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	<title>L'An 02</title>
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	<description>L'An 02 est un outil &#233;colo de diffusion et de partage, un passeur d'id&#233;es hors des cercles confidentiels.
De 2011 &#224; 2015, L'An 02 a &#233;t&#233; une revue papier, en couleurs, multipliant les formes, notamment graphiques : photo-reportage, peinture, installation, typographie, bande dessin&#233;e. Cette dimension-l&#224; ne se retrouve que dans la revue papier, toujours en vente en librairie ou par correspondance. Retrouvez sur ce nouveau site tous les textes, un dossier au traitement mosa&#239;que enrob&#233; de chroniques grin&#231;antes, de lectures in-con-tour-na-bles et de reportages militants.
D&#233;sormais, L'An 02 propose &#224; chaque changement de saison une livraison de chroniques de livres r&#233;cents qui nous aident &#224; penser l'&#233;cologie politique, la d&#233;croissance et la technocritique.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>L'An 02</title>
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		<title>Quels temps pour une d&#233;mocratie &#233;cologique ?</title>
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		<dc:date>2011-12-01T00:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Antoine Chollet</dc:creator>



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&lt;p&gt;par Antoine Chollet &lt;br class='autobr' /&gt;
Le pr&#233;sent constitue le centre de gravit&#233; de la d&#233;mocratie et tenter de l'assujettir au futur, comme le font certains penseurs &#233;cologistes, revient &#224; tomber dans le pi&#232;ge antid&#233;mocratique classique. Il faut penser un pr&#233;sent autonome et responsable. &lt;br class='autobr' /&gt;
La discussion concernant le temps de l'&#233;cologie et le temps de la d&#233;mocratie ne semble pouvoir &#234;tre pens&#233;e qu'au travers d'une opposition irr&#233;ductible entre le long terme du premier, et le &#171; court-termisme &#187; incoercible du second. La (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-Dossier-du-no1-Le-temps-qui-nous-fait-" rel="directory"&gt;N&#176;1 : &#171; Le temps qui nous fait &#187;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class='spip_document_9 spip_documents'&gt;
&lt;img src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L500xH334/temps-bc5f0.png?1703349013' width='500' height='334' alt=&#034;temps&#034; title=&#034;temps&#034; /&gt;&lt;/span&gt;par Antoine Chollet&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sent constitue le centre de gravit&#233; de la d&#233;mocratie et tenter de l'assujettir au futur, comme le font certains penseurs &#233;cologistes, revient &#224; tomber dans le pi&#232;ge antid&#233;mocratique classique. Il faut penser un pr&#233;sent autonome et responsable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La discussion concernant le temps de l'&#233;cologie et le temps de la d&#233;mocratie ne semble pouvoir &#234;tre pens&#233;e qu'au travers d'une opposition irr&#233;ductible entre le long terme du premier, et le &#171; court-termisme &#187; incoercible du second. La d&#233;mocratie serait ainsi condamn&#233;e &#224; agir au gr&#233; des &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales et de &#171; d&#233;sirs du peuple &#187; forc&#233;ment erratiques, et d&#232;s lors incapable de tenir compte des horizons temporels plus &#233;loign&#233;s que mettent en jeu les questions &#233;cologiques. Convaincu qu'il s'agit l&#224; d'un vieux trope du discours antid&#233;mocratique, j'aimerais sugg&#233;rer qu'il est possible de poser le probl&#232;me autrement.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;noncer la courte vue d'un r&#233;gime d&#233;mocratique, c'est en r&#233;alit&#233; reprendre un tr&#232;s vieil argument que l'on trouve d&#233;j&#224; chez Platon, lorsqu'il d&#233;crit les d&#233;sirs volages de l'homme d&#233;mocratique dans &lt;i&gt;La R&#233;publique&lt;/i&gt; . Du 17e au 19e si&#232;cles, les grands penseurs lib&#233;raux &#8211; Locke en Angleterre, Madison et Hamilton aux &#201;tats-Unis, Benjamin Constant en France &#8211; le r&#233;utiliseront sous une forme ou une autre afin de contraindre le principe d&#233;mocratique dans des institutions aristocratiques cens&#233;es tenir compte des n&#233;cessit&#233;s du long terme : Cour supr&#234;me et S&#233;nat am&#233;ricains par exemple, chambres hautes des syst&#232;mes repr&#233;sentatifs, constitutions et garanties des libert&#233;s individuelles, etc., retrouvant par l&#224; l'id&#233;e antique de la &lt;i&gt;constitution mixte&lt;/i&gt; comme meilleure forme de r&#233;gime : un peu de d&#233;mocratie, un peu d'oligarchie et un peu de monarchie. Tocqueville a fort bien r&#233;sum&#233; cette position en affirmant que le souci du pass&#233; et du futur est r&#233;serv&#233; &#224; la seule aristocratie, la d&#233;mocratie &#233;tant condamn&#233;e &#224; ne se pr&#233;occuper que du pr&#233;sent (1). De nos jours, certains penseurs de l'&#233;cologie ont pris le relais de ces vieilles lunes aristocratiques, et d&#233;noncent une d&#233;mocratie qui serait incapable de se soucier des &#171; g&#233;n&#233;rations futures &#187;, de r&#233;pondre au &#171; principe responsabilit&#233; &#187;, ou d'anticiper les cons&#233;quences de ses actions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Trois conceptions politiques du pr&#233;sent&lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Au lieu de se joindre &#224; ces condamnations de la d&#233;mocratie, il faut plut&#244;t reconna&#238;tre la pertinence de l'analyse de Tocqueville tout en contestant son jugement, ce qui signifie admettre que le pr&#233;sent est bien le centre de gravit&#233; temporel de la d&#233;mocratie et que cela constitue l'une des valeurs fondamentales de cette derni&#232;re. Peu se sont aventur&#233;s sur cette voie. Parmi les auteurs classiques, je ne vois gu&#232;re que Machiavel &#224; l'avoir explor&#233;e un peu syst&#233;matiquement. Celui-ci nous permet d'ailleurs du m&#234;me coup de comprendre que cette centralit&#233; du pr&#233;sent ne suppose nullement la disparition du pass&#233; et du futur (2), mais la n&#233;cessit&#233; d'entretenir avec ces derniers des rapports originaux. Chez Machiavel, le futur est &#224; la fois certain &#224; long terme puisqu'il am&#232;nera la ruine de toute cit&#233;, incertain dans chacun de ses moments du fait de la puissance de la &lt;i&gt;fortuna&lt;/i&gt; (du hasard, dirait-on aujourd'hui, sans que cela soit exactement &#233;quivalent), mais rendu partiellement pr&#233;visible gr&#226;ce &#224; la p&#233;rennit&#233; des institutions politiques que les humains &#233;tablissent. Hors de tout sch&#233;ma progressiste, le temps machiav&#233;lien est, fondamentalement, un temps cr&#233;&#233; par l' &lt;i&gt;action&lt;/i&gt; .&lt;br class='autobr' /&gt;
Tentons maintenant d'examiner trois mani&#232;res contemporaines de concevoir un rapport d&#233;mocratique au pr&#233;sent. La premi&#232;re, emprunt&#233;e &#224; Hannah Arendt, consiste &#224; penser l'action politique comme une fulgurance du pr&#233;sent, comme l'initiation collective de quelque chose de neuf et d'in&#233;dit. Le futur est d&#232;s lors impr&#233;visible, puisqu'il accueillera de nouveaux commencements. Agir dans une situation o&#249; le futur est largement inconnaissable suppose une confiance toujours renouvel&#233;e dans la capacit&#233; qu'ont les humains &#224; pouvoir lancer de nouvelles initiatives, c'est-&#224;-dire une confiance dans les pr&#233;sents du futur (3).&lt;br class='autobr' /&gt;
La deuxi&#232;me solution est celle qu'esquisse Walter Benjamin, et revient &#224; &lt;i&gt;arr&#234;ter&lt;/i&gt; le temps et les catastrophes qu'il charrie avec lui (sous la forme du &#171; progr&#232;s &#187;), &#224; concentrer dans le pr&#233;sent toutes les &#233;nergies r&#233;volutionnaires et &#224; les utiliser pour &#233;tablir une autre soci&#233;t&#233;. Les explosions r&#233;volutionnaires lui servent de mod&#232;les, et notamment l'une des plus belles d'entre elles : la Commune de Paris. Insignifiante dans le temps des vainqueurs, elle acquiert au contraire une extraordinaire importance dans le temps cr&#233;&#233; par tous les insurg&#233;s, hier comme demain (4).&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, une troisi&#232;me mani&#232;re de concevoir cette centralit&#233; du pr&#233;sent renvoie aux textes du dernier Merleau-Ponty, celui qui pense cette &#233;trange notion de &#171; chair de l'histoire &#187;. Le pr&#233;sent doit &#234;tre compris comme un &#171; champ de pr&#233;sence &#187;, qui s'&#233;tend dans le pass&#233; et le futur proches et dont la traduction sociale est le concept d'institution. Sans origine ni fin, l'institution n'est pas limit&#233;e au pr&#233;sent, car elle a une &lt;i&gt;inertie&lt;/i&gt; . On ne peut cependant la comprendre autrement qu'au pr&#233;sent, car c'est l&#224; qu'elle existe, qu'elle a une r&#233;alit&#233; pour chacun, et que notre action l'affecte toujours, f&#251;t-ce imperceptiblement (que l'on songe au langage, par exemple). Tout comme la chair soutient la surface visible, pass&#233; et futur soutiennent le pr&#233;sent, seule dimension &#171; visible &#187; de la temporalit&#233;, et la seule &#224; partir de laquelle il soit possible d'agir (5).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;L'autonomie politique du pr&#233;sent&lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Une politique d&#233;mocratique doit donc int&#233;grer deux choses fondamentales : toute action est un commencement ultimement ind&#233;termin&#233; d'une part, et notre futur portera n&#233;cessairement la trace de ces commencements d'autre part, de m&#234;me que notre pr&#233;sent est affect&#233; par les commencements du pass&#233;. Cela doit nous conduire &#224; accepter la responsabilit&#233; de nos actions pr&#233;sentes, mais sans nous autoriser &#224; faire d'un futur largement incertain le censeur du pr&#233;sent. En d'autres termes, cela signifie que l'action d&#233;mocratique est n&#233;cessairement tragique, car elle nous force &#224; la d&#233;cision et nous en tiendra responsables, alors que nous savons bien ne pas contr&#244;ler toutes les cons&#233;quences de nos d&#233;cisions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toute th&#233;orie de la d&#233;mocratie qui cherche &#224; assujettir le pr&#233;sent &#224; l'une ou l'autre dimension de la temporalit&#233; se transforme &lt;i&gt;in fine&lt;/i&gt; et in&#233;vitablement en une th&#233;orie antid&#233;mocratique. Le pr&#233;sent doit &#234;tre compris comme un moment &lt;i&gt;autonome&lt;/i&gt; par rapport au pass&#233; et au futur, non pas s&#233;par&#233; ou d&#233;li&#233; (de la m&#234;me mani&#232;re qu'un &#234;tre autonome n'est pas &#233;tranger &#224; un autre), encore moins d&#233;termin&#233; par ces derniers, mais au sens o&#249; il cherche &#224; fixer ses propres lois tout en tenant compte des conditions dans lesquelles il se trouve.&lt;br class='autobr' /&gt;
En appeler &#224; cette autonomie-l&#224; du pr&#233;sent, c'est du m&#234;me coup rappeler la triple nature humaine, sociale et politique du temps lui-m&#234;me : humaine parce que le temps n'est pas naturel (le &#171; temps &#187; des physiciens n'a strictement rien &#224; voir avec celui des soci&#233;t&#233;s humaines), sociale parce qu'il n'est pas individuel (Robinson sur son &#238;le ne conna&#238;t plus le temps (6)), et politique parce qu'il est un enjeu de luttes et que celui ou celle qui commande au temps, commande tout court (7).&lt;br class='autobr' /&gt;
Une politique &#233;cologique doit, si elle veut rester d&#233;mocratique, tenir compte de ces &#233;l&#233;ments, et savoir se d&#233;prendre de l'illusion catastrophiste, si fr&#233;quente aujourd'hui. D'un point de vue &#233;cologique et social, si catastrophe il y a, elle est sous nos yeux. La certitude d'une catastrophe &#224; venir n'est d'ailleurs que la figure invers&#233;e du mythe d'une r&#233;volution future in&#233;luctable qui r&#233;parera tous les torts. L'une et l'autre tiennent le pr&#233;sent pour quantit&#233; n&#233;gligeable, moment insignifiant par rapport aux &#171; vrais &#187; &#233;v&#233;nements qui, suppos&#233;ment, sont toujours &#224;-venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
(1) Le passage le plus significatif se trouve dans &lt;i&gt;De la d&#233;mocratie en Am&#233;rique II&lt;/i&gt; , premi&#232;re partie, chapitre 17.&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) D'innombrables chapitres des &lt;i&gt;Discours sur la premi&#232;re d&#233;cade de Tite-Live&lt;/i&gt; parlent en effet du pass&#233; et de son importance pour tout responsable politique, c'est d'ailleurs l'un des th&#232;mes principaux de ce chef d'&#339;uvre de la pens&#233;e politique. Quant au futur, qu'on se souvienne des indications saisissantes du chapitre 25 du &lt;i&gt;Prince&lt;/i&gt; pour comprendre son importance pour le Florentin.&lt;br class='autobr' /&gt;
(3) C'est surtout dans &lt;i&gt; The Human Condition&lt;/i&gt; , Chicago, The University of Chicago Press, 1958 (tr&#232;s mauvaise trad. fr. : &lt;i&gt;Condition de l'homme moderne&lt;/i&gt; ) et &lt;i&gt;On Revolution&lt;/i&gt; , New York, The Viking Press, 1963 (trad. fr. : &lt;i&gt;Essai sur la r&#233;volution&lt;/i&gt; , &#233;puis&#233;e), que l'on trouvera ces positions. La question se complique si l'on se penche sur d'autres textes, notamment &lt;i&gt;Between Past and Future&lt;/i&gt; (trad. fr. : &lt;i&gt;La Crise de la culture&lt;/i&gt; ).&lt;br class='autobr' /&gt;
(4) Cf. Walter Benjamin, &#171; Sur le concept d'histoire &#187; [1940], &lt;i&gt;&#338;uvres III&lt;/i&gt; , Paris, Gallimard (Folio), 2000, p. 427-443.&lt;br class='autobr' /&gt;
(5) Cf. Maurice Merleau-Ponty, &lt;i&gt;Signes&lt;/i&gt; , Paris, Gallimard, 1960 et &lt;i&gt;Les Aventures de la dialectique&lt;/i&gt; , Paris, Gallimard, 1955. Sur toutes ces questions, faute de place, je suis oblig&#233; de renvoyer le lecteur curieux &#224; : Antoine Chollet, &lt;i&gt;Les Temps de la d&#233;mocratie&lt;/i&gt; , Paris, Dalloz, 2011, o&#249; les positions respectives d'Arendt, Benjamin et Merleau-Ponty sont examin&#233;es plus pr&#233;cis&#233;ment.&lt;br class='autobr' /&gt;
(6) Cf. Michel Tournier, &lt;i&gt;Vendredi ou les limbes du Pacifique&lt;/i&gt; , Paris, Gallimard, 1967, et la belle analyse qu'en a faite son ami Gilles Deleuze.&lt;br class='autobr' /&gt;
(7) Jeremy Rifkin a &#233;crit un livre assez int&#233;ressant sur ce point, m&#234;me si je n'en partage pas les conclusions : cf. Jeremy Rifkin, &lt;i&gt;Time Wars&lt;/i&gt; , New York, Henry Holt, 1987.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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