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	<title>L'An 02</title>
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	<description>L'An 02 est un outil &#233;colo de diffusion et de partage, un passeur d'id&#233;es hors des cercles confidentiels.
De 2011 &#224; 2015, L'An 02 a &#233;t&#233; une revue papier, en couleurs, multipliant les formes, notamment graphiques : photo-reportage, peinture, installation, typographie, bande dessin&#233;e. Cette dimension-l&#224; ne se retrouve que dans la revue papier, toujours en vente en librairie ou par correspondance. Retrouvez sur ce nouveau site tous les textes, un dossier au traitement mosa&#239;que enrob&#233; de chroniques grin&#231;antes, de lectures in-con-tour-na-bles et de reportages militants.
D&#233;sormais, L'An 02 propose &#224; chaque changement de saison une livraison de chroniques de livres r&#233;cents qui nous aident &#224; penser l'&#233;cologie politique, la d&#233;croissance et la technocritique.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>L'An 02</title>
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		<title>L'atterrissage : Vers l'&#233;tat stationnaire ?</title>
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		<dc:date>2012-07-01T00:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julien Milanesi</dc:creator>



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&lt;p&gt;Le moment de crise que nous vivons marque-t-il l'atterrissage &#233;conomique de nos pays riches ? On peut voir la conjoncture d&#233;prim&#233;e de ces trois ou quatre derni&#232;res ann&#233;es comme un al&#233;a &#233;conomique passager, une mauvaise p&#233;riode &#224; passer. Mais &#233;largir un peu le regard historique donne une perspective diff&#233;rente &#224; ces ann&#233;es de croissance atone, elles apparaissent comme un nouveau pallier dans la chute r&#233;guli&#232;re de la croissance des pays riches depuis les ann&#233;es 60 (1). &lt;br class='autobr' /&gt;
De nombreux &#233;conomistes voient dans (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-L-atterrisage-" rel="directory"&gt;L'atterrisage&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le moment de crise que nous vivons marque-t-il l'atterrissage &#233;conomique de nos pays riches ? On peut voir la conjoncture d&#233;prim&#233;e de ces trois ou quatre derni&#232;res ann&#233;es comme un al&#233;a &#233;conomique passager, une mauvaise p&#233;riode &#224; passer. Mais &#233;largir un peu le regard historique donne une perspective diff&#233;rente &#224; ces ann&#233;es de croissance atone, elles apparaissent comme un nouveau pallier dans la chute r&#233;guli&#232;re de la croissance des pays riches depuis les ann&#233;es 60 (1).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux &#233;conomistes voient dans cette courbe en escalier un probl&#232;me de structure, et non de conjoncture &#233;conomique passag&#232;re. Ce serait la forme actuelle du capitalisme, le n&#233;olib&#233;ralisme, qui serait en crise, qui s'effondrerait dans les convulsions d'un syst&#232;me financier qu'il a durant trente ans port&#233; au pinacle. L'analyse est convaincante, mais elle sous-entend qu'un nouveau r&#233;gime de croissance pourrait &#233;merger et prendre le relais dans le processus d'accumulation. Pourquoi pas ? La &#171; croissance verte &#187; est la premi&#232;re candidate &#224; ce r&#244;le historique (nous y reviendrons dans une prochaine chronique). Mais, mise en perspective avec la courbe de Maddison (voir chronique pr&#233;c&#233;dente), cette diminution progressive de la croissance peut aussi &#234;tre interpr&#233;t&#233;e comme une phase d'atterrissage achevant 200 ans de croissance sans pr&#233;c&#233;dent. Peu d'&#233;conomistes r&#233;cent&#183;e&#183;s ont adopt&#233; cette perspective d'analyse de la crise. Ce n'est pas surprenant car le monde acad&#233;mique a tr&#232;s largement abandonn&#233; l'id&#233;e que ce processus pouvait avoir une fin. Il y a bien s&#251;r les &#233;conomistes de la d&#233;croissance qui ont montr&#233; avec pertinence ce que cette dynamique &#233;conomique avait de destructeur, mais leur analyse ne cherche pas &#224; montrer comment et pourquoi elle pourrait s'enrayer &#224; court ou moyen terme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour trouver des &#233;conomistes s'int&#233;ressant &#224; l'id&#233;e d'un ralentissement, voire d'un arr&#234;t de la croissance par &#233;puisement de ses ressorts internes, il faut revenir loin en arri&#232;re, au temps du d&#233;collage et de l'hypoth&#232;se de l'&#233;tat stationnaire qui &#233;tait au c&#339;ur des r&#233;flexions de la &#171; premi&#232;re &#233;cole lib&#233;rale classique &#187; (2). John Stuart Mill (1806-1873), le dernier des grands auteurs classiques, &#233;crivait ainsi en 1848 que &#171; les &#233;conomistes n'ont pu manquer de voir plus ou moins distinctement que l'accroissement de la richesse n'est pas illimit&#233; ; qu'&#224; la fin de l'&#233;tat progressif se trouve l'&#233;tat stationnaire &#187; (3). Cette id&#233;e fut d'abord &#233;tablie par Adam Smith (1723-1790) pour qui il existait pour chaque pays un &#233;tat stationnaire correspondant &#224; &#171; la pl&#233;nitude de richesses que la nature de son sol et de son climat et sa situation par rapport aux autres pays lui permettrait d'acqu&#233;rir &#187; (4). L'id&#233;e fut reprise et pr&#233;cis&#233;e par David Ricardo (1772-1823) qui, en s'appuyant notamment sur les analyses de son ami Thomas Malthus (1766-1834), pr&#233;dit une auto-asphyxie du progr&#232;s &#233;conomique. Selon l'&#233;conomiste anglais, la croissance d&#233;mographique et la mise en culture de terres de moins en moins fertiles conduisent &#224; l'augmentation in&#233;luctable du prix de la nourriture et donc des salaires des ouvriers, ce qui diminue in fine les profits et les possibilit&#233;s d'accroissement ult&#233;rieur de la production. F&#233;rus de physique newtonienne, les classiques concevaient ainsi l'&#233;tat stationnaire comme un &#233;quilibre de type gravitationnel vers lequel les diff&#233;rentes forces &#233;conomiques (notamment, &#224; travers la terre, celle de la raret&#233; des ressources) font n&#233;cessairement converger le syst&#232;me (5). L'analyse est contestable en bien des endroits, mais elle nous donne une premi&#232;re cl&#233; de compr&#233;hension de la crise actuelle et du r&#244;le que pourraient notamment y tenir la rar&#233;faction et l'augmentation du prix des ressources naturelles, dont bien s&#251;r le p&#233;trole.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les travaux de John Maynard Keynes (1883-1946) &#8211; qui fut par ailleurs un des critiques les plus f&#233;roces de la pens&#233;e classique &#8211; apportent une autre r&#233;ponse, psychologique, qui peut &#234;tre compl&#233;mentaire. Pour lui &#171; la crise &#233;conomique est d'abord essentiellement une crise de confiance, &#224; savoir une situation o&#249; les croyances de l'acteur sont remises en cause &#187; ou celui-ci &#171; ne croit plus aux conventions pass&#233;es &#187; (6) et s'abstient donc d'agir, d'investir. Une des explications de l'atterrissage actuel pourrait donc &#234;tre l'absence de confiance partag&#233;e dans un nouveau r&#233;gime de croissance qui poursuivrait l'&#339;uvre d'accumulation entam&#233;e il y a 200 ans. En somme, doutant de la possibilit&#233; de continuer &#224; cro&#238;tre, et doutant tou&#183;te&#183;s, nous atterrissons.&lt;br class='autobr' /&gt;
Est-ce grave ? Non, bien au contraire, si nous savons nous y pr&#233;parer. Pour Stuart Mill, l'&#233;tat de croissance ne devrait &#234;tre qu'&#171; une des phases d&#233;sagr&#233;ables du progr&#232;s industriel &#187; (7) et Keynes esp&#232;re qu'en ces temps futurs de stagnation &#233;conomique &#171; nous serons enfin libres de nous d&#233;faire de toute sorte d'usages sociaux et de pratiques &#233;conomiques (&#8230;) que nous maintenons actuellement &#224; tout prix, quelque d&#233;testables et injustes qu'elles puissent &#234;tre, parce qu'elles sont terriblement utiles &#224; l'accumulation du capital &#187; (8). Ils y voient plut&#244;t tous deux un temps ou nous pourrons enfin &#171; cultiver librement les arts qui embellissent la vie &#187; (9) et &#171; honorer ceux qui sauront nous enseigner &#224; cueillir chaque heure et chaque jour de fa&#231;on vertueuse et bonne, ces gens merveilleux qui savent jouir imm&#233;diatement des choses, les lys des champs qui ne peinent ni ne filent &#187; (10).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) C&#233;dric Durand et Philippe L&#233;g&#233;, 2011, &#171; Vers un retour de la question de l'&#233;tat stationnaire ? &#187; in Diemer A. et Dozolme S. (dir.), &lt;i&gt;Les Enseignements de la crise des subprimes&lt;/i&gt; , &#233;ditions Clement Juglar, p.101-116.&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) Ren&#233; Passet, 2010, &lt;i&gt;Les Grandes Repr&#233;sentations du monde et de l'&#233;conomie &#224; travers l'histoire. De l'univers magique au tourbillon cr&#233;ateur&lt;/i&gt; , &#233;ditions Les Liens qui lib&#232;rent.&lt;br class='autobr' /&gt;
(3) John Stuart Mill, 1848, &lt;i&gt;Principes d'&#233;conomie politique&lt;/i&gt; , traduction de 1854, &#233;ditions Guillaumain.&lt;br class='autobr' /&gt;
(4) Adam Smith, 1776, &lt;i&gt;La Richesse des nations&lt;/i&gt; , traduction de 2000, &#233;ditions Economica.&lt;br class='autobr' /&gt;
(5) Ren&#233; Passet, &lt;i&gt;ibid&lt;/i&gt; .&lt;br class='autobr' /&gt;
(6) Andr&#233; Orl&#233;an, 2011, &lt;i&gt;L'Empire de la valeur&lt;/i&gt; , Seuil.&lt;br class='autobr' /&gt;
(7) John Stuart Mill, &lt;i&gt;ibid&lt;/i&gt; .&lt;br class='autobr' /&gt;
(8) John Maynard Keynes, 1930, &#171; Perspectives &#233;conomiques pour nos petits-enfants &#187;, publi&#233; en 2002 dans &lt;i&gt;La Pauvret&#233; dans l'abondance&lt;/i&gt; , Gallimard.&lt;br class='autobr' /&gt;
(9) John Stuart Mill, &lt;i&gt;ibid&lt;/i&gt; .&lt;br class='autobr' /&gt;
(10) John Maynard Keynes, &lt;i&gt;ibid&lt;/i&gt; .&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Cause animale, cause du Capital ?</title>
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		<dc:date>2015-07-01T00:00:00Z</dc:date>
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		<description>
&lt;p&gt;Le panais dans la mare &lt;br class='autobr' /&gt; Jocelyne Porcher &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis quelques ann&#233;es et de fa&#231;on exponentielle, la &#171; cause animale &#187; (&#171; la Cause &#187; pour les initi&#233;&#183;e&#183;s) est d&#233;fendue, quasiment chaque semaine, dans un nouvel ouvrage, une nouvelle tribune, une nouvelle p&#233;tition. Des &#171; intellectuel&#183;le&#183;s &#187;, essayistes, journalistes, cin&#233;astes&#8230; qui jusqu'&#224; pr&#233;sent ne s'&#233;taient jamais souci&#233; des animaux se d&#233;couvrent plein&#183;e&#183;s de sollicitude et de compassion envers eux et s'emploient &#224; nous convaincre que nous, consommateurs omnivores, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-Le-panais-dans-la-mare-" rel="directory"&gt;Le panais dans la mare&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class='spip_document_22 spip_documents'&gt;&lt;a href='https://lan02.butternet.net/IMG/png/panais_petite.png' type=&#034;image/png&#034; title=&#034;panais_petite&#034;&gt;&lt;img src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L137xH150/panais_petite-faeb8-87302.png?1698011313' width='137' height='150' alt='panais_petite {PNG}' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;Le panais dans la mare&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Jocelyne Porcher&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelques ann&#233;es et de fa&#231;on exponentielle, la &#171; cause animale &#187; (&#171; la Cause &#187; pour les initi&#233;&#183;e&#183;s) est d&#233;fendue, quasiment chaque semaine, dans un nouvel ouvrage, une nouvelle tribune, une nouvelle p&#233;tition. Des &#171; intellectuel&#183;le&#183;s &#187;, essayistes, journalistes, cin&#233;astes&#8230; qui jusqu'&#224; pr&#233;sent ne s'&#233;taient jamais souci&#233; des animaux se d&#233;couvrent plein&#183;e&#183;s de sollicitude et de compassion envers eux et s'emploient &#224; nous convaincre que nous, consommateurs omnivores, sommes des idiots moraux qu'il faut &#233;duquer, former, transformer. Apr&#232;s 150 ans d'industrialisation de l'&#233;levage, de luttes paysannes, de r&#233;sistances des &#233;leveurs &#224; la violence envers leurs animaux, ces litt&#233;rateurs d&#233;couvrent la condition animale dans les pays industrialis&#233;s avec une belle unanimit&#233; et une m&#234;me na&#239;vet&#233; confondante. Sur quelle plan&#232;te vivaient-ils jusqu'&#224; pr&#233;sent ? Les animaux ne souffraient-ils pas la m&#234;me souffrance tandis que ces bonnes &#226;mes &#233;taient tout occup&#233;es &#224; regarder ailleurs ? Mais quel courage ne montrent-ils pas depuis, alors que les portes de la pens&#233;e critique ont &#233;t&#233; ouvertes par ceux et celles qui se sont battu&#183;e&#183;s pour les animaux sans les attendre, &#224; r&#233;p&#233;ter les m&#234;mes arguments et &#224; aboutir aux m&#234;mes conclusions : pour le bien de la plan&#232;te, le n&#244;tre et celui des animaux, il faut manger moins de viande, il faut devenir v&#233;g&#233;tarien, il faut devenir v&#233;gan. Amen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet emballement m&#233;diatique pour la cause animale pose une grande question : pourquoi maintenant ? Les syst&#232;mes industriels de productions animales, ceux-l&#224; m&#234;mes qui ravagent l'environnement, massacrent les animaux et ali&#232;nent les paysan&#183;ne&#183;s, sont n&#233;s avec le capitalisme industriel il y a 150 ans. Depuis la naissance de la zootechnie comme &#171; science de l'exploitation des machines animales &#187; et de la &#171; production animale &#187;, fille-s&#339;ur de &#171; la production v&#233;g&#233;tale &#187;, la &#171; machine animale &#187; est somm&#233;e de produire toujours plus et toujours plus vite. Des premi&#232;res tentatives d'utilisation du caillebotis au 19e si&#232;cle &#224; l'usine des mille vaches, en passant par la vache-hublot, le broyeur &#224; poussins, l'aspirateur &#224; poulets, la bo&#238;te &#224; &#233;lectrocuter les porcs&#8230; les productions animales ont &#233;t&#233; prises dans une dynamique effrayante de violence envers les animaux &#8211; et envers les paysan&#183;ne&#183;s &#8211; dont la seule rationalit&#233; est le profit. Si les zootechniciens du 19e avaient le sentiment, en soutenant l'industrialisation de l'&#233;levage, d'&#339;uvrer &#233;galement pour le progr&#232;s social, ce sentiment est bien absent chez ses promoteurs actuels. Les usines qui produisent &lt;i&gt;du&lt;/i&gt; porc, &lt;i&gt;de la&lt;/i&gt; volaille ou de l'&#233;lectricit&#233; via les vaches et leurs veaux ne travaillent pas pour le bien commun mais, ici ou ailleurs, pour maximiser les profits des investisseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ceux et celles qui proposent de construire avec les animaux d'&#233;levage, via le v&#233;ganisme, des rapports pacifi&#233;s, des rapports de citoyennet&#233; plut&#244;t que des suppos&#233;s uniques rapports de domination, il est n&#233;cessaire d'opposer une analyse du monde r&#233;el capitaliste, des rapports de force, des rapports de classe. Comment penser un instant que les animaux puissent &#234;tre citoyens, personnes, dans des soci&#233;t&#233;s qui refusent la citoyennet&#233; &#224; des millions d'&#234;tres humains, qui plongent les peuples dans la violence et dans la guerre, qui affament, qui dressent les &#234;tres les un&#183;e&#183;s contre les autres au nom de la comp&#233;titivit&#233; et de l'int&#233;r&#234;t des nations dominantes, dans des soci&#233;t&#233;s o&#249; le ma&#238;tre-mot de toute relation est le profit ? Comment penser les alternatives &#224; l'alimentation carn&#233;e propos&#233;es par les fonds d'investissements autrement que comme partie prenante du processus d'industrialisation de notre alimentation, autrement que dans le champ des rapports de force entre les paysan&#183;ne&#183;s et les multinationales ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le bien des animaux, plut&#244;t que de pr&#233;parer leur disparition et une d&#233;pendance alimentaire accrue aux multinationales, il faut soutenir les &#233;leveurs et n&#233;gocier avec eux les conditions d'un &#233;levage &#224; la hauteur de nos liens.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le num&#233;rique &#224; l'&#233;cole, pourquoi ?</title>
		<link>https://lan02.butternet.net/Le-numerique-a-l-ecole-pourquoi</link>
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		<description>
&lt;p&gt;Invit&#233;&#183;e &lt;br class='autobr' /&gt; par Philippe Godard &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#201;tat fran&#231;ais impose d&#233;sormais le num&#233;rique dans les &#233;coles en usant de persuasion ou en l&#233;gif&#233;rant sans dialogue. L'enjeu, pr&#233;tendent les adeptes du tout-num&#233;rique, est de nous adapter &#224; notre &#233;poque et de rester dans la course globale &#224; l'innovation et &#224; la comp&#233;titivit&#233;. Le num&#233;rique est aussi, en mati&#232;re de r&#233;ussite scolaire, une mani&#232;re de s&#233;lectionner en &#233;liminant tous ceux et celles qui ne pourront pas s'int&#233;grer au cybermonde et qui, a priori, sont les plus d&#233;muni&#183;e&#183;s (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-Invite-" rel="directory"&gt;Invit&#233;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class='spip_document_8 spip_documents'&gt;&lt;a href='https://lan02.butternet.net/IMG/jpg/invite-color2.jpg' type=&#034;image/jpeg&#034; title=&#034;invit&#233;-color&#034;&gt;&lt;img src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L150xH111/invite-color2-7d5de-6db63.jpg?1698011313' width='150' height='111' alt='invit&#233;-color {JPEG}' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Invit&#233;&#183;e&lt;/strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;par Philippe Godard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat fran&#231;ais impose d&#233;sormais le num&#233;rique dans les &#233;coles en usant de persuasion ou en l&#233;gif&#233;rant sans dialogue. L'enjeu, pr&#233;tendent les adeptes du tout-num&#233;rique, est de nous adapter &#224; notre &#233;poque et de rester dans la course globale &#224; l'innovation et &#224; la comp&#233;titivit&#233;. Le num&#233;rique est aussi, en mati&#232;re de r&#233;ussite scolaire, une mani&#232;re de s&#233;lectionner en &#233;liminant tous ceux et celles qui ne pourront pas s'int&#233;grer au cybermonde et qui, a priori, sont les plus d&#233;muni&#183;e&#183;s &#233;conomiquement. Serait-ce, l&#224; encore, le m&#234;me jeu des classes poss&#233;dantes contre les classes domin&#233;es ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'invasion des &#233;crans modifie le rapport aux professeurs et aux connaissances. L'on passe de l'acquisition de connaissances &#224; celle de comp&#233;tences &#8211; informatiques avant tout. Car le but de l'introduction des technologies num&#233;riques est d'offrir &#224; la pr&#233;tendue soci&#233;t&#233; de la connaissance les servants dont elle aura besoin. Nous sommes tr&#232;s loin d'une &#233;cole qui aurait pour seul souci &#171; une t&#234;te bien faite plut&#244;t que bien pleine &#187;, soit un esprit capable de raisonner plut&#244;t qu'un r&#233;ceptacle empli de connaissances mais incapable d'op&#233;rer un lien entre elles. La t&#234;te n'est non seulement toujours pas &#171; bien faite &#187;, mais elle se vide : les &#233;l&#232;ves, dans les ENT, les &#171; espaces num&#233;riques de travail &#187;, et avec les tablettes apprennent pour l'essentiel les chemins informatiques &#224; suivre vers des connaissances auxquelles l'&#233;cole ne parvient plus &#224; les int&#233;resser puisque la soci&#233;t&#233; elle-m&#234;me tient ces connaissances en pi&#232;tre estime. En revanche, l'Entreprise &#8211; avec une majuscule, accord&#233;e &#224; tout dieu qui se doit respecter&#8230; &#8211; sait comment contraindre ses employ&#233;&#183;e&#183;s &#224; ne savoir que ce dont ils et elles auront besoin pour son service : par l'attrait du salaire, qui s'impose toujours plus comme l'alpha et l'om&#233;ga de la vie contemporaine consum&#233;riste et productiviste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le glissement vers l'&#233;cole au service de l'Entreprise s'est manifest&#233; en France d&#232;s 1976 &#8211; bien avant l'&#232;re num&#233;rique &#8211; avec la r&#233;forme de la secr&#233;taire d'&#201;tat Alice Saunier-Se&#239;t&#233;. Celle-ci r&#233;ussit alors &#224; imposer de premi&#232;res et encore timides participations du secteur priv&#233; &#224; l'&#233;laboration des programmes dans les universit&#233;s, au nom du r&#233;alisme &#233;conomique. Quarante ans plus tard, le syst&#232;me d'ad&#233;quation des universit&#233;s aux entreprises est tr&#232;s abouti, en France, &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne et m&#234;me mondiale, par le biais par exemple des partenariats interuniversitaires mondialis&#233;s et encore une fois avec l'Entreprise, y compris au Coll&#232;ge de France, d&#233;sormais en partie sponsoris&#233; par&#8230; L'Or&#233;al depuis 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'omnipr&#233;sence du num&#233;rique ouvre la voie &#224; la seule logique d'une articulation instantan&#233;e entre le pr&#233;sent et le futur tr&#232;s proche. Les &#233;tudes ne sont d&#233;sormais plus con&#231;ues et choisies qu'en fonction de ce qui semble le plus important pour chacun&#183;e dans le futur, surtout lorsque l'avenir est aussi incertain : avoir un emploi. Peu importe l'utilit&#233; sociale de cet emploi, son sens &#233;thique, etc., tout ce qui compte &#233;tant la survie individuelle dans ce syst&#232;me-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Qu'est-ce que la p&#233;dagogie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution num&#233;rique &#224; l'&#233;cole est impens&#233;e en termes de p&#233;dagogie. Non pas qu'un complot vise &#224; ab&#234;tir toute une g&#233;n&#233;ration. Mais nous constatons, comme une &#233;vidence, qu'il s'est tiss&#233; un lien direct, en trois ou quatre d&#233;cennies &#224; peine, entre l'&#233;cole et l'Entreprise. Ce lien est de servitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les termes &#233;tant d&#233;sormais pi&#233;g&#233;s par les communicants de toutes sortes, d&#233;finir simplement les choses pour savoir de quoi l'on parle redevient une n&#233;cessit&#233;, une banalit&#233; de base. H&#233;las, cela illustre la perte de sens dont ce monde est la proie ! En conclusion tr&#232;s provisoire, voici une d&#233;finition de la p&#233;dagogie, op&#233;ratoire esp&#233;rons-le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;dagogie devrait &#234;tre tout ce qui contribue, de la part des adultes, en pratique (gestes, paroles, attitudes&#8230;), &#224; orienter l'enfant vers sa propre r&#233;flexion, sa propre &#233;mancipation, ses propres choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au travail, les enfants et les &#233;ducateurs !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'accaparement des femmes</title>
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		<dc:date>2015-07-01T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Andree O. Fobb</dc:creator>



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&lt;p&gt;Alors que cette chronique avait plut&#244;t en t&#234;te de montrer le renversement des valeurs &#224; l'&#339;uvre dans notre monde o&#249; l'abjection par&#233;e de nouveaux habits peut appara&#238;tre comme d&#233;sirable, je vais plut&#244;t m'attaquer ici &#224; une r&#233;alit&#233; qui a des airs imm&#233;moriaux (1). Colette Guillaumin, dans un article sans complaisance (2), parle de l'accaparement des femmes par les hommes dans l'id&#233;e de b&#233;n&#233;ficier de services sexuels, domestiques ou reproductifs. Vous aurez reconnu la putain, la servante et la maman. Le texte date (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Alors que cette chronique avait plut&#244;t en t&#234;te de montrer le renversement des valeurs &#224; l'&#339;uvre dans notre monde o&#249; l'abjection par&#233;e de nouveaux habits peut appara&#238;tre comme d&#233;sirable, je vais plut&#244;t m'attaquer ici &#224; une r&#233;alit&#233; qui a des airs imm&#233;moriaux (1). Colette Guillaumin, dans un article sans complaisance (2), parle de l'accaparement des femmes par les hommes dans l'id&#233;e de b&#233;n&#233;ficier de services sexuels, domestiques ou reproductifs. Vous aurez reconnu la putain, la servante et la maman. Le texte date de 1978, &#224; peine treize ans apr&#232;s que les femmes ont conquis le droit de travailler ou d'ouvrir un compte bancaire sans demander &#224; leur mari et alors que le viol conjugal n'est pas encore reconnu comme tel. Quand on dit oui un jour, on doit dire oui tous les jours&#8230; Seules des violences &#171; graves et r&#233;p&#233;t&#233;es &#187; (c'est moi qui souligne) peuvent &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme des torts. Pour le reste, on aura compris que le mariage &#233;tait un syst&#232;me de mise &#224; disposition de l'un&#183;e &#224; l'autre, soit dans la pratique des femmes aux hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette logique patriarcale o&#249; un homme profite de sa relation avec une ou plusieurs femmes, quel qu'en soit le mode (conjugal, filial, amical, etc.) fait partie d'un droit plus diffus que tous les hommes peuvent &#234;tre tent&#233;s de s'arroger sur toutes les femmes. Un droit que les f&#233;ministes nord-am&#233;ricaines, jamais contentes, ont th&#233;oris&#233; sous l'expression &lt;i&gt;male entitlement&lt;/i&gt; . Qui est le r&#233;cipiendaire de ces droits ? Est-ce le p&#232;re de famille qui bat son &#233;pouse et viole sa fille ? L'homme qui attend sa proie dans une ruelle sombre ? Non non, le b&#233;n&#233;ficiaire de ce &#171; d&#251; &#187; est un homme comme les autres qui a grandi dans une soci&#233;t&#233; sexiste. C'est aussi bien le compagnon qui est si maladroit et a besoin d'un coup de main pour effectuer les t&#226;ches consid&#233;r&#233;es comme &#171; f&#233;minines &#187; (trouver un objet dans un frigo ?) que le gros r&#233;ac qui met les pieds sous la table &#224; 11 h 59. C'est aussi bien le gar&#231;on quitt&#233; qui chouine sur le fait que les filles ne l'aiment pas, malgr&#233; sa gentillesse, que celui de 19 ans, toujours puceau, qui se plaint que &#171; c'est injuste &#187; comme Elliot Rodger, auteur d'un meurtre de masse en mai 2014 (3). Et c'est aussi bien le copain qui essaie de me convaincre que tout va bien quand je me plains de la r&#233;partition des t&#226;ches dans une association que l'homme qui coupe une &#224; une les relations sociales de sa compagne pour la faire graviter autour de sa seule personne. Tous ont en commun de consid&#233;rer que ne pas recevoir d'une femme ce qu'on en esp&#232;re est probl&#233;matique et m&#233;rite correction ou n&#233;gociation. Alors que non, &#231;a n'appelle que le respect de nos refus, m&#234;me quand ils ne sont pas exprim&#233;s avec conviction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car dire non n'est pas si simple. Les repr&#233;sentations genr&#233;es nous montrent douces et complaisantes, toujours l&#224; pour &#233;couter ou soigner. Et nous sommes les premi&#232;res &#224; nous flageller les unes les autres quand nous ne nous rendons pas disponibles pour les autres : &#171; &#233;go&#239;ste &#187;, &#171; tu ne penses qu'&#224; toi &#187;, ce sont des reproches que l'on adresse plus souvent aux filles. La peur de d&#233;plaire et de vivre seule le restant de ses jours, la peur de l'hostilit&#233; et de la mont&#233;e en agressivit&#233; font le reste chez beaucoup d'entre nous et nous rendent difficile de poser des limites. Quand nous osons l'ouvrir, il arrive que &#231;a entre par une oreille pour sortir par l'autre. Bavardage de femelle qui ne veut rien dire, la preuve, elle est toujours l&#224; apr&#232;s avoir dit qu'il ne fallait pas la prendre pour acquise. &#202;tre un alli&#233; du f&#233;minisme dans ces conditions, ce n'est pas monter sur ses grands chevaux en entendant la &#233;ni&#232;me sortie d'Eric Zemmour, c'est se mettre en mesure d'&#233;couter nos h&#233;sitations, nos r&#233;pugnances, nos &#171; non &#187; quand nous arrivons &#224; les exprimer&#8230; Car, m&#234;me si elles nous emp&#234;chent de prot&#233;ger notre int&#233;grit&#233;, nous avons besoin d'aide pour refuser les assignations genr&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Airs qui sont peut-&#234;tre trompeurs, voir la lecture de &lt;i&gt;Caliban et la sorci&#232;re&lt;/i&gt; dans ce num&#233;ro.&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) &#171; Pratique du pouvoir et id&#233;e de Nature (1). L'appropriation des femmes &#187;, &lt;i&gt;Questions f&#233;ministes&lt;/i&gt; , n&#176;2, 1978.&lt;br class='autobr' /&gt;
(3) E. Rodger dans une vid&#233;o expliquant son geste : &#171; Vous, les filles, vous n'avez pas &#233;t&#233; attir&#233;es par moi. Je ne sais pas pourquoi [&#8230;]. Mais je vais vous punir pour &#231;a. C'est une injustice, je ne sais pas ce que vous n'avez pas vu en moi. &#187; A noter, que quand une femme est dans cette situation, elle se demande plut&#244;t ce qui ne va pas&#8230; chez elle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Pay&#233;es &#224; rien foutre</title>
		<link>https://lan02.butternet.net/Payees-a-rien-foutre</link>
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		<dc:date>2015-07-01T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Violette van Hoenacker</dc:creator>



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&lt;p&gt;&#171; Plein de temps libre au boulot ? Mais c'est super/g&#233;nial/formidable, tu peux faire des tas de choses pour toi ! &#187; Voil&#224; la premi&#232;re r&#233;action quand on fait allusion &#224; cette situation incongrue : &#234;tre scotch&#233;e au boulot dans un &#233;tat de sous-occupation qui s'installe. Alors que beaucoup de personnes au travail sont &#233;cras&#233;es de t&#226;ches (sous un statut salari&#233; ou ind&#233;pendant), nous profitons sans contrepartie, ou &#224; peine, de ce luxe que les Romains appelaient l' otium , la jouissance de son temps en toute (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-Chronique-du-vrai-travail-" rel="directory"&gt;Chronique du {vrai} travail&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Plein de temps libre au boulot ? Mais c'est super/g&#233;nial/formidable, tu peux faire des tas de choses pour toi ! &#187; Voil&#224; la premi&#232;re r&#233;action quand on fait allusion &#224; cette situation incongrue : &#234;tre scotch&#233;e au boulot dans un &#233;tat de sous-occupation qui s'installe. Alors que beaucoup de personnes au travail sont &#233;cras&#233;es de t&#226;ches (sous un statut salari&#233; ou ind&#233;pendant), nous profitons sans contrepartie, ou &#224; peine, de ce luxe que les Romains appelaient l' &lt;i&gt;otium&lt;/i&gt; , la jouissance de son temps en toute libert&#233;. Classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf que&#8230; cette situation n'est pas si &#171; sympa &#187;. Et les psychologues du travail nous rassurent. Non, notre exigence &#224; demander d'un emploi plus que des sous n'est pas compl&#232;tement idiote mais a &#224; voir avec une certaine humanit&#233;. Oui, beaucoup des personnes vivent cet &#233;tat de fait et en souffrent &#233;galement. L'estime de soi est mise &#224; rude &#233;preuve quand notre boulot est parfaitement inutile ou quand on nous assigne pour mission hebdomadaire une t&#226;che qui prend environ une heure. Les chiffres du d&#233;s&#339;uvrement au travail, bien plus &#233;lev&#233;s que nous le soup&#231;onnions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Il touche environ 30 % des personnes selon certaines estimations. Christian (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, peinent &#224; nous rassurer car il est imaginable que le poste que nous pourrions trouver apr&#232;s celui-ci nous r&#233;serve la m&#234;me surprise. Mais c'est d&#233;j&#224; un soulagement, car notre premi&#232;re r&#233;action a &#233;t&#233; la culpabilit&#233;. Non seulement nous tirions au flanc et &#233;tions pay&#233;es &#224; rien foutre (et il faudrait avoir un employeur douteux, genre Areva, pour &#234;tre d&#233;complex&#233;e &#224; ce sujet) mais en plus nos coll&#232;gues d&#233;bord&#233;&#183;e&#183;s se plaignent aupr&#232;s de nous de situations pas moins difficiles. Nous, nous devons nous taire par d&#233;cence, par honte ou par peur de d&#233;clencher pire encore&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une plus ou moins longue p&#233;riode de culpabilit&#233;, nous nous rendons compte que le probl&#232;me est structurel et tient &#224; l'organisation du service ou &#224; l'incurie d'un chef. Ouf ! Mais les 35 h restent dues, alors comment faire passer les journ&#233;es, faire du plein avec du vide ? Autour de nous, que ce soit au boulot ou dans l'entourage amical, la situation n'est pas rare et voici un petit relev&#233; des diff&#233;rentes strat&#233;gies. Les winners arriveront &#224; d&#233;crocher (aux d&#233;pens des autres) les rares missions dans une situation de p&#233;nurie ou se recr&#233;eront leur poste. On a beau nous aussi a-do-rer l'autonomie, on a l'impudence de penser que c'est l&#224; la responsabilit&#233; de notre employeur. Plus modeste, la chasse &#224; l'occupation nous fait assister &#224; la moindre r&#233;union vaguement en lien avec notre m&#233;tier. Il reste encore la possibilit&#233; de s'occuper avec des activit&#233;s qui n'ont en commun avec notre travail que l'ordinateur qui lui sert d'outil, et cela va de mater des films &#224; mettre en page des tracts pour les associations dont nous faisons partie. Recours ultimes : des t&#226;ches d&#233;qualifi&#233;es (le m&#233;nage pour une comptable, par exemple) ou plus simplement l'absent&#233;isme. Arriver un peu tard, partir un peu t&#244;t, et moins on a peur de bousculer le statu quo, plus on ose rester chez soi une demi-journ&#233;e ou une journ&#233;e enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se d&#233;livrer de la contrainte du temps pass&#233; sur place r&#232;gle-t-il le probl&#232;me ? Le t&#233;l&#233;travail ou l'absence totale d'exigence &#224; notre &#233;gard &#8211; quasiment un revenu garanti &#8211; n'y changent rien. Nous avons avant tout envie d'&#234;tre occup&#233;es et nos occupations individuelles ne remplissent pas forc&#233;ment les journ&#233;es (m&#234;mes femmes, militantes ou jardini&#232;res). Et puis nous avions la chance de pouvoir pr&#233;tendre &#224; des emplois &#224; la fois stimulants et utiles, ench&#226;ss&#233;s dans le fonctionnement d'un groupe humain. Il faut mettre une croix sur toutes ces gratifications. Il nous arrive de penser &#171; arr&#234;t-maladie &#187; ou &#171; rupture conventionnelle &#187; quand le pr&#233;judice subi est trop fort, quand ne pas travailler nous fatigue au point de ne plus arriver &#224; nous investir dans notre vie personnelle, au point d'&#234;tre tr&#232;s vite blas&#233;es, d&#233;motiv&#233;es par tout. Mais &#224; quoi bon rentrer chez soi si c'est pour y retrouver l'incapacit&#233; &#224; faire &#339;uvre avec les autres, l'absence de reconnaissance et l'attente que la journ&#233;e se termine ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il touche environ 30 % des personnes selon certaines estimations. Christian Bourion et St&#233;phane Trebucq, &#171; Le bore-out syndrom &#187;, &lt;i&gt;Revue internationale de psychosociologie&lt;/i&gt; , 2011/41 (vol. XVII).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Temp&#234;te dans l'&#233;olien</title>
		<link>https://lan02.butternet.net/Tempete-dans-l-039-eolien</link>
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		<dc:date>2015-07-01T00:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		



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&lt;p&gt;Invit&#233;&#183;e &lt;br class='autobr' /&gt; par Jocelyn Michard &lt;br class='autobr' /&gt;
Le secteur &#233;olien fran&#231;ais a retrouv&#233; la sant&#233; en 2014. Apr&#232;s quatre ann&#233;e de diminution de la puissance annuelle raccord&#233;e, celle-ci a de nouveau fortement augment&#233; l'ann&#233;e derni&#232;re, avec 1042 MW raccord&#233;s, contre 630 l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente. Cette reprise devrait permettre d'atteindre en 2015 10 GW de puissance totale install&#233;e, et de couvrir presque 4 % de la consommation &#233;lectrique nationale. L'objectif de 25 GW install&#233;s en 2020, fix&#233; par le Grenelle de l'environnement et (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-Invite-" rel="directory"&gt;Invit&#233;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class='spip_document_8 spip_documents'&gt;&lt;a href='https://lan02.butternet.net/IMG/jpg/invite-color2.jpg' type=&#034;image/jpeg&#034; title=&#034;invit&#233;-color&#034;&gt;&lt;img src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L150xH111/invite-color2-7d5de-6db63.jpg?1698011313' width='150' height='111' alt='invit&#233;-color {JPEG}' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;Invit&#233;&#183;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;par Jocelyn Michard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le secteur &#233;olien fran&#231;ais a retrouv&#233; la sant&#233; en 2014. Apr&#232;s quatre ann&#233;e de diminution de la puissance annuelle raccord&#233;e, celle-ci a de nouveau fortement augment&#233; l'ann&#233;e derni&#232;re, avec 1042 MW raccord&#233;s, contre 630 l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente. Cette reprise devrait permettre d'atteindre en 2015 10 GW de puissance totale install&#233;e, et de couvrir presque 4 % de la consommation &#233;lectrique nationale. L'objectif de 25 GW install&#233;s en 2020, fix&#233; par le Grenelle de l'environnement et confirm&#233; dans la r&#233;cente loi de transition &#233;nerg&#233;tique, pourrait donc &#234;tre atteint si cette reprise se confirmait. Les professionnels et les politiques se f&#233;licitent donc, &#233;cartant les questions de plus en plus d&#233;rangeantes sur l'impact &#233;cologique du grand &#233;olien : ressources, &#233;missions de CO2, biodiversit&#233;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce rebond s'explique par plusieurs facteurs. Tout d'abord, l'&#233;volution technologique rapide des &#233;oliennes, de plus en plus puissantes, fiables et durables. Alors que les &#233;oliennes d&#233;j&#224; en activit&#233; ont en moyenne une puissance de 1 &#224; 3 MW, on installe maintenant des machines de 5 MW, et des mod&#232;les de 8 ou 10 MW sont &#224; l'essai, dont certains auraient une dur&#233;e de vie de 25 ans, contre quinze &#224; vingt ans actuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le secteur a aussi &#233;t&#233; relanc&#233; par l'adoption en 2013 de la loi Brottes qui a simplifi&#233; les proc&#233;dures d'installation des parcs, notamment en supprimant les zones de d&#233;veloppement &#233;olien et le seuil des cinq m&#226;ts minimum. Cette loi, soutenue par les d&#233;put&#233;&#183;e&#183;s &#233;cologistes et salu&#233;e par les professionnels, a cependant &#233;t&#233; critiqu&#233;e par nombre de d&#233;put&#233;&#183;e&#183;s ruraux de tous bords, et par les associations anti-&#233;oliennes. La f&#233;d&#233;ration Vent de col&#232;re d&#233;nonce par exemple le risque de &#171; mitage &#187; du territoire avec des &#233;oliennes &#233;parpill&#233;es un peu partout ou la possibilit&#233; donn&#233;e &#224; la construction d'&#233;oliennes sur des zones &#171; sensibles &#187; : terrains constructibles ou agricoles, zones de montagne ou de littoral. Avec toutes les retomb&#233;es que cela peut avoir en terme de concurrence dans l'usage des terres, de pression fonci&#232;re et d'impact sur les paysages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le facteur qui explique s&#251;rement la plus grosse part de ce d&#233;veloppement est d'ordre financier : l'&#233;olien peut rapporter gros. D'abord aux producteurs, puisque l'&#233;tat impose &#224; ERDF de racheter l'&#233;lectricit&#233; de source renouvelable &#224; un prix bien sup&#233;rieur au prix de march&#233;, la diff&#233;rence &#233;tant pay&#233;e par l'ensemble de la population via la contribution au service public de l'&#233;lectricit&#233; pr&#233;lev&#233;e sur chaque facture d'&#233;lectricit&#233;. La Commission de r&#233;gulation de l'&#233;nergie consid&#232;re ainsi que la moiti&#233; des projets d'&#233;olien terrestre analys&#233;s &#171; permettent d'atteindre des rentabilit&#233;s significatives, voire tr&#232;s significatives, pour leurs actionnaires &#187; (1). Sur les parcs les plus productifs (b&#233;n&#233;ficiant des meilleurs conditions de vent), la rentabilit&#233; peut &#234;tre sup&#233;rieure &#224; 50 % ! Il n'est donc pas &#233;tonnant que toutes les multinationales de l'&#233;nergie ou du BTP se ruent sur ce secteur juteux, formant parfois des consortiums qui font froid dans le dos des militants &#233;cologistes, comme celui entre le manipulateur d'atome Areva, le grand b&#233;tonneur Vinci, et GDF-Suez pour exploiter des parcs off-shore au large de la Normandie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces int&#233;r&#234;ts financiers touchent aussi les collectivit&#233;s territoriales et certains particuliers. Les premi&#232;res profitent des imp&#244;ts et taxes que leur rapportent les parcs sur leurs territoires, et &#224; l'heure des contraintes budg&#233;taires il est s&#251;rement tentant de profiter de cette manne sans se poser de question de fond sur l'impact du grand &#233;olien. Quant aux propri&#233;taires des terrains utilis&#233;s, ils et elles touchent des loyers qui vont de 5000 &#224; 10 000 euros par an par machine install&#233;e. Ces int&#233;r&#234;ts financiers d&#233;bouchent sur des situations malsaines : tentatives de corruption des particuliers qui s'opposent &#224; l'installation de parcs sur leurs terrains, conflits d'int&#233;r&#234;ts d&#233;pos&#233;s devant la justice, certain&#183;e&#183;s &#233;lu&#183;e&#183;s autorisant l'installation de parcs&#8230; sur leurs propres terrains priv&#233;s. Les soucis &#233;cologiques et &#233;nerg&#233;tiques ont compl&#232;tement d&#233;sert&#233; le d&#233;veloppement de l'&#233;olien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) &lt;i&gt;Co&#251;ts et rentabilit&#233; des &#233;nergies renouvelables en France m&#233;tropolitaine&lt;/i&gt; , rapport publi&#233; par le CRE en avril 2014, t&#233;l&#233;chargeable sur &lt;a href=&#034;http://www.cre.fr&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;www.cre.fr&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les g&#233;n&#233;rations futures, ces gosses de riches ! </title>
		<link>https://lan02.butternet.net/Les-generations-futures-ces-gosses-de-riches</link>
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&lt;p&gt;Invit&#233;&#183;e &lt;br class='autobr' /&gt; par Aur&#233;lien Boutaud &lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#233;conomistes dominants ont parfois de dr&#244;les d'id&#233;es. Prenez le cas des g&#233;n&#233;rations futures, par exemple. Pour un &#233;cologiste, cela va sans dire : la solidarit&#233; avec les g&#233;n&#233;rations futures suppose de prot&#233;ger la nature afin de l&#233;guer un cadre de vie d&#233;cent &#224; nos descendants. Mais pour un &#233;conomiste n&#233;oclassique, il est hors de question de remettre en cause la mise &#224; sac de la nature. M&#234;me au nom d'une quelconque solidarit&#233; interg&#233;n&#233;rationnelle. &lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque la question des (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-Invite-" rel="directory"&gt;Invit&#233;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class='spip_document_8 spip_documents'&gt;&lt;a href='https://lan02.butternet.net/IMG/jpg/invite-color2.jpg' type=&#034;image/jpeg&#034; title=&#034;invit&#233;-color&#034;&gt;&lt;img src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L150xH111/invite-color2-7d5de-6db63.jpg?1698011313' width='150' height='111' alt='invit&#233;-color {JPEG}' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Invit&#233;&#183;e&lt;/strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;par Aur&#233;lien Boutaud&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;conomistes dominants ont parfois de dr&#244;les d'id&#233;es. Prenez le cas des g&#233;n&#233;rations futures, par exemple. Pour un &#233;cologiste, cela va sans dire : la solidarit&#233; avec les g&#233;n&#233;rations futures suppose de prot&#233;ger la nature afin de l&#233;guer un cadre de vie d&#233;cent &#224; nos descendants. Mais pour un &#233;conomiste n&#233;oclassique, il est hors de question de remettre en cause la mise &#224; sac de la nature. M&#234;me au nom d'une quelconque solidarit&#233; interg&#233;n&#233;rationnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque la question des g&#233;n&#233;rations futures s'est impos&#233;e dans les d&#233;bats internationaux, les &#233;conomistes dominants ont donc d&#251; op&#233;rer une premi&#232;re pirouette qui a consist&#233; &#224; recycler quelques vieilles th&#233;ories issues de l'&#233;conomie des ressources naturelles. Parmi celles-ci, la plus connue est sans doute la &#171; substituabilit&#233; du capital naturel &#187; ( &lt;i&gt;sic&lt;/i&gt; ). D&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;e dans ces colonnes (1), cette hypoth&#232;se affirme qu'il suffit de remplacer le capital naturel d&#233;grad&#233; ou &#233;puis&#233; par du capital artificiel... et le tour est jou&#233; ! &#201;videmment, une telle hypoth&#232;se suppose des ruptures technologiques radicales afin de reporter la consommation d'une ressource en voie d'&#233;puisement sur une autre suppos&#233;e plus abondante. Par exemple, si l'investissement technologique vous permet d'exploiter les gaz et les p&#233;troles non conventionnels (gaz de schiste, sables bitumineux, etc.), alors la &#171; magie &#187; de la substitution op&#232;re : la production d'&#233;nergie peut continuer de cro&#238;tre malgr&#233; le d&#233;clin des &#233;nergies fossiles conventionnelles ! Ainsi, gr&#226;ce &#224; la substitution, la destruction des ressources devient compatible avec le principe de solidarit&#233; interg&#233;n&#233;rationnelle. CQFD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les &#233;conomistes dominants n'en sont pas rest&#233;s l&#224;. Lorsque, &#224; force d'injecter des gaz &#224; effet de serre dans l'atmosph&#232;re, l'enjeu du changement climatique est venu s'ajouter &#224; celui de l'&#233;puisement des ressources, il leur a bien fallu trouver une mani&#232;re de l&#233;gitimer cette d&#233;gradation irr&#233;versible des conditions de vie sur Terre. Afin de faire entrer le r&#233;chauffement climatique dans les mod&#232;les &#233;conomiques, les th&#233;oriciens ont alors proc&#233;d&#233; &#224; l'un de leurs exercices favoris : donner un prix &#224; la nature... et &#224; ses d&#233;gradations. Et c'est ainsi que, &#224; partir des ann&#233;es 1990, une abondante litt&#233;rature sur le co&#251;t du changement climatique s'est d&#233;velopp&#233;e. Les th&#233;oriciens se sont alors rapidement trouv&#233;s confront&#233;s &#224; un probl&#232;me de taille : si la g&#233;n&#233;ration pr&#233;sente d&#233;cide de r&#233;duire son impact sur l'environnement, cela risque de nuire &#224; son bien-&#234;tre&#8230; D&#232;s lors, se pose cette question centrale : comment arbitrer entre le bien-&#234;tre des g&#233;n&#233;rations pr&#233;sentes et celui des g&#233;n&#233;rations futures ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est l&#224; que les n&#233;oclassiques ont frapp&#233; fort, en incluant de facto dans leurs &#233;quations un taux d'actualisation qui donne la priorit&#233; aux g&#233;n&#233;rations pr&#233;sentes (2). Pourquoi ? Eh bien&#8230; on ne sait pas vraiment. Car la litt&#233;rature &#233;conomique est &#233;tonnamment discr&#232;te sur les raisons &#233;thiques qui ont men&#233; &#224; un tel choix. Tout au plus, on devine derri&#232;re les &#233;quations des n&#233;oclassiques un raisonnement qui doit ressembler plus ou moins &#224; cela : &#171; Apr&#232;s tout, puisque la croissance est suppos&#233;e infinie (re- &lt;i&gt;sic&lt;/i&gt; ), cela signifie que nos descendants seront plus riches que nous&#8230; et donc, ce sont eux qui doivent &#234;tre solidaires &#224; notre &#233;gard. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avouez que vous n'y aviez pas pens&#233;, n'est-ce pas ? Mais les &#233;conomistes n&#233;oclassiques, eux, y ont pens&#233;. Et gr&#226;ce &#224; cette nouvelle hypoth&#232;se cach&#233;e dans les taux d'actualisation, ils ont alors pu &#171; d&#233;montrer &#187; exactement ce qu'ils voulaient : &#224; savoir que le co&#251;t de la protection du climat &#233;tait sup&#233;rieur &#224; celui de sa d&#233;gradation. C'est d'ailleurs en s'appuyant sur cette litt&#233;rature iconoclaste que George W. Bush a l&#233;gitim&#233; le retrait des &#201;tats-Unis du protocole de Kyoto au d&#233;but des ann&#233;es 2000. Autant le dire : avec de telles hypoth&#232;ses, les membres des g&#233;n&#233;rations futures n'ont pas de soucis &#224; se faire ! D'ailleurs, il ne manquerait plus qu'ils viennent se plaindre, tiens&#8230; ces gosses de riches !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Aur&#233;lien Boutaud, &#171; La croissance rend-elle fou ? &#187;, &lt;i&gt;L'An 02&lt;/i&gt; , n&#176;4, &#233;t&#233; 2013.&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) Sur la question des taux d'actualisation, voir par exemple : Olivier Godard, &#171; Le Rapport Stern sur l'&#233;conomie du changement climatique &#233;tait-il une manipulation grossi&#232;re de la m&#233;thodologie &#233;conomique ? &#187;, in &lt;i&gt;Revue d'&#233;conomie politique&lt;/i&gt; , n&#176;4/2007 (Vol. 117) , p. 475-506.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; Lib&#233;ration animale &#187; et veganisme : au service de quelles transformations sociales ?</title>
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&lt;p&gt;Le Panais dans la mare &lt;br class='autobr' /&gt; Jocelyne Porcher &lt;br class='autobr' /&gt;
Les d&#233;fenseurs des animaux et pros&#233;lytes du veganisme (mode de vie sans consommation de produits d'origine animale) le clament dans tous les m&#233;dias : l'alimentation carn&#233;e est le crime contemporain absolu et l'&#233;levage la racine de toutes les barbaries. C'est pourquoi ils promeuvent une &#171; agriculture sans &#233;levage &#187; au service d'une soci&#233;t&#233; enfin lib&#233;r&#233;e et pacifi&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'horizon que dessinent les bons sentiments des un-e-s et la philosophie hors-sol des autres est (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-Le-panais-dans-la-mare-" rel="directory"&gt;Le panais dans la mare&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_22 spip_documents'&gt;&lt;a href='https://lan02.butternet.net/IMG/png/panais_petite.png' type=&#034;image/png&#034; title=&#034;panais_petite&#034;&gt;&lt;img src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L137xH150/panais_petite-faeb8-87302.png?1698011313' width='137' height='150' alt='panais_petite {PNG}' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Le Panais dans la mare&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Jocelyne Porcher&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;fenseurs des animaux et pros&#233;lytes du veganisme (mode de vie sans consommation de produits d'origine animale) le clament dans tous les m&#233;dias : l'alimentation carn&#233;e est le crime contemporain absolu et l'&#233;levage la racine de toutes les barbaries. C'est pourquoi ils promeuvent une &#171; agriculture sans &#233;levage &#187; au service d'une soci&#233;t&#233; enfin lib&#233;r&#233;e et pacifi&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'horizon que dessinent les bons sentiments des un-e-s et la philosophie hors-sol des autres est pourtant tr&#232;s sordide. Car que s'agit-il de faire au juste, au nom des animaux, de la &#171; plan&#232;te &#187;, de notre sant&#233; ? De ne plus manger de viandes et de consommer uniquement des v&#233;g&#233;taux ? Et tout irait bien ? Il semblerait que cette politique morale nous conduise bien au contraire &#224; un monde encore plus d&#233;sastreux que celui dont nous d&#233;sirons sortir. Car, en r&#233;alit&#233;, &#224; qui profitent ces orientations ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le comprendre, rappelons tout d'abord que l'&#233;ducation morale des populations vis-&#224;-vis des animaux de la part des intellectuels (1) n'est pas nouvelle. Elle est &#224; l'origine des premi&#232;res lois de protection des animaux au XIXe si&#232;cle (2). Les bourgeois n'aiment pas voir souffrir les animaux et n'ont de cesse d'&#233;duquer le menu peuple brutal et ignorant. C'est ainsi que scientifiques et intellectuels de tout genre, aujourd'hui comme hier, apprennent aux paysans ce qu'est un animal et quelle morale de relations est acceptable ou non. Que les paysans eux-m&#234;mes depuis des si&#232;cles aient donn&#233; un sens moral &#224; leurs relations aux animaux ne les int&#233;resse pas. Et la construction de la &#171; question animale &#187; renvoie &#224; des rapports de classe qu'il serait tr&#232;s regrettable d'ignorer. Les rapports d'exploitation n'opposent pas des oppresseurs (les humains) &#224; des opprim&#233;s (les animaux) &#8211; comme le pr&#233;tendent certains intellectuels &#8211; mais bien des bourgeois &#224; des prol&#233;taires, que ceux-ci soient des humains ou des animaux. Et l'int&#233;r&#234;t des un-e-s et des autres n'est pas vraiment le m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui a int&#233;r&#234;t &#224; ce que l'&#233;levage disparaisse ? En tout premier lieu les multinationales de l'agroalimentaire et des biotechnologies. Google, McDonald's et de g&#233;n&#233;reux donateurs anonymes soutiennent la recherche sur la viande &lt;i&gt; in vitro&lt;/i&gt; ; la fondation Bill Gates appuie &lt;i&gt;Beyond Meat&lt;/i&gt; , un projet de substituts de viande sans animal, essentiellement &#224; base de soja ; Cargill a d&#233;velopp&#233; un fromage sans lait, que l'on retrouvera dans les pizzas industrielles. Car ce qui change fondamentalement la donne si on &#171; lib&#232;re &#187; les animaux (de facto si on les condamne &#224; dispara&#238;tre), c'est que ce qui &#233;tait de l'ordre du bien commun (l'&#233;levage, la relation aux animaux, la nourriture produite par les paysan-ne-s) devient un bien priv&#233; brevet&#233;. La production de prot&#233;ines animales va sortir du monde agricole pour entrer dans celui des industriels comme n'importe quel autre produit, comme c'&#233;tait du reste l'objectif des premiers zootechniciens, sauf que cela se fera sans les animaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des failles importantes de la pens&#233;e des &#171; lib&#233;rateurs &#187; des animaux est qu'elle ne tient pas compte du monde r&#233;el. Ni du monde r&#233;el qui construit la relation entre humains et animaux et articule vie et mort dans la complexit&#233; de nos liens, ni du monde r&#233;el politique (la soci&#233;t&#233; capitaliste) dans lequel l'alpha et l'om&#233;ga de toutes choses est le profit et non le bien-&#234;tre de qui que ce soit. Comment penser un seul instant que les animaux puissent &#234;tre libres, respect&#233;s, acqu&#233;rir des droits&#8230; dans un monde o&#249; les &#234;tres humains sont trait&#233;s comme des objets ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi r&#233;-inventer l'&#233;levage est la v&#233;ritable option politique pour changer nos relations aux animaux et &#224; nous-m&#234;mes, pour reprendre avec eux la main sur leurs vies et sur la n&#244;tre. Int&#233;grer les animaux dans la construction des rapports sociaux au sein d'une soci&#233;t&#233; lib&#233;r&#233;e de l'emprise de la cupidit&#233;, de la performance &#224; court terme, de la concurrence de tou-te-s contre tou-te-s est un but beaucoup plus &#233;mancipateur que la funeste entreprise de &#171; lib&#233;ration &#187; des animaux qui conduirait &#224; une ali&#233;nation accrue et des &#234;tres humains et des animaux. La plupart de nos concitoyen-ne-s veulent vivre avec des animaux et non pas s'en d&#233;tacher. Attachons-nous mieux, voil&#224; l'enjeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Voir la r&#233;cente &#171; p&#233;tition des intellectuels &#187; en faveur d'un changement de statut des animaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) Michelle Julien, &lt;i&gt;Le Cauchemar de Dickens. Naissance des expositions et des refuges&lt;/i&gt; , &#233;ditions Mongrel, 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(3) Il faut rappeler que le terme &#171; animaux d'&#233;levage &#187; renvoie aux animaux de ferme mais &#233;galement aux chiens et aux chats qui eux aussi doivent majoritairement la vie &#224; des &#233;leveurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Dans l'espace, personne ne vous entend crier. Blues du journaliste &#233;colo</title>
		<link>https://lan02.butternet.net/Dans-l-espace-personne-ne-vous-entend-crier-Blues-du-journaliste-ecolo</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;Chronique du vrai travail &lt;br class='autobr' /&gt; Jade Lindgaard &lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait vers le milieu de l'ann&#233;e 2013 et un vent de d&#233;prime soufflait dans les c&#339;urs d'un petit groupe de journalistes &#233;colos. Vacuit&#233; de la politique gouvernementale, nullit&#233; du d&#233;bat public sur les enjeux &#233;nerg&#233;tiques, absence de mouvement social en r&#233;action au d&#233;r&#232;glement climatique, silence des intellectuel-le-s, reflux d'int&#233;r&#234;t des r&#233;dac' chefs pour les sujets environnementaux. Et le sentiment d'&#233;chouer &#224; interpeller la soci&#233;t&#233; sur l'&#233;puisement &#233;cologique de (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-Chronique-du-vrai-travail-" rel="directory"&gt;Chronique du {vrai} travail&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_28 spip_documents'&gt;
&lt;img src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L500xH411/usine-petite-c96b1.png?1703349010' width='500' height='411' alt=&#034;usine-petite&#034; title=&#034;usine-petite&#034; /&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Chronique du vrai travail &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Jade Lindgaard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait vers le milieu de l'ann&#233;e 2013 et un vent de d&#233;prime soufflait dans les c&#339;urs d'un petit groupe de journalistes &#233;colos. Vacuit&#233; de la politique gouvernementale, nullit&#233; du d&#233;bat public sur les enjeux &#233;nerg&#233;tiques, absence de mouvement social en r&#233;action au d&#233;r&#232;glement climatique, silence des intellectuel-le-s, reflux d'int&#233;r&#234;t des r&#233;dac' chefs pour les sujets environnementaux. Et le sentiment d'&#233;chouer &#224; interpeller la soci&#233;t&#233; sur l'&#233;puisement &#233;cologique de son mod&#232;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se r&#233;unit &#224; quelques-un-e-s pour partager nos exp&#233;riences. L'un d'entre nous est en conflit avec sa direction qui le dessaisit du suivi de la lutte contre l'a&#233;roport de Notre-Dame-des-Landes ; l'autre bataille pour publier son reportage sur la douleur des gens apr&#232;s la catastrophe de Fukushima. Mon directeur ne veut pas de mon sujet sur la transition &#233;nerg&#233;tique en Tunisie &#8211; je vois encore son regard interloqu&#233; : &#171; Non, mais c'est surr&#233;el ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tristesse, d&#233;ception, sensation d'impuissance. L'une d'entre nous se fabrique des strat&#233;gies de judoka du storytelling : &#171; Faut leur parler de ce qu'ils aiment lire : tu fais le bilan carbone de Paris Hilton : ses voyages, les sushis de son chihuahua... ou du gros G&#233;g&#233; Depardieu &#187;. Une autre monte un think tank. On se quitte en se promettant d'essayer de b&#226;tir un cadre collectif en rupture avec l'individualisme concurrentiel qui r&#233;git notre m&#233;tier. Six mois plus tard, cette discussion se poursuit par intermittence, mais nous cherchons toujours une &#233;bauche de solution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'espace, personne ne vous entend crier. C'&#233;tait le slogan du film &lt;i&gt;Alien, le huiti&#232;me passager,&lt;/i&gt; de Ridley Scott, en 1979. J'ai compris tardivement que cette &#339;uvre de terreur spatiale d&#233;peignait aussi l'angoisse terrestre de l'isolement du journaliste. Vous enqu&#234;tez, vous rencontrez, vous interrogez, vous publiez. Et rien. Rien ne se passe, au sens o&#249; personne ne r&#233;agit, personne ne se saisit des informations r&#233;unies pour se plaindre, demander des comptes, d&#233;noncer l'injustice ou le scandale r&#233;v&#233;l&#233;. All&#232;gement de la proc&#233;dure d'installation des gros &#233;levages porcins conc&#233;d&#233; par la gauche ? Discussions sur l'allongement de la dur&#233;e de vie des centrales nucl&#233;aires alors qu'aucune au monde n'a jamais atteint l'&#226;ge de 60 ans ? Un lanceur d'alerte d&#233;nonce la gestion par le groupe Vinci, l'op&#233;rateur du projet de Notre-Dame-des-Landes, de ses a&#233;roports au Cambodge ? La sant&#233; des pr&#233;caires &#233;nerg&#233;tiques est d&#233;grad&#233;e par le froid ? Invisible bouchon de li&#232;ge sur un oc&#233;an de donn&#233;es, votre petit article est imm&#233;diatement englouti par la houle de l'info en continu et la pr&#233;gnance de questions class&#233;es prioritaires : la crise &#233;conomique, la crise sociale, le ras-le-bol fiscal, l'&#233;quipe de France de foot, les blagues de Cyril Hanouna, le devenir people de Serge le lama.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, bien d'autres sujets se fracassent sur le mur de l'indiff&#233;rence collective. Mais elle prend peut &#234;tre une forme particuli&#232;re sur l'&#233;cologie. C'est la trag&#233;die du tempo. Comment rendre compte en temps m&#233;diatique de la responsabilit&#233; de nos activit&#233;s humaines et de nos modes de vie dans la sixi&#232;me extinction des esp&#232;ces, la pollution de l'eau, le d&#233;r&#232;glement climatique ? Vous publiez extensivement sur les ravages sociaux et environnementaux du transport des marchandises &#224; bas co&#251;t, et &#233;clate le scandale de l'&#233;cotaxe, qui ravale l'argument &#233;cologiste au r&#244;le de triste paravent d'un lucratif partenariat public-priv&#233;. Vous insistez sur les promesses de la conversion &#233;cologique de l'&#233;conomie, et Bosch annonce le d&#233;p&#244;t de bilan de son site photovolta&#239;que de V&#233;nissieux, ancien lieu de sa fili&#232;re automobile. Vous &#233;pluchez les positions des d&#233;l&#233;gations de la 19e conf&#233;rence de l'ONU sur le climat, &#224; Varsovie, et l'ouragan Haiyan d&#233;vaste les Philippines, rendant d&#233;risoire une diplomatie d&#233;j&#224; d&#233;faillante. Vous &#234;tes d&#233;cal&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'y faire ? Ne pas se r&#233;soudre. Relire les articles d'Andr&#233; Gorz sous son nom de plume de Michel Bosquet pour retrouver la rage &#233;ditoriale. Repartir &#224; la recherche d'un mode d'emploi du journalisme au temps des catastrophes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Se battre pour les derni&#232;res miettes</title>
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		<dc:date>2014-09-01T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julien Milanesi</dc:creator>



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&lt;p&gt;Julien Milanesi &lt;br class='autobr' /&gt; R&#233;sum&#233; des &#233;pisodes pr&#233;c&#233;dents : apr&#232;s &#234;tre pass&#233;es en deux si&#232;cles du char &#224; mule &#224; l'avion &#224; r&#233;action, nos &#233;conomies atterrissent. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour de basses motivations d'auto-promotion (1), j'ai r&#233;cemment cr&#233;&#233; un compte Facebook. J'y ai d&#233;couvert par l'interm&#233;diaire de mon fr&#232;re &#8211; qui entretient la tradition familiale du bar restaurant &#8211; les &#171; Sacrifi&#233;s &#187;, la nouvelle guilde anti-imp&#244;ts r&#233;unissant artisans et commer&#231;ants. Je vous la fais en r&#233;sum&#233; : les restos sont vides, les plombiers vivent tr&#232;s mal la (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-L-atterrisage-" rel="directory"&gt;L'atterrisage&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Julien Milanesi&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;R&#233;sum&#233; des &#233;pisodes pr&#233;c&#233;dents : apr&#232;s &#234;tre pass&#233;es en deux si&#232;cles du char &#224; mule &#224; l'avion &#224; r&#233;action, nos &#233;conomies atterrissent.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour de basses motivations d'auto-promotion (1), j'ai r&#233;cemment cr&#233;&#233; un compte Facebook. J'y ai d&#233;couvert par l'interm&#233;diaire de mon fr&#232;re &#8211; qui entretient la tradition familiale du bar restaurant &#8211; les &#171; Sacrifi&#233;s &#187;, la nouvelle guilde anti-imp&#244;ts r&#233;unissant artisans et commer&#231;ants. Je vous la fais en r&#233;sum&#233; : les restos sont vides, les plombiers vivent tr&#232;s mal la crise (je le tiens &#233;galement de source s&#251;re) et c'est la faute aux charges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il aurait &#233;t&#233; &#233;tonnant que ces professions ne s'ajoutent pas &#224; la ribambelle de pigeons, bonnets et autres pourfendeurs du matraquage fiscal, et pas seulement parce que la logorrh&#233;e anti-charges s'acquiert avec la Licence IV : tous les discours &#233;conomiques officiels justifient aujourd'hui ce parti pris. La baisse du co&#251;t du travail et la concurrence fiscale sont au c&#339;ur des politiques &#233;conomiques europ&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les salaires des Allemand-e-s n'augmentent plus depuis dix ans, ceux des Grec-que-s n'en finissent pas de baisser, le taux moyen d'imp&#244;t sur les soci&#233;t&#233;s a diminu&#233; en vingt ans de plus de 15 % dans l'UE et le gouvernement fran&#231;ais n'a rien trouv&#233; d'autre en arrivant que de mettre le paquet dans un &#171; cr&#233;dit d'imp&#244;t pour la comp&#233;titivit&#233; &#187; visant &#224; r&#233;duire le co&#251;t du travail. Il ne faut pas s'&#233;tonner que tout le monde vienne maintenant r&#233;clamer son bout de gras fiscal en plaidant l'efficacit&#233; &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'atterrissage dans tout &#231;a ? J'y viens. La comp&#233;titivit&#233;, la concurrence, ce pourrait bien &#234;tre tout ce qui reste quand s'&#233;puise le ressort technologique de la croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Robert Gordon, un &#233;conomiste am&#233;ricain sp&#233;cialiste des questions de productivit&#233; (2) et amateur de caniches (3), c&#233;l&#232;bre dans un papier r&#233;cent sa hardiesse &#224; pronostiquer la fin de la croissance aux &#201;tats-Unis (4). En r&#233;sum&#233;, pour lui, les grandes innovations technologiques qui nous rendent plus efficaces au travail &#8211; qui sont ainsi g&#233;n&#233;ratrices de croissance car elles nous permettent de produire plus en travaillant autant &#8211; sont faites et plus &#224; faire. Il observe que les ordinateurs et Internet n'ont apport&#233; qu'une augmentation temporaire de productivit&#233;, incomparable avec les gains g&#233;n&#233;r&#233;s par la pr&#233;c&#233;dente r&#233;volution industrielle, ce qui est &#233;galement observable dans d'autres vieux pays riches, dont le n&#244;tre (voir graphique : &lt;a href=&#034;http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2009/10/26/la-baisse-tendancielle-du-taux-de-croissance-14-les-constats/&#034;&gt;http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2009/10/26/la-baisse-tendancielle-du-taux-de-croissance-14-les-constats/&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, les politiques &#233;conomiques centr&#233;es sur la comp&#233;titivit&#233; peuvent &#234;tre vues comme des strat&#233;gies visant &#224; gratter les derni&#232;res miettes de croissance (et de profit). Le probl&#232;me, c'est que la comp&#233;titivit&#233;, c'est relatif. On est plus ou moins comp&#233;titif que l'Allemagne, que l'Espagne, que le resto d'en face, que le plombier du village d'&#224; c&#244;t&#233;. Ce qu'on gagne, on le prend au voisin, la comp&#233;titivit&#233; &#233;rig&#233; au rang de priorit&#233;, c'est le niveau z&#233;ro du projet &#233;conomique collectif, et c'est l&#224; o&#249; en est la zone euro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au mieux, on peut en continuant comme &#231;a esp&#233;rer aller chercher collectivement quelques bouts de croissance dans les pays o&#249; elle est encore, en prenant des parts de march&#233;s aux pays extra-europ&#233;ens qui nous ressemblent. C'est la strat&#233;gie mercantiliste allemande : vendre plus de bazar que les autres aux nouveaux riches asiatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut aussi attendre quelques gains d'efficacit&#233; (et de croissance) que provoquerait l'augmentation de la concurrence. Le dernier avatar de cette id&#233;e ? Le projet de grand march&#233; transatlantique avec les &#201;tats-Unis pour lequel on nous promet, &#244; mis&#232;re !, contre nos derni&#232;res gouttes de sueur, 0,3 % de PIB suppl&#233;mentaire par an (5)...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) &lt;i&gt;L'Int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral et moi&lt;/i&gt; , voir p. 36.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) La productivit&#233; est la quantit&#233; de biens et services produits par personne ou par heure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(3) &lt;a href=&#034;http://faculty-web.at.northwestern.edu/economics/gordon/indexmsie.html&#034;&gt;http://faculty-web.at.northwestern.edu/economics/gordon/indexmsie.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(4) Robert Gordon, &#171; Is U.S. Economic Growth Over ? Faltering Innovation Confronts the Six Headwinds &#187;, contribution n&#176;18315, &lt;i&gt;National Bureau of Economic Research&lt;/i&gt; , 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(5) Fontagn&#233; L. et alii, &#171; Transatlantic Trade : Whither Partnership, Which Economic Consequences ? &#187;, &lt;i&gt;CEPII Policy Brief&lt;/i&gt; n&#176;1, septembre 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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