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	<title>L'An 02</title>
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	<description>L'An 02 est un outil &#233;colo de diffusion et de partage, un passeur d'id&#233;es hors des cercles confidentiels.
De 2011 &#224; 2015, L'An 02 a &#233;t&#233; une revue papier, en couleurs, multipliant les formes, notamment graphiques : photo-reportage, peinture, installation, typographie, bande dessin&#233;e. Cette dimension-l&#224; ne se retrouve que dans la revue papier, toujours en vente en librairie ou par correspondance. Retrouvez sur ce nouveau site tous les textes, un dossier au traitement mosa&#239;que enrob&#233; de chroniques grin&#231;antes, de lectures in-con-tour-na-bles et de reportages militants.
D&#233;sormais, L'An 02 propose &#224; chaque changement de saison une livraison de chroniques de livres r&#233;cents qui nous aident &#224; penser l'&#233;cologie politique, la d&#233;croissance et la technocritique.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>L'An 02</title>
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		<title>Le D&#233;sert de la critique</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ir&#232;ne Pereira</dc:creator>


		<dc:subject>Th&#233;orie politique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le D&#233;sert de la critique. D&#233;construction et politique Renaud Garcia L'&#201;chapp&#233;e, 2015 224 pages, 15 &#8364; &lt;br class='autobr' /&gt;
Renaud Garcia, enseignant en philosophie au lyc&#233;e, a d&#233;j&#224; publi&#233; r&#233;cemment deux ouvrages sur Pierre Kropotkine. Dans son nouveau livre, il s'attaque aux penseurs de la d&#233;construction et &#224; leurs h&#233;ritiers. Sous l'&#233;tiquette de la d&#233;construction, on peut classer un ensemble d'auteurs, anti-naturalistes, qui consid&#232;rent que le social est construit et qu'il peut donc &#234;tre d&#233;construit. Dans la premi&#232;re g&#233;n&#233;ration (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/+-Theorie-politique-+" rel="tag"&gt;Th&#233;orie politique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L102xH150/arton17-f07eb.jpg?1696061304' width='102' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le D&#233;sert de la critique. D&#233;construction et politique&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Renaud Garcia&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#201;chapp&#233;e, 2015&lt;br class='autobr' /&gt;
224 pages, 15 &#8364;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Renaud Garcia, enseignant en philosophie au lyc&#233;e, a d&#233;j&#224; publi&#233; r&#233;cemment deux ouvrages sur Pierre Kropotkine. Dans son nouveau livre, il s'attaque aux penseurs de la d&#233;construction et &#224; leurs h&#233;ritiers. Sous l'&#233;tiquette de la d&#233;construction, on peut classer un ensemble d'auteurs, anti-naturalistes, qui consid&#232;rent que le social est construit et qu'il peut donc &#234;tre d&#233;construit. Dans la premi&#232;re g&#233;n&#233;ration du geste d&#233;constructionniste figurent Michel Foucault ou Jacques Derrida. On peut situer dans leur h&#233;ritage les &#233;tudes post-coloniales, les &lt;i&gt;queer studies&lt;/i&gt; ou Negri et Hardt&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Michael Hardt et Antonio Negri sont les auteurs de Empire, Exils, 2000 et (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La th&#232;se de Renaud Garcia consiste a soutenir que, loin de constituer un appui solide pour la critique, le geste de la d&#233;construction conduit &#224; des impasses. L'auteur progresse dans son propos en pr&#233;sentant un auteur puis en exposant les critiques qu'il souhaite effectuer &#224; son &#233;gard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Renaud Garcia met en &#233;vidence les difficult&#233;s des analyses d&#233;constructionnistes. Celles-ci tout d'abord prennent appui sur un oubli de la question sociale. La th&#233;matique de la domination efface celle de l'exploitation &#233;conomique. Le relativisme &#233;pist&#233;mologique sans limite conduit &#224; &#233;vacuer la question de la v&#233;rit&#233; qui est pourtant indissociable de la pens&#233;e critique. N&#233;anmoins, cela ne conduit pas l'auteur &#224; r&#233;habiliter le scientisme du XIXe si&#232;cle. C'est plut&#244;t du c&#244;t&#233; d'un romantisme r&#233;volutionnaire, avec des auteurs comme Wiliam Morris ou Gustav Landauer, que Renaud Garcia cherche des appuis contre la d&#233;construction. Les analyses post-coloniales impliquent une critique de l'universalisme des Lumi&#232;res. Renaud Garcia, pour sa part, &#224; la suite de J&#233;r&#244;me Bachet, pr&#233;f&#232;re prendre la voie d'un &#171; pluriversalisme &#187; en s'appuyant sur l'exemple zapatiste. La th&#233;matique de l'omnipr&#233;sence du pouvoir chez Foucault s'est &#233;labor&#233;e en opposition aux th&#233;oriciens de l'ali&#233;nation (Karl Marx, Guy Debord, Herbert Marcuse&#8230;) : le sujet ne se trouve plus aux prises avec un syst&#232;me qui l'ali&#232;ne mais un ensemble de relations de pouvoir diss&#233;min&#233;es. Les th&#233;ories &lt;i&gt;queer &lt;/i&gt; &#233;vacuent la mat&#233;rialit&#233; &#233;conomique des rapports d'exploitation en se centrant sur la normativit&#233; des discours. En d&#233;finitive, l'auteur est conduit &#224; mettre en valeur un paradoxe &#224; l'&#339;uvre dans la pens&#233;e de la d&#233;construction. Ces auteurs s'attaquent &#224; l'h&#233;ritage des Lumi&#232;res dont la science avec ses pr&#233;tentions &#224; une raison universelle est le symbole. Pourtant ces courants, par leurs positions anti-naturalistes et constructivistes, sont conduit &#224; s'appuyer sur la technoscience. Renaud Garcia prend pour cela l'exemple de la revue &lt;i&gt;Multitudes&lt;/i&gt; qui a contribu&#233; &#224; promouvoir en France les th&#233;ories &lt;i&gt;queers &lt;/i&gt; et post-coloniales. N&#233;anmoins, &#224; travers le relais par cette revue du &lt;i&gt;Manifeste accel&#233;rationniste &lt;/i&gt;appara&#238;t mis en relief la fascination et la croyance en une transformation technoscientifique de la soci&#233;t&#233;. En effet, si ce qui est a &#233;t&#233; construit et peut &#234;tre d&#233;construit, il devient alors possible de le reconstruire. Cette m&#233;taphore aboutit &#224; faire de la technique l'instrument de cette reconstruction. La technique est alors au service de d&#233;sirs individualistes qui ne trouvent plus comme limite qu'une &#233;thique minimaliste : faire tout ce que l'on d&#233;sir sans nuire &#224; autrui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur conclut son ouvrage en se demandant quelle critique aujourd'hui peut constituer une alternative valable &#224; la d&#233;construction. Il la recherche pour sa part dans les auteurs qui selon lui proposent une analyse du monde v&#233;cu ali&#233;n&#233; par le syst&#232;me capitaliste, que ce soit Hartmut Rosa dans &lt;i&gt;Acc&#233;l&#233;ration&lt;/i&gt; ou Christophe Dejours dans &lt;i&gt;Travail vivant&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les critiques qu'effectuent Renaud Garcia &#233;vitent l'&#233;cueil de l'ext&#233;riorit&#233;. Ainsi, lorsqu'il s'oppose aux analyses postcoloniales, c'est en s'appuyant par exemple sur les Black Panthers, lorsqu'il critique les th&#233;ories &lt;i&gt;queer&lt;/i&gt;, c'est en mobilisant la f&#233;ministe Catharine MacKinnon. N&#233;anmoins, il est possible de regretter que la question de l'articulation entre le naturalisme &#233;cologique et le constructivisme social ne soit pas plus approfondie. En effet, l'&#233;cologie nous appelle &#224; ne pas &#233;vacuer la question de la nature et des limites. Mais en m&#234;me temps le constructivisme social, nous a rendu attentifs &#224; ne pas renaturaliser ce qui rel&#232;ve d'institutions sociales ou de rapports sociaux contingents. Ainsi, on peut rappeler que les syst&#232;mes de filiation et les identit&#233;s sexuelles, si l'on reprend les travaux de l'anthropologie culturelle, ont &#233;t&#233; fort diverses selon les soci&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Michael Hardt et Antonio Negri sont les auteurs de &lt;i&gt;Empire&lt;/i&gt;, Exils, 2000 et de &lt;i&gt;Multitude. Guerre et d&#233;mocratie &#224; l'&#226;ge de l'Empire&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Soigner l'esprit, gu&#233;rir la Terre</title>
		<link>https://lan02.butternet.net/Soigner-l-esprit-guerir-la-Terre</link>
		<guid isPermaLink="true">https://lan02.butternet.net/Soigner-l-esprit-guerir-la-Terre</guid>
		<dc:date>2015-12-18T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patrick Marcolini</dc:creator>


		<dc:subject>Environnement</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Soigner l'esprit, gu&#233;rir la Terre. Introduction &#224; l'&#233;copsychologie Michel Maxime Egger Labor et Fides, Gen&#232;ve, 2015 288 pages, 25 &#8364; &lt;br class='autobr' /&gt;
Apparue dans les pays anglo-saxons il y a une trentaine d'ann&#233;es, l'&#233;copsychologie reste encore largement m&#233;connue en France &#8211; une situation qui pourrait toutefois &#233;voluer avec la parution r&#233;cente de plusieurs livres en langue fran&#231;aise de ou sur ses grandes figures (Theodore Rozsak, Paul Shepard ou encore Joanna Macy) , ainsi que de cet ouvrage introductif r&#233;dig&#233; par le (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L99xH150/arton18-deaac.jpg?1696061304' width='99' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Soigner l'esprit, gu&#233;rir la Terre. Introduction &#224; l'&#233;copsychologie&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Michel Maxime Egger&lt;br class='autobr' /&gt;
Labor et Fides, Gen&#232;ve, 2015&lt;br class='autobr' /&gt;
288 pages, 25 &#8364;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apparue dans les pays anglo-saxons il y a une trentaine d'ann&#233;es, l'&#233;copsychologie reste encore largement m&#233;connue en France &#8211; une situation qui pourrait toutefois &#233;voluer avec la parution r&#233;cente de plusieurs livres en langue fran&#231;aise de ou sur ses grandes figures (Theodore Rozsak, Paul Shepard ou encore Joanna Macy)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Cf. Joanna Macy, &#201;copsychologie pratique et rituels pour la Terre , Le (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ainsi que de cet ouvrage introductif r&#233;dig&#233; par le sociologue et journaliste Michel Maxime Egger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais que d&#233;signe-t-on exactement sous le terme &#233;copsychologie ? Comme son nom l'indique, il s'agit pour l'essentiel d'un champ de r&#233;flexion et de pratiques qui prend en compte &#171; la dimension psychologique dans l'approche des probl&#232;mes environnementaux et celle du monde naturel dans les d&#233;marches th&#233;rapeutiques &#187;. L'&#233;copsychologie met au centre de sa d&#233;marche &#171; le lien essentiel, non seulement biologique, mais &#233;motionnel et plus encore ontologique &#187; de l'&#234;tre humain &#224; la nature, et cherche &#224; r&#233;soudre tous les probl&#232;mes li&#233;s &#224; l'occultation de ce lien. Soigner le malaise voire la souffrance des personnes vivant dans des lieux coup&#233;s de la nature ; comprendre et agir sur les ressorts intimes de pathologies telles que l'addiction &#224; la technologie ou &#224; la consommation ; contrer le d&#233;ni de r&#233;alit&#233; et le sentiment d'impuissance face aux destructions massives de la nature, et inciter les populations &#224; affronter sereinement les probl&#232;mes &#233;cologiques ; &#233;duquer l'&#234;tre humain &#224; la conscience de sa place dans le monde pour r&#233;orienter ses activit&#233;s dans un sens plus respectueux de l'environnement ; plus g&#233;n&#233;ralement, r&#233;tablir la conscience d'une continuit&#233; entre l'&#234;tre humain et la nature, le moi et le monde, occult&#233;e par les pens&#233;es modernes de type objectiviste : telles sont les t&#226;ches de l'&#233;copsychologie, qui ambitionne donc d'exercer un r&#244;le moteur dans le changement g&#233;n&#233;ral de paradigme que supposent les enjeux environnementaux actuels, comme l'explique M. M. Egger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce faire, les acteurs de ce champ transdisciplinaire ont &#233;labor&#233; des pratiques th&#233;rapeutiques originales, que nous pr&#233;sente l'auteur. Elles incitent par exemple le patient &#224; questionner son mode de vie ou &#224; d&#233;velopper des activit&#233;s centr&#233;es sur le corps, les sens et l'attention au monde (m&#233;ditation, yoga, etc.). Mais elles supposent aussi de sortir du cabinet o&#249; s'enferment traditionnellement les psychologues, et d'engager des d&#233;marches visant &#224; renouer le lien entre l'&#234;tre humain et la nature. Cela peut aller de l'hortith&#233;rapie (le soin par les activit&#233;s de jardinage) aux s&#233;jours d'immersion dans la nature sauvage, seul ou petit groupe, en passant par un traitement des troubles psychiques passant par le contact r&#233;gulier avec un animal. Plus &#233;tonnant, et peut-&#234;tre moins s&#233;rieux (parce que ne tenant pas compte des contextes socioculturels dans lesquels s'inscrivent les pratiques religieuses ou spirituelles) : une frange non n&#233;gligeable de l'&#233;copsychologie s'est inspir&#233;e des soci&#233;t&#233;s tribales pour &#233;laborer le &#171; conseil chamanique &#187;, une forme de th&#233;rapie incluant le recours &#224; des danses, des invocations, des pratiques de je&#251;ne, etc., ainsi qu'une attention accrue aux r&#234;ves. Quoi qu'il en soit, dans tous les cas, il s'agit de r&#233;veiller en chacun l'&#171; inconscient &#233;cologique &#187;, notion &#233;largissant celle d'inconscient collectif postul&#233;e par Carl Gustav Jung, et d&#233;signant le sentiment instinctif, plus ou moins refoul&#233;, d'appartenir &#224; une forme de communaut&#233; r&#233;unissant tous les &#234;tres vivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A des questions environnementales qui sont habituellement pos&#233;es &#224; une &#233;chelle trop large, renfor&#231;ant ainsi notre sentiment d'impuissance, l'&#233;copsychologie a le m&#233;rite d'offrir un &#233;ventail de r&#233;ponses suggestives, &#224; taille humaine, ancr&#233;es dans le quotidien et parlant &#224; la subjectivit&#233; de chacun. En faisant appel &#224; la sensibilit&#233;, &#224; l'imaginaire, &#224; une ouverture sur la nature, elle est un pr&#233;cieux contrepoint &#224; une psychologie et une psychiatrie trop souvent r&#233;ifiantes. Qui plus est, elle porte au grand jour les causes sociales (et non uniquement individuelles) de quantit&#233; de souffrances psychiques contemporaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais sa d&#233;marche fait tout de m&#234;me probl&#232;me sur plusieurs plans. On peut lui reprocher ses incursions dans le mysticisme le plus l&#233;nifiant (nombreux sont ses repr&#233;sentants qui parlent par exemple d'&#171; &#226;me de la Terre &#187;), ou le fait qu'elle n'est pas d&#233;pourvue d'ambigu&#239;t&#233;s politiques, dont les &#233;copsychologues sont d'ailleurs conscients eux-m&#234;mes, puisque l'auteur rend compte des d&#233;bats qui les divisent. Ainsi, &#224; vouloir &#233;duquer (r&#233;&#233;duquer ?) psychiquement les populations &#224; une attitude &#171; &#233;cologiquement correcte &#187;, ne risque-t-elle pas de se transformer, d'instrument de prise de conscience, en un outil d'ing&#233;nierie sociale visant &#224; faire accepter aux gens leur place non plus dans le cosmos mais dans la soci&#233;t&#233; de l'&#233;tat d'urgence environnemental ? La recherche d'&#233;panouissement psychique qui la guide ne la rapproche-t-elle pas dangereusement du d&#233;veloppement personnel et de la culture n&#233;olib&#233;rale qui impr&#232;gne ce dernier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Voir &#224; ce sujet l'entretien avec Nicolas Marquis, &#171; Se changer soi pour (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? Enfin, sa d&#233;marche biocentrique, qui se pr&#233;occupe surtout de faire des &#234;tres humains des &#171; serviteurs de la nature &#187;, et de leur vie en commun &#171; une soci&#233;t&#233; au service de la vie &#187; (pour reprendre des expressions qui reviennent &#224; de nombreuses reprises), ne risque-t-elle pas de mener &#224; une impasse ? En d&#233;finitive, la protection de la vie ou de la nature &lt;i&gt;pour elles-m&#234;mes&lt;/i&gt; n'a pas grand sens : l'une et l'autre sont plus fortes que l'&#234;tre humain, et retrouveront toujours de nouveaux &#233;quilibres quelles que soient les perturbations introduites par ce dernier. En revanche, ce qui est &#224; craindre, c'est que ces nouveaux &#233;quilibres ne laissent plus de place &#224; la libert&#233; humaine, voire &#224; l'humain tout court. Comme le concluait justement Bernard Charbonneau, &#171; ce qu'il faut d&#233;fendre contre le d&#233;cha&#238;nement de la puissance humaine ce n'est donc pas la nature en soi, mais la nature &lt;i&gt;pour l'homme&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='Pour reprendre les mots de Daniel C&#233;r&#233;zuelle dans &#201;cologie et libert&#233;. (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Joanna Macy, &lt;i&gt;&#201;copsychologie pratique et rituels pour la Terre&lt;/i&gt; , Le Souffle d'or, 2008 ; Paul Shepard, &lt;i&gt;Retour aux sources du Pl&#233;istoc&#232;ne&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Nous n'avons qu'une seule Terre&lt;/i&gt; , parus respectivement aux &#233;ditions Dehors et Jos&#233; Corti en 2013 ; et Theodore Rozsak. &lt;i&gt;Vers une &#233;copsychologie lib&#233;ratrice&lt;/i&gt; , textes choisis et pr&#233;sent&#233;s par Mohammed Taleb, Le Passager clandestin, 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &#224; ce sujet l'entretien avec Nicolas Marquis, &#171; Se changer soi pour changer le monde &#187;, dans le n&#176;7 de &lt;i&gt;L'An 02&lt;/i&gt; , &#034;Altercapitalisme&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour reprendre les mots de Daniel C&#233;r&#233;zuelle dans &lt;i&gt;&#201;cologie et libert&#233;. Bernard Charbonneau pr&#233;curseur de l'&#233;cologie politique&lt;/i&gt; , Parangon / VS, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Pour tout r&#233;soudre, cliquez ici !</title>
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		<dc:date>2015-12-18T00:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Camille</dc:creator>


		<dc:subject>Sciences et technocritique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Evgeny Morozov, Pour tout r&#233;soudre, cliquez ici ! L'Aberration du solutionnisme technologique FYP &#233;ditions, Limoges, 2015 352 pages, 22,50 &#8364; &lt;br class='autobr' /&gt;
L'ouvrage d'Evgeny Morozov se livre &#224; une t&#226;che peu commune : attaquer la raison &#233;conomique qui pr&#233;side au discours technologique. Il rappelle un fait anodin : les nouvelles technologies, c'est-&#224;-dire les gadgets &#233;lectroniques et les applications qui tournent dessus, sont d&#233;velopp&#233;es par des acteurs &#233;conomiques comme les autres et devraient &#234;tre consid&#233;r&#233;es (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Evgeny Morozov, &lt;i&gt;Pour tout r&#233;soudre, cliquez ici ! L'Aberration du solutionnisme technologique&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; FYP &#233;ditions, Limoges, 2015&lt;br class='autobr' /&gt; 352 pages, 22,50 &#8364;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'ouvrage d'Evgeny Morozov se livre &#224; une t&#226;che peu commune : attaquer la raison &#233;conomique qui pr&#233;side au discours technologique. Il rappelle un fait anodin : les nouvelles technologies, c'est-&#224;-dire les gadgets &#233;lectroniques et les applications qui tournent dessus, sont d&#233;velopp&#233;es par des acteurs &#233;conomiques comme les autres et devraient &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme telles. Il n'y a pas de raison de les imaginer plus philanthropiques que les industries pharmaceutiques ou agroalimentaires par exemple. Pire, l'origine de ces nouveaux acteurs, la Silicon Valley, s'est forg&#233;e avec des entreprises multimilliardaires et des start-up financ&#233;es par des fonds de capital-risque. La conclusion est limpide : il faut consid&#233;rer les entreprises de nouvelles technologies avec la m&#234;me suspicion que Wall Street.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus de rappeler cette situation, qui devrait &#234;tre un point de d&#233;part de toute vision critique des nouvelles technologies, l'ouvrage tente aussi de montrer comment ces agents font accepter l'id&#233;e que leurs actions, leurs produits et leurs services, vont dans le sens de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. L'id&#233;e de base est que les nouvelles technologies proposent des outils ou des services qui permettent de r&#233;pondre &#224; des probl&#232;mes quotidiens, voire &#224; de v&#233;ritables enjeux sociaux. Uber et Airbnb ont ainsi apport&#233; une solution au prix prohibitif du taxi et des h&#244;tels dans les grandes villes, et les algorithmes de pr&#233;vision fond&#233;s sur le &lt;i&gt;big data&lt;/i&gt; permettent de pr&#233;dire les &#233;pid&#233;mies de grippe, voire d'anticiper et de r&#233;duire la criminalit&#233;. L'ouvrage reprend ces exemples, et d'autres, de &#171; probl&#232;mes &#187; que se sont propos&#233; de r&#233;soudre des entreprises, ing&#233;nieurs ou enthousiastes des nouvelles technologies. &#192; chaque fois, il analyse la &#171; solution &#187; propos&#233;e et son v&#233;ritable impact. Il pr&#233;cise, pour chacune, les lacunes, les impens&#233;s, les probl&#232;mes nouveaux qui viennent se substituer aux anciens. Il en d&#233;gage deux aspects r&#233;currents qui composent une grande partie des discours actuels sur les nouvelles technologies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord le &#171; solutionnisme technologique &#187;, qui consiste tout bonnement &#224; dire qu'&#224; tout probl&#232;me peut &#234;tre oppos&#233; une solution technique. Le probl&#232;me avec le solutionnisme technologique n'est pas tant qu'il proclame que les nouvelles technologies sont toutes puissantes, mais qu'il a tendance &#224; d&#233;finir et r&#233;duire tout probl&#232;me social dans des termes qui puissent se r&#233;gler techniquement. L'enjeu des transports publics, par exemple, ne peut pas se r&#233;duire au fait de trouver rapidement des v&#233;hicules disponibles pour un trajet pr&#233;cis au moindre co&#251;t possible. Il faut aussi prendre en compte les questions d'&#233;galit&#233; d'acc&#232;s, de rel&#233;gation spatiale, de handicap ... bref, tout un ensemble de contextes et de valeurs qui ne peuvent pas se r&#233;sumer &#224; des param&#232;tres &#224; optimiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite le &#171; webcentrisme &#187;, qui est un concept moins clairement d&#233;fini. D'apr&#232;s Morozov, il s'agit d'une tendance &#224; penser le web comme un espace homog&#232;ne ob&#233;issant &#224; quelques principes comme l'ouverture, la transparence et la neutralit&#233;. Il semble critiquer par l&#224; deux discours. Le premier est la transposition dans le discours politique des principes du web. Si l'ouverture et la transparence des protocoles et la neutralit&#233; du net sont &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; de bonnes choses pour les &#233;changes &#233;lectroniques, la transparence totale n'est pas n&#233;cessairement b&#233;n&#233;fique dans la vie publique et politique. Un minimum d'hypocrisie, par exemple, est souvent n&#233;cessaire dans les &#233;changes humains, y compris les &#233;changes politiques, et ces principes doivent faire l'objet de d&#233;bats plut&#244;t qu'&#234;tre appliqu&#233;s &#224; la lettre. L'autre discours critiqu&#233; est la remise en question de toute proposition de r&#233;gulation du web, qui irait &#224; l'encontre de l'ouverture ou de la neutralit&#233;. Outre le fait qu'Internet est assez h&#233;t&#233;rog&#232;ne et &#233;volutif, avec de nombreux protocoles et moyens d'acc&#232;s diff&#233;rents &#224; l'information, dont tous ne respectent pas n&#233;cessairement ces principes, ces oppositions peuvent aller dans le mauvais sens. Morozov donne un exemple lors d'une conf&#233;rence : si toutes les donn&#233;es g&#233;r&#233;es par les administrations publiques devenaient librement accessibles, ce seront les multinationales des nouvelles technologiques qui pourraient en profiter le plus. En effet, ce sont elles qui disposent des meilleures infrastructures pour exploiter de gros volumes de donn&#233;es. Du coup, il peut sembler judicieux de r&#233;fl&#233;chir &#224; un moyen de r&#233;guler soit la mani&#232;re dont ces donn&#233;es sont accessibles, soit les conditions dans lesquelles les multinationales peuvent collecter et traiter ces informations publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus gros probl&#232;me &#224; la lecture du livre est que le propos est un peu confus, et que, comme lorsque l'auteur parle du &#171; webcentrisme &#187;, il laisse au lecteur le soin de vraiment comprendre ce &#224; quoi il fait r&#233;f&#233;rence. Le style journalistique et les titres-formules rendent certes la lecture agr&#233;able, mais l'absence de d&#233;finitions claires ou d'un minimum de cadre th&#233;orique donnent au tout l'impression d'&#234;tre peu structur&#233;. On serait m&#234;me tent&#233; d'y voir par moment la faiblesse de son argumentation. Autre reproche, Evgeny Morozov, qui envisage pleinement des usages pertinents des nouvelles technologies, sugg&#232;re des alternatives &#171; publiques &#187; &#224; la collecte des donn&#233;es personnelles. Pourtant, m&#234;me des cadres de la Silicon Valley commencent &#224; parler du pouvoir nocif du &lt;i&gt;big data&lt;/i&gt; et de l'impossibilit&#233; d'emp&#234;cher les &#201;tats et entreprises d'obtenir toute information pr&#233;sente sur Internet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='C'est le propos qu'a tenu Maciej Ceglowski, le fondateur de Pinboard, un (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Quelques libertaires pourraient sugg&#233;rer &#224; raison que nous ne voulons tout simplement pas que des informations comme la liste de nos appels t&#233;l&#233;phonique, notre annuaire ou nos positions g&#233;ographiques, soient enregistr&#233;es et conserv&#233;es. Et ce que ce soit par des entreprises motiv&#233;es par le profit ou par des collectivit&#233;s publiques d&#233;sirant am&#233;liorer leurs services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ces r&#233;ticences, quelques bonnes id&#233;es se d&#233;gagent, m&#234;me si elles ne font pas l'objet d'une partie d&#233;di&#233;e ou d'un d&#233;veloppement minimal. Tout d'abord, les services ou solutions propos&#233;es par des entreprises sont toujours pens&#233;es dans l'int&#233;r&#234;t de celles-ci. Avec un peu d'imagination, il est souvent possible de proposer un service diff&#233;rent qui permette les m&#234;mes b&#233;n&#233;fices sociaux sans les contreparties d'un service privatis&#233;. Ensuite, le d&#233;veloppement d'un nouveau service ou d'une technologie ne doit pas &#234;tre l'unique mani&#232;re d'aborder un probl&#232;me social. Pour &#233;viter cet &#233;cueil, il est primordial de ne pas r&#233;duire les enjeux politiques &#224; de pures questions techniques. Enfin l'efficacit&#233; en politique doit toujours &#234;tre prise avec des pincettes. Avec les nouvelles technologies, il est tentant de d&#233;l&#233;guer la prise de d&#233;cisions &#224; des algorithmes et d'utiliser des applications et logiciels participatifs pour tenir compte de l'avis du plus grand nombre. Deux dangers guettent. D'un c&#244;t&#233;, une d&#233;politisation toujours plus forte, r&#233;sultat d'une limitation des rencontres physiques et d&#233;bats de vive voix ainsi que d'une attention excessive sur les probl&#232;mes facilement compr&#233;hensibles et quantifiables. De l'autre, l'apparition de mesures discriminatoires, &#171; solutions &#187; faciles et efficaces qui peuvent rapidement surgir d'un algorithme mal con&#231;u ou d'un probl&#232;me mal formul&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est le propos qu'a tenu Maciej Ceglowski, le fondateur de Pinboard, un service web de gestion de signets, &lt;a href=&#034;http://www.soufron.com/et-si-le-big-data-etait-aussi-dangereux-que-le-nucleaire-faut-il-imaginer-une-demi-vie-pour-les-donnees/&#034;&gt;lors d'une conf&#233;rence professionnelle sur le sujet&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>La Double Impasse</title>
		<link>https://lan02.butternet.net/La-Double-Impasse</link>
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		<dc:date>2015-12-18T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Aude Vidal</dc:creator>


		<dc:subject>Th&#233;orie politique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Sophie Bessis La Double Impasse. L'Universel &#224; l'&#233;preuve des fondamentalismes religieux et marchand La D&#233;couverte, 2014 240 pages, 19 &#8364; &lt;br class='autobr' /&gt;
Deux visions inconciliables du monde : la d&#233;mocratie lib&#233;rale d'un c&#244;t&#233;, avec son individualisme bon teint, et de l'autre une doctrine pass&#233;iste, &#224; la violence m&#233;di&#233;vale. Les deux se seraient heurt&#233;s de plein fouet lors des &#233;v&#233;nements de 2015. Dans cet ouvrage publi&#233; quelques mois plus t&#244;t, Sophie Bessis renvoie dos &#224; dos ce qu'elle appelle la &#171; th&#233;ologie de march&#233; &#187; (ne (...)&lt;/p&gt;


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240 pages, 19 &#8364;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Deux visions inconciliables du monde : la d&#233;mocratie lib&#233;rale d'un c&#244;t&#233;, avec son individualisme bon teint, et de l'autre une doctrine pass&#233;iste, &#224; la violence m&#233;di&#233;vale. Les deux se seraient heurt&#233;s de plein fouet lors des &#233;v&#233;nements de 2015. Dans cet ouvrage publi&#233; quelques mois plus t&#244;t, Sophie Bessis renvoie dos &#224; dos ce qu'elle appelle la &#171; th&#233;ologie de march&#233; &#187; (ne parle-t-on pas de &#171; dogme &#187; n&#233;o-lib&#233;ral ?) et le fondamentalisme religieux, protestant et musulman au premier chef. Il ne s'agit pas selon elle d'un choc des civilisations mais du d&#233;sarroi d'un monde livr&#233; &#224; un monstre &#224; deux faces qui se nourrissent l'une l'autre, un monde au bord de l'&#233;puisement &#233;cologique et o&#249; les id&#233;es &#233;mancipatrices peinent d&#233;sormais &#224; se faire entendre. Le d&#233;veloppement ne signifie plus que l'int&#233;gration au capitalisme mondialis&#233;, l'argent passe au rouleau compresseur la diversit&#233; du monde. Les trait&#233;s transatlantique et transpacifique proposent de peaufiner l'arsenal juridique global pour la pr&#233;dation des ressources publiques par les int&#233;r&#234;ts priv&#233;s. Les mondes musulmans, du Mali &#224; l'Indon&#233;sie, sont uniformis&#233;s par la magie des p&#233;trodollars. La mondialisation est l&#224;, et bien l&#224;, mais l'universalisme recule. Ne restent que les identit&#233;s : celle des Charlie qui bravent les barbares en levant leur verre, oubliant l'&#233;tat de d&#233;litement de leur &#171; d&#233;mocratie &#187;, gouvernement repr&#233;sentatif aux abois depuis que l'ordre n&#233;olib&#233;ral s'est impos&#233; depuis Chicago ou Bruxelles ; celle de ceux et celles qui ne sont plus d&#233;sormais que des musulman-e-s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sophie Bessis, historienne de ce monde arabe qui fournit les exemples de sa d&#233;monstration, d&#233;nonce le choix fait par des r&#233;gimes autoritaires de leur opposition, qui ne sera plus marxiste mais islamiste, et la complaisance &#224; ce sujet des pays occidentaux qui se gargarisent de libert&#233; et de d&#233;mocratie tout en accordant le droit &#224; de telles aspirations &#224; qui leur chante, c'est-&#224;-dire &#224; des groupes dont les int&#233;r&#234;ts sont compatibles avec les leurs (anti-imp&#233;rialistes s'abstenir). Elle n'est pas plus tendre envers la gauche la plus radicale, post-moderne et diff&#233;rentialiste. Les exemples qu'elle donne semblent outr&#233;s, peut-&#234;tre choisis avec trop de partialit&#233; : peut-on d&#233;cemment juger en Europe des faits de violence conjugale sur des standards qu'on imagine &#234;tre ceux des &#233;poux, irr&#233;m&#233;diables autres dont il faudrait respecter les m&#339;urs ? Et puis : ne peut-on lutter contre les discriminations &#224; l'encontre des femmes voil&#233;es tout en restant critique de ce que le voile dit de la place des femmes dans l'espace public ou de la globalisation de l'islam ? Son refus du concept d'islamophobie est convainquant : racisme, violence de classe et parfois sexisme peuvent expliquer les discriminations subies en France par les descendant-e-s de sujets coloniaux sans que la religion qu'on leur pr&#234;te soit forc&#233;ment mise en cause. Il ne semble &#224; cet &#233;gard pas idiot de mod&#233;rer l'usage de cette notion plut&#244;t que d'&#233;craser des groupes sociaux sous le poids d'assignations &#224; une religion peut-&#234;tre pas pratiqu&#233;e mais tenue de r&#233;sumer leur identit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imp&#233;rialiste ou post-moderne, cynique ou noy&#233; sous les bonnes intentions, le regard pos&#233; par les occidentaux sur le monde arabe lui porte le plus souvent un grand tort en &#233;tablissant un &#171; deux poids, deux mesures &#187; syst&#233;matique. Par un tour de passe-passe, une vision in&#233;galitaire des rapports femmes-hommes serait acceptable parce que port&#233;e par des femmes revendicatrices (c'est ce que postule peu ou prou le &#171; f&#233;minisme du choix &#187;, qui refuse d'envisager contrainte et servitude volontaire), l'islamisme (soit le projet de soumission plus ou moins autoritaire de la vie publique &#224; l'interpr&#233;tation de la volont&#233; divine) pourrait &#234;tre &#171; mod&#233;r&#233; &#187; et les aspirations d&#233;mocratiques seraient des lubies de bourgeois sous influence occidentale d&#233;sormais tax&#233;s d'&#171; extr&#233;misme la&#239;c &#187;. Reprenant le mot de Kateb Yacine qui parle de la langue fran&#231;aise comme d'un &#171; butin de guerre &#187;, Sophie Bessis consid&#232;re que la libert&#233; individuelle et la souverainet&#233; populaire sont des conqu&#234;tes accessibles &#224; tous et toutes, non pas des cadeaux empoisonn&#233;s de l'Occident mais des fruits qu'il est temps de cueillir &#224; ce moment d'une histoire commune bien mouvement&#233;e. Il est certainement possible de se livrer &#224; un droit d'inventaire plus s&#233;v&#232;re que le sien sur l'universalisme (la notion de droits, individuels et formels, peut en &#234;tre l'occasion, cf. notre chronique de &lt;a href=&#034;http://www.lan02.org/2015/06/la-tyrannie-des-droits/&#034;&gt; &lt;i&gt;La Tyrannie des droits&lt;/i&gt; &lt;/a&gt; de Brewster Kneen) mais le refus qu'elle oppose &#224; cette scl&#233;rose des identit&#233;s est salutaire. En bonne historienne, elle ancre dans le temps les soubresauts du monde arabe plut&#244;t que de les essentialiser. Il a, argumente-t-elle avec &#233;l&#233;gance, droit &#224; la complexit&#233;. Et nous, lecteurs et lectrices, &#233;galement&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Brut</title>
		<link>https://lan02.butternet.net/Brut</link>
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		<dc:date>2015-12-17T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Aude Vidal</dc:creator>


		<dc:subject>Environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Reportage</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;David Dufresne, Nancy Huston, Naomi Klein, Melina Laboucan-Massimo et Rudy Wiebe, Brut. La Ru&#233;e vers l'or noir Lux &#233;diteur, Montr&#233;al, 2015 108 pages, 12 &#8364; &lt;br class='autobr' /&gt;
Du brut. Par millions de barils. Ou comment donner &#224; voir l'exploitation des sables bitumineux du Canada. Barils, dollars, gaz &#224; effet de serre, degr&#233;s de r&#233;chauffement&#8230; On conna&#238;t l'histoire mais voici une invitation &#224; en d&#233;couvrir jusqu'aux acteurs les plus modestes, en un livre composite o&#249; se m&#234;lent reportage, t&#233;moignage, plaidoyer et litt&#233;rature, (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;David Dufresne, Nancy Huston, Naomi Klein, Melina Laboucan-Massimo et Rudy Wiebe, &lt;i&gt;Brut. La Ru&#233;e vers l'or noir&lt;/i&gt; Lux &#233;diteur, Montr&#233;al, 2015&lt;br class='autobr' /&gt;
108 pages, 12 &#8364;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Du brut. Par millions de barils. Ou comment donner &#224; voir l'exploitation des sables bitumineux du Canada. Barils, dollars, gaz &#224; effet de serre, degr&#233;s de r&#233;chauffement&#8230; On conna&#238;t l'histoire mais voici une invitation &#224; en d&#233;couvrir jusqu'aux acteurs les plus modestes, en un livre composite o&#249; se m&#234;lent reportage, t&#233;moignage, plaidoyer et litt&#233;rature, et autant de voix. Fort McMurray, dans le Nord-Est de l'Alberta, est la capitale de ces hydrocarbures que l'on dit non-conventionnels : leur exploitation, plus polluante et plus co&#251;teuse que partout ailleurs, souille 90 000 km2 de terres et le bassin du fleuve Mackenzie, l'une des principales sources d'eau douce au monde. Dans des mines &#224; ciel ouvert, des camions de trois &#233;tages chargent ce m&#233;lange de sable, d'argile et de bitume. Moins visible, l'exploitation par forage consomme plus d'eau et rel&#226;che plus de produits toxiques. Le transport par pipe-line, ensuite, d&#233;verse lors de fuites r&#233;guli&#232;res des millions de litres jusque dans l'oc&#233;an Pacifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contamination rend la r&#233;gion invivable mais pourtant on y vit. D'abord les personnes des premi&#232;res nations, dont la militante &#233;cologiste Melina Laboucan-Massimo se fait ici la porte-parole en brossant un premier tableau des d&#233;g&#226;ts inflig&#233;s aux terres des Cris lubicons, une pollution massive des &#171; ta&#239;gas, fleuves, plaines, zones humides ou tourbi&#232;res &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Melina Laboucan-Massimo, &#171; Du p&#233;trole en territoire lubicon &#187;, photo-essai sur (...)' id='nh3-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; dont ils tiraient leur subsistance. Ensuite les travailleurs du p&#233;trole ainsi que ceux et celles qui entretiennent Fort McMurray, ville-champignon et capitale des &lt;i&gt;tar sands&lt;/i&gt; . D'un ramasseur de canettes &#224; la maire, d'un tenancier de bar &#224; filles &#224; la directrice de la banque alimentaire, David Dufresne brosse leur portrait. Et en creux celui des jeunes hommes qui viennent travailler pour l'industrie p&#233;troli&#232;re, gagner des sommes folles, en claquer une partie tout en esp&#233;rant partir un matin, sans pr&#233;venir, avec un bon magot (compter 50 000 $ par semestre et ne pas imaginer rester plus de deux ans). Dufresne examine les relations entre soci&#233;t&#233; et &lt;i&gt;big business&lt;/i&gt; , ici au niveau municipal, en posant la question : le p&#233;trole est-il soluble dans la d&#233;mocratie ? Pour Nancy Huston et Naomi Klein, dont un dialogue est retranscrit, Fort McMurray est le visage de l'horreur. La loi du profit d&#233;truit les conditions d'une vie authentiquement humaine : un environnement o&#249; trouver sa subsistance, qui ne rende pas malade, et quelque chose comme une communaut&#233; politique, o&#249; le bien commun soit mieux pris en consid&#233;ration que l'avidit&#233; individuelle. Partout dans le monde cette vision recule mais Fort McKenzie pr&#233;sente un &#233;tat tr&#232;s avanc&#233; de ce que peut faire la loi du profit sur les paysages et les personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;Brut &lt;/i&gt; est bref mais entrouvre les portes d'un de ces enfers extractivistes qui nourrissent la machine industrielle. La plong&#233;e est rude mais salutaire : est-ce dans ce monde-l&#224; que nous souhaitons vivre ? Au milieu de justes indignations, cependant, la plainte de Nancy Huston sur les travailleurs du p&#233;trole contraints &#224; la prostitution (entendre : contraints &#224; recourir aux services de personnes prostitu&#233;es &#8211; dont on apprend par ailleurs qu'elles se partagent un joli g&#226;teau) pourrait presque nous faire oublier la violence que les hommes exercent sur les femmes, l&#224;-bas plus qu'ailleurs. Partout au Canada on d&#233;plore les violences, assassinats et disparitions dont sont victimes les femmes autochtones et que les industries n&#233;ocoloniales (qui comme la guerre livrent des territoires entiers &#224; des hordes d'hommes pr&#233;dateurs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Lire &#224; ce sujet &#034;Qu&#233;bec : cap au Nord !&#034; dans le n&#176;3 de L'An 02 (...)' id='nh3-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ) exacerbe. Serait-ce que l'Alberta &#233;chappe &#224; la mal&#233;diction des agressions sur les prostitu&#233;es et de la violence envers les femmes des premi&#232;res nations ? Les d&#233;bats parisiens et la bonne id&#233;e de l'auteure canadienne d'&#233;tablir pour les jeunes filles un service civil du vidage de couilles sont une chose, l'oubli de faire &#233;tat dans ce contexte d'une violence sp&#233;cifiquement dirig&#233;e contre les femmes en est une autre qui me semble plus grave. D'o&#249; une l&#233;g&#232;re d&#233;ception que cette question n'apparaisse pas, &#224; plus forte raison dans un livre qui pr&#233;sente une certaine diversit&#233; de regards, f&#233;minins notamment. Si une soci&#233;t&#233; se distingue par la mani&#232;re dont elle traite les personnes les plus vuln&#233;rables, les dangers qui p&#232;sent sur les femmes autochtones ne sont pas un d&#233;tail de l'histoire. &lt;i&gt; Brut &lt;/i&gt; reste malgr&#233; cela un riche petit ouvrage, qu'il est possible de prolonger gr&#226;ce aux &#339;uvres de David Dufresne : autour des m&#234;mes rencontres, le journaliste a produit un &lt;a href=&#034;http://www.davduf.net/-fort-mcmoney-&#034;&gt;jeu-documentaire&lt;/a&gt; puis un film. Plong&#233;e d'autant plus r&#233;aliste dans cet univers sordide, le froid et les odeurs d'hydrocarbures en moins.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb3-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-1' class='spip_note' title='Notes 3-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Melina Laboucan-Massimo, &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=qz3nSscXamI&#034;&gt;&#171; Du p&#233;trole en territoire lubicon &#187;&lt;/a&gt;, photo-essai sur un texte tr&#232;s proche de celui qui est traduit ici.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-2' class='spip_note' title='Notes 3-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire &#224; ce sujet &lt;a href=&#034;http://www.lan02.org/2013/04/quebec-cap-au-nord/&#034;&gt;&#034;Qu&#233;bec : cap au Nord !&#034;&lt;/a&gt; dans le n&#176;3 de &lt;i&gt;L'An 02&lt;/i&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Seuls ensemble</title>
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		<dc:date>2015-07-01T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Aude Vidal</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Seuls ensemble. De plus en plus de technologies, de moins en moins de relations humaines (2011) Sherry Turkle Traduit par Claire Richard L'&#201;chapp&#233;e, 2015 528 pages, 22 euros &lt;br class='autobr' /&gt;
Sherry Turkle prend soin de le pr&#233;ciser tout le long de son ouvrage. Non, elle n'est pas luddite (du nom de ces ouvrier&#183; e&#183;s briseurs de machine s'&#233;tant donn&#233; pour chef un imaginaire Ned Ludd). Non, elle n'est pas technophobe. Et de fait, le propos de cette psychologue directrice de d&#233;partement au Massachussets Institute of (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-Lectures-" rel="directory"&gt;Lectures&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L106xH150/arton162-c9280.jpg?1703348970' width='106' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Seuls ensemble. De plus en plus de technologies, de moins en moins de relations humaines&lt;/i&gt; (2011)&lt;br class='autobr' /&gt;
Sherry Turkle&lt;br class='autobr' /&gt;
Traduit par Claire Richard&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#201;chapp&#233;e, 2015&lt;br class='autobr' /&gt;
528 pages, 22 euros&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sherry Turkle prend soin de le pr&#233;ciser tout le long de son ouvrage. Non, elle n'est pas luddite (du nom de ces ouvrier&#183; e&#183;s briseurs de machine s'&#233;tant donn&#233; pour chef un imaginaire Ned Ludd). Non, elle n'est pas technophobe. Et de fait, le propos de cette psychologue directrice de d&#233;partement au Massachussets Institute of Technology est assez mesur&#233;. Elle essaie de comparer chacune de ses observations avec nos usages d'avant le surgissement de machines high tech : qu'est-ce qui change entre une poup&#233;e et un robot social dans la r&#233;action d'un enfant ? entre un &#233;change sur Skype et une lettre pour les personnes mises en relation ? Et ses conclusions ne sont pas fracassantes, in&#233;dites ou catastrophistes. Mais oui, quelque chose change quand nous nous entourons d'objets nouveaux, avec des fonctionnalit&#233;s nouvelles. Nous nous y adaptons, ils suscitent en nous des comportements diff&#233;rents qui nous sont peut-&#234;tre dommageables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me partie de l'ouvrage, qui se lit comme un roman, s'attache aux usages des techniques de communication : sms, courriel, Facebook, Skype et de nombreux sites sociaux. Turkle nous ouvre les portes d'un monde o&#249; les courriels sont r&#233;serv&#233;s au milieu professionnel, o&#249; les coups de fil sont d&#233;sormais per&#231;us comme intrusifs et o&#249; on s'envoie des centaines de sms par jour. Enthousiasme d'ados pris&#183; es au jeu de pouvoir travailler leur communication et de ne plus passer par une parole trop spontan&#233;e. Angoisse de perdre le fil rassurant qui lie aux ami&#183; e&#183;s et &#224; la famille : pour se sentir en s&#233;curit&#233;, beaucoup d'interview&#233;&#183; e&#183;s &#233;crivent des sms au volant, cherchez l'erreur. Et devant la pression que met l'injonction &#224; communiquer en continu et l'&#233;puisement que cela occasionne, Turkle observe &#233;galement des strat&#233;gies de retraits : un adolescent ferme son compte Facebook et insiste pour ne plus voir ses ami&#183; e&#183;s qu'en face &#224; face ; une jeune fille de quatorze ans n'emm&#232;ne plus son t&#233;l&#233;phone mobile pendant la journ&#233;e. Une sagesse dont sont parfois incapables leurs parents, scotch&#233;&#183; e&#183;s &#224; leur smartphone pendant les repas ou qui perdent (comme l'auteure) un temps de sommeil pr&#233;cieux en checkant une derni&#232;re fois leurs courriels avant de se coucher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Turkle s'inqui&#232;te des cons&#233;quences de la vie hyper-connect&#233;e sur notre psychisme et sur la qualit&#233; de notre vie sociale. En baisse, semble-t-il, puisque apr&#232;s quinze ans de ce r&#233;gime un&#183; e &#201;tats-unien&#183;ne n'a plus en moyenne que deux personnes &#224; qui parler de choses importantes l&#224; o&#249; elle en avait trois. Sans compter que s'accro&#238;t le nombre d'individus qui n'ont personne &#224; qui parler. Certes la possibilit&#233; de se construire en ligne une nouvelle identit&#233;, sans tra&#238;ner celle avec laquelle on est en difficult&#233;, offre parfois des possibilit&#233;s th&#233;rapeutiques. Mais l'&#233;chappatoire est autre chose qu'une &#233;tape transitoire et constructrice. Et trop nombreuses sont les occasions de se traiter les un&#183; e&#183;s les autres comme moyen plut&#244;t que fin et, en cherchant la facilit&#233; de relations sans responsabilit&#233;, de se faire en toute r&#233;ciprocit&#233; traiter de mani&#232;re irresponsable. Le bilan est-il si profitable ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais n'ayons crainte car, &#224; mesure que s'endurcira le monde social autour de nous, nous aurons la possibilit&#233; de nous entourer de robots complaisants&#8230; C'est l'objet d'une premi&#232;re partie un peu longue, mais le retour final sur les questions qu'elle pose est tr&#232;s stimulant. La qualit&#233; de conception de certains robots leur permet d'appara&#238;tre, aux yeux d'&#234;tre humains, comme des &#234;tres sensibles. Quand bien m&#234;me on aurait parall&#232;lement conscience de leur fabrication, on projette sur eux nos &#233;motions, tandis qu'eux sont programm&#233;s pour exprimer et feindre des &#233;motions copi&#233;es sur les n&#244;tres. Puisque ces robots donnent l'illusion d'une pr&#233;sence humaine, puisque cela &#171; fonctionne &#187; aupr&#232;s d'enfants ou de personnes &#226;g&#233;es, pourquoi ne pas les utiliser pour entourer de pr&#233;sence et de soins les &#234;tres humains dont nous n'avons pas le temps de nous occuper ? Robot baby-sitter, robot aide-soignant soulageraient d'un fardeau les adultes productifs. Qui est un fardeau pour qui ? Le salaire des baby-sitters et des aides-soignant&#183; e&#183;s fait d'elles un fardeau. Fardeau &#233;galement les personnes vuln&#233;rables &#224; charge. Comment garder le sens de son humanit&#233; ou de celle de l'autre dans ces conditions ? C'est pour cela qu'un ami handicap&#233; de Turkle avoue pr&#233;f&#233;rer un&#183;e soignant&#183;e malveillant &#224; un robot&#8230; au moins a-t-il l'impression, m&#234;me maltrait&#233;, d'&#234;tre vivant et humain.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le Retour de la bicyclette</title>
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		<dc:date>2015-07-01T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Thiesset</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le Retour de la bicyclette. Une histoire des d&#233;placements urbains en Europe, de 1817 &#224; 2050 Fr&#233;d&#233;ric H&#233;ran La D&#233;couverte, 2014 219 pages, 17,90 euros - Parution poche septembre 2015 256 pages, 10 euros &lt;br class='autobr' /&gt;
Quand il appara&#238;t &#224; la fin du XIXe si&#232;cle, le v&#233;locip&#232;de (litt&#233;ralement &#171; pieds rapides &#187;) est le v&#233;hicule de la modernit&#233;. Objet de distinction sociale, il permet d'acc&#233;l&#233;rer les d&#233;placements individuels, concurrence le cheval et ouvre la voie &#224; l'automobile. Apr&#232;s s'&#234;tre impos&#233; comme moyen de transport (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-Lectures-" rel="directory"&gt;Lectures&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L92xH150/arton163-c7d5f.jpg?1703348970' width='92' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Retour de la bicyclette. Une histoire des d&#233;placements urbains en Europe, de 1817 &#224; 2050&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Fr&#233;d&#233;ric H&#233;ran&lt;br class='autobr' /&gt;
La D&#233;couverte, 2014&lt;br class='autobr' /&gt;
219 pages, 17,90 euros - Parution poche septembre 2015 256 pages, 10 euros&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quand il appara&#238;t &#224; la fin du XIXe si&#232;cle, le v&#233;locip&#232;de (litt&#233;ralement &#171; pieds rapides &#187;) est le v&#233;hicule de la modernit&#233;. Objet de distinction sociale, il permet d'acc&#233;l&#233;rer les d&#233;placements individuels, concurrence le cheval et ouvre la voie &#224; l'automobile. Apr&#232;s s'&#234;tre impos&#233; comme moyen de transport populaire, le v&#233;lo a peu &#224; peu c&#233;d&#233; le passage &#224; la circulation &#224; p&#233;trole durant la seconde moiti&#233; du XXe si&#232;cle. Sa pratique a tellement chut&#233; qu'elle ne repr&#233;sente aujourd'hui qu'environ 3 % des d&#233;placements en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, contrairement aux assertions des propagandistes du progr&#232;s illimit&#233;, l'histoire des techniques n'est jamais lin&#233;aire. Et voil&#224; que, dans nos rues transform&#233;es en couloirs &#224; bagnoles, se faufile &lt;i&gt;Le Retour de la bicyclette&lt;/i&gt; : c'est sous ce titre optimiste qu'un ouvrage &#233;crit par l'&#233;conomiste Fr&#233;d&#233;ric H&#233;ran se penche sur l'&#233;volution des d&#233;placements urbains au cours des deux derniers si&#232;cles. Une &#233;volution qui est faite de conflits entre modes de transports. N'en d&#233;plaise aux partisan&lt;br class='autobr' /&gt;
&#183;e&#183;s timor&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#183;e&#183;s d'une &#171; intermodalit&#233; &#187; paisible, qui se refusent &#224; mettre radicalement en cause la place de l'automobile, cette &#233;tude riche et document&#233;e montre clairement que le retour de la bicyclette ne peut se faire qu'en renversant la domination &#233;crasante des cercueils vrombissants. Il ne suffit pas de peindre quelques bandes cyclables le long des trottoirs et de poser quelques arceaux &#224; v&#233;lo pour faire advenir une mobilit&#233; douce. Dans les villes d'Europe de l'ouest o&#249; la part modale de la bicyclette est la plus importante, des b&#226;tons ont &#233;t&#233; gliss&#233;s dans les jantes des motoris&#233;s. Parmi les leviers d'action, citons : limitations de vitesse &#224; 30 km/heure, lutte contre l'&#233;talement urbain et la prolif&#233;ration de routes et parkings, fortes taxes sur le stationnement, p&#233;ages urbains, zones &#224; trafic limit&#233;, code de la route qui donne la priorit&#233; aux pi&#233;ton&#183;ne&#183;s et cyclistes... Sans oublier, en ce qui concerne les Pays-Bas et le Danemark, de fortes taxes sur l'essence et l'achat des bo&#238;tes &#224; roulettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'espace public ne peut &#234;tre reconquis par les bip&#232;des qu'en restreignant le flot d'autos. En remettant en cause l'urbanisme et l'am&#233;nagement du territoire, model&#233; pour le d&#233;versement toujours plus rapide d'&lt;i&gt;homo automobilus&lt;/i&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;devenus d&#233;pendants &#224; leurs proth&#232;ses &#224; moteur. C'est ainsi que, apr&#232;s &#234;tre n&#233;e sous le drapeau du progr&#232;s, la d&#233;bonnaire bicyclette s'est transform&#233;e en un symbole subversif, de sobri&#233;t&#233;, de convivialit&#233;, d'autonomie contre une soci&#233;t&#233; m&#233;canis&#233;e, hypermobile, d&#233;vou&#233;e &#224; l'acc&#233;l&#233;ration sans fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr&#233;d&#233;ric H&#233;ran conclut son ouvrage par une prospective qui partage les analyses de la d&#233;croissance : face &#224; la fin de l'&#233;nergie bon march&#233;, &#224; la rar&#233;faction des m&#233;taux, &#224; l'endettement massif qui ne permet plus de d&#233;rouler de gigantesques infrastructures routi&#232;res, au d&#233;r&#232;glement climatique qui impose de restreindre drastiquement les &#233;missions de gaz &#224; effet de serre, ou encore &#224; la crise sanitaire qui touche les soci&#233;t&#233;s s&#233;dentaires, la croissance du parc automobile ne pourra pas s'&#233;tendre ind&#233;finiment. Cette calamit&#233; conna&#238;tra un pic avant de d&#233;cliner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, nous n'y sommes pas encore. M&#234;me si la pratique du v&#233;lo se redresse l&#233;g&#232;rement depuis dix ans, m&#234;me si les b&#233;tonneurs commencent &#224; la prendre en compte dans leurs am&#233;nagements, le &#171; retour de la bicyclette &#187; reste timide alors que, cet &#233;t&#233;, 994 kilom&#232;tres de bouchons cumul&#233;s ont &#233;t&#233; enregistr&#233;s dans le grand chass&#233;-crois&#233; entre automobilistes juillettistes et automobilistes ao&#251;tien&lt;br class='autobr' /&gt;
&#183;ne&#183;s. Soit la distance Lille-Marseille satur&#233;e de bagnoles. Record battu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les grands pays producteurs d'automobiles, les &#201;tats soutiennent leur industrie moribonde quitte &#224; la subventionner &#224; fonds perdus et &#224; faire croire &#224; l'av&#232;nement de voitures &#233;lectriques &#171; propres &#187; (ce qui est une publicit&#233; mensong&#232;re). La priorit&#233; est toujours donn&#233;e &#224; la machine sur l'humain. Preuve gla&#231;ante : lorsqu'un pic de pollution contraint les autorit&#233;s &#224; &#171; communiquer &#187;, elles conseillent aux enfants, aux vieux, aux cardiaques, aux asthmatiques et aux femmes enceintes de rester chez eux et de ne pas trop bouger, pendant que les &#233;chappements recrachent librement leurs particules fines. La d&#233;esse automobile ne sera pas d&#233;boulonn&#233;e d'elle-m&#234;me. Alors, v&#233;lorutionnaires de tous les pays, en danseuse !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Caliban et la sorci&#232;re</title>
		<link>https://lan02.butternet.net/Caliban-et-la-sorciere</link>
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		<dc:date>2015-07-01T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;cile Talbot</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Silvia Federici Caliban et la sorci&#232;re. Femmes, corps et accumulation primitive Traduit par Senonevero Entremonde, 2014 464 pages, 24 &#8364; &lt;br class='autobr' /&gt;
Sorci&#232;res, mes s&#339;urs &#8230; Jeune f&#233;ministe, j'ai longtemps cherch&#233; mon herstory : quand, comment nos s&#339;urs furent-elles soumises au patriarcat ? Je savais que je n'aurais aucun soutien l&#224;-dessus de la part de mes camarades pleins d'&#233;nergie r&#233;volutionnaire viriliste, qui consid&#233;raient notre f&#233;minisme naissant au mieux comme un passe-temps, au pire comme une trahison. (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L98xH150/arton164-73780.png?1703348970' width='98' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Silvia Federici&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt; Caliban et la sorci&#232;re. Femmes, corps et accumulation primitive &lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Traduit par Senonevero&lt;br class='autobr' /&gt;
Entremonde, 2014&lt;br class='autobr' /&gt;
464 pages, 24 &#8364;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sorci&#232;res, mes s&#339;urs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Titre d'un film vid&#233;o de Camille Ducellier et d'un livre de Chantal Montellier (...)' id='nh4-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#8230; Jeune f&#233;ministe, j'ai longtemps cherch&#233; mon &lt;i&gt;herstory&lt;/i&gt; : quand, comment nos s&#339;urs furent-elles soumises au patriarcat ? Je savais que je n'aurais aucun soutien l&#224;-dessus de la part de mes camarades pleins d'&#233;nergie r&#233;volutionnaire viriliste, qui consid&#233;raient notre f&#233;minisme naissant au mieux comme un passe-temps, au pire comme une trahison. Pourquoi les &#233;crits f&#233;ministes qui circulent le mieux sont souvent issus de la philosophie, du monde litt&#233;raire (et ceux-ci sont en effet indispensables pour comprendre les aspects id&#233;ologiques du probl&#232;me) mais beaucoup moins de l'&#233;conomie, de l'histoire ? C'est bien de ces outils-l&#224; dont nous avons besoin, pour d&#233;construire la structure o&#249; est enracin&#233;e le patriarcat moderne. Ils sont heureusement nombreux et &lt;i&gt;Caliban&lt;/i&gt; en est un.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Federici s'emploie d'abord &#224; restituer l'histoire des luttes antif&#233;odales, oubli&#233;es des programmes scolaires qui nous inculquent une histoire des victoires de l'homme blanc. Elle nous raconte que dans la soci&#233;t&#233; f&#233;odale, les femmes avaient une place, un r&#244;le &#233;conomique, des activit&#233;s publiques et collectives. Que la confiscation (le vol) des biens et espaces communautaires par les &#201;tats en train de se structurer ne s'est pas fait sans r&#233;sistances, des femmes y compris. Elle nous rappelle la port&#233;e r&#233;volutionnaire de ces soul&#232;vements, mais surtout le massacre syst&#233;matique des r&#233;sistances f&#233;minines par la chasse aux sorci&#232;res. Cette entreprise de contr&#244;le des femmes par la terreur et la torture, loin d'&#234;tre un reliquat d'obscurantisme mourant, cette extermination (car les ex&#233;cutions se comptent en dizaines de milliers) avait bien pour but d'annihiler le contr&#244;le qu'elles d&#233;tenaient sur leur vie et sur leur corps, de les transformer en machines au service du salariat. C'est bien le capitalisme, main dans la main avec l'&#201;tat naissant, dans toute l'Europe, qui a forg&#233; le premier outil au service de son empire : le corps travailleur. Et pour le produire et l'entretenir, il a fallu la contribution gratuite et invisible de deux sortes d'esclaves : les femmes et leur ventre d'un c&#244;t&#233; ; les esclaves et colonis&#233;&#183;e&#183;s qui produisent les marchandises &#224; bon march&#233;, rendant possible le maintien des bas salaires, de l'autre c&#244;t&#233;. Camarade gaucho-anarcho-viril (blanc), l'antiracisme et le f&#233;minisme ne seront jamais des luttes secondaires puisque c'est bien le racisme et le sexisme qui ont permis ce merdier. Voil&#224; des raisons renouvel&#233;es de refuser le travail domestique et de soin gratuits. Ce qui &#233;claire d'ailleurs le fait que Federici ait pu d&#233;fendre le salaire maternel : &#234;tre pay&#233;e, c'est passer d'esclave &#224; travailleuse, pouvoir lutter collectivement. Une raison aussi de r&#233;fl&#233;chir &#224; ce qu'impliquerait pour les prostitu&#233;&#183;e&#183;s de passer de d&#233;linquante ou esclave &#224; travailleuse, quoi qu'on pense par ailleurs de cette activit&#233; et de ses porte-parole. Federici nous dit que le refus d'enfanter fait pleinement partie de la lutte des classes. O&#249; es-tu, camarade mec, quand nous manifestons pour que le Planning familial (faute de mieux) survive ? T'es-tu lev&#233; pour que la loi ne r&#233;trograde pas en Espagne ? Organises-tu des bus pour Londres pour les femmes en d&#233;passement de d&#233;lai d'avortement comme tu le fais pour protester contre les fronti&#232;res ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourra regretter une approche essentialisante : focaliser sur l'expropriation des ut&#233;rus n'est-il pas une fa&#231;on de ramener les femmes &#224; leurs organes, et une mani&#232;re trop homog&#232;ne de penser la classe des femmes avec les cat&#233;gories de l'ennemi ? Pourtant, le projet est bien de repenser les femmes en tant que classe, assign&#233;es comme telles par un pouvoir qui les constitue femmes pour les dominer. Ce qui est certain, c'est que cet imposant mais tr&#232;s assimilable livre est stimulant, sans compter qu'il est toujours plaisant de voir une s&#339;ur envoyer Marx et Foucault r&#233;viser leur copie pour avoir consid&#233;r&#233; comme quantit&#233; n&#233;gligeable la moiti&#233; de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais bien plus important, reprendre le pouvoir sur notre propre corps, le conna&#238;tre, savoir &#224; nouveau le soigner, d&#233;cider si, quand et comment enfanter, d&#233;cider de notre sexualit&#233;, me semble encore apr&#232;s cette lecture le plus urgent pour pouvoir nous penser autrement. &lt;i&gt;Yo decido&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Titre du chouette documentaire r&#233;alis&#233; cette ann&#233;e par 80 r&#233;alisatrices sur les (...)' id='nh4-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb4-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-1' class='spip_note' title='Notes 4-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Titre d'un film vid&#233;o de Camille Ducellier et d'un livre de Chantal Montellier qui revisitent toutes deux l'image de la sorci&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-2' class='spip_note' title='Notes 4-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Titre du chouette documentaire r&#233;alis&#233; cette ann&#233;e par 80 r&#233;alisatrices sur les luttes pour le maintien du droit &#224; l'avortement en Espagne, &#224; voir ici : &lt;a href=&#034;http://eltrendelalibertadfilm.blogspot.fr/&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://eltrendelalibertadfilm.blogspot.fr/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Espace et labyrinthes</title>
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		<dc:date>2015-07-01T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Camille</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Vassili Golovanov Espace et labyrinthes Verdier, 2012 244 pages, 18,50 &#8364; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier r&#233;cit de ce recueil, La Source , t&#233;moigne de la m&#233;thode utilis&#233;e dans tout l'ouvrage : parvenir &#224; la source de chaque chose pour tenter de la comprendre, qu'il s'agisse d'un fleuve, d'un auteur, d'une id&#233;ologie ou d'un roman. Ainsi, nous suivons Golovanov en voyage &#224; la source de la Volga, aux origines de l'anarchisme et de la vie de Bakounine, et m&#234;me &#224; la source d'inspiration d'un roman de Platonov. C'est &#224; une (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Vassili Golovanov&lt;br class='autobr' /&gt;
Espace et labyrinthes&lt;br class='autobr' /&gt;
Verdier, 2012&lt;br class='autobr' /&gt;
244 pages, 18,50 &#8364;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le premier r&#233;cit de ce recueil, &lt;i&gt;La Source&lt;/i&gt; , t&#233;moigne de la m&#233;thode utilis&#233;e dans tout l'ouvrage : parvenir &#224; la source de chaque chose pour tenter de la comprendre, qu'il s'agisse d'un fleuve, d'un auteur, d'une id&#233;ologie ou d'un roman. Ainsi, nous suivons Golovanov en voyage &#224; la source de la Volga, aux origines de l'anarchisme et de la vie de Bakounine, et m&#234;me &#224; la source d'inspiration d'un roman de Platonov. C'est &#224; une succession de &#171; voyages insens&#233;s &#187;, au sens premier, que l'auteur se livre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Point n'est besoin ici de situation extr&#234;me, du froid mordant et de l'absence de rep&#232;re qui donnaient &#224; sa pr&#233;c&#233;dente exp&#233;dition sur l'&#238;le de Kolgouev (1) un caract&#232;re si irraisonnable, si d&#233;ment. Les aventures cont&#233;es dans ce recueil sont tout simplement d&#233;pourvues de sens. Golovanov n'en fait pas myst&#232;re, qui nous indique clairement tout l'arbitraire des choix qui ont guid&#233; ses aventures. En fait de source unique, plusieurs ruisseaux peuvent pr&#233;tendre au titre de source de la Volga, et rien ne justifie que celui qui se trouve dans la for&#234;t d'Ovotsk soit pr&#233;f&#233;r&#233; &#224; d'autres par le peuple russe. De m&#234;me, l'inspiration soufie que l'auteur pr&#234;te aux po&#232;mes de Klebnikov n'est qu'une extrapolation litt&#233;raire, puisqu'il est prouv&#233; qu'aucun des textes mentionn&#233;s n'&#233;taient disponible en russe &#224; son &#233;poque. Quant &#224; Tchevengour, le lieu du roman &#233;ponyme de Platonov, il est tout simplement imaginaire, et la qu&#234;te de Golovanov se d&#233;roule, par d&#233;faut, sur les lieux hant&#233;s par l'&#233;crivain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'absurdit&#233; de la t&#226;che fait &#233;cho au fonctionnement du monde contemporain, avec le profit comme seul objectif valable, au sein duquel l'auteur a v&#233;cu en ayant &#171; un travail inutile, une maison inutile o&#249; [il vivait] de fa&#231;on inutile &#187;. Mais contrairement au gain p&#233;cuniaire, ces voyages finissent par trouver un sens. Au milieu de consid&#233;rations g&#233;ographiques et litt&#233;raires, il n'est jamais ais&#233; de comprendre d'o&#249; il surgit, pourquoi Golovanov et ses compagnons de voyages basculent d'une r&#233;signation d&#233;sesp&#233;r&#233;e &#224; une authentique all&#233;gresse. Mais deux &#233;l&#233;ments, toujours pr&#233;sents, d&#233;tiennent la cl&#233; de ces moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La beaut&#233; du monde tout d'abord, qu'il soit sauvage comme la steppe et ses nombreux oiseaux, ou le fruit d'un long travail, &#224; l'instar du parc Priamoukhino, dans l'ancienne demeure de la famille Bakounine. Les digressions g&#233;ographiques, les noms d'oiseaux et les toponymes accompagnent les r&#233;cits et Golovanov r&#233;ussit &#224; nous faire comprendre que le monde alentour n'est pas qu'un simple cadre physique, le seul lieu de l'action, tout en &#233;vitant de mettre la nature au premier plan, de la vanter en soi. Second &#233;l&#233;ment : l'humanit&#233; des compagnons de voyage et des personnes rencontr&#233;es en chemin, veuves de guerres, militants, anciens travailleurs des sovkhozes retourn&#233;s au nomadisme &#224; la chute de l'URSS. L'auteur trouve toujours parmi ses semblables quelque fait anodin qui lui donne raison d'esp&#233;rer. C'est tant&#244;t une remarque enjou&#233;e de sa fille, le constat de nouvelles solidarit&#233;s parmi la jeunesse militante, la persistance des bals dans un village peupl&#233; d'octog&#233;naires ou des coutumes hospitali&#232;res dans la ta&#239;ga.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a dans ces pages comme une sorte de d&#233;clinaison russe du nature writing am&#233;ricain. Ce n'est pas que les paysages ne suffisent pas ou qu'ils semblent plus monotones que leurs &#233;quivalents d'outre-Atlantique. C'est qu'ils sont toujours li&#233;s aux personnes qui ont v&#233;cu ou sont pass&#233;es par l&#224;, aux proches qui accompagnent le voyageur en esprit. Dans la veine d'une pens&#233;e &#233;cologiste, l'immensit&#233; ou la beaut&#233; de l'espace rend visible et compr&#233;hensible les m&#233;andres et les labyrinthes que sont les rapports humains. Loin de l'imagerie de la fraternit&#233; virile ou de la rudesse physique et morale qui permettraient de se mesurer aux &#233;l&#233;ments, ce sont ici l'humilit&#233;, l'empathie et l'entraide qui aident les femmes et les hommes &#224; se r&#233;v&#233;ler les un&#183;e&#183;s aux autres, &#224; appr&#233;cier la compagnie humaine et la beaut&#233; du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Exp&#233;dition racont&#233;e dans &lt;i&gt;&#201;loge des voyages insens&#233;s&lt;/i&gt; , Verdier, 2008.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Plaidoyer pour l'herboristerie</title>
		<link>https://lan02.butternet.net/Plaidoyer-pour-l-039-herboristerie</link>
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		<dc:date>2015-07-01T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;line Pessis</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Plaidoyer pour l'herboristerie. Comprendre et d&#233;fendre les plantes m&#233;dicinales Thierry Th&#233;venin Actes Sud, Arles, 2013 294 pages, 22 &#8364; &lt;br class='autobr' /&gt;
M&#233;decin des simples, l'herboriste colporta longtemps ses savoirs et ses rem&#232;des populaires, transmettant une conception globale de la plante, celle d'un &#234;tre vivant alli&#233; des animaux, des hommes et des plantes. Depuis la r&#233;volution industrielle, l'histoire de cette profession, tr&#232;s majoritairement exerc&#233;e par des femmes, de surcro&#238;t c&#233;libataires, est celle de (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://lan02.butternet.net/IMG/arton166.jpg?1587110989' width='111' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Plaidoyer pour l'herboristerie. Comprendre et d&#233;fendre les plantes m&#233;dicinales&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; Thierry Th&#233;venin&lt;br class='autobr' /&gt; Actes Sud, Arles, 2013&lt;br class='autobr' /&gt; 294 pages, 22 &#8364;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;M&#233;decin des simples, l'herboriste colporta longtemps ses savoirs et ses rem&#232;des populaires, transmettant une conception globale de la plante, celle d'un &#234;tre vivant alli&#233; des animaux, des hommes et des plantes. Depuis la r&#233;volution industrielle, l'histoire de cette profession, tr&#232;s majoritairement exerc&#233;e par des femmes, de surcro&#238;t c&#233;libataires, est celle de l'expropriation de ces pratiques et savoirs du domaine de la sant&#233;, progressivement accapar&#233; par les corporations professionnelles de m&#233;decins, &#233;piciers, puis apothicaires-pharmaciens. La transformation des plantes m&#233;dicinales en mati&#232;re premi&#232;re de l'industrie m&#233;dicamenteuse accompagna la &#171; chasse aux sorci&#232;res &#187; de leur mise sous tutelle des pharmaciens et leur interdiction de pratiquer la vente ambulante en 1804 &#224; la suppression pure et simple de la profession en 1941. Sp&#233;cificit&#233; fran&#231;aise, le monopole pharmaceutique sur les plantes m&#233;dicinales perdure aujourd'hui, &#224; l'exception de 148 plantes &#171; lib&#233;r&#233;es &#187; en 2008 sous la pression du lobby des compl&#233;ments alimentaires. Ces &#233;volutions r&#233;centes de la r&#233;glementation, qui visent &#224; exploiter l'engouement grandissant pour les plantes m&#233;dicinales, sont bien loin de s&#233;curiser les petit&#183;e&#183;s productrices-cueilleurs artisanal&#183;e&#183;s, qui, aux marges de la l&#233;galit&#233;, redonnent un second souffle &#224; la profession depuis quelques dizaines d'ann&#233;es. Ces dernier&#183;e&#183;s se voient au contraire soumis&#183;es &#224; une r&#233;glementation &#171; industrielle, &#233;conomique et s&#233;curitaire &#187; qui favorise l'expansion de puissants laboratoires sp&#233;cialis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'histoire aux enjeux actuels, le livre de Thierry Th&#233;venin est un vibrant antidote &#224; l'industrialisation de la sant&#233;, un plaidoyer sensible et abondamment document&#233; pour l'autonomie et la libert&#233;. Comme l'&#233;non&#231;ait Pierre Lieutaghi, dont les ouvrages accompagn&#232;rent le renouveau de l'herboristerie, &#171; &#224; travers la recherche d'une m&#233;decine v&#233;g&#233;tale populaire r&#233;nov&#233;e appara&#238;t vite une &#233;vidence : ce sont d'abord les carences en libert&#233; qu'il s'agit de gu&#233;rir &#187; (1).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Porte-parole du syndicat des SIMPLES (2), Thierry Th&#233;venin expose les combats de ces n&#233;o-herboristes, &#224; commencer par celui pour la r&#233;habilitation d'un statut d'herboriste. Celui-ci serait notamment un guide pour les utilisateurs et utilisatrices de plantes qui ont aujourd'hui principalement recours &#224; Internet, &#233;tant donn&#233; la carence de m&#233;decins phytoth&#233;rapeutes et l'ignorance des pharmacien&#183;ne&#183;s. Un tel statut pourrait &#233;galement permettre que s'imposent des pratiques attentives &#224; la pr&#233;servation de ressources fragiles et &#224; la diversit&#233; des plantes commercialis&#233;es, alors que les contraintes r&#233;glementaires et &#233;conomiques actuelles entra&#238;nent une surexploitation et une simplification du paysage m&#233;dicinal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces praticien&#183;ne&#183;s n'entendent pas pour autant devenir la r&#233;plique industrielle des pharmacien&#183;ne&#183;s, sp&#233;cialis&#233;&#183;e&#183;s en plantes (4). Aussi refusent-t-ils et elles de se voir octroyer un monopole sur la vente des plantes m&#233;dicinales, d'&#234;tre plac&#233;&#183;e&#183;s sous la tutelle de l'autorit&#233; de l'ANSM (3), par trop li&#233;e aux int&#233;r&#234;ts pharmaceutiques, et de soumettre les plantes ou leurs extraits aux crit&#232;res d'&#233;valuation des m&#233;dicaments (5). Les d&#233;bats experts sur l'efficacit&#233; des plantes m&#233;dicinales sont malheureusement bien r&#233;v&#233;lateurs de ce mim&#233;tisme industriel et de l'autisme des professions m&#233;dicales vis-&#224;-vis de la complexit&#233; biologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi gardons-nous bien de plaquer sur les plantes notre conception v&#233;tuste du m&#233;dicament-miracle ; t&#226;chons plut&#244;t d'explorer toutes les attaches sensibles qui en font nos alli&#233;es et interlocutrices du quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Pierre Lieutaghi, &lt;i&gt;Les Simples entre nature et soci&#233;t&#233;. Histoire naturelle et th&#233;rapeutique, traditionnelle et actuelle, des plantes m&#233;dicinales fran&#231;aises&lt;/i&gt; , Mane, Association &#201;tudes populaires et initiatives, 1983, p 90.&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) Syndicat inter-massifs pour la production et l'&#233;conomie des simples.&lt;br class='autobr' /&gt;
(3) Agence nationale de s&#233;curit&#233; du m&#233;dicament.&lt;br class='autobr' /&gt;
(4) Au Qu&#233;bec, face &#224; l'assignation &#224; un tel statut, une large mobilisation populaire et professionnelle, organis&#233;e autour de la Guilde des herboristes, est parvenue &#224; obtenir un statut particulier &#8211; et exemplaire &#8211; pour les herboristes et pour les plantes m&#233;dicinales, reconnues &#171; produit de sant&#233; naturel &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
(5) On ne peut &#233;valuer les plantes, organismes vivants complexes dont les &#171; composants &#187; agissent en synergie pour soutenir ou corriger des fonctions naturelles, comme on le fait pour une mol&#233;cule isol&#233;e con&#231;ue pour agir sur une cible unique. Et pourtant&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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