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	<title>L'An 02</title>
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	<description>L'An 02 est un outil &#233;colo de diffusion et de partage, un passeur d'id&#233;es hors des cercles confidentiels.
De 2011 &#224; 2015, L'An 02 a &#233;t&#233; une revue papier, en couleurs, multipliant les formes, notamment graphiques : photo-reportage, peinture, installation, typographie, bande dessin&#233;e. Cette dimension-l&#224; ne se retrouve que dans la revue papier, toujours en vente en librairie ou par correspondance. Retrouvez sur ce nouveau site tous les textes, un dossier au traitement mosa&#239;que enrob&#233; de chroniques grin&#231;antes, de lectures in-con-tour-na-bles et de reportages militants.
D&#233;sormais, L'An 02 propose &#224; chaque changement de saison une livraison de chroniques de livres r&#233;cents qui nous aident &#224; penser l'&#233;cologie politique, la d&#233;croissance et la technocritique.</description>
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		<title>L'An 02</title>
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		<title>Pour tout r&#233;soudre, cliquez ici !</title>
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		<dc:date>2015-12-18T00:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Camille</dc:creator>


		<dc:subject>Sciences et technocritique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Evgeny Morozov, Pour tout r&#233;soudre, cliquez ici ! L'Aberration du solutionnisme technologique FYP &#233;ditions, Limoges, 2015 352 pages, 22,50 &#8364; &lt;br class='autobr' /&gt;
L'ouvrage d'Evgeny Morozov se livre &#224; une t&#226;che peu commune : attaquer la raison &#233;conomique qui pr&#233;side au discours technologique. Il rappelle un fait anodin : les nouvelles technologies, c'est-&#224;-dire les gadgets &#233;lectroniques et les applications qui tournent dessus, sont d&#233;velopp&#233;es par des acteurs &#233;conomiques comme les autres et devraient &#234;tre consid&#233;r&#233;es (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/+-Sciences-et-technocritique-+" rel="tag"&gt;Sciences et technocritique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L98xH150/arton20-9362d.jpg?1696061304' width='98' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Evgeny Morozov, &lt;i&gt;Pour tout r&#233;soudre, cliquez ici ! L'Aberration du solutionnisme technologique&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; FYP &#233;ditions, Limoges, 2015&lt;br class='autobr' /&gt; 352 pages, 22,50 &#8364;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'ouvrage d'Evgeny Morozov se livre &#224; une t&#226;che peu commune : attaquer la raison &#233;conomique qui pr&#233;side au discours technologique. Il rappelle un fait anodin : les nouvelles technologies, c'est-&#224;-dire les gadgets &#233;lectroniques et les applications qui tournent dessus, sont d&#233;velopp&#233;es par des acteurs &#233;conomiques comme les autres et devraient &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme telles. Il n'y a pas de raison de les imaginer plus philanthropiques que les industries pharmaceutiques ou agroalimentaires par exemple. Pire, l'origine de ces nouveaux acteurs, la Silicon Valley, s'est forg&#233;e avec des entreprises multimilliardaires et des start-up financ&#233;es par des fonds de capital-risque. La conclusion est limpide : il faut consid&#233;rer les entreprises de nouvelles technologies avec la m&#234;me suspicion que Wall Street.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus de rappeler cette situation, qui devrait &#234;tre un point de d&#233;part de toute vision critique des nouvelles technologies, l'ouvrage tente aussi de montrer comment ces agents font accepter l'id&#233;e que leurs actions, leurs produits et leurs services, vont dans le sens de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. L'id&#233;e de base est que les nouvelles technologies proposent des outils ou des services qui permettent de r&#233;pondre &#224; des probl&#232;mes quotidiens, voire &#224; de v&#233;ritables enjeux sociaux. Uber et Airbnb ont ainsi apport&#233; une solution au prix prohibitif du taxi et des h&#244;tels dans les grandes villes, et les algorithmes de pr&#233;vision fond&#233;s sur le &lt;i&gt;big data&lt;/i&gt; permettent de pr&#233;dire les &#233;pid&#233;mies de grippe, voire d'anticiper et de r&#233;duire la criminalit&#233;. L'ouvrage reprend ces exemples, et d'autres, de &#171; probl&#232;mes &#187; que se sont propos&#233; de r&#233;soudre des entreprises, ing&#233;nieurs ou enthousiastes des nouvelles technologies. &#192; chaque fois, il analyse la &#171; solution &#187; propos&#233;e et son v&#233;ritable impact. Il pr&#233;cise, pour chacune, les lacunes, les impens&#233;s, les probl&#232;mes nouveaux qui viennent se substituer aux anciens. Il en d&#233;gage deux aspects r&#233;currents qui composent une grande partie des discours actuels sur les nouvelles technologies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord le &#171; solutionnisme technologique &#187;, qui consiste tout bonnement &#224; dire qu'&#224; tout probl&#232;me peut &#234;tre oppos&#233; une solution technique. Le probl&#232;me avec le solutionnisme technologique n'est pas tant qu'il proclame que les nouvelles technologies sont toutes puissantes, mais qu'il a tendance &#224; d&#233;finir et r&#233;duire tout probl&#232;me social dans des termes qui puissent se r&#233;gler techniquement. L'enjeu des transports publics, par exemple, ne peut pas se r&#233;duire au fait de trouver rapidement des v&#233;hicules disponibles pour un trajet pr&#233;cis au moindre co&#251;t possible. Il faut aussi prendre en compte les questions d'&#233;galit&#233; d'acc&#232;s, de rel&#233;gation spatiale, de handicap ... bref, tout un ensemble de contextes et de valeurs qui ne peuvent pas se r&#233;sumer &#224; des param&#232;tres &#224; optimiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite le &#171; webcentrisme &#187;, qui est un concept moins clairement d&#233;fini. D'apr&#232;s Morozov, il s'agit d'une tendance &#224; penser le web comme un espace homog&#232;ne ob&#233;issant &#224; quelques principes comme l'ouverture, la transparence et la neutralit&#233;. Il semble critiquer par l&#224; deux discours. Le premier est la transposition dans le discours politique des principes du web. Si l'ouverture et la transparence des protocoles et la neutralit&#233; du net sont &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; de bonnes choses pour les &#233;changes &#233;lectroniques, la transparence totale n'est pas n&#233;cessairement b&#233;n&#233;fique dans la vie publique et politique. Un minimum d'hypocrisie, par exemple, est souvent n&#233;cessaire dans les &#233;changes humains, y compris les &#233;changes politiques, et ces principes doivent faire l'objet de d&#233;bats plut&#244;t qu'&#234;tre appliqu&#233;s &#224; la lettre. L'autre discours critiqu&#233; est la remise en question de toute proposition de r&#233;gulation du web, qui irait &#224; l'encontre de l'ouverture ou de la neutralit&#233;. Outre le fait qu'Internet est assez h&#233;t&#233;rog&#232;ne et &#233;volutif, avec de nombreux protocoles et moyens d'acc&#232;s diff&#233;rents &#224; l'information, dont tous ne respectent pas n&#233;cessairement ces principes, ces oppositions peuvent aller dans le mauvais sens. Morozov donne un exemple lors d'une conf&#233;rence : si toutes les donn&#233;es g&#233;r&#233;es par les administrations publiques devenaient librement accessibles, ce seront les multinationales des nouvelles technologiques qui pourraient en profiter le plus. En effet, ce sont elles qui disposent des meilleures infrastructures pour exploiter de gros volumes de donn&#233;es. Du coup, il peut sembler judicieux de r&#233;fl&#233;chir &#224; un moyen de r&#233;guler soit la mani&#232;re dont ces donn&#233;es sont accessibles, soit les conditions dans lesquelles les multinationales peuvent collecter et traiter ces informations publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus gros probl&#232;me &#224; la lecture du livre est que le propos est un peu confus, et que, comme lorsque l'auteur parle du &#171; webcentrisme &#187;, il laisse au lecteur le soin de vraiment comprendre ce &#224; quoi il fait r&#233;f&#233;rence. Le style journalistique et les titres-formules rendent certes la lecture agr&#233;able, mais l'absence de d&#233;finitions claires ou d'un minimum de cadre th&#233;orique donnent au tout l'impression d'&#234;tre peu structur&#233;. On serait m&#234;me tent&#233; d'y voir par moment la faiblesse de son argumentation. Autre reproche, Evgeny Morozov, qui envisage pleinement des usages pertinents des nouvelles technologies, sugg&#232;re des alternatives &#171; publiques &#187; &#224; la collecte des donn&#233;es personnelles. Pourtant, m&#234;me des cadres de la Silicon Valley commencent &#224; parler du pouvoir nocif du &lt;i&gt;big data&lt;/i&gt; et de l'impossibilit&#233; d'emp&#234;cher les &#201;tats et entreprises d'obtenir toute information pr&#233;sente sur Internet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='C'est le propos qu'a tenu Maciej Ceglowski, le fondateur de Pinboard, un (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Quelques libertaires pourraient sugg&#233;rer &#224; raison que nous ne voulons tout simplement pas que des informations comme la liste de nos appels t&#233;l&#233;phonique, notre annuaire ou nos positions g&#233;ographiques, soient enregistr&#233;es et conserv&#233;es. Et ce que ce soit par des entreprises motiv&#233;es par le profit ou par des collectivit&#233;s publiques d&#233;sirant am&#233;liorer leurs services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ces r&#233;ticences, quelques bonnes id&#233;es se d&#233;gagent, m&#234;me si elles ne font pas l'objet d'une partie d&#233;di&#233;e ou d'un d&#233;veloppement minimal. Tout d'abord, les services ou solutions propos&#233;es par des entreprises sont toujours pens&#233;es dans l'int&#233;r&#234;t de celles-ci. Avec un peu d'imagination, il est souvent possible de proposer un service diff&#233;rent qui permette les m&#234;mes b&#233;n&#233;fices sociaux sans les contreparties d'un service privatis&#233;. Ensuite, le d&#233;veloppement d'un nouveau service ou d'une technologie ne doit pas &#234;tre l'unique mani&#232;re d'aborder un probl&#232;me social. Pour &#233;viter cet &#233;cueil, il est primordial de ne pas r&#233;duire les enjeux politiques &#224; de pures questions techniques. Enfin l'efficacit&#233; en politique doit toujours &#234;tre prise avec des pincettes. Avec les nouvelles technologies, il est tentant de d&#233;l&#233;guer la prise de d&#233;cisions &#224; des algorithmes et d'utiliser des applications et logiciels participatifs pour tenir compte de l'avis du plus grand nombre. Deux dangers guettent. D'un c&#244;t&#233;, une d&#233;politisation toujours plus forte, r&#233;sultat d'une limitation des rencontres physiques et d&#233;bats de vive voix ainsi que d'une attention excessive sur les probl&#232;mes facilement compr&#233;hensibles et quantifiables. De l'autre, l'apparition de mesures discriminatoires, &#171; solutions &#187; faciles et efficaces qui peuvent rapidement surgir d'un algorithme mal con&#231;u ou d'un probl&#232;me mal formul&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est le propos qu'a tenu Maciej Ceglowski, le fondateur de Pinboard, un service web de gestion de signets, &lt;a href=&#034;http://www.soufron.com/et-si-le-big-data-etait-aussi-dangereux-que-le-nucleaire-faut-il-imaginer-une-demi-vie-pour-les-donnees/&#034;&gt;lors d'une conf&#233;rence professionnelle sur le sujet&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Espace et labyrinthes</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<description>
&lt;p&gt;Vassili Golovanov Espace et labyrinthes Verdier, 2012 244 pages, 18,50 &#8364; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier r&#233;cit de ce recueil, La Source , t&#233;moigne de la m&#233;thode utilis&#233;e dans tout l'ouvrage : parvenir &#224; la source de chaque chose pour tenter de la comprendre, qu'il s'agisse d'un fleuve, d'un auteur, d'une id&#233;ologie ou d'un roman. Ainsi, nous suivons Golovanov en voyage &#224; la source de la Volga, aux origines de l'anarchisme et de la vie de Bakounine, et m&#234;me &#224; la source d'inspiration d'un roman de Platonov. C'est &#224; une (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L96xH150/arton165-df6e0.jpg?1703348970' width='96' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Vassili Golovanov&lt;br class='autobr' /&gt;
Espace et labyrinthes&lt;br class='autobr' /&gt;
Verdier, 2012&lt;br class='autobr' /&gt;
244 pages, 18,50 &#8364;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le premier r&#233;cit de ce recueil, &lt;i&gt;La Source&lt;/i&gt; , t&#233;moigne de la m&#233;thode utilis&#233;e dans tout l'ouvrage : parvenir &#224; la source de chaque chose pour tenter de la comprendre, qu'il s'agisse d'un fleuve, d'un auteur, d'une id&#233;ologie ou d'un roman. Ainsi, nous suivons Golovanov en voyage &#224; la source de la Volga, aux origines de l'anarchisme et de la vie de Bakounine, et m&#234;me &#224; la source d'inspiration d'un roman de Platonov. C'est &#224; une succession de &#171; voyages insens&#233;s &#187;, au sens premier, que l'auteur se livre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Point n'est besoin ici de situation extr&#234;me, du froid mordant et de l'absence de rep&#232;re qui donnaient &#224; sa pr&#233;c&#233;dente exp&#233;dition sur l'&#238;le de Kolgouev (1) un caract&#232;re si irraisonnable, si d&#233;ment. Les aventures cont&#233;es dans ce recueil sont tout simplement d&#233;pourvues de sens. Golovanov n'en fait pas myst&#232;re, qui nous indique clairement tout l'arbitraire des choix qui ont guid&#233; ses aventures. En fait de source unique, plusieurs ruisseaux peuvent pr&#233;tendre au titre de source de la Volga, et rien ne justifie que celui qui se trouve dans la for&#234;t d'Ovotsk soit pr&#233;f&#233;r&#233; &#224; d'autres par le peuple russe. De m&#234;me, l'inspiration soufie que l'auteur pr&#234;te aux po&#232;mes de Klebnikov n'est qu'une extrapolation litt&#233;raire, puisqu'il est prouv&#233; qu'aucun des textes mentionn&#233;s n'&#233;taient disponible en russe &#224; son &#233;poque. Quant &#224; Tchevengour, le lieu du roman &#233;ponyme de Platonov, il est tout simplement imaginaire, et la qu&#234;te de Golovanov se d&#233;roule, par d&#233;faut, sur les lieux hant&#233;s par l'&#233;crivain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'absurdit&#233; de la t&#226;che fait &#233;cho au fonctionnement du monde contemporain, avec le profit comme seul objectif valable, au sein duquel l'auteur a v&#233;cu en ayant &#171; un travail inutile, une maison inutile o&#249; [il vivait] de fa&#231;on inutile &#187;. Mais contrairement au gain p&#233;cuniaire, ces voyages finissent par trouver un sens. Au milieu de consid&#233;rations g&#233;ographiques et litt&#233;raires, il n'est jamais ais&#233; de comprendre d'o&#249; il surgit, pourquoi Golovanov et ses compagnons de voyages basculent d'une r&#233;signation d&#233;sesp&#233;r&#233;e &#224; une authentique all&#233;gresse. Mais deux &#233;l&#233;ments, toujours pr&#233;sents, d&#233;tiennent la cl&#233; de ces moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La beaut&#233; du monde tout d'abord, qu'il soit sauvage comme la steppe et ses nombreux oiseaux, ou le fruit d'un long travail, &#224; l'instar du parc Priamoukhino, dans l'ancienne demeure de la famille Bakounine. Les digressions g&#233;ographiques, les noms d'oiseaux et les toponymes accompagnent les r&#233;cits et Golovanov r&#233;ussit &#224; nous faire comprendre que le monde alentour n'est pas qu'un simple cadre physique, le seul lieu de l'action, tout en &#233;vitant de mettre la nature au premier plan, de la vanter en soi. Second &#233;l&#233;ment : l'humanit&#233; des compagnons de voyage et des personnes rencontr&#233;es en chemin, veuves de guerres, militants, anciens travailleurs des sovkhozes retourn&#233;s au nomadisme &#224; la chute de l'URSS. L'auteur trouve toujours parmi ses semblables quelque fait anodin qui lui donne raison d'esp&#233;rer. C'est tant&#244;t une remarque enjou&#233;e de sa fille, le constat de nouvelles solidarit&#233;s parmi la jeunesse militante, la persistance des bals dans un village peupl&#233; d'octog&#233;naires ou des coutumes hospitali&#232;res dans la ta&#239;ga.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a dans ces pages comme une sorte de d&#233;clinaison russe du nature writing am&#233;ricain. Ce n'est pas que les paysages ne suffisent pas ou qu'ils semblent plus monotones que leurs &#233;quivalents d'outre-Atlantique. C'est qu'ils sont toujours li&#233;s aux personnes qui ont v&#233;cu ou sont pass&#233;es par l&#224;, aux proches qui accompagnent le voyageur en esprit. Dans la veine d'une pens&#233;e &#233;cologiste, l'immensit&#233; ou la beaut&#233; de l'espace rend visible et compr&#233;hensible les m&#233;andres et les labyrinthes que sont les rapports humains. Loin de l'imagerie de la fraternit&#233; virile ou de la rudesse physique et morale qui permettraient de se mesurer aux &#233;l&#233;ments, ce sont ici l'humilit&#233;, l'empathie et l'entraide qui aident les femmes et les hommes &#224; se r&#233;v&#233;ler les un&#183;e&#183;s aux autres, &#224; appr&#233;cier la compagnie humaine et la beaut&#233; du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Exp&#233;dition racont&#233;e dans &lt;i&gt;&#201;loge des voyages insens&#233;s&lt;/i&gt; , Verdier, 2008.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La Face cach&#233;e du num&#233;rique</title>
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		<dc:date>2014-09-01T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Camille</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La Face cach&#233;e du num&#233;rique. L'Impact environnemental des nouvelles technologies Fabrice Flipo, Michelle Dobr&#233; et Marion Michot L'&#201;chapp&#233;e, 2013 114 pages, 12 euros &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cette synth&#232;se de travaux sur l'impact &#233;cologique des nouvelles technologies, les auteurs tentent de mettre &#224; l'&#233;preuve des faits l'id&#233;e selon laquelle l'&#233;conomie num&#233;rique permettrait de polluer moins. Et la conclusion est bien am&#232;re : l'informatique, &#231;a pollue et &#231;a consomme de l'&#233;nergie, mais bien maligne la personne qui saura dire si (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L98xH150/arton141-0395d.jpg?1703349023' width='98' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;La Face cach&#233;e du num&#233;rique. L'Impact environnemental des nouvelles technologies&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Fabrice Flipo, Michelle Dobr&#233; et Marion Michot&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#201;chapp&#233;e, 2013&lt;br class='autobr' /&gt;
114 pages, 12 euros&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans cette synth&#232;se de travaux sur l'impact &#233;cologique des nouvelles technologies, les auteurs tentent de mettre &#224; l'&#233;preuve des faits l'id&#233;e selon laquelle l'&#233;conomie num&#233;rique permettrait de polluer moins. Et la conclusion est bien am&#232;re : l'informatique, &#231;a pollue et &#231;a consomme de l'&#233;nergie, mais bien maligne la personne qui saura dire si son impact est globalement positif ou n&#233;gatif. Car malgr&#233; la somme des donn&#233;es collect&#233;es, la principale certitude que nous apporte l'ouvrage est celle de la difficult&#233; de l'exercice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, la complexit&#233; des infrastructures num&#233;riques rend difficile une &#233;valuation juste de la consommation. Si l'on peut mesurer la consommation &#233;lectrique d'une machine, d'un foyer, ou d'un data center, &#233;valuer le co&#251;t des connexions &#224; un site web ou &#224; un service particulier est une mission impossible. Il est difficile non seulement de conna&#238;tre l'ensemble des machines et c&#226;bles par lesquels transite une connexion, mais &#233;galement d'estimer la part de consommation &#233;lectrique de chaque &#233;l&#233;ment d&#233;pendant d'une connexion donn&#233;e. Sur ce point, la pol&#233;mique autour de la consommation &#233;nerg&#233;tique d'une recherche Google est exemplaire : selon la m&#233;thodologie adopt&#233;e, les hypoth&#232;ses retenues, et un peu aussi selon le commanditaire, les chiffres varient grandement (1).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me l'&#233;valuation du cycle de vie des diff&#233;rents gadgets num&#233;riques ressemble &#224; un parcours du combattant. Plus d'une centaine de min&#233;raux et de pi&#232;ces d&#233;tach&#233;es entrent dans la production des ordinateurs et assimil&#233;s, issus d'une multitude de fournisseurs. C'est d'autant plus vrai pour les dispositifs portables (smartphones et tablettes) qui repr&#233;sentent la majorit&#233; des ventes aujourd'hui. Impossible dans cette situation de conna&#238;tre l'impact &#233;cologique de la production d'un appareil. En fin de vie, la gestion des d&#233;chets &#233;lectroniques est encore mal renseign&#233;e, mais semble consister essentiellement &#224; envoyer les machines obsol&#232;tes dans des pays pauvres. Enfin, la complexit&#233; grandissante des gadgets rend la r&#233;cup&#233;ration des mat&#233;riaux rares ou dangereux plus difficile et plus co&#251;teuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que penser, d'autre part, des pratiques de substitutions (t&#233;l&#233;travail, visioconf&#233;rences, etc.) qui conf&#233;reraient aux TIC un caract&#232;re &#233;cologique ? L'ouvrage montre qu'&#224; ce jour, aucune &#233;tude ne permet d'&#233;valuer correctement le nombre de kilom&#232;tres non-parcourus, la quantit&#233; de feuilles non-imprim&#233;es ou d'encre &#233;conomis&#233;e gr&#226;ce &#224; ces pratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les seuls impacts &#233;cologiques positifs av&#233;r&#233;s concernent la gestion des flux : &#233;lectricit&#233;, gaz, eau et transports routiers. La surveillance &#233;lectronique et la gestion informatique permettent d'optimiser les trajets et de limiter les pertes, et ce faisant de diminuer la consommation de carburant, d'&#233;lectricit&#233; ou autre. Les auteurs pr&#233;cisent que les entreprises mettent d'abord en place ces dispositifs pour r&#233;aliser des &#233;conomies d'argent, m&#234;me si elles ne se privent pas de faire valoir leur bonne conscience &#233;cologique dans l'affaire. Si les gains peuvent &#234;tre importants pour une entreprise, il est &#224; craindre que ces &#233;conomies ne soient qu'une paille &#224; l'&#233;chelle des infrastructures num&#233;riques qui les rendent possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre se termine sur une question sugg&#233;r&#233;e aux mouvements &#233;cologistes. Doit-on proscrire ou limiter l'utilisation de l'informatique dans nos pratiques militantes, par souci de coh&#233;rence &#233;cologique ? Question int&#233;ressante, qui rappelle celle de l'utilisation de transports polluants pour rejoindre des mobilisations lointaines. S'il semble peu r&#233;aliste d'en proscrire toute utilisation dans l'imm&#233;diat, pos&#233;e en termes d'objectif, la question trouve toute sa pertinence. Face aux encouragements au d&#233;veloppement et &#224; l'innovation num&#233;rique, pr&#233;sents jusque dans les rangs &#233;colos, ne faut-il pas envisager une n&#233;cessaire d&#233;sinformatisation pour parvenir &#224; une soci&#233;t&#233; &#233;cologique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Une &#233;tude men&#233;e au MIT &#233;value &#224; 7 grammes d'&#233;quivalent CO2 une requ&#234;te, quand Google avance un chiffre de 0.2 gramme. Une enqu&#234;te de l'ADEME semble donner raison &#224; l'&#233;tude du MIT.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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