une soci&#233;t&#233; en accord avec la nature. De telles institutions populaires sont m&#234;me un imp&#233;ratif &#224; la mise sur place d'une soci&#233;t&#233; &#233;cologique et lib&#233;r&#233;e de la domination et des hi&#233;rarchies sociales ill&#233;gitimes. L'argument est que la r&#233;partition du pouvoir &#224; plus petite &#233;chelle plut&#244;t que sa centralisation au niveau national permet d'&#234;tre plus efficace, moins bureaucratique et plus ad&#233;quat &#233;galement dans les r&#233;ponses apport&#233;es, car prises &#224; la lumi&#232;re des r&#233;alit&#233;s du terrain. La d&#233;centralisation du pouvoir encouragerait de fait une mobilisation et une responsabilisation plus grande face aux enjeux qui concernent tout un chacun et demandent une mobilisation g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mod&#232;le de municipalisme conf&#233;d&#233;ral sort de la vision paternaliste du mod&#232;le politique actuel. En r&#233;duisant l'&#233;cart entre d&#233;cideurs et ceux qui sont soumis &#224; la d&#233;cision, Bookchin cherche &#224; confronter les gens aux probl&#232;mes et leur permettre d'y voir leur responsabilit&#233; propre et leurs moyens d'y apporter concr&#232;tement leur propre r&#233;ponse. En somme, les rendre actifs plut&#244;t que passifs et soumis &#224; des lois impos&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Pour un municipalisme libertaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mettre en place ce mod&#232;le institutionnel, les collectivit&#233;s, et la soci&#233;t&#233; civile en premier lieu, doivent se mobiliser pour former un pouvoir citoyen parall&#232;le qui lui permette de prendre des d&#233;cisions et les faire accepter, socialement d'abord, puis l&#233;galement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Murray Bookchin, From Urbanization to Cities , &#233;d. Cassell, 1987 ; Janet (...)' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cependant, comme Bookchin le reconnaissait, &#171; le mouvement municipaliste libertaire mettrait des ann&#233;es &#224; conna&#238;tre le succ&#232;s &#8211; je suis incapable de dire combien &#8211;, &#224; convaincre les gens qu'il repr&#233;sente une solution &#224; l'impasse politique et &#233;conomique actuelle. Le municipalisme libertaire est un processus et c'est un mouvement qui tente de d&#233;velopper ce processus, de l'&#233;largir, de gagner les esprits des gens, m&#234;me avant que ses institutions ne soient &#233;tablies. La bataille devra se poursuivre, certainement au-del&#224; des ann&#233;es qu'il me reste &#224; vivre &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-3' class='spip_note' rel='appendix' title='Murray Bookchin, interview&#233; par Janet Biehl dans Le Municipalisme (...)' id='nh2-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est &#233;galement l&#224; o&#249; le b&#226;t blesse. La crise &#233;tant annonc&#233;e dans les d&#233;cennies &#224; venir, la d&#233;mocratie communale directe a-t-elle le temps, non seulement de voir le jour, mais elle-m&#234;me de trouver les r&#233;ponses &#224; apporter &#224; la situation ? Car si la d&#233;mocratie directe serait en mesure de lever plusieurs blocages politiques, li&#233;s aux nombreux interm&#233;diaires et la lenteur qui en d&#233;coule, elle ne garantit rien sur le contenu des d&#233;cisions prises. En laissant les gens d&#233;cider de ce qui les concerne, rien ne les oblige a priori &#224; opter pour un mode de vie plus respectueux de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A priori, car de fait, l'imp&#233;ratif &#233;cologique a ceci de positif qu'il nous force &#224; une remise en question profonde de notre d&#233;veloppement et une prise de conscience de notre d&#233;pendance vitale &#224; la nature. L'imminence des probl&#232;mes et leurs d&#233;g&#226;ts peut provoquer une acc&#233;l&#233;ration du changement de mentalit&#233; et la rupture n&#233;cessaire pour recr&#233;er de fa&#231;on volontaire des institutions plus &#224; m&#234;me de r&#233;concilier la soci&#233;t&#233; humaine et la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Le temps qu'il nous reste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question du temps qu'il nous reste pour changer s'apparente &#224; un pari, proche de celui de Pascal. Que le temps des politiques pour amener le changement, compte tenu de l'&#233;ch&#233;ance impos&#233;e par le r&#233;chauffement de la plan&#232;te, soit trop court ou non, il n'en faut pas moins agir. La seule vraie erreur serait de tomber dans un fatalisme paralysant. La transformation de notre soci&#233;t&#233; reste vitale, si ce n'est pour &#233;viter le pire, au moins pour mieux pr&#233;parer le monde qui aura pour t&#226;che de la subir et de lui succ&#233;der. En effet, il y a fort &#224; parier qu'il faille construire aujourd'hui d&#233;j&#224; la soci&#233;t&#233; que l'on souhaite conna&#238;tre demain. Du moins si on veut offrir &#224; celle-ci une chance d'exister.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir l'interview de Leo Hickman pour le &lt;i&gt;London Guardian&lt;/i&gt; , publi&#233;e le 29 mars 2010. &lt;a href=&#034;http://www.guardian.co.uk/environment/blog/2010/mar/29/james-lovelock&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.guardian.co.uk/environment/blog/2010/mar/29/james-lovelock&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Murray Bookchin, &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;i&gt;From Urbanization to Cities&lt;/i&gt; , &#233;d. Cassell, 1987 ; Janet Biehl, &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;i&gt;Le Municipalisme libertaire&lt;/i&gt; , &#233;d. Ecosoci&#233;t&#233;, 1998.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-3' class='spip_note' title='Notes 2-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Murray Bookchin, interview&#233; par Janet Biehl dans &lt;i&gt;Le Municipalisme libertaire, &lt;/i&gt; p.252&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
