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	<title>L'An 02</title>
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	<description>L'An 02 est un outil &#233;colo de diffusion et de partage, un passeur d'id&#233;es hors des cercles confidentiels.
De 2011 &#224; 2015, L'An 02 a &#233;t&#233; une revue papier, en couleurs, multipliant les formes, notamment graphiques : photo-reportage, peinture, installation, typographie, bande dessin&#233;e. Cette dimension-l&#224; ne se retrouve que dans la revue papier, toujours en vente en librairie ou par correspondance. Retrouvez sur ce nouveau site tous les textes, un dossier au traitement mosa&#239;que enrob&#233; de chroniques grin&#231;antes, de lectures in-con-tour-na-bles et de reportages militants.
D&#233;sormais, L'An 02 propose &#224; chaque changement de saison une livraison de chroniques de livres r&#233;cents qui nous aident &#224; penser l'&#233;cologie politique, la d&#233;croissance et la technocritique.</description>
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		<title>L'An 02</title>
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		<title>Zomia</title>
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		<dc:creator>Xavier Rabilloud</dc:creator>



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&lt;p&gt;Zomia ou l'art de ne pas &#234;tre gouvern&#233; James C. Scott Traduit par Nicolas Guilhot, Fr&#233;d&#233;ric Joly, Olivier Ruchet Le Seuil, 2013 2009, 544 pages, 27 &#8364; &lt;br class='autobr' /&gt;
La Zomia est une zone collin&#233;enne et montagneuse de 2,5 millions de kilom&#232;tres carr&#233;s, aux confins de plusieurs &#201;tats-nations d'Asie du Sud-Est. Elle abriterait environ 100 millions de personnes. Les premiers embryons d'&#201;tat ne sont apparus en Asie du Sud-Est qu'au Ier si&#232;cle avant notre &#232;re, et depuis lors d'innombrables populations n'ont cess&#233; de (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-Lectures-" rel="directory"&gt;Lectures&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L93xH150/arton95-a96c9.jpg?1703349046' width='93' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Zomia ou l'art de ne pas &#234;tre gouvern&#233;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
James C. Scott&lt;br class='autobr' /&gt;
Traduit par Nicolas Guilhot, Fr&#233;d&#233;ric Joly, Olivier Ruchet&lt;br class='autobr' /&gt; Le Seuil, 2013&lt;br class='autobr' /&gt; 2009, 544 pages, 27 &#8364;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La Zomia est une zone collin&#233;enne et montagneuse de 2,5 millions de kilom&#232;tres carr&#233;s, aux confins de plusieurs &#201;tats-nations d'Asie du Sud-Est. Elle abriterait environ 100 millions de personnes. Les premiers embryons d'&#201;tat ne sont apparus en Asie du Sud-Est qu'au Ier si&#232;cle avant notre &#232;re, et depuis lors d'innombrables populations n'ont cess&#233; de r&#233;sister &#224; leur extension, et de se mettre hors de leur port&#233;e dans la Zomia. L'anthropologue am&#233;ricain James C. Scott &#233;claire leurs tentatives de se soustraire &#224; l'assujettissement par diff&#233;rentes pratiques &#171; statofuges &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouvrage d&#233;construit l'id&#233;e que les &#171; populations tribales &#187; des collines, pratiquant la chasse, la cueillette et l'agriculture itin&#233;rante sur br&#251;lis, seraient les &#171; anc&#234;tres vivants &#187; (ou &#171; peuples premiers &#187;) des &#171; civilis&#233;s &#187; des plaines. Elles sont au contraire d'origines incroyablement diverses et m&#233;lang&#233;es, issues d'&#233;pisodes de migration, de fuite, de r&#233;sistance, qui ont pris place au long des deux mill&#233;naires &#233;coul&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur met au jour le sens r&#233;el des dichotomies habituelles qui opposent le &#171; civilis&#233; &#187; au &#171; barbare &#187;, &#171; sauvage &#187;, &#171; primitif &#187;, ... : elles recouvrent toutes l'opposition entre &#171; assujetti &#187; et &#171; non assujetti &#187;, ni plus ni moins. Et toute &#171; tribu &#187; est un &#171; effet d'&#201;tat &#187; : ce sont les &#201;tats qui cr&#233;ent les tribus, en cherchant &#224; cat&#233;goriser des populations selon des crit&#232;res parfois compl&#232;tement arbitraires, et &#224; leur assigner des chefs issus de leurs rangs afin de les gouverner. Scott d&#233;boulonne &#233;galement les repr&#233;sentations gradualistes qui pr&#233;tendent que l'histoire m&#232;ne les soci&#233;t&#233;s de la cellule familiale &#224; l'&#201;tat-nation en passant par le clan, la tribu, le village, la cit&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur d&#233;fend un &#171; constructivisme radical &#187;. Il entend montrer que les modes de vie et les cultures (tr&#232;s diverses) des populations de la Zomia, de m&#234;me que leurs identit&#233;s ethniques, sont le produit d'une volont&#233; politique : &#233;viter ou se soustraire &#224; l'emprise des &#201;tats, et &#224; l'assujettissement qui est co-extensif &#224; l'expansion territoriale de leur souverainet&#233;. Parfois aussi, emp&#234;cher que des projets d'essence &#233;tatique n'&#233;mergent en leur sein, par effet d'imitation des &#201;tats des plaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Scott estime son analyse valable jusqu'&#224; la seconde guerre mondiale. Mais dans les derni&#232;res d&#233;cennies s'est quasiment achev&#233; ce que l'auteur nomme la &#171; derni&#232;re enclosure &#187; : l'assujettissement aux &#201;tats-nations d'Asie du Sud-Est des populations qui leur r&#233;sistaient encore. Scott pointe le r&#244;le d&#233;terminant des &#171; technologies d'abolition de la distance &#187; (routes praticables &#224; longueur d'ann&#233;e, v&#233;hicules motoris&#233;s, transport a&#233;rien, t&#233;l&#233;communications) dans la suppression de la &#171; friction &#187; que les territoires difficiles d'acc&#232;s opposaient &#224; l'extension de la souverainet&#233; &#233;tatique. Au temps pour le mirage de la &#171; neutralit&#233; de la technique &#187;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Scott place en exergue de son livre ces mots de Pierre Clastres : &#171; L'histoire des peuples sans histoire, c'est [...] l'histoire de leur lutte contre l'&#201;tat. &#187; L'histoire &lt;i&gt;s'&#233;crivant &lt;/i&gt;essentiellement sur la base d'archives &lt;i&gt;&#233;crites&lt;/i&gt; &#233;manant en majorit&#233; de l'&#201;tat (recensements, registres fiscaux, r&#233;cits militaires, chroniques dynastiques, etc.), on mesure la profonde v&#233;rit&#233; de cette affirmation. Et l'on comprend que Scott d&#233;veloppe l'hypoth&#232;se audacieuse que certaines populations auraient d&#233;lib&#233;r&#233;ment abandonn&#233; l'&#233;criture, en tant que technique favorisant l'&#233;mergence de l'&#201;tat et bridant la grande plasticit&#233; sociale qui permet selon lui &#224; ces soci&#233;t&#233;s de se rendre &#171; illisibles &#187; au regard des &#201;tats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque l'auteur affirme faire &#339;uvre d'&#171; histoire anarchiste &#187;, &#224; n'en pas douter il faut l'entendre en deux sens : non content de proposer une histoire interpr&#233;tative de populations en lutte contre l'&#201;tat, par ce travail acad&#233;mique au sens noble mais non d&#233;nu&#233; de souffle, Scott descelle de la muraille &#233;tatique une pierre aux ar&#234;tes intellectuelles tranchantes pour la mettre entre les mains des anarchistes d'aujourd'hui. Ce ne sont donc pas les 440 pages de l'ouvrage ni son dense appareil de notes qui en font un &lt;i&gt;pav&#233;&lt;/i&gt;...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Petite histoire de l'exp&#233;rimentation d&#233;mocratique</title>
		<link>https://lan02.butternet.net/Petite-histoire-de-l-039-experimentation-democratique</link>
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		<dc:date>2012-07-01T00:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Xavier Rabilloud</dc:creator>



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&lt;p&gt;Yves Sintomer, Petite histoire de l'exp&#233;rimentation d&#233;mocratique. Tirage au sort et politique d'Ath&#232;nes &#224; nos jours , La D&#233;couverte, 2011, 336 pages, 11 &#8364; &lt;br class='autobr' /&gt;
La l&#233;gitimit&#233; des r&#233;gimes parlementaires conna&#238;t une &#233;rosion constante. Sur fond de cette &#171; crise qui n'en finit pas &#187;, Sintomer cherche &#224; r&#233;pondre &#224; trois questions-cl&#233;s : pourquoi le tirage au sort a-t-il disparu en politique pr&#233;cis&#233;ment &#224; l'&#233;poque des r&#233;volutions du XVIIIe si&#232;cle, tout en se g&#233;n&#233;ralisant pour la constitution des jurys judiciaires ? (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-Lectures-" rel="directory"&gt;Lectures&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L99xH150/arton43-5d2f6.jpg?1703349046' width='99' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Yves Sintomer, &lt;i&gt;Petite histoire de l'exp&#233;rimentation d&#233;mocratique. Tirage au sort et politique d'Ath&#232;nes &#224; nos jours&lt;/i&gt; , La D&#233;couverte, 2011, 336 pages, 11 &#8364;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La l&#233;gitimit&#233; des r&#233;gimes parlementaires conna&#238;t une &#233;rosion constante. Sur fond de cette &#171; crise qui n'en finit pas &#187;, Sintomer cherche &#224; r&#233;pondre &#224; trois questions-cl&#233;s : pourquoi le tirage au sort a-t-il disparu en politique pr&#233;cis&#233;ment &#224; l'&#233;poque des r&#233;volutions du XVIIIe si&#232;cle, tout en se g&#233;n&#233;ralisant pour la constitution des jurys judiciaires ? Pourquoi resurgit-il depuis peu dans le champ institutionnel ? Peut-il &#171; renouveler la d&#233;mocratie &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des m&#233;rites du livre, et non des moindres, est d'&#233;viter tout f&#233;tichisme du tirage au sort. Au contraire, il nous am&#232;ne &#224; une compr&#233;hension fine de ses diff&#233;rents usages et significations &#224; travers l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le tirage au sort dans les r&#233;publiques italiennes du Moyen-&#194;ge n'a pas grand chose &#224; voir avec la s&#233;lection al&#233;atoire des magistrats ath&#233;niens parmi des citoyens tour &#224; tour gouvernants et gouvern&#233;s. &#192; Venise, le sort permettait la d&#233;signation impartiale des conseillers, nobles ou bourgeois, si&#233;geant dans les commissions &#233;lectorales successives du processus d'&#233;lection des doges, nomm&#233;s &#224; vie. Il n'&#233;tait donc qu'un outil de r&#233;gulation des conflits au profit de la stabilit&#233; d'une oligarchie restreinte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un regard &#233;galement nuanc&#233; doit &#234;tre port&#233; sur les nouveaux usages du tirage au sort. Sintomer rappelle que les diverses formes de jurys citoyens tir&#233;s au sort de la &#171; d&#233;mocratie participative &#187; sont majoritairement consultatifs, et en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale limit&#233;s aux enjeux particuliers du &#171; microlocal &#187;, l'&#171; int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral &#187; restant pr&#233; carr&#233; exclusif des professionnels de la politique. De surcro&#238;t, &#171; &lt;i&gt;si elle n'est pas investie par l'&#233;nergie port&#233;e par les mouvements sociaux, la d&#233;mocratie participative risque de n'&#234;tre qu'une machinerie institutionnelle&lt;/i&gt; &#187;, voire un pur alibi pour les gouvernants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le tirage au sort a disparu en politique avec l'av&#232;nement des r&#233;gimes parlementaires, c'est qu'ont pr&#233;valu une conception &#233;litiste de la r&#233;publique et la division du travail menant &#224; la constitution d'une classe politique professionnelle s&#233;par&#233;e, &#224; l'oppos&#233; de l'id&#233;al du citoyen ath&#233;nien. Le tirage au sort n'a pu perdurer et prosp&#233;rer dans le champ judiciaire que parce que les jurys &#233;taient con&#231;us comme le lieu d'une recherche de consensus et de jugement subjectif de cas particuliers par des pairs, tandis que dans le champ politique des tendances antagonistes s'affrontent sur des enjeux universels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fil d'un panorama des exp&#233;riences contemporaines, Sintomer met &#233;galement au jour le sens politique radicalement nouveau de leur usage du sort : la notion d'&#233;chantillon repr&#233;sentatif, rendue possible par l'invention du calcul probabiliste, permet dor&#233;navant d'envisager un &#171; mini-public contrefactuel &#187; repr&#233;sentatif de la soci&#233;t&#233; dans sa diversit&#233;, et menant en son nom une d&#233;lib&#233;ration mat&#233;riellement impossible &#224; l'&#233;chelle d'une m&#233;tropole ou d'une nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sintomer identifie enfin les deux principes par lesquels ces dispositifs participatifs peuvent renouveler la d&#233;mocratie : leur confier des pouvoirs au-del&#224; de la simple consultation, et des enjeux qui d&#233;passent le microlocal. Des jurys judiciaires aux comp&#233;tences &#233;largies jusqu'&#224; un S&#233;nat supprim&#233; au profit d'une assembl&#233;e de citoyen&#183;ne&#183;s tir&#233;&#183;e&#183;s au sort, les id&#233;es ne manquent pas...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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