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	<title>L'An 02</title>
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	<description>L'An 02 est un outil &#233;colo de diffusion et de partage, un passeur d'id&#233;es hors des cercles confidentiels.
De 2011 &#224; 2015, L'An 02 a &#233;t&#233; une revue papier, en couleurs, multipliant les formes, notamment graphiques : photo-reportage, peinture, installation, typographie, bande dessin&#233;e. Cette dimension-l&#224; ne se retrouve que dans la revue papier, toujours en vente en librairie ou par correspondance. Retrouvez sur ce nouveau site tous les textes, un dossier au traitement mosa&#239;que enrob&#233; de chroniques grin&#231;antes, de lectures in-con-tour-na-bles et de reportages militants.
D&#233;sormais, L'An 02 propose &#224; chaque changement de saison une livraison de chroniques de livres r&#233;cents qui nous aident &#224; penser l'&#233;cologie politique, la d&#233;croissance et la technocritique.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>L'An 02</title>
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		<title>Soigner l'esprit, gu&#233;rir la Terre</title>
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		<dc:date>2015-12-18T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patrick Marcolini</dc:creator>


		<dc:subject>Environnement</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Soigner l'esprit, gu&#233;rir la Terre. Introduction &#224; l'&#233;copsychologie Michel Maxime Egger Labor et Fides, Gen&#232;ve, 2015 288 pages, 25 &#8364; &lt;br class='autobr' /&gt;
Apparue dans les pays anglo-saxons il y a une trentaine d'ann&#233;es, l'&#233;copsychologie reste encore largement m&#233;connue en France &#8211; une situation qui pourrait toutefois &#233;voluer avec la parution r&#233;cente de plusieurs livres en langue fran&#231;aise de ou sur ses grandes figures (Theodore Rozsak, Paul Shepard ou encore Joanna Macy) , ainsi que de cet ouvrage introductif r&#233;dig&#233; par le (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-Lectures-" rel="directory"&gt;Lectures&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/+-Environnement-+" rel="tag"&gt;Environnement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L99xH150/arton18-deaac.jpg?1696061304' width='99' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Soigner l'esprit, gu&#233;rir la Terre. Introduction &#224; l'&#233;copsychologie&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Michel Maxime Egger&lt;br class='autobr' /&gt;
Labor et Fides, Gen&#232;ve, 2015&lt;br class='autobr' /&gt;
288 pages, 25 &#8364;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apparue dans les pays anglo-saxons il y a une trentaine d'ann&#233;es, l'&#233;copsychologie reste encore largement m&#233;connue en France &#8211; une situation qui pourrait toutefois &#233;voluer avec la parution r&#233;cente de plusieurs livres en langue fran&#231;aise de ou sur ses grandes figures (Theodore Rozsak, Paul Shepard ou encore Joanna Macy)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Cf. Joanna Macy, &#201;copsychologie pratique et rituels pour la Terre , Le (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ainsi que de cet ouvrage introductif r&#233;dig&#233; par le sociologue et journaliste Michel Maxime Egger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais que d&#233;signe-t-on exactement sous le terme &#233;copsychologie ? Comme son nom l'indique, il s'agit pour l'essentiel d'un champ de r&#233;flexion et de pratiques qui prend en compte &#171; la dimension psychologique dans l'approche des probl&#232;mes environnementaux et celle du monde naturel dans les d&#233;marches th&#233;rapeutiques &#187;. L'&#233;copsychologie met au centre de sa d&#233;marche &#171; le lien essentiel, non seulement biologique, mais &#233;motionnel et plus encore ontologique &#187; de l'&#234;tre humain &#224; la nature, et cherche &#224; r&#233;soudre tous les probl&#232;mes li&#233;s &#224; l'occultation de ce lien. Soigner le malaise voire la souffrance des personnes vivant dans des lieux coup&#233;s de la nature ; comprendre et agir sur les ressorts intimes de pathologies telles que l'addiction &#224; la technologie ou &#224; la consommation ; contrer le d&#233;ni de r&#233;alit&#233; et le sentiment d'impuissance face aux destructions massives de la nature, et inciter les populations &#224; affronter sereinement les probl&#232;mes &#233;cologiques ; &#233;duquer l'&#234;tre humain &#224; la conscience de sa place dans le monde pour r&#233;orienter ses activit&#233;s dans un sens plus respectueux de l'environnement ; plus g&#233;n&#233;ralement, r&#233;tablir la conscience d'une continuit&#233; entre l'&#234;tre humain et la nature, le moi et le monde, occult&#233;e par les pens&#233;es modernes de type objectiviste : telles sont les t&#226;ches de l'&#233;copsychologie, qui ambitionne donc d'exercer un r&#244;le moteur dans le changement g&#233;n&#233;ral de paradigme que supposent les enjeux environnementaux actuels, comme l'explique M. M. Egger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce faire, les acteurs de ce champ transdisciplinaire ont &#233;labor&#233; des pratiques th&#233;rapeutiques originales, que nous pr&#233;sente l'auteur. Elles incitent par exemple le patient &#224; questionner son mode de vie ou &#224; d&#233;velopper des activit&#233;s centr&#233;es sur le corps, les sens et l'attention au monde (m&#233;ditation, yoga, etc.). Mais elles supposent aussi de sortir du cabinet o&#249; s'enferment traditionnellement les psychologues, et d'engager des d&#233;marches visant &#224; renouer le lien entre l'&#234;tre humain et la nature. Cela peut aller de l'hortith&#233;rapie (le soin par les activit&#233;s de jardinage) aux s&#233;jours d'immersion dans la nature sauvage, seul ou petit groupe, en passant par un traitement des troubles psychiques passant par le contact r&#233;gulier avec un animal. Plus &#233;tonnant, et peut-&#234;tre moins s&#233;rieux (parce que ne tenant pas compte des contextes socioculturels dans lesquels s'inscrivent les pratiques religieuses ou spirituelles) : une frange non n&#233;gligeable de l'&#233;copsychologie s'est inspir&#233;e des soci&#233;t&#233;s tribales pour &#233;laborer le &#171; conseil chamanique &#187;, une forme de th&#233;rapie incluant le recours &#224; des danses, des invocations, des pratiques de je&#251;ne, etc., ainsi qu'une attention accrue aux r&#234;ves. Quoi qu'il en soit, dans tous les cas, il s'agit de r&#233;veiller en chacun l'&#171; inconscient &#233;cologique &#187;, notion &#233;largissant celle d'inconscient collectif postul&#233;e par Carl Gustav Jung, et d&#233;signant le sentiment instinctif, plus ou moins refoul&#233;, d'appartenir &#224; une forme de communaut&#233; r&#233;unissant tous les &#234;tres vivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A des questions environnementales qui sont habituellement pos&#233;es &#224; une &#233;chelle trop large, renfor&#231;ant ainsi notre sentiment d'impuissance, l'&#233;copsychologie a le m&#233;rite d'offrir un &#233;ventail de r&#233;ponses suggestives, &#224; taille humaine, ancr&#233;es dans le quotidien et parlant &#224; la subjectivit&#233; de chacun. En faisant appel &#224; la sensibilit&#233;, &#224; l'imaginaire, &#224; une ouverture sur la nature, elle est un pr&#233;cieux contrepoint &#224; une psychologie et une psychiatrie trop souvent r&#233;ifiantes. Qui plus est, elle porte au grand jour les causes sociales (et non uniquement individuelles) de quantit&#233; de souffrances psychiques contemporaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais sa d&#233;marche fait tout de m&#234;me probl&#232;me sur plusieurs plans. On peut lui reprocher ses incursions dans le mysticisme le plus l&#233;nifiant (nombreux sont ses repr&#233;sentants qui parlent par exemple d'&#171; &#226;me de la Terre &#187;), ou le fait qu'elle n'est pas d&#233;pourvue d'ambigu&#239;t&#233;s politiques, dont les &#233;copsychologues sont d'ailleurs conscients eux-m&#234;mes, puisque l'auteur rend compte des d&#233;bats qui les divisent. Ainsi, &#224; vouloir &#233;duquer (r&#233;&#233;duquer ?) psychiquement les populations &#224; une attitude &#171; &#233;cologiquement correcte &#187;, ne risque-t-elle pas de se transformer, d'instrument de prise de conscience, en un outil d'ing&#233;nierie sociale visant &#224; faire accepter aux gens leur place non plus dans le cosmos mais dans la soci&#233;t&#233; de l'&#233;tat d'urgence environnemental ? La recherche d'&#233;panouissement psychique qui la guide ne la rapproche-t-elle pas dangereusement du d&#233;veloppement personnel et de la culture n&#233;olib&#233;rale qui impr&#232;gne ce dernier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Voir &#224; ce sujet l'entretien avec Nicolas Marquis, &#171; Se changer soi pour (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? Enfin, sa d&#233;marche biocentrique, qui se pr&#233;occupe surtout de faire des &#234;tres humains des &#171; serviteurs de la nature &#187;, et de leur vie en commun &#171; une soci&#233;t&#233; au service de la vie &#187; (pour reprendre des expressions qui reviennent &#224; de nombreuses reprises), ne risque-t-elle pas de mener &#224; une impasse ? En d&#233;finitive, la protection de la vie ou de la nature &lt;i&gt;pour elles-m&#234;mes&lt;/i&gt; n'a pas grand sens : l'une et l'autre sont plus fortes que l'&#234;tre humain, et retrouveront toujours de nouveaux &#233;quilibres quelles que soient les perturbations introduites par ce dernier. En revanche, ce qui est &#224; craindre, c'est que ces nouveaux &#233;quilibres ne laissent plus de place &#224; la libert&#233; humaine, voire &#224; l'humain tout court. Comme le concluait justement Bernard Charbonneau, &#171; ce qu'il faut d&#233;fendre contre le d&#233;cha&#238;nement de la puissance humaine ce n'est donc pas la nature en soi, mais la nature &lt;i&gt;pour l'homme&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='Pour reprendre les mots de Daniel C&#233;r&#233;zuelle dans &#201;cologie et libert&#233;. (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Joanna Macy, &lt;i&gt;&#201;copsychologie pratique et rituels pour la Terre&lt;/i&gt; , Le Souffle d'or, 2008 ; Paul Shepard, &lt;i&gt;Retour aux sources du Pl&#233;istoc&#232;ne&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Nous n'avons qu'une seule Terre&lt;/i&gt; , parus respectivement aux &#233;ditions Dehors et Jos&#233; Corti en 2013 ; et Theodore Rozsak. &lt;i&gt;Vers une &#233;copsychologie lib&#233;ratrice&lt;/i&gt; , textes choisis et pr&#233;sent&#233;s par Mohammed Taleb, Le Passager clandestin, 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &#224; ce sujet l'entretien avec Nicolas Marquis, &#171; Se changer soi pour changer le monde &#187;, dans le n&#176;7 de &lt;i&gt;L'An 02&lt;/i&gt; , &#034;Altercapitalisme&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour reprendre les mots de Daniel C&#233;r&#233;zuelle dans &lt;i&gt;&#201;cologie et libert&#233;. Bernard Charbonneau pr&#233;curseur de l'&#233;cologie politique&lt;/i&gt; , Parangon / VS, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Brut</title>
		<link>https://lan02.butternet.net/Brut</link>
		<guid isPermaLink="true">https://lan02.butternet.net/Brut</guid>
		<dc:date>2015-12-17T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Aude Vidal</dc:creator>


		<dc:subject>Environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Reportage</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;David Dufresne, Nancy Huston, Naomi Klein, Melina Laboucan-Massimo et Rudy Wiebe, Brut. La Ru&#233;e vers l'or noir Lux &#233;diteur, Montr&#233;al, 2015 108 pages, 12 &#8364; &lt;br class='autobr' /&gt;
Du brut. Par millions de barils. Ou comment donner &#224; voir l'exploitation des sables bitumineux du Canada. Barils, dollars, gaz &#224; effet de serre, degr&#233;s de r&#233;chauffement&#8230; On conna&#238;t l'histoire mais voici une invitation &#224; en d&#233;couvrir jusqu'aux acteurs les plus modestes, en un livre composite o&#249; se m&#234;lent reportage, t&#233;moignage, plaidoyer et litt&#233;rature, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/+-Reportage-+" rel="tag"&gt;Reportage&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L104xH150/arton19-33809.jpg?1696061304' width='104' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;David Dufresne, Nancy Huston, Naomi Klein, Melina Laboucan-Massimo et Rudy Wiebe, &lt;i&gt;Brut. La Ru&#233;e vers l'or noir&lt;/i&gt; Lux &#233;diteur, Montr&#233;al, 2015&lt;br class='autobr' /&gt;
108 pages, 12 &#8364;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Du brut. Par millions de barils. Ou comment donner &#224; voir l'exploitation des sables bitumineux du Canada. Barils, dollars, gaz &#224; effet de serre, degr&#233;s de r&#233;chauffement&#8230; On conna&#238;t l'histoire mais voici une invitation &#224; en d&#233;couvrir jusqu'aux acteurs les plus modestes, en un livre composite o&#249; se m&#234;lent reportage, t&#233;moignage, plaidoyer et litt&#233;rature, et autant de voix. Fort McMurray, dans le Nord-Est de l'Alberta, est la capitale de ces hydrocarbures que l'on dit non-conventionnels : leur exploitation, plus polluante et plus co&#251;teuse que partout ailleurs, souille 90 000 km2 de terres et le bassin du fleuve Mackenzie, l'une des principales sources d'eau douce au monde. Dans des mines &#224; ciel ouvert, des camions de trois &#233;tages chargent ce m&#233;lange de sable, d'argile et de bitume. Moins visible, l'exploitation par forage consomme plus d'eau et rel&#226;che plus de produits toxiques. Le transport par pipe-line, ensuite, d&#233;verse lors de fuites r&#233;guli&#232;res des millions de litres jusque dans l'oc&#233;an Pacifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contamination rend la r&#233;gion invivable mais pourtant on y vit. D'abord les personnes des premi&#232;res nations, dont la militante &#233;cologiste Melina Laboucan-Massimo se fait ici la porte-parole en brossant un premier tableau des d&#233;g&#226;ts inflig&#233;s aux terres des Cris lubicons, une pollution massive des &#171; ta&#239;gas, fleuves, plaines, zones humides ou tourbi&#232;res &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Melina Laboucan-Massimo, &#171; Du p&#233;trole en territoire lubicon &#187;, photo-essai sur (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; dont ils tiraient leur subsistance. Ensuite les travailleurs du p&#233;trole ainsi que ceux et celles qui entretiennent Fort McMurray, ville-champignon et capitale des &lt;i&gt;tar sands&lt;/i&gt; . D'un ramasseur de canettes &#224; la maire, d'un tenancier de bar &#224; filles &#224; la directrice de la banque alimentaire, David Dufresne brosse leur portrait. Et en creux celui des jeunes hommes qui viennent travailler pour l'industrie p&#233;troli&#232;re, gagner des sommes folles, en claquer une partie tout en esp&#233;rant partir un matin, sans pr&#233;venir, avec un bon magot (compter 50 000 $ par semestre et ne pas imaginer rester plus de deux ans). Dufresne examine les relations entre soci&#233;t&#233; et &lt;i&gt;big business&lt;/i&gt; , ici au niveau municipal, en posant la question : le p&#233;trole est-il soluble dans la d&#233;mocratie ? Pour Nancy Huston et Naomi Klein, dont un dialogue est retranscrit, Fort McMurray est le visage de l'horreur. La loi du profit d&#233;truit les conditions d'une vie authentiquement humaine : un environnement o&#249; trouver sa subsistance, qui ne rende pas malade, et quelque chose comme une communaut&#233; politique, o&#249; le bien commun soit mieux pris en consid&#233;ration que l'avidit&#233; individuelle. Partout dans le monde cette vision recule mais Fort McKenzie pr&#233;sente un &#233;tat tr&#232;s avanc&#233; de ce que peut faire la loi du profit sur les paysages et les personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;Brut &lt;/i&gt; est bref mais entrouvre les portes d'un de ces enfers extractivistes qui nourrissent la machine industrielle. La plong&#233;e est rude mais salutaire : est-ce dans ce monde-l&#224; que nous souhaitons vivre ? Au milieu de justes indignations, cependant, la plainte de Nancy Huston sur les travailleurs du p&#233;trole contraints &#224; la prostitution (entendre : contraints &#224; recourir aux services de personnes prostitu&#233;es &#8211; dont on apprend par ailleurs qu'elles se partagent un joli g&#226;teau) pourrait presque nous faire oublier la violence que les hommes exercent sur les femmes, l&#224;-bas plus qu'ailleurs. Partout au Canada on d&#233;plore les violences, assassinats et disparitions dont sont victimes les femmes autochtones et que les industries n&#233;ocoloniales (qui comme la guerre livrent des territoires entiers &#224; des hordes d'hommes pr&#233;dateurs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Lire &#224; ce sujet &#034;Qu&#233;bec : cap au Nord !&#034; dans le n&#176;3 de L'An 02 (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ) exacerbe. Serait-ce que l'Alberta &#233;chappe &#224; la mal&#233;diction des agressions sur les prostitu&#233;es et de la violence envers les femmes des premi&#232;res nations ? Les d&#233;bats parisiens et la bonne id&#233;e de l'auteure canadienne d'&#233;tablir pour les jeunes filles un service civil du vidage de couilles sont une chose, l'oubli de faire &#233;tat dans ce contexte d'une violence sp&#233;cifiquement dirig&#233;e contre les femmes en est une autre qui me semble plus grave. D'o&#249; une l&#233;g&#232;re d&#233;ception que cette question n'apparaisse pas, &#224; plus forte raison dans un livre qui pr&#233;sente une certaine diversit&#233; de regards, f&#233;minins notamment. Si une soci&#233;t&#233; se distingue par la mani&#232;re dont elle traite les personnes les plus vuln&#233;rables, les dangers qui p&#232;sent sur les femmes autochtones ne sont pas un d&#233;tail de l'histoire. &lt;i&gt; Brut &lt;/i&gt; reste malgr&#233; cela un riche petit ouvrage, qu'il est possible de prolonger gr&#226;ce aux &#339;uvres de David Dufresne : autour des m&#234;mes rencontres, le journaliste a produit un &lt;a href=&#034;http://www.davduf.net/-fort-mcmoney-&#034;&gt;jeu-documentaire&lt;/a&gt; puis un film. Plong&#233;e d'autant plus r&#233;aliste dans cet univers sordide, le froid et les odeurs d'hydrocarbures en moins.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Melina Laboucan-Massimo, &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=qz3nSscXamI&#034;&gt;&#171; Du p&#233;trole en territoire lubicon &#187;&lt;/a&gt;, photo-essai sur un texte tr&#232;s proche de celui qui est traduit ici.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire &#224; ce sujet &lt;a href=&#034;http://www.lan02.org/2013/04/quebec-cap-au-nord/&#034;&gt;&#034;Qu&#233;bec : cap au Nord !&#034;&lt;/a&gt; dans le n&#176;3 de &lt;i&gt;L'An 02&lt;/i&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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