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	<title>L'An 02</title>
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	<description>L'An 02 est un outil &#233;colo de diffusion et de partage, un passeur d'id&#233;es hors des cercles confidentiels.
De 2011 &#224; 2015, L'An 02 a &#233;t&#233; une revue papier, en couleurs, multipliant les formes, notamment graphiques : photo-reportage, peinture, installation, typographie, bande dessin&#233;e. Cette dimension-l&#224; ne se retrouve que dans la revue papier, toujours en vente en librairie ou par correspondance. Retrouvez sur ce nouveau site tous les textes, un dossier au traitement mosa&#239;que enrob&#233; de chroniques grin&#231;antes, de lectures in-con-tour-na-bles et de reportages militants.
D&#233;sormais, L'An 02 propose &#224; chaque changement de saison une livraison de chroniques de livres r&#233;cents qui nous aident &#224; penser l'&#233;cologie politique, la d&#233;croissance et la technocritique.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>L'An 02</title>
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		<title>L'atterrissage : Vers l'&#233;tat stationnaire ?</title>
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		<dc:date>2012-07-01T00:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Julien Milanesi</dc:creator>



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&lt;p&gt;Le moment de crise que nous vivons marque-t-il l'atterrissage &#233;conomique de nos pays riches ? On peut voir la conjoncture d&#233;prim&#233;e de ces trois ou quatre derni&#232;res ann&#233;es comme un al&#233;a &#233;conomique passager, une mauvaise p&#233;riode &#224; passer. Mais &#233;largir un peu le regard historique donne une perspective diff&#233;rente &#224; ces ann&#233;es de croissance atone, elles apparaissent comme un nouveau pallier dans la chute r&#233;guli&#232;re de la croissance des pays riches depuis les ann&#233;es 60 (1). &lt;br class='autobr' /&gt;
De nombreux &#233;conomistes voient dans (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-L-atterrisage-" rel="directory"&gt;L'atterrisage&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le moment de crise que nous vivons marque-t-il l'atterrissage &#233;conomique de nos pays riches ? On peut voir la conjoncture d&#233;prim&#233;e de ces trois ou quatre derni&#232;res ann&#233;es comme un al&#233;a &#233;conomique passager, une mauvaise p&#233;riode &#224; passer. Mais &#233;largir un peu le regard historique donne une perspective diff&#233;rente &#224; ces ann&#233;es de croissance atone, elles apparaissent comme un nouveau pallier dans la chute r&#233;guli&#232;re de la croissance des pays riches depuis les ann&#233;es 60 (1).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux &#233;conomistes voient dans cette courbe en escalier un probl&#232;me de structure, et non de conjoncture &#233;conomique passag&#232;re. Ce serait la forme actuelle du capitalisme, le n&#233;olib&#233;ralisme, qui serait en crise, qui s'effondrerait dans les convulsions d'un syst&#232;me financier qu'il a durant trente ans port&#233; au pinacle. L'analyse est convaincante, mais elle sous-entend qu'un nouveau r&#233;gime de croissance pourrait &#233;merger et prendre le relais dans le processus d'accumulation. Pourquoi pas ? La &#171; croissance verte &#187; est la premi&#232;re candidate &#224; ce r&#244;le historique (nous y reviendrons dans une prochaine chronique). Mais, mise en perspective avec la courbe de Maddison (voir chronique pr&#233;c&#233;dente), cette diminution progressive de la croissance peut aussi &#234;tre interpr&#233;t&#233;e comme une phase d'atterrissage achevant 200 ans de croissance sans pr&#233;c&#233;dent. Peu d'&#233;conomistes r&#233;cent&#183;e&#183;s ont adopt&#233; cette perspective d'analyse de la crise. Ce n'est pas surprenant car le monde acad&#233;mique a tr&#232;s largement abandonn&#233; l'id&#233;e que ce processus pouvait avoir une fin. Il y a bien s&#251;r les &#233;conomistes de la d&#233;croissance qui ont montr&#233; avec pertinence ce que cette dynamique &#233;conomique avait de destructeur, mais leur analyse ne cherche pas &#224; montrer comment et pourquoi elle pourrait s'enrayer &#224; court ou moyen terme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour trouver des &#233;conomistes s'int&#233;ressant &#224; l'id&#233;e d'un ralentissement, voire d'un arr&#234;t de la croissance par &#233;puisement de ses ressorts internes, il faut revenir loin en arri&#232;re, au temps du d&#233;collage et de l'hypoth&#232;se de l'&#233;tat stationnaire qui &#233;tait au c&#339;ur des r&#233;flexions de la &#171; premi&#232;re &#233;cole lib&#233;rale classique &#187; (2). John Stuart Mill (1806-1873), le dernier des grands auteurs classiques, &#233;crivait ainsi en 1848 que &#171; les &#233;conomistes n'ont pu manquer de voir plus ou moins distinctement que l'accroissement de la richesse n'est pas illimit&#233; ; qu'&#224; la fin de l'&#233;tat progressif se trouve l'&#233;tat stationnaire &#187; (3). Cette id&#233;e fut d'abord &#233;tablie par Adam Smith (1723-1790) pour qui il existait pour chaque pays un &#233;tat stationnaire correspondant &#224; &#171; la pl&#233;nitude de richesses que la nature de son sol et de son climat et sa situation par rapport aux autres pays lui permettrait d'acqu&#233;rir &#187; (4). L'id&#233;e fut reprise et pr&#233;cis&#233;e par David Ricardo (1772-1823) qui, en s'appuyant notamment sur les analyses de son ami Thomas Malthus (1766-1834), pr&#233;dit une auto-asphyxie du progr&#232;s &#233;conomique. Selon l'&#233;conomiste anglais, la croissance d&#233;mographique et la mise en culture de terres de moins en moins fertiles conduisent &#224; l'augmentation in&#233;luctable du prix de la nourriture et donc des salaires des ouvriers, ce qui diminue in fine les profits et les possibilit&#233;s d'accroissement ult&#233;rieur de la production. F&#233;rus de physique newtonienne, les classiques concevaient ainsi l'&#233;tat stationnaire comme un &#233;quilibre de type gravitationnel vers lequel les diff&#233;rentes forces &#233;conomiques (notamment, &#224; travers la terre, celle de la raret&#233; des ressources) font n&#233;cessairement converger le syst&#232;me (5). L'analyse est contestable en bien des endroits, mais elle nous donne une premi&#232;re cl&#233; de compr&#233;hension de la crise actuelle et du r&#244;le que pourraient notamment y tenir la rar&#233;faction et l'augmentation du prix des ressources naturelles, dont bien s&#251;r le p&#233;trole.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les travaux de John Maynard Keynes (1883-1946) &#8211; qui fut par ailleurs un des critiques les plus f&#233;roces de la pens&#233;e classique &#8211; apportent une autre r&#233;ponse, psychologique, qui peut &#234;tre compl&#233;mentaire. Pour lui &#171; la crise &#233;conomique est d'abord essentiellement une crise de confiance, &#224; savoir une situation o&#249; les croyances de l'acteur sont remises en cause &#187; ou celui-ci &#171; ne croit plus aux conventions pass&#233;es &#187; (6) et s'abstient donc d'agir, d'investir. Une des explications de l'atterrissage actuel pourrait donc &#234;tre l'absence de confiance partag&#233;e dans un nouveau r&#233;gime de croissance qui poursuivrait l'&#339;uvre d'accumulation entam&#233;e il y a 200 ans. En somme, doutant de la possibilit&#233; de continuer &#224; cro&#238;tre, et doutant tou&#183;te&#183;s, nous atterrissons.&lt;br class='autobr' /&gt;
Est-ce grave ? Non, bien au contraire, si nous savons nous y pr&#233;parer. Pour Stuart Mill, l'&#233;tat de croissance ne devrait &#234;tre qu'&#171; une des phases d&#233;sagr&#233;ables du progr&#232;s industriel &#187; (7) et Keynes esp&#232;re qu'en ces temps futurs de stagnation &#233;conomique &#171; nous serons enfin libres de nous d&#233;faire de toute sorte d'usages sociaux et de pratiques &#233;conomiques (&#8230;) que nous maintenons actuellement &#224; tout prix, quelque d&#233;testables et injustes qu'elles puissent &#234;tre, parce qu'elles sont terriblement utiles &#224; l'accumulation du capital &#187; (8). Ils y voient plut&#244;t tous deux un temps ou nous pourrons enfin &#171; cultiver librement les arts qui embellissent la vie &#187; (9) et &#171; honorer ceux qui sauront nous enseigner &#224; cueillir chaque heure et chaque jour de fa&#231;on vertueuse et bonne, ces gens merveilleux qui savent jouir imm&#233;diatement des choses, les lys des champs qui ne peinent ni ne filent &#187; (10).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) C&#233;dric Durand et Philippe L&#233;g&#233;, 2011, &#171; Vers un retour de la question de l'&#233;tat stationnaire ? &#187; in Diemer A. et Dozolme S. (dir.), &lt;i&gt;Les Enseignements de la crise des subprimes&lt;/i&gt; , &#233;ditions Clement Juglar, p.101-116.&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) Ren&#233; Passet, 2010, &lt;i&gt;Les Grandes Repr&#233;sentations du monde et de l'&#233;conomie &#224; travers l'histoire. De l'univers magique au tourbillon cr&#233;ateur&lt;/i&gt; , &#233;ditions Les Liens qui lib&#232;rent.&lt;br class='autobr' /&gt;
(3) John Stuart Mill, 1848, &lt;i&gt;Principes d'&#233;conomie politique&lt;/i&gt; , traduction de 1854, &#233;ditions Guillaumain.&lt;br class='autobr' /&gt;
(4) Adam Smith, 1776, &lt;i&gt;La Richesse des nations&lt;/i&gt; , traduction de 2000, &#233;ditions Economica.&lt;br class='autobr' /&gt;
(5) Ren&#233; Passet, &lt;i&gt;ibid&lt;/i&gt; .&lt;br class='autobr' /&gt;
(6) Andr&#233; Orl&#233;an, 2011, &lt;i&gt;L'Empire de la valeur&lt;/i&gt; , Seuil.&lt;br class='autobr' /&gt;
(7) John Stuart Mill, &lt;i&gt;ibid&lt;/i&gt; .&lt;br class='autobr' /&gt;
(8) John Maynard Keynes, 1930, &#171; Perspectives &#233;conomiques pour nos petits-enfants &#187;, publi&#233; en 2002 dans &lt;i&gt;La Pauvret&#233; dans l'abondance&lt;/i&gt; , Gallimard.&lt;br class='autobr' /&gt;
(9) John Stuart Mill, &lt;i&gt;ibid&lt;/i&gt; .&lt;br class='autobr' /&gt;
(10) John Maynard Keynes, &lt;i&gt;ibid&lt;/i&gt; .&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Se battre pour les derni&#232;res miettes</title>
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		<dc:date>2014-09-01T00:00:00Z</dc:date>
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&lt;p&gt;Julien Milanesi &lt;br class='autobr' /&gt; R&#233;sum&#233; des &#233;pisodes pr&#233;c&#233;dents : apr&#232;s &#234;tre pass&#233;es en deux si&#232;cles du char &#224; mule &#224; l'avion &#224; r&#233;action, nos &#233;conomies atterrissent. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour de basses motivations d'auto-promotion (1), j'ai r&#233;cemment cr&#233;&#233; un compte Facebook. J'y ai d&#233;couvert par l'interm&#233;diaire de mon fr&#232;re &#8211; qui entretient la tradition familiale du bar restaurant &#8211; les &#171; Sacrifi&#233;s &#187;, la nouvelle guilde anti-imp&#244;ts r&#233;unissant artisans et commer&#231;ants. Je vous la fais en r&#233;sum&#233; : les restos sont vides, les plombiers vivent tr&#232;s mal la (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Julien Milanesi&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;R&#233;sum&#233; des &#233;pisodes pr&#233;c&#233;dents : apr&#232;s &#234;tre pass&#233;es en deux si&#232;cles du char &#224; mule &#224; l'avion &#224; r&#233;action, nos &#233;conomies atterrissent.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour de basses motivations d'auto-promotion (1), j'ai r&#233;cemment cr&#233;&#233; un compte Facebook. J'y ai d&#233;couvert par l'interm&#233;diaire de mon fr&#232;re &#8211; qui entretient la tradition familiale du bar restaurant &#8211; les &#171; Sacrifi&#233;s &#187;, la nouvelle guilde anti-imp&#244;ts r&#233;unissant artisans et commer&#231;ants. Je vous la fais en r&#233;sum&#233; : les restos sont vides, les plombiers vivent tr&#232;s mal la crise (je le tiens &#233;galement de source s&#251;re) et c'est la faute aux charges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il aurait &#233;t&#233; &#233;tonnant que ces professions ne s'ajoutent pas &#224; la ribambelle de pigeons, bonnets et autres pourfendeurs du matraquage fiscal, et pas seulement parce que la logorrh&#233;e anti-charges s'acquiert avec la Licence IV : tous les discours &#233;conomiques officiels justifient aujourd'hui ce parti pris. La baisse du co&#251;t du travail et la concurrence fiscale sont au c&#339;ur des politiques &#233;conomiques europ&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les salaires des Allemand-e-s n'augmentent plus depuis dix ans, ceux des Grec-que-s n'en finissent pas de baisser, le taux moyen d'imp&#244;t sur les soci&#233;t&#233;s a diminu&#233; en vingt ans de plus de 15 % dans l'UE et le gouvernement fran&#231;ais n'a rien trouv&#233; d'autre en arrivant que de mettre le paquet dans un &#171; cr&#233;dit d'imp&#244;t pour la comp&#233;titivit&#233; &#187; visant &#224; r&#233;duire le co&#251;t du travail. Il ne faut pas s'&#233;tonner que tout le monde vienne maintenant r&#233;clamer son bout de gras fiscal en plaidant l'efficacit&#233; &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'atterrissage dans tout &#231;a ? J'y viens. La comp&#233;titivit&#233;, la concurrence, ce pourrait bien &#234;tre tout ce qui reste quand s'&#233;puise le ressort technologique de la croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Robert Gordon, un &#233;conomiste am&#233;ricain sp&#233;cialiste des questions de productivit&#233; (2) et amateur de caniches (3), c&#233;l&#232;bre dans un papier r&#233;cent sa hardiesse &#224; pronostiquer la fin de la croissance aux &#201;tats-Unis (4). En r&#233;sum&#233;, pour lui, les grandes innovations technologiques qui nous rendent plus efficaces au travail &#8211; qui sont ainsi g&#233;n&#233;ratrices de croissance car elles nous permettent de produire plus en travaillant autant &#8211; sont faites et plus &#224; faire. Il observe que les ordinateurs et Internet n'ont apport&#233; qu'une augmentation temporaire de productivit&#233;, incomparable avec les gains g&#233;n&#233;r&#233;s par la pr&#233;c&#233;dente r&#233;volution industrielle, ce qui est &#233;galement observable dans d'autres vieux pays riches, dont le n&#244;tre (voir graphique : &lt;a href=&#034;http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2009/10/26/la-baisse-tendancielle-du-taux-de-croissance-14-les-constats/&#034;&gt;http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2009/10/26/la-baisse-tendancielle-du-taux-de-croissance-14-les-constats/&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, les politiques &#233;conomiques centr&#233;es sur la comp&#233;titivit&#233; peuvent &#234;tre vues comme des strat&#233;gies visant &#224; gratter les derni&#232;res miettes de croissance (et de profit). Le probl&#232;me, c'est que la comp&#233;titivit&#233;, c'est relatif. On est plus ou moins comp&#233;titif que l'Allemagne, que l'Espagne, que le resto d'en face, que le plombier du village d'&#224; c&#244;t&#233;. Ce qu'on gagne, on le prend au voisin, la comp&#233;titivit&#233; &#233;rig&#233; au rang de priorit&#233;, c'est le niveau z&#233;ro du projet &#233;conomique collectif, et c'est l&#224; o&#249; en est la zone euro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au mieux, on peut en continuant comme &#231;a esp&#233;rer aller chercher collectivement quelques bouts de croissance dans les pays o&#249; elle est encore, en prenant des parts de march&#233;s aux pays extra-europ&#233;ens qui nous ressemblent. C'est la strat&#233;gie mercantiliste allemande : vendre plus de bazar que les autres aux nouveaux riches asiatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut aussi attendre quelques gains d'efficacit&#233; (et de croissance) que provoquerait l'augmentation de la concurrence. Le dernier avatar de cette id&#233;e ? Le projet de grand march&#233; transatlantique avec les &#201;tats-Unis pour lequel on nous promet, &#244; mis&#232;re !, contre nos derni&#232;res gouttes de sueur, 0,3 % de PIB suppl&#233;mentaire par an (5)...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) &lt;i&gt;L'Int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral et moi&lt;/i&gt; , voir p. 36.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) La productivit&#233; est la quantit&#233; de biens et services produits par personne ou par heure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(3) &lt;a href=&#034;http://faculty-web.at.northwestern.edu/economics/gordon/indexmsie.html&#034;&gt;http://faculty-web.at.northwestern.edu/economics/gordon/indexmsie.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(4) Robert Gordon, &#171; Is U.S. Economic Growth Over ? Faltering Innovation Confronts the Six Headwinds &#187;, contribution n&#176;18315, &lt;i&gt;National Bureau of Economic Research&lt;/i&gt; , 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(5) Fontagn&#233; L. et alii, &#171; Transatlantic Trade : Whither Partnership, Which Economic Consequences ? &#187;, &lt;i&gt;CEPII Policy Brief&lt;/i&gt; n&#176;1, septembre 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le p&#233;trole et la crise</title>
		<link>https://lan02.butternet.net/Le-petrole-et-la-crise</link>
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		<dc:date>2013-07-01T00:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julien Milanesi</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Regardez l&#224;, devant vous, du p&#233;trole. A gauche, &#224; droite, &#233;galement. En dessous, probablement. Sur vous, &#224; coup s&#251;r. Vous &#234;tes tout&#183;e nu&#183;e dans la for&#234;t ? Bien essay&#233;, mais vous avez L'An 02 dans les mains, et l&#224; aussi, oui, il y en a... Pas d'&#233;chappatoire, nous sommes cern&#233;&#183;e&#183;s et paradoxalement nous ne le voyons pas. En tous cas les &#233;conomistes ne le voient pas, ou si peu, et il serait pourtant &#233;tonnant, compte tenu de la d&#233;pendance de nos &#233;conomies &#224; cette ressource, qu'elle n'ait pas quelques (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Regardez l&#224;, devant vous, du p&#233;trole. A gauche, &#224; droite, &#233;galement. En dessous, probablement. Sur vous, &#224; coup s&#251;r. Vous &#234;tes tout&#183;e nu&#183;e dans la for&#234;t ? Bien essay&#233;, mais vous avez L'An 02 dans les mains, et l&#224; aussi, oui, il y en a... Pas d'&#233;chappatoire, nous sommes cern&#233;&#183;e&#183;s et paradoxalement nous ne le voyons pas. En tous cas les &#233;conomistes ne le voient pas, ou si peu, et il serait pourtant &#233;tonnant, compte tenu de la d&#233;pendance de nos &#233;conomies &#224; cette ressource, qu'elle n'ait pas quelques responsabilit&#233;s dans l'atterrissage actuel. Certains soulignent la double nature &#233;cologique et &#233;conomique de la crise, mais ils sont peu &#224; reconstituer de fa&#231;on convaincante les fils reliant ces diff&#233;rentes dimensions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a bien s&#251;r un constat de d&#233;part : l'&#233;conomie mondiale entra en r&#233;cession en 2008, apr&#232;s six ans de hausse continue du prix du brut qui passa alors de vingt &#224; 140 dollars le baril (voir encadr&#233; &#171; Panne s&#232;che ? &#187;), inaugurant une nouvelle forme de choc p&#233;trolier lent et progressif. C'est peut &#234;tre une co&#239;ncidence, mais James Hamilton (1), un &#233;conomiste am&#233;ricain qui &#233;tudie la question depuis une trentaine d'ann&#233;e, nous fait remarquer que ces co&#239;ncidences sont nombreuses : depuis la deuxi&#232;me guerre mondiale, sur onze phases de r&#233;cession &#233;conomique aux &#201;tats-Unis, dix ont &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233;es de chocs p&#233;troliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces observations ne valent cependant pas d&#233;monstration, je vous propose un tour d'horizon des m&#233;canismes permettant d'expliquer ce lien pr&#233;sum&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;L'&#233;tranglement par les co&#251;ts&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la plupart des &#233;conomistes, comme ceux du Conseil d'analyse &#233;conomique (2), un &#171; choc p&#233;trolier est avant tout un choc d'offre &#187;, c'est &#224; dire pesant sur les co&#251;ts des entreprises qui, pour compenser, n'ont d'autres choix que d'augmenter les prix (ce qui cr&#233;&#233; de l'inflation), baisser les salaires, licencier ou baisser leurs profits (et leurs investissements), voire mettre la cl&#233; sous la porte. Par un m&#233;canisme s'apparentant &#224; celui d&#233;crit par David Ricardo &#224; propos de la rente fonci&#232;re (voir &#171; L'atterrissage &#187; dans le n&#176;2 de L'An 02) l'augmentation des prix du p&#233;trole peut ainsi &#233;touffer petit &#224; petit l'activit&#233; &#233;conomique. La quantit&#233; moyenne de p&#233;trole n&#233;cessaire &#224; la production ayant consid&#233;rablement diminu&#233; depuis les ann&#233;es 70 (tous secteurs confondus, elle a par exemple &#233;t&#233; divis&#233;e par trois en France), cet effet est probablement moins important qu'il y a quelques d&#233;cennies. D'autres liens peuvent &#234;tre mis en &#233;vidence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;La crise de la bagnole&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette crise est, entre autres dimensions, celle de la civilisation de l'automobile qui depuis un si&#232;cle a structur&#233; nos espaces et nos appareils productifs. C'est ce que montrent diff&#233;rentes recherches qui ont pour point commun d'observer les r&#233;actions des m&#233;nages &#224; l'augmentation de pr&#232;s de 400 % du prix de l'essence aux &#201;tats-Unis entre 2002 et 2008 (graphique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;span class='spip_document_27 spip_documents'&gt;&lt;a href='https://lan02.butternet.net/IMG/gif/graphique_atterrissage.gif' type=&#034;image/gif&#034; title=&#034;graphique_atterrissage&#034;&gt;&lt;img src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L150xH114/graphique_atterrissage-52c0f-8361a.png?1698011326' width='150' height='114' alt='graphique_atterrissage {GIF}' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;&#201;volution du prix de l'essence &#224; la pompe aux &#201;tats-Unis.&lt;/i&gt; (Source : James Hamilton, 2013, &#034;The Death of Peak Oil&#034;, sur son blog &lt;a href=&#034;http://www.econbrowser.com/&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.econbrowser.com/&lt;/a&gt;.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s les travaux de Bob Kaufmann et de ses coll&#232;gues (3), les d&#233;fauts de remboursement de pr&#234;ts immobiliers aux &#201;tats-Unis sont statistiquement li&#233;s aux prix de l'&#233;nergie. Ils valident ainsi l'intuition selon laquelle, dans les ann&#233;es pr&#233;c&#233;dant la crise des &lt;i&gt;subprimes&lt;/i&gt; (voir encadr&#233;), au fur et &#224; mesure que le prix du p&#233;trole augmentait, de plus en plus de familles cessaient de rembourser leur pr&#234;t immobilier pour pouvoir continuer &#224; mettre de l'essence dans leur(s) voiture(s) pour aller travailler. Joe Cortright (4) va plus loin en y voyant la raison essentielle de l'&#233;clatement de la bulle immobili&#232;re. Ce choc p&#233;trolier marque ainsi pour lui un tournant dans l'am&#233;nagement du territoire de son pays, qui se manifeste notamment dans la d&#233;valorisation des logements les plus &#233;loign&#233;s des centres villes et dans la baisse des distances parcourues en voiture par les &#201;tasunien&#183;ne&#183;s depuis 2005 (ph&#233;nom&#232;ne &#233;galement observable en France, voir &#171; L'atterrissage &#187; n&#176;3).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;James Hamilton (5) remarque pour sa part que, suite &#224; ces augmentations de prix du carburant, les m&#233;nages ont d&#233;cid&#233; de s'&#233;quiper en v&#233;hicules plus &#233;conomes. Il note ainsi qu'entre 2007 et 2008 ses compatriotes ont achet&#233; 23 % de pick-ups, 4x4 et autres grosses &#233;ponges &#224; mazout fabriqu&#233;es aux &#201;tats-Unis en moins, tandis qu'ils importaient 9 % de (petites) voitures en plus. Sans la baisse de la production automobile qui en a r&#233;sult&#233;, les &#201;tats-Unis n'auraient pas &#233;t&#233; en r&#233;cession sur cette p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Et la monnaie...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un autre registre, certains travaux dont ceux de Ben Bernanke (6), l'actuel patron de la Fed, mettent en &#233;vidence le r&#244;le des banques centrales qui, pour lutter contre l'inflation li&#233;e au p&#233;trole, augmentent les taux d'int&#233;r&#234;ts. Cette man&#339;uvre a la f&#226;cheuse cons&#233;quence de rench&#233;rir le co&#251;t du cr&#233;dit et donc de d&#233;courager l'investissement et de d&#233;primer l'activit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'analyse de Michel Aglietta (7) offre une perspective syst&#233;mique encore plus int&#233;ressante. Il sugg&#232;re que les augmentations de taux d'int&#233;r&#234;t ayant suivi le double choc p&#233;trolier des ann&#233;es 70 ont pouss&#233; les entreprises &#224; se d&#233;tourner du financement classique aupr&#232;s des banques pour privil&#233;gier le financement par les actionnaires. Ces derniers se sont ainsi progressivement trouv&#233; au centre du jeu et des attentions, grignotant une part toujours plus importante de la richesse cr&#233;&#233;e, sur le dos de salari&#233;&#183;e&#183;s qui ont compens&#233; ces pertes de revenus par de l'endettement. On a ici une th&#233;orie expliquant non pas l'explosion des bulles immobili&#232;res et financi&#232;res, mais leur cr&#233;ation suite &#224; un choc p&#233;trolier advenu trente ans auparavant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La liste n'est pas exhaustive et nous sommes encore loin de comprendre l'int&#233;gralit&#233; des liens qu'entretiennent nos &#233;conomies avec cette ressource fossile. Quid par exemple des cons&#233;quences &#233;conomiques du changement climatique li&#233; &#224; son extraction ? Le panorama qui s'offre &#224; nous aujourd'hui suffit n&#233;anmoins &#224; tracer des perspectives &#233;conomiques en forme de plafond : toute sortie de crise qui se traduirait par de nouvelles pressions sur la ressource est condamn&#233;e &#224; plus ou moins br&#232;ve &#233;ch&#233;ance par l'augmentation du prix qui en r&#233;sultera. On appelle &#231;a une limite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) &#034;Historical Oil Shocks&#034; in &lt;i&gt;Routledge Handbook of Major Events in Economic History&lt;/i&gt; , 239-265, &#233;d. Randall E. Parker et Robert Whaples, New York, Routledge Taylor and Francis Group, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) &#171; Les effets d'un prix du p&#233;trole &#233;lev&#233; et volatil &#187; (2010).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(3) Kaufmann Robert K., Gonzalez Nancy, Nickerson Thomas A., Nesbit Tyler S., 2011, &#034;Do Households Energy Expenditures Affect Mortgage Delinquency Rates ?&#034;, &lt;i&gt;Energy Economics&lt;/i&gt; , 33, 188-194.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(4) &lt;i&gt;Driven to The Brink&lt;/i&gt; , 2008, CEOs for Cities.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(5) La version courte : &#034;Oil Prices and the Economic Downturn&#034;, rapport au Congr&#232;s des &#201;tats-Unis, 20 mai 2009. La version longue : &#034;Causes and Consequences of the Oil Shock of 2007-08&#034;, &lt;i&gt;Brookings Papers on Economic Activity&lt;/i&gt; , printemps 2009, 215-259.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(6) Bernanke, B., M. Gertler, et M. Watson, 1997, &#034;Systematic Monetary Policy and the E&#64256;ects of Oil Shocks&#034;. &lt;i&gt;Brookings Papers on Economic Activity&lt;/i&gt; 1, 91&#8211; 157, Washington, DC, Brookings Institution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(7) Entretien dans &lt;i&gt;T&#233;l&#233;rama&lt;/i&gt; n&#176;3152, juin 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(8) Pour suivre l'actualit&#233; du peak oil : &lt;a href=&#034;http://petrole.blog.lemonde.fr/category/peak-oil/&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://petrole.blog.lemonde.fr/category/peak-oil/&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(9) Douthwaite R., 2012, &#034;Degrowth and the supply of money in an energy-scarce world&#034;, &lt;i&gt;Ecological Economics&lt;/i&gt; , 84, 187-193.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;La crise des subprimes en onze lignes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'origine, aux &#201;tats-Unis, une bulle immobili&#232;re auto-entretenant (et vice-versa) une bulle financi&#232;re : les prix de l'immobilier augmentaient d'autant plus que les banques facilitaient l'achat de maisons en d&#233;livrant d'autant plus de pr&#234;ts hypoth&#233;caires que les prix de l'immobilier augmentaient... A ce jeu o&#249; tout le monde gagnait jusqu'&#224; ce que tout le monde (ou presque) perde, les prix des logements ont doubl&#233; en dix ans et des millions d'Etasunien&#183;ne&#183;s insolvables ont acc&#233;d&#233; &#224; un pavillon dans les p&#233;riph&#233;ries &#233;loign&#233;es des centres-villes. Mais on conna&#238;t la suite de l'histoire : des m&#233;nages, de plus en plus nombreux, ont cess&#233; de rembourser leurs maisons qui, de plus en plus nombreuses, ont &#233;t&#233; saisies, provoquant une baisse des prix de l'immobilier, fatale aux banques engag&#233;es dans ces cr&#233;dits pourris (les fameux subprimes) qui dans leur chute ont failli entra&#238;ner le syst&#232;me financier mondial, etc, etc, jusqu'&#224; ce mois d'avril 2013 o&#249; la France et l'Espagne, pour n'en citer que deux, enregistrent un nombre record de ch&#244;meurs/ses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Panne s&#232;che ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, pas vraiment. Il reste encore du p&#233;trole pour plusieurs d&#233;cennies, et on en trouvera certainement encore pendant un moment, quitte &#224; faire transpirer les cailloux, &#224; faire pomper les ours polaires ou &#224; ass&#233;cher les fonds marins. Il sera en revanche de plus en plus cher et de plus en plus sale. Les ann&#233;es 2000 marquent &#224; ce propos un tournant, celui de la fin du p&#233;trole bon march&#233; qui signifie &#224; la fois la prise de conscience g&#233;n&#233;rale des limites de cette ressource et la rentabilisation de ses formes d'exploitation les plus crades, dites &#171; non conventionnelles &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, le p&#233;trole est plus cher. Son prix a &#233;t&#233; multipli&#233; par six ou sept entre 2002 et 2008 au point de fr&#244;ler les 150 dollars le baril, et il navigue aujourd'hui autour des cent dollars. Plusieurs explications compl&#233;mentaires. La premi&#232;re est que nous avons atteint au milieu des ann&#233;es 2000 un plafond de production mondiale (le fameux peak oil (8)), en tous cas pour les p&#233;troles dits conventionnels. La seconde repose sur la croissance de la demande &#233;nerg&#233;tique des pays qui ont &#233;merg&#233; dans la d&#233;cennie (Chine &amp; Co.). La troisi&#232;me s'int&#233;resse aux mouvements de capitaux mondialis&#233;s qui, dans une p&#233;riode d'abondante cr&#233;ation mon&#233;taire dans les pays riches (9), pariaient un jour sur le p&#233;trole, le lendemain sur le riz (voir sch&#233;ma page 45) et le surlendemain sur les cr&#233;dits immobiliers subprimes transform&#233;s en actifs financiers n&#233;gociables...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Atterrissage : Le pari perdu des grandes infrastructures de transport</title>
		<link>https://lan02.butternet.net/L-039-Atterrissage-Le-pari-perdu-des-grandes-infrastructures-de-transport</link>
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		<dc:creator>Julien Milanesi</dc:creator>



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&lt;p&gt;La dette est toujours un pari sur l'avenir. Un pari que le monde du futur sera celui dans lequel on pourra rembourser sa dette. Les p&#233;riodes de crise &#233;conomique sont de ce fait celles des paris perdus. Celle que nous vivons commen&#231;a en 2007 par la d&#233;sillusion de m&#233;nages &#233;tasuniens qui ont un temps cru qu'ils pourraient &#234;tre pauvres et propri&#233;taires (1). Elle se poursuivit par l'effondrement du syst&#232;me bancaire qui avait fait le pari que les math&#233;matiques avaient &#233;radiqu&#233; le risque financier. Perdu. Les (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-L-atterrisage-" rel="directory"&gt;L'atterrisage&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La dette est toujours un pari sur l'avenir. Un pari que le monde du futur sera celui dans lequel on pourra rembourser sa dette. Les p&#233;riodes de crise &#233;conomique sont de ce fait celles des paris perdus. Celle que nous vivons commen&#231;a en 2007 par la d&#233;sillusion de m&#233;nages &#233;tasuniens qui ont un temps cru qu'ils pourraient &#234;tre pauvres et propri&#233;taires (1). Elle se poursuivit par l'effondrement du syst&#232;me bancaire qui avait fait le pari que les math&#233;matiques avaient &#233;radiqu&#233; le risque financier. Perdu. Les &#201;tats rattrap&#232;rent alors les banques par les bretelles, et l'&#233;conomie mondiale avec, en faisant le pari que la croissance suivrait. Encore rat&#233;, cela pourrait &#234;tre pire mais nous avons aujourd'hui la dette sans la croissance. La faute &#224; l'aust&#233;rit&#233; r&#233;cente mais surtout &#224; trente ans d'endettement public pariant sur un futur qui est derri&#232;re nous et qu'illustrent les projets actuels de grandes infrastructures de transports.&lt;br class='autobr' /&gt;
Trois justifications ont accompagn&#233; le d&#233;veloppement des r&#233;seaux de transport depuis deux si&#232;cles : le d&#233;senclavement, la croissance &#233;conomique et la vitesse. Alors que l'on peut aujourd'hui acc&#233;der sans difficult&#233; &#224; toutes les zones habit&#233;es du territoire m&#233;tropolitain et que les nouveaux &#233;quipements n'apportent plus de potentiel de croissance suppl&#233;mentaire (2), les grands projets actuels ne reposent plus que sur la volont&#233; d'augmenter la vitesse de d&#233;placement. Ce d&#233;sir de vitesse, qui &#233;mane surtout des &#171; &#233;lites mobiles &#187; (3), ne permet cependant pas de financer &#224; lui seul ces travaux aux co&#251;ts faramineux, et les promoteurs en sont rendus &#224; gonfler grossi&#232;rement les pr&#233;visions de trafic pour justifier leurs projets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lan02.org/wp-content/uploads/atterrisage3.png&#034;&gt;&lt;img class='aligncenter size-full wp-image-531' title=&#034;atterrisage3&#034; src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L464xH313/atterrisage367bc-79ef1.png?1698011325' alt=&#034;&#034; width='464' height='313' /&gt;&lt;/a&gt; &lt;i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Transport de voyageurs en France par v&#233;hicules particuliers (Source : Compte des transports de la nation).&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, alors que la circulation automobile stagne depuis une dizaine d'ann&#233;e sur l'ensemble du territoire national (cf. sch&#233;ma), le concessionnaire de l'autoroute A65 reliant depuis 2010 Bordeaux &#224; Pau n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; promettre un doublement du trafic routier sur cette liaison de province entre 2010 et 2020. Apr&#232;s deux ans d'exploitation, l'autoroute est vide et nous attendons le d&#233;p&#244;t de bilan. Non loin de l&#224; est projet&#233;e la construction d'une ligne de train &#224; grande vitesse (LGV). Ce projet repose sur une hypoth&#232;se de saturation du r&#233;seau ferr&#233; existant qui signifierait, par exemple, que le nombre de trains passant au Pays basque serait multipli&#233; par 5 ou 6 d'ici &#224; 2020 (4). Quant &#224; l'a&#233;roport de Notre-Dame-des-Landes, ses promoteurs anticipent une augmentation du trafic passager &#224; Nantes de 3 &#224; 8 millions d'ici &#224; 2050.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces acrobaties pr&#233;visionnelles t&#233;moignent d'un d&#233;ni de r&#233;alit&#233;. Les projets rentables d'autoroute, de LGV et d'a&#233;roport ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; construits. Nous sommes &#224; sati&#233;t&#233;, et ces projets fond&#233;s sur le pari que la mobilit&#233; est sans limite sont autant de ferments pour les crises de demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Voir la lecture du dernier ouvrage d'Alain Lipietz dans ce num&#233;ro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) Lafourcade, Mayer, 2009, &#171; Des routes pav&#233;es de bonnes intentions &#187;, CEDD, &lt;i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;f&#233;rences &#233;conomiques&lt;/i&gt; n&#176;9.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(3) &lt;a href=&#034;http://blogs.mediapart.fr/blog/julien-milanesi/050111/nouvelles-lignes-grande-vitesse-des-projets-injustes&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://blogs.mediapart.fr/blog/julien-milanesi/050111/nouvelles-lignes-grande-vitesse-des-projets-injustes&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(4) &lt;a href=&#034;http://www.voiesnouvellestgv.webou.net/document/deuxieme_expertise/4expertise2.pdf&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.voiesnouvellestgv.webou.net/document/deuxieme_expertise/4expertise2.pdf&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>L'atterrissage : Crise de sati&#233;t&#233;</title>
		<link>https://lan02.butternet.net/L-039-atterrissage-Crise-de-satiete</link>
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		<dc:date>2011-12-01T00:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julien Milanesi</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Il en est de m&#234;me pour l'aviation, le parapente, le LSD ou l'&#233;conomie : tout d&#233;collage est la promesse d'un atterrissage. Et nous avons d&#233;coll&#233;, nous les Europ&#233;ens, nous les vieux riches, nous avons d&#233;coll&#233; il y a deux si&#232;cles et nous ne savons pas atterrir. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les travaux de l'&#233;conomiste britannique Angus Maddison donnent un aper&#231;u &#233;difiant de ce d&#233;collage (1) : apr&#232;s 1800 ans au cours desquels la richesse par individu en Europe de l'ouest avait tripl&#233;e, elle a &#233;t&#233; multipli&#233;e par 16 durant les 200 derni&#232;res (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-L-atterrisage-" rel="directory"&gt;L'atterrisage&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il en est de m&#234;me pour l'aviation, le parapente, le LSD ou l'&#233;conomie : tout d&#233;collage est la promesse d'un atterrissage. Et nous avons d&#233;coll&#233;, nous les Europ&#233;ens, nous les vieux riches, nous avons d&#233;coll&#233; il y a deux si&#232;cles et nous ne savons pas atterrir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travaux de l'&#233;conomiste britannique Angus Maddison donnent un aper&#231;u &#233;difiant de ce d&#233;collage (1) : apr&#232;s 1800 ans au cours desquels la richesse par individu en Europe de l'ouest avait tripl&#233;e, elle a &#233;t&#233; multipli&#233;e par 16 durant les 200 derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce type de calcul a &#233;videmment ces limites, mais ces chiffres illustrent une modification et une am&#233;lioration sans pr&#233;c&#233;dent de nos conditions de vie. En moins de 10 g&#233;n&#233;rations, nous avons eu acc&#232;s &#224; l'eau, &#224; un logement salubre, &#224; des v&#234;tements en quantit&#233;, au chemin de fer, &#224; l'&#233;lectricit&#233;, aux h&#244;pitaux, aux routes, &#224; la voiture, &#224; la t&#233;l&#233;vision, au frigo plein, au t&#233;l&#233;phone, &#224; l'avion, au tracteur &#224; gazon, &#224; Internet, &#224; la temp&#233;rature sur commande, etc. Aujourd'hui nous avons tout, l'indispensable et le superflu, bien plus que ce que pouvaient imaginer la plupart de nos a&#239;euls qui durant ces deux si&#232;cles ont creus&#233;, plant&#233;, &#233;lev&#233;, tiss&#233;, assembl&#233;, cherch&#233;, for&#233;, construit, d&#233;truit, reconstruit, am&#233;nag&#233;, terrass&#233;, transform&#233;, b&#226;ti&#8230; bref travaill&#233;, pill&#233; pas mal de ressources et exploit&#233; quantit&#233; de leurs contemporains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cet effort &#233;conomique gigantesque nous sommes assis sur un tas de richesse. Et le doute s'installe. L'acc&#232;s de tous aux biens et services de base, s'il n'est pas encore garanti, est aujourd'hui une question de r&#233;partition, plus de production. La pression sur les salaires et le d&#233;veloppement du ch&#244;mage rendent l'appartenance &#224; la soci&#233;t&#233; de consommation de plus en plus difficile, nourrissant le surendettement et la d&#233;sillusion. Notre syst&#232;me &#233;conomique tousse depuis les ann&#233;es 70 et semble s'&#233;puiser (2). Le voyage est termin&#233;, nous devons nous inventer un nouveau projet &#233;conomique collectif. Et vite ! Car le moment &#233;conomique et social que nous vivons, l'effondrement du n&#233;olib&#233;ralisme (3), semble marquer brutalement la fin du voyage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sera en tous cas le fil de cette chronique qui explorera les liens entre cette crise financi&#232;re et les bouleversements &#233;cologiques et g&#233;opolitiques r&#233;cents qui condamnent notre acc&#232;s &#224; des ressources bon march&#233; et notre position dominante sur l'&#233;chiquier mondial. Il sera donc ici question de l'atterrissage en cours, et bien s&#251;r des choix qui se pr&#233;sentent &#224; nous pour qu'il se fasse, autant que possible, en douceur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) &lt;a href=&#034;http://www.ggdc.net/MADDISON/other_books/HS-8_2003.pdf&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.ggdc.net/MADDISON/other_books/HS-8_2003.pdf&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) C&#233;dric Durand et Philippe L&#233;ger (2011), &#171; Vers un retour de la question de l'&#233;tat stationnaire ? &#187;, &lt;a href=&#034;http://economie.politique.free.fr/publications/Durand_Lege-Colloque_Clermont.pdf&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://economie.politique.free.fr/publications/Durand_Lege-Colloque_Clermont.pdf&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(3) Fr&#233;d&#233;ric Lordon (2011), &#171; Le commencement de la fin &#187;, &lt;a href=&#034;http://blog.mondediplo.net/2011-08-11-Le-commencement-de-la-fin&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://blog.mondediplo.net/2011-08-11-Le-commencement-de-la-fin&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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