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	<title>L'An 02</title>
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	<description>L'An 02 est un outil &#233;colo de diffusion et de partage, un passeur d'id&#233;es hors des cercles confidentiels.
De 2011 &#224; 2015, L'An 02 a &#233;t&#233; une revue papier, en couleurs, multipliant les formes, notamment graphiques : photo-reportage, peinture, installation, typographie, bande dessin&#233;e. Cette dimension-l&#224; ne se retrouve que dans la revue papier, toujours en vente en librairie ou par correspondance. Retrouvez sur ce nouveau site tous les textes, un dossier au traitement mosa&#239;que enrob&#233; de chroniques grin&#231;antes, de lectures in-con-tour-na-bles et de reportages militants.
D&#233;sormais, L'An 02 propose &#224; chaque changement de saison une livraison de chroniques de livres r&#233;cents qui nous aident &#224; penser l'&#233;cologie politique, la d&#233;croissance et la technocritique.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>L'An 02</title>
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		<title>Le Cauchemar pavillonnaire</title>
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		<dc:date>2013-07-01T00:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jo&#235;l Meissonnier</dc:creator>



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&lt;p&gt;Le Cauchemar pavillonnaire Jean-Luc Debry L'&#201;chapp&#233;e, Montreuil, 2012 160 pages, 12 &#8364; &lt;br class='autobr' /&gt;
Voici un livre qui devrait plaire par l'impertinence du propos, le militantisme des positions et par son ton irr&#233;v&#233;rencieux. De sa plume rebelle, l'auteur nous emporte dans un plaidoyer contre le processus d'individualisation des modes de vie enjoignant tout un chacun &#224; vivre &#171; isol&#233;s ensemble &#187; ce qui suppose une relation oblig&#233;e au territoire (on se veut propri&#233;taire), une relation de d&#233;fiance face &#224; l'alt&#233;rit&#233; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-Lectures-" rel="directory"&gt;Lectures&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L106xH150/arton92-4bd90.jpg?1703349045' width='106' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Cauchemar pavillonnaire&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Jean-Luc Debry&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#201;chapp&#233;e, Montreuil, 2012&lt;br class='autobr' /&gt;
160 pages, 12 &#8364;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Voici un livre qui devrait plaire par l'impertinence du propos, le militantisme des positions et par son ton irr&#233;v&#233;rencieux. De sa plume rebelle, l'auteur nous emporte dans un plaidoyer contre le processus d'individualisation des modes de vie enjoignant tout un chacun &#224; vivre &#171; isol&#233;s ensemble &#187; ce qui suppose une relation oblig&#233;e au territoire (on se veut propri&#233;taire), une relation de d&#233;fiance face &#224; l'alt&#233;rit&#233; (repli sur soi-m&#234;me) et une relation aux objets de la mobilit&#233; qui tient de la v&#233;n&#233;ration (on se berce de l'illusion de libert&#233; que la voiture individuelle ou le t&#233;l&#233;phone portable conf&#232;re). La critique se focalise sur une des manifestations particuli&#232;res du processus : l'&#233;talement r&#233;sidentiel qui caract&#233;rise les m&#233;tropoles europ&#233;ennes et produit cette &#233;trange uniformit&#233; pavillonnaire qu'on croyait &#234;tre le propre de modes de vie nord-am&#233;ricains, donc &#233;trangers. L'auteur d&#233;crit l'id&#233;al pavillonnaire comme une &#171; totalit&#233; envahissante &#187; car &#171; la possession rassure et repousse un peu plus loin le risque d'&#234;tre d&#233;poss&#233;d&#233; de tout donc de soi &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une premi&#232;re partie, J.-L. Debry s'efforce de recontextualiser l'aspiration croissante &#224; l'habitat pavillonnaire p&#233;riurbain en France. Il situe le ph&#233;nom&#232;ne dans une perspective id&#233;ologique &#8211; celle d'une lutte des classes passant par l'oppression qu'exerce l'habitat social et au regard duquel le pavillon repr&#233;sente un aboutissement faussement lib&#233;rateur &#8211; et historique &#8211; celle du &#171; paradis de la bagnole &#187; d'apr&#232;s-guerre et dont nous sommes les h&#233;ritier&#183;e&#183;s en ce sens que toute localisation nous semble &#233;quivalente &#224; une autre puisque rien n'est inaccessible. Dans une seconde partie, Debry d&#233;construit la production d'une norme sociale pl&#233;biscitant l'habitat pavillonnaire, fruit de &#171; l'illusion d'une classe [moyenne] unique &#187;. Il entend d&#233;noncer le pavillon en tant que &#171; lieu commun qui les contient tous &#187; qui pr&#233;sume l'universalit&#233; des aspirations autant qu'il enjoint &#224; la &#171; fabrique du conformisme &#187; par une forme d'&#171; infantilisation g&#233;n&#233;ralis&#233;e &#187;. Finalement, l'auteur ach&#232;ve sa d&#233;monstration de la vacuit&#233; de la vie p&#233;riurbaine et pavillonnaire en mobilisant la notion de non-lieu (1), concept-&#233;tendard de la &#171; post-modernit&#233; &#187;. Morphologiquement, la banlieue pavillonnaire n'est pas un lieu et ne pourrait jamais le devenir ; rien qu'un espace d&#233;pourvu d'identit&#233;, de liens sociaux comme d'histoire. Par sa morphologie, elle suppose et impose la mobilit&#233;. Ces autres non-lieux que sont la cha&#238;ne h&#244;teli&#232;re ou l'hypermarch&#233; sont reli&#233;s &#224; la banlieue p&#233;riurbaine par un m&#234;me cordon : l'autoroute, occasionnellement ponctu&#233; d'u-topiques aires. La mobilit&#233; contemporaine produite par de tels espaces ne serait qu'inexorable fluidit&#233; sans consistance. Sensibles &#224; l'appel des sir&#232;nes de la consommation, les pavillonnaires se laisseraient donc enfumer par une &lt;i&gt;id&#233;ologie mobilitaire&lt;/i&gt; bien d&#233;crite par Mincke et Montulet (2), bien que l'auteur n'y fasse pas explicitement r&#233;f&#233;rence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Atterr&#233; par cette classe &#171; moyenne en tout qui glorifie le lieu commun en lieu et place de toute pens&#233;e inspir&#233;e &#187;, Debry pr&#233;sente alternativement l'habitant&#183;e pavillonnaire comme un oppresseur qui &#171; fa&#231;onne le regard port&#233; sur soi et le monde ext&#233;rieur &#187; ou comme une victime, un &#171; propagandiste manipul&#233; d'une id&#233;ologie qui l'englobe &#187;, un individu dont la libert&#233; est entrav&#233;e par un &#171; endettement jusqu'&#224; l'&#226;ge de la retraite &#187; qui structure son mode de vie et son mode de pens&#233;e et qui le condamne &#224; une &#171; s&#233;dentarit&#233; subie &#187;. Entre les deux, l'auteur semble pencher pour la figure de l'oppresseur sans le dire explicitement. On se demande, quant &#224; nous, si la grille de lecture n&#233;o-marxiste victime/oppresseur qu'il a choisie &#233;tait la plus opportune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; des r&#233;f&#233;rences bibliographiques pertinentes, l'ouvrage ne parvient pas &#224; convaincre l'anthropologue &#8211; que je suis &#8211; lorsque certains parti-pris trahissent un manque de recul de l'auteur tout occup&#233; &#224; d&#233;verser son m&#233;pris du p&#233;riurbain pavillonnaire. Ce livre-pamphlet menace p&#233;riodiquement de tomber dans la caricature grotesque, voire le simple jugement de valeur d'un auteur qui se refuse &#224; &#171; comprendre &#187; (au sens de Weber et de Sch&#252;tz) le mode de vie qu'il d&#233;crit. Le malaise appara&#238;t lorsque la moquerie devient gratuite : &#171; L'orgasme cosmique des pavillonnaires trouva, par la gr&#226;ce du home-cin&#233;ma, de la bi&#232;re et du maquillage tricolore, dans le salon du pavillon, un lieu o&#249; gagner en sublime &#187;. Comment ne pas rester perplexe lorsque l'auteur &#8211; qui par ailleurs d&#233;nonce un mode de vie pavillonnaire &#171; v&#233;cu par l'&#233;lu comme l'expression de sa sup&#233;riorit&#233; &#187; &#8211; se place lui-m&#234;me en position de juger de la sinc&#233;rit&#233; d'autrui ? &#171; Entre &#233;lus, la parodie festive est un simulacre sans risque et plut&#244;t bienvenue. La farce des journ&#233;es du voisinage, son folklore et sa th&#233;&#226;tralit&#233; convenue, en est la triste illustration &#187;. Lorsque Debry d&#233;nonce les conflits de mitoyennet&#233; &#171; pour une ombre, une branche qui d&#233;passe, une odeur, un rien ou presque &#187; qu'il relie sp&#233;cifiquement &#224; ce type d'urbanisation ; on se demande s'il est d&#233;j&#224; entr&#233; dans un grand ensemble mal insonoris&#233;, o&#249; la promiscuit&#233; subie donne lieu, au moins autant, aux m&#234;mes susceptibilit&#233;s. Et en quoi &#171; le monde plein de menaces, de dangers de maladies, de Roms, de N&#232;gres sans papiers et de terroristes, de jeunes illettr&#233;s assoiff&#233;s de sang &#187;, hante-t-il davantage l'imaginaire du r&#233;sident p&#233;riurbain que celui d'une cit&#233; situ&#233;e en &#171; zone sensible &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une enqu&#234;te aurait peut-&#234;tre apport&#233; des nuances au tableau et montr&#233; que les familles qui s'installent dans le p&#233;riurbain font un choix sous contrainte, rationnel de leur point de vue. Ce ne sont sans doute pas les individus les plus militants ni m&#234;me les plus conscients des cons&#233;quences (d&#233;pendance &#224; la voiture, isolement...) de leurs choix de localisation et de mode de vie &#233;nergivores. Mais cette enqu&#234;te aurait peut-&#234;tre identifi&#233; des profils de pavillonnaires sinc&#232;rement tiraill&#233;&#183;e&#183;s par les contradictions que ces choix produisent. L'accession &#224; la propri&#233;t&#233; est un processus d'arbitrage extr&#234;mement complexe. Il est le produit d'une n&#233;gociation (au sein du couple, avec son banquier, avec ses valeurs...). Pour beaucoup de p&#233;riurbain&#183;e&#183;s, il repr&#233;sente un optimum, pas n&#233;cessairement un id&#233;al. Si le mode de vie p&#233;riurbain est privil&#233;gi&#233; &#224; un moment donn&#233; du cycle de vie (famille avec de jeunes enfants), il sera moins appropri&#233; &#224; d'autres moments (c&#233;libataires, jeunes retrait&#233;&#183;e&#183;s...). On est moins dans un choix id&#233;ologique que dans un choix d'opportunit&#233;, fait de concessions (prix du foncier oblige), bien loin d'un dogme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur se place pourtant dans un rapport de force insoluble, opposant son propre jugement aux jugements qu'il critique, sans tenter d'analyser les fondements des processus sociaux, sans en montrer les avantages (seulement les limites) et sans d&#233;passer les probl&#232;mes identifi&#233;s pour proposer des pistes de r&#233;flexion ou envisager des &#233;volutions sinon dans l'irr&#233;alisme r&#233;volutionnaire. L'agressivit&#233; du discours perd, d&#232;s lors, de sa force de conviction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On retiendra de ce livre son discours militant, au risque d'une simplification outrageuse de l'&#233;tonnante diversit&#233; et de la complexit&#233; des modes d'habiter p&#233;riurbains. L'auteur pointe cependant des faits qui ne laisseront pas le lecteur indiff&#233;rent ; il donne du relief &#224; ce que trop de g&#233;ographes et sociologues &#233;tudiant les zones pavillonnaires rapportent avec une forme de relativisme coupable de ne jamais savoir prendre parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Marc Aug&#233;, &lt;i&gt;Non-lieux. Introduction &#224; une anthropologie de la surmodernit&#233;&lt;/i&gt; , Seuil, 1992.&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) &lt;a href=&#034;http://politique.eu.org/spip.php?article1075&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://politique.eu.org/spip.php?article1075&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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