<?xml
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>L'An 02</title>
	<link>https://lan02.butternet.net/</link>
	<description>L'An 02 est un outil &#233;colo de diffusion et de partage, un passeur d'id&#233;es hors des cercles confidentiels.
De 2011 &#224; 2015, L'An 02 a &#233;t&#233; une revue papier, en couleurs, multipliant les formes, notamment graphiques : photo-reportage, peinture, installation, typographie, bande dessin&#233;e. Cette dimension-l&#224; ne se retrouve que dans la revue papier, toujours en vente en librairie ou par correspondance. Retrouvez sur ce nouveau site tous les textes, un dossier au traitement mosa&#239;que enrob&#233; de chroniques grin&#231;antes, de lectures in-con-tour-na-bles et de reportages militants.
D&#233;sormais, L'An 02 propose &#224; chaque changement de saison une livraison de chroniques de livres r&#233;cents qui nous aident &#224; penser l'&#233;cologie politique, la d&#233;croissance et la technocritique.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://lan02.butternet.net/spip.php?page=backend&amp;id_auteur=46" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>L'An 02</title>
		<url>https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L144xH52/siteon0-2ec28.png?1696061304</url>
		<link>https://lan02.butternet.net/</link>
		<height>52</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Soigner l'esprit, gu&#233;rir la Terre</title>
		<link>https://lan02.butternet.net/Soigner-l-esprit-guerir-la-Terre</link>
		<guid isPermaLink="true">https://lan02.butternet.net/Soigner-l-esprit-guerir-la-Terre</guid>
		<dc:date>2015-12-18T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patrick Marcolini</dc:creator>


		<dc:subject>Environnement</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Soigner l'esprit, gu&#233;rir la Terre. Introduction &#224; l'&#233;copsychologie Michel Maxime Egger Labor et Fides, Gen&#232;ve, 2015 288 pages, 25 &#8364; &lt;br class='autobr' /&gt;
Apparue dans les pays anglo-saxons il y a une trentaine d'ann&#233;es, l'&#233;copsychologie reste encore largement m&#233;connue en France &#8211; une situation qui pourrait toutefois &#233;voluer avec la parution r&#233;cente de plusieurs livres en langue fran&#231;aise de ou sur ses grandes figures (Theodore Rozsak, Paul Shepard ou encore Joanna Macy) , ainsi que de cet ouvrage introductif r&#233;dig&#233; par le (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-Lectures-" rel="directory"&gt;Lectures&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://lan02.butternet.net/+-Environnement-+" rel="tag"&gt;Environnement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L99xH150/arton18-deaac.jpg?1696061304' width='99' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Soigner l'esprit, gu&#233;rir la Terre. Introduction &#224; l'&#233;copsychologie&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Michel Maxime Egger&lt;br class='autobr' /&gt;
Labor et Fides, Gen&#232;ve, 2015&lt;br class='autobr' /&gt;
288 pages, 25 &#8364;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apparue dans les pays anglo-saxons il y a une trentaine d'ann&#233;es, l'&#233;copsychologie reste encore largement m&#233;connue en France &#8211; une situation qui pourrait toutefois &#233;voluer avec la parution r&#233;cente de plusieurs livres en langue fran&#231;aise de ou sur ses grandes figures (Theodore Rozsak, Paul Shepard ou encore Joanna Macy)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Cf. Joanna Macy, &#201;copsychologie pratique et rituels pour la Terre , Le (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ainsi que de cet ouvrage introductif r&#233;dig&#233; par le sociologue et journaliste Michel Maxime Egger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais que d&#233;signe-t-on exactement sous le terme &#233;copsychologie ? Comme son nom l'indique, il s'agit pour l'essentiel d'un champ de r&#233;flexion et de pratiques qui prend en compte &#171; la dimension psychologique dans l'approche des probl&#232;mes environnementaux et celle du monde naturel dans les d&#233;marches th&#233;rapeutiques &#187;. L'&#233;copsychologie met au centre de sa d&#233;marche &#171; le lien essentiel, non seulement biologique, mais &#233;motionnel et plus encore ontologique &#187; de l'&#234;tre humain &#224; la nature, et cherche &#224; r&#233;soudre tous les probl&#232;mes li&#233;s &#224; l'occultation de ce lien. Soigner le malaise voire la souffrance des personnes vivant dans des lieux coup&#233;s de la nature ; comprendre et agir sur les ressorts intimes de pathologies telles que l'addiction &#224; la technologie ou &#224; la consommation ; contrer le d&#233;ni de r&#233;alit&#233; et le sentiment d'impuissance face aux destructions massives de la nature, et inciter les populations &#224; affronter sereinement les probl&#232;mes &#233;cologiques ; &#233;duquer l'&#234;tre humain &#224; la conscience de sa place dans le monde pour r&#233;orienter ses activit&#233;s dans un sens plus respectueux de l'environnement ; plus g&#233;n&#233;ralement, r&#233;tablir la conscience d'une continuit&#233; entre l'&#234;tre humain et la nature, le moi et le monde, occult&#233;e par les pens&#233;es modernes de type objectiviste : telles sont les t&#226;ches de l'&#233;copsychologie, qui ambitionne donc d'exercer un r&#244;le moteur dans le changement g&#233;n&#233;ral de paradigme que supposent les enjeux environnementaux actuels, comme l'explique M. M. Egger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce faire, les acteurs de ce champ transdisciplinaire ont &#233;labor&#233; des pratiques th&#233;rapeutiques originales, que nous pr&#233;sente l'auteur. Elles incitent par exemple le patient &#224; questionner son mode de vie ou &#224; d&#233;velopper des activit&#233;s centr&#233;es sur le corps, les sens et l'attention au monde (m&#233;ditation, yoga, etc.). Mais elles supposent aussi de sortir du cabinet o&#249; s'enferment traditionnellement les psychologues, et d'engager des d&#233;marches visant &#224; renouer le lien entre l'&#234;tre humain et la nature. Cela peut aller de l'hortith&#233;rapie (le soin par les activit&#233;s de jardinage) aux s&#233;jours d'immersion dans la nature sauvage, seul ou petit groupe, en passant par un traitement des troubles psychiques passant par le contact r&#233;gulier avec un animal. Plus &#233;tonnant, et peut-&#234;tre moins s&#233;rieux (parce que ne tenant pas compte des contextes socioculturels dans lesquels s'inscrivent les pratiques religieuses ou spirituelles) : une frange non n&#233;gligeable de l'&#233;copsychologie s'est inspir&#233;e des soci&#233;t&#233;s tribales pour &#233;laborer le &#171; conseil chamanique &#187;, une forme de th&#233;rapie incluant le recours &#224; des danses, des invocations, des pratiques de je&#251;ne, etc., ainsi qu'une attention accrue aux r&#234;ves. Quoi qu'il en soit, dans tous les cas, il s'agit de r&#233;veiller en chacun l'&#171; inconscient &#233;cologique &#187;, notion &#233;largissant celle d'inconscient collectif postul&#233;e par Carl Gustav Jung, et d&#233;signant le sentiment instinctif, plus ou moins refoul&#233;, d'appartenir &#224; une forme de communaut&#233; r&#233;unissant tous les &#234;tres vivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A des questions environnementales qui sont habituellement pos&#233;es &#224; une &#233;chelle trop large, renfor&#231;ant ainsi notre sentiment d'impuissance, l'&#233;copsychologie a le m&#233;rite d'offrir un &#233;ventail de r&#233;ponses suggestives, &#224; taille humaine, ancr&#233;es dans le quotidien et parlant &#224; la subjectivit&#233; de chacun. En faisant appel &#224; la sensibilit&#233;, &#224; l'imaginaire, &#224; une ouverture sur la nature, elle est un pr&#233;cieux contrepoint &#224; une psychologie et une psychiatrie trop souvent r&#233;ifiantes. Qui plus est, elle porte au grand jour les causes sociales (et non uniquement individuelles) de quantit&#233; de souffrances psychiques contemporaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais sa d&#233;marche fait tout de m&#234;me probl&#232;me sur plusieurs plans. On peut lui reprocher ses incursions dans le mysticisme le plus l&#233;nifiant (nombreux sont ses repr&#233;sentants qui parlent par exemple d'&#171; &#226;me de la Terre &#187;), ou le fait qu'elle n'est pas d&#233;pourvue d'ambigu&#239;t&#233;s politiques, dont les &#233;copsychologues sont d'ailleurs conscients eux-m&#234;mes, puisque l'auteur rend compte des d&#233;bats qui les divisent. Ainsi, &#224; vouloir &#233;duquer (r&#233;&#233;duquer ?) psychiquement les populations &#224; une attitude &#171; &#233;cologiquement correcte &#187;, ne risque-t-elle pas de se transformer, d'instrument de prise de conscience, en un outil d'ing&#233;nierie sociale visant &#224; faire accepter aux gens leur place non plus dans le cosmos mais dans la soci&#233;t&#233; de l'&#233;tat d'urgence environnemental ? La recherche d'&#233;panouissement psychique qui la guide ne la rapproche-t-elle pas dangereusement du d&#233;veloppement personnel et de la culture n&#233;olib&#233;rale qui impr&#232;gne ce dernier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Voir &#224; ce sujet l'entretien avec Nicolas Marquis, &#171; Se changer soi pour (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? Enfin, sa d&#233;marche biocentrique, qui se pr&#233;occupe surtout de faire des &#234;tres humains des &#171; serviteurs de la nature &#187;, et de leur vie en commun &#171; une soci&#233;t&#233; au service de la vie &#187; (pour reprendre des expressions qui reviennent &#224; de nombreuses reprises), ne risque-t-elle pas de mener &#224; une impasse ? En d&#233;finitive, la protection de la vie ou de la nature &lt;i&gt;pour elles-m&#234;mes&lt;/i&gt; n'a pas grand sens : l'une et l'autre sont plus fortes que l'&#234;tre humain, et retrouveront toujours de nouveaux &#233;quilibres quelles que soient les perturbations introduites par ce dernier. En revanche, ce qui est &#224; craindre, c'est que ces nouveaux &#233;quilibres ne laissent plus de place &#224; la libert&#233; humaine, voire &#224; l'humain tout court. Comme le concluait justement Bernard Charbonneau, &#171; ce qu'il faut d&#233;fendre contre le d&#233;cha&#238;nement de la puissance humaine ce n'est donc pas la nature en soi, mais la nature &lt;i&gt;pour l'homme&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='Pour reprendre les mots de Daniel C&#233;r&#233;zuelle dans &#201;cologie et libert&#233;. (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Joanna Macy, &lt;i&gt;&#201;copsychologie pratique et rituels pour la Terre&lt;/i&gt; , Le Souffle d'or, 2008 ; Paul Shepard, &lt;i&gt;Retour aux sources du Pl&#233;istoc&#232;ne&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Nous n'avons qu'une seule Terre&lt;/i&gt; , parus respectivement aux &#233;ditions Dehors et Jos&#233; Corti en 2013 ; et Theodore Rozsak. &lt;i&gt;Vers une &#233;copsychologie lib&#233;ratrice&lt;/i&gt; , textes choisis et pr&#233;sent&#233;s par Mohammed Taleb, Le Passager clandestin, 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &#224; ce sujet l'entretien avec Nicolas Marquis, &#171; Se changer soi pour changer le monde &#187;, dans le n&#176;7 de &lt;i&gt;L'An 02&lt;/i&gt; , &#034;Altercapitalisme&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour reprendre les mots de Daniel C&#233;r&#233;zuelle dans &lt;i&gt;&#201;cologie et libert&#233;. Bernard Charbonneau pr&#233;curseur de l'&#233;cologie politique&lt;/i&gt; , Parangon / VS, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'extr&#234;me droite est-elle technocritique ?</title>
		<link>https://lan02.butternet.net/L-extreme-droite-est-elle-technocritique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://lan02.butternet.net/L-extreme-droite-est-elle-technocritique</guid>
		<dc:date>2015-12-12T19:55:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patrick Marcolini</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La critique de la soci&#233;t&#233; industrielle est-elle r&#233;ac ? Allons d&#233;j&#224; voir si les cercles r&#233;actionnaires portent un regard critique sur la technique. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'historien Fran&#231;ois Jarrige a r&#233;cemment fait para&#238;tre une volumineuse histoire des &#171; technocritiques &#187;, retra&#231;ant l'action de toutes celles et tous ceux qui, dans les deux derniers si&#232;cles, ont d&#233;nonc&#233; le caract&#232;re n&#233;faste des technologies de leur temps et tent&#233; d'en enrayer les effets d&#233;vastateurs : briseurs de machines, utopistes sociaux, critiques (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-No6-Qui-est-reac-Qui-est-moderne-20-" rel="directory"&gt;N&#176;6 : &#034;Qui est r&#233;ac ? Qui est moderne ?&#034;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;La critique de la soci&#233;t&#233; industrielle est-elle r&#233;ac ? Allons d&#233;j&#224; voir si les cercles r&#233;actionnaires portent un regard critique sur la technique.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'historien Fran&#231;ois Jarrige a r&#233;cemment fait para&#238;tre une volumineuse histoire des &#171; technocritiques &#187;, retra&#231;ant l'action de toutes celles et tous ceux qui, dans les deux derniers si&#232;cles, ont d&#233;nonc&#233; le caract&#232;re n&#233;faste des technologies de leur temps et tent&#233; d'en enrayer les effets d&#233;vastateurs : briseurs de machines, utopistes sociaux, critiques philosophiques de la modernit&#233;, communaut&#233;s alternatives, mouvements &#233;cologistes radicaux et autres groupes anti-industriels. Ce travail ne se borne pas &#224; faire &#233;merger des archives les figures de r&#233;sistances au &#171; progr&#232;s &#187; technique beaucoup plus nombreuses et vigoureuses que l'historiographie classique ne le laissait croire. En exposant leurs raisons et en montrant leur clairvoyance face &#224; des processus sociaux et environnementaux dont nous voyons aujourd'hui l'aboutissement d&#233;sastreux, il r&#233;habilite une critique de la soci&#233;t&#233; industrielle sur laquelle pesaient jusque-l&#224; de graves soup&#231;ons. En effet, pour reprendre les mots de Fran&#231;ois Jarrige : &#171; Dans le champ politique, la technocritique n'a bonne presse ni &#224; gauche ni &#224; droite. Pour la droite lib&#233;rale, elle est le nouveau visage d'une obsession r&#233;gulatrice tentant de brider la libre entreprise et le progr&#232;s. A gauche subsiste l'id&#233;e que &#8220;des pens&#233;es conservatrices, voire r&#233;actionnaires, alimentent aujourd'hui encore certaines actions technophobes&#8221; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Fran&#231;ois Jarrige, Technocritiques. Du refus des machines &#224; la contestation (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Effectivement, pour une partie de la gauche, y compris de la gauche anticapitaliste, d&#232;s qu'on critique la technoscience, l'id&#233;ologie du progr&#232;s ou la soci&#233;t&#233; industrielle, le spectre de l'extr&#234;me droite n'est pas loin&#8230; Mais ce rapprochement est-il fond&#233; ? L'extr&#234;me droite a-t-elle v&#233;ritablement proc&#233;d&#233; &#224; une critique de la science et de la technique modernes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'on prononce le mot &#171; extr&#234;me droite &#187;, la premi&#232;re image qui vient &#224; l'esprit est naturellement celle du fascisme italien et de l'Allemagne nationale-socialiste. Or le r&#233;gime de Mussolini s'est pr&#233;cis&#233;ment distingu&#233; par une s&#233;rie de grands travaux publics visant &#224; moderniser une Italie per&#231;ue comme retardataire par rapport aux grandes puissances industrielles du nord de l'Europe : ass&#232;chement et mise en culture des mar&#233;cages du Latium, stimulation de la production agricole, construction d'autoroutes et de lignes de chemin de fer, investissements massifs dans l'industrie lourde, etc. Le nazisme, pour sa part, s'est caract&#233;ris&#233; par le recours accru aux pesticides et aux engrais chimiques dans le domaine agricole, la valorisation de l'automobile pour tous et la construction d'un des premiers r&#233;seaux autoroutiers au monde, l'usage intensif des nouvelles techniques de communication de masse, le redressement et la mobilisation de l'arsenal industriel allemand en vue de pr&#233;parer la guerre, la mise au point de nouveaux proc&#233;d&#233;s industriels pour obtenir des substances telles que mati&#232;res plastiques, caoutchouc et textiles de synth&#232;se, etc.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Voir George L. Mosse, La R&#233;volution fasciste. Vers une th&#233;orie g&#233;n&#233;rale du (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Autant de faits qui allaient bien dans le sens du progr&#232;s&#8230; technique. En outre, comme plusieurs auteurs l'ont fait remarquer, les m&#233;canismes d'extermination mis en &#339;uvre dans les camps nazis peuvent eux-m&#234;mes &#234;tre rapport&#233;s aux logiques fondamentales de la modernit&#233; industrielle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='Cf. Enzo Traverso, La Violence nazie. Une g&#233;n&#233;alogie europ&#233;enne , Paris, La (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, les r&#233;f&#233;rences laudatives &#224; l'Antiquit&#233; romaine dans l'Italie fasciste ou au Saint-Empire romain germanique dans l'Allemagne nazie ne doivent pas faire illusion : il s'agissait l&#224; de r&#234;veries &#171; paling&#233;n&#233;siques &#187; (pour reprendre l'expression de l'historien Roger Griffin&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='appendix' title='Roger Griffin, The Nature of Fascism , Londres, Pinter, 1991, et (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), c'est-&#224;-dire qu'elles n'imaginaient pas la possibilit&#233; de revenir en arri&#232;re dans le pass&#233;, mais plut&#244;t de faire &lt;i&gt;rena&#238;tre&lt;/i&gt; celui-ci &#224; travers et par la modernit&#233; &#8211; notamment technologique. Or pour rena&#238;tre, il faut d&#233;j&#224; avoir disparu. Rien d'&#233;tonnant donc &#224; ce que les restes concrets de ce pass&#233; aient &#233;t&#233; d&#233;truits au passage &#8211; comme les vestiges architecturaux de la Rome des C&#233;sars, d&#233;molis sous Mussolini pour construire les monuments c&#233;l&#233;brant la puissance retrouv&#233;e de l'Italie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='appendix' title='Cf. Emilio Gentile, Fascismo di pietra , Roma, Laterza, 2007.' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui s'applique au fascisme et au nazisme est valable, mutatis mutandis, pour la majeure partie de l'extr&#234;me droite, qui a &#233;t&#233; &#8211; et reste encore &#8211; largement tributaire des paradigmes intellectuels qui ont accompagn&#233; le d&#233;veloppement de la soci&#233;t&#233; industrielle. Chez le royaliste Charles Maurras par exemple, qui fut le fondateur de l'Action fran&#231;aise et le th&#233;oricien du nationalisme int&#233;gral, on serait bien en peine de trouver une critique de la technique et de la science modernes. Et pour cause : il se revendiquait explicitement de la fine fleur du positivisme, c'est-&#224;-dire d'Auguste Comte et de Fr&#233;d&#233;ric Le Play. Comme l'explique Colette Capitan : &#171; Ce que la biologie enseigne, ou les sciences de la nature, le nationalisme int&#233;gral, lui-m&#234;me con&#231;u comme syst&#232;me scientifique, devait pouvoir le corroborer dans le domaine des sciences humaines et de l'histoire &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='appendix' title='Colette Capitan, Charles Maurras et l'id&#233;ologie d'Action fran&#231;aise. &#201;tude (...)' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La situation est m&#234;me plus frappante encore si l'on observe les mouvements d'extr&#234;me droite qui sont apparu plus r&#233;cemment dans le champ politique. On conna&#238;t, bien s&#251;r, les appels retentissants de Marine Le Pen et du Front national &#224; une vigoureuse r&#233;industrialisation de la France. On sait moins, toutefois, que le FN est aussi l'un des partis les plus en pointe sur les questions num&#233;riques, se mobilisant contre la loi LOPPSI, demandant une protection intransigeante des donn&#233;es personnelles et de la libert&#233; d'expression sur Internet, ou encore approuvant l'introduction de tablettes num&#233;riques &#224; l'&#233;cole (pourvu qu'elles soient fran&#231;aises !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a l&#224; l'indice d'un ph&#233;nom&#232;ne qui devrait attirer toute l'attention des &#171; antifascistes &#187; : du FN jusqu'aux disciples d'Alain Soral en passant par les Identitaires, l'extr&#234;me droite actuelle ne montre en fait aucune r&#233;pulsion vis-&#224;-vis des nouvelles technologies. Et pour cause : &lt;i&gt;elle leur est consubstantiellement li&#233;e&lt;/i&gt; . &#216;yvind Strommen, auteur d'une enqu&#234;te approfondie sur &#171; la toile brune &#187;, parle m&#234;me &#224; cet &#233;gard d'une extr&#234;me droite de troisi&#232;me g&#233;n&#233;ration : apr&#232;s la premi&#232;re marqu&#233;e par le nazisme et la seconde qui plongeait ses racines dans le racisme des gens ordinaires, celle-ci a pour principale caract&#233;ristique d'avoir &#233;t&#233; directement s&#233;cr&#233;t&#233;e par Internet. Internet offre en effet des moyens in&#233;dits par rapport aux anciennes techniques de communication politique : illustrer et renforcer les messages id&#233;ologiques par des images et des vid&#233;os frappantes ; faciliter la mise en contact discr&#232;te avec les groupes extr&#233;mistes, alors qu'il fallait autrefois se rendre physiquement &#224; des r&#233;unions pour les rencontrer et les suivre ; multiplier les espaces de discussion o&#249; des points de vue et des comportements habituellement inacceptables en soci&#233;t&#233; sont normalis&#233;s et encourag&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb7' class='spip_note' rel='appendix' title='&#216;yvind Strommen, La Toile brune , Arles, Actes Sud, 2012, p. (...)' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est bien ce qui se produit aujourd'hui avec &#201;galit&#233; &amp; R&#233;conciliation, l'organisation d'Alain Soral, dont le succ&#232;s repose quasi-exclusivement sur les vid&#233;os qu'elle met en ligne quotidiennement sur son site Internet, devenu une v&#233;ritable machine de guerre. Mais c'est aussi le cas pour les Identitaires, dont le mod&#232;le cyberactiviste a largement d&#233;teint sur le reste de l'extr&#234;me droite&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb8' class='spip_note' rel='appendix' title='Les principales figures du mouvement identitaire, &#224; l'image de Fabrice Robert (...)' id='nh8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on s'&#233;carte un peu de ce panorama, le candidat le plus s&#233;rieux &#224; la cat&#233;gorie &#8211; bien fantomatique &#8211; des &#171; techno-critiques &#187; d'extr&#234;me droite pourrait &#234;tre Alain de Benoist, le fondateur de la Nouvelle Droite, un courant intellectuel d&#233;veloppant depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1970 une critique acharn&#233;e du jud&#233;o-christianisme et de l'&#233;conomie marchande, accus&#233;s de saper les fondements de la &#171; civilisation europ&#233;enne &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb9' class='spip_note' rel='appendix' title='L'organe central de la Nouvelle Droite a longtemps &#233;t&#233; (et reste encore dans (...)' id='nh9'&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Alain de Benoist s'est en effet distingu&#233; depuis une quinzaine d'ann&#233;es par une m&#233;fiance revendiqu&#233;e vis-&#224;-vis de la technoscience, et par un ralliement explicite aux th&#232;ses de la d&#233;croissance. Ses revues, &lt;i&gt;&#201;l&#233;ments&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Krisis&lt;/i&gt; , font r&#233;guli&#232;rement place &#224; des textes portant sur la critique du machinisme et des sciences, tandis que ses &#233;crits inspirent les animateurs (&#224; vrai dire assez groupusculaires) de la revue &lt;i&gt;R&#233;bellion&lt;/i&gt; , dont plusieurs articles ont approch&#233; des th&#233;matiques semblables. Mais le personnage ainsi que ses disciples se sont aussi signal&#233;s par une tactique r&#233;currente depuis les ann&#233;es 1980, consistant &#224; s'emparer de toutes les questions occupant le devant de la sc&#232;ne &#224; l'extr&#234;me gauche pour en donner une version d'extr&#234;me droite, en essayant de ramener &#224; eux et &#224; leurs objectifs des intellectuels ou des forces politiques issus du &#171; camp d'en face &#187;. C'est une application directe de leur strat&#233;gie dite &#171; m&#233;tapolitique &#187;, celle du &#171; gramscisme de droite &#187; : pour remporter le combat politique, il faut remporter celui de la culture et des id&#233;es, en imposant sa vision du monde au-del&#224; des clivages traditionnels&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb10' class='spip_note' rel='appendix' title='Cf. Alain de Benoist, Jean-Jo&#235;l Br&#233;geon, Claudine Glot et al., &#171; Pour un (...)' id='nh10'&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ainsi a-t-on vu le tiers-mondisme, l'anti-imp&#233;rialisme ou encore la cause palestinienne faire les frais de cette strat&#233;gie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb11' class='spip_note' rel='appendix' title='Pour une illustration de cette strat&#233;gie sur la question du tiers-mondisme, (...)' id='nh11'&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ne serait-ce pas au tour de l'&#233;cologie, de la d&#233;croissance et de la critique de la soci&#233;t&#233; industrielle ? Un indice pourrait en &#234;tre le fait que, jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es 70, la Nouvelle Droite &#233;tait plut&#244;t empreinte d'un certain positivisme et ne montrait aucune sympathie pour l'&#233;cologie politique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb12' class='spip_note' rel='appendix' title='Comme l'admet St&#233;phane Fran&#231;ois lui-m&#234;me, pourtant prompt &#224; d&#233;noncer les (...)' id='nh12'&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour justifier le ralliement de la Nouvelle Droite &#224; la critique de la technique, Alain de Benoist se r&#233;f&#232;re essentiellement &#224; une constellation d'auteurs issus de la R&#233;volution conservatrice, un courant intellectuel qui s'est d&#233;velopp&#233; dans l'Allemagne des ann&#233;es 1900-1930 et auquel ont &#233;t&#233; associ&#233;s des penseurs tels qu'Oswald Spengler, Ernst J&#252;nger ou Martin Heidegger. Si plusieurs repr&#233;sentants de la R&#233;volution conservatrice &#233;mirent effectivement un certain nombre de r&#233;probations &#224; l'&#233;gard de l'industrialisme &#8211; et ce sont peut-&#234;tre l&#224; les seuls qu'on puisse faire entrer dans la cat&#233;gorie des &#171; techno-critiques &#187; d'extr&#234;me droite &#8211; &#171; bien plus nombreux &#233;taient ceux qui, s'ils critiquaient bien la domination de la technique et de la science dans la soci&#233;t&#233; moderne, faisaient peser cette critique non pas sur la technique en tant que telle, mais sur la d&#233;faillance des cat&#233;gories dirigeantes &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb13' class='spip_note' rel='appendix' title='Stefan Breuer, Anatomie de la R&#233;volution conservatrice , Paris, &#201;ditions de (...)' id='nh13'&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ainsi Spengler, dans &lt;i&gt;L'Homme et la technique&lt;/i&gt; (1931), craignait-il que les &#233;lites occidentales, se d&#233;tournant de la technique par &#171; une sorte de pacifisme dans le combat contre la nature &#187;, ne la livrent aux peuples colonis&#233;s, qui s'en empareraient pour la retourner contre la &#171; civilisation blanche &#187;. Dans &lt;i&gt;Le Travailleur&lt;/i&gt; de J&#252;nger (1932), on retrouve la m&#234;me id&#233;e : &#224; l'ancienne bourgeoisie doit se substituer une nouvelle &#233;lite, forg&#233;e dans le creuset des guerres et de l'industrie, capable de plier &#224; sa volont&#233; de domination et d'organisation une technique jusque-l&#224; d&#233;cha&#238;n&#233;e. Le cas d'Heidegger, s'il est plus complexe et toujours en d&#233;bat, rel&#232;ve probablement de la m&#234;me esp&#232;ce, dans la mesure o&#249; le philosophe affirma &#224; plusieurs reprises que le national-socialisme, auquel il avait un temps apport&#233; son soutien, avait pos&#233; &#8211; sans le r&#233;soudre &#8211; le probl&#232;me d'une relation ad&#233;quate entre l'&#234;tre humain et l'essence de la technique. Apr&#232;s guerre, Heidegger finira par adopter une posture fataliste, refusant d'envisager quelque opposition que ce soit &#224; la soci&#233;t&#233; industrielle : &#171; Seul un Dieu peut encore nous sauver &#187; sera son dernier mot sur la question, en 1966&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb14' class='spip_note' rel='appendix' title='Lire notamment son entretien donn&#233; au journal Der Spiegel en 1966 et (...)' id='nh14'&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; techno-critique &#187; est finalement loin d'&#234;tre plus repr&#233;sent&#233;e &#224; l'extr&#234;me droite qu'&#224; l'extr&#234;me gauche. Elle est en fait une attitude transversale &#224; tous les courants politiques, &#224; tel point qu'on peut la trouver chez des auteurs aussi mod&#233;r&#233;s que le philosophe Alain, compagnon de route du Parti radical sous la IIIe R&#233;publique, ou l'&#233;crivain humaniste Georges Duhamel, auteur notamment des &lt;i&gt;Sc&#232;nes de la vie future&lt;/i&gt; en 1930. De sorte que le rapprochement entre critique de la soci&#233;t&#233; industrielle et extr&#234;me droite a finalement plus valeur pol&#233;mique qu'autre chose. La plupart du temps, il rel&#232;ve en fait du stratag&#232;me &#233;nonc&#233; par Schopenhauer en 1831 dans &lt;i&gt;L'Art d'avoir toujours raison&lt;/i&gt; : &#171; Nous pouvons rapidement &#233;liminer ou du moins rendre suspecte une affirmation de l'adversaire oppos&#233;e &#224; la n&#244;tre en la rangeant dans une cat&#233;gorie ex&#233;crable, pour peu qu'elle s'y rattache par similitude ou m&#234;me tr&#232;s vaguement &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb15' class='spip_note' rel='appendix' title='Arthur Schopenhauer, stratag&#232;me n&#176;32 de L'Art d'avoir toujours raison , Mille (...)' id='nh15'&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fran&#231;ois Jarrige, Technocritiques. Du refus des machines &#224; la contestation des technosciences , Paris, La D&#233;couverte, 2014, p. 335-336.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir George L. Mosse, &lt;i&gt;La R&#233;volution fasciste. Vers une th&#233;orie g&#233;n&#233;rale du fascisme&lt;/i&gt; , Paris, Seuil, 2003, p. 52-54 et 183-191, ainsi que la mise au point tout &#224; fait opportune de Fran&#231;ois Jarrige dans son livre, op. cit., p. 139-143.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Enzo Traverso, &lt;i&gt;La Violence nazie. Une g&#233;n&#233;alogie europ&#233;enne&lt;/i&gt; , Paris, La Fabrique, 2002, et Zygmunt Bauman, &lt;i&gt;Modernit&#233; et Holocauste&lt;/i&gt; , Paris, La Fabrique, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Roger Griffin, &lt;i&gt; The Nature of Fascism&lt;/i&gt; , Londres, Pinter, 1991, et &lt;i&gt;Modernism and Fascism. The Sense of a Beginning under Mussolini and Hitler&lt;/i&gt; , Basingstoke (GB), Palgrave Macmillan, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Emilio Gentile, &lt;i&gt;Fascismo di pietra&lt;/i&gt; , Roma, Laterza, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='appendix'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Colette Capitan, &lt;i&gt; Charles Maurras et l'id&#233;ologie d'Action fran&#231;aise. &#201;tude sociologique d'une pens&#233;e de droite&lt;/i&gt; , Paris, Seuil, 1972, p. 95.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='appendix'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#216;yvind Strommen, &lt;i&gt;La Toile brune&lt;/i&gt; , Arles, Actes Sud, 2012, p. 81-85.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb8'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh8' class='spip_note' title='Notes 8' rev='appendix'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les principales figures du mouvement identitaire, &#224; l'image de Fabrice Robert ou Laurent Ozon, travaillent d'ailleurs directement dans les nouvelles technologies, selon ce qu'ils affirment eux-m&#234;mes sur les sites Internet de leurs mouvements respectifs (le Bloc identitaire et Maison commune). Sur la strat&#233;gie des Identitaires, cf. Emmanuel Casajus, &lt;i&gt;Le Combat culturel. Images et actions chez les Identitaires&lt;/i&gt; , Paris, L'Harmattan, 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb9'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh9' class='spip_note' title='Notes 9' rev='appendix'&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'organe central de la Nouvelle Droite a longtemps &#233;t&#233; (et reste encore dans une certaine mesure) le GRECE, &#171; Groupement d'&#233;tudes et de recherches sur la civilisation europ&#233;enne &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb10'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh10' class='spip_note' title='Notes 10' rev='appendix'&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Alain de Benoist, Jean-Jo&#235;l Br&#233;geon, Claudine Glot et al., &#171; Pour un &#034;gramscisme de droite&#034; &#187;, &lt;i&gt;Actes du XVIe colloque national du GRECE&lt;/i&gt; , Paris, Le Labyrinthe, 1982.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb11'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh11' class='spip_note' title='Notes 11' rev='appendix'&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour une illustration de cette strat&#233;gie sur la question du tiers-mondisme, cf. Alain de Benoist, &lt;i&gt;Europe, Tiers monde, m&#234;me combat&lt;/i&gt; , Paris, Robert Laffont, 1986, et l'analyse critique de Fran&#231;ois Partant, &#171; Un livre et de nombreux auteurs : Alain de Benoist et le tiers-mondisme &#187;, &lt;i&gt;in Cette crise qui n'en est pas une&lt;/i&gt; , Paris, L'Harmattan, 1994, p. 245-273.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb12'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh12' class='spip_note' title='Notes 12' rev='appendix'&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comme l'admet St&#233;phane Fran&#231;ois lui-m&#234;me, pourtant prompt &#224; d&#233;noncer les racines pr&#233;tendument r&#233;actionnaires de l'&#233;cologie politique (cf. S. Fran&#231;ois, &lt;i&gt;L'&#201;cologie politique : une vision du monde r&#233;actionnaire ?&lt;/i&gt; , Paris, Cerf, 2006, p. 81-82).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb13'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh13' class='spip_note' title='Notes 13' rev='appendix'&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Stefan Breuer, &lt;i&gt;Anatomie de la R&#233;volution conservatrice&lt;/i&gt; , Paris, &#201;ditions de la Maison des sciences de l'homme, 1996, p. 86.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb14'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh14' class='spip_note' title='Notes 14' rev='appendix'&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire notamment son entretien donn&#233; au journal &lt;i&gt;Der Spiegel&lt;/i&gt; en 1966 et publi&#233; dix ans plus tard : Martin Heidegger, &lt;i&gt;R&#233;ponses et questions sur l'histoire et la politique&lt;/i&gt; , Paris, Mercure de France, 1977. On remarquera d'ailleurs que des auteurs tels qu'Adorno ou Anders, inspirateurs des courants anti-industriels actuels, ont pris le soin de se distinguer des positions de Heidegger. Cf. G&#252;nther Anders, &lt;i&gt; Sur la pseudo-concr&#233;tude de la philosophie de Heidegger&lt;/i&gt; (1948), Paris, Sens &amp; Tonka, 2003 et T. W. Adorno, &lt;i&gt;Jargon de l'authenticit&#233;. De l'id&#233;ologie allemande&lt;/i&gt; (1964), Payot, 1989&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb15'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh15' class='spip_note' title='Notes 15' rev='appendix'&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Arthur Schopenhauer, stratag&#232;me n&#176;32 de &lt;i&gt;L'Art d'avoir toujours raison&lt;/i&gt; , Mille et une nuits, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://lan02.butternet.net/IMG/png/reac_moderne.png" length="872119" type="image/png" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#201;cologie vue du Sud</title>
		<link>https://lan02.butternet.net/L-Ecologie-vue-du-Sud</link>
		<guid isPermaLink="true">https://lan02.butternet.net/L-Ecologie-vue-du-Sud</guid>
		<dc:date>2015-07-01T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patrick Marcolini</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'&#201;cologie vue du Sud. Pour un anticapitalisme &#233;thique, culturel et spirituel Mohammed Taleb Sang de la Terre, 2014 254 pages, 19 &#8364; &lt;br class='autobr' /&gt; Nature vivante et &#226;me pacifi&#233;e Mohammed Taleb &#201;ditions Arma Artis, 2014 248 pages, 30 &#8364; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; L'&#233;cologie, c'est un truc d'Occidentaux. &#187; Le reproche est bien connu : la remise en cause du d&#233;veloppement serait l'apanage d'une partie privil&#233;gi&#233;e de l'humanit&#233;, qui se permet d'interdire aux autres, au nom du respect de la Nature, le confort mat&#233;riel et le progr&#232;s technique dont (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-Lectures-" rel="directory"&gt;Lectures&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L112xH150/arton167-c5295.jpg?1703349022' width='112' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'&#201;cologie vue du Sud. Pour un anticapitalisme &#233;thique, culturel et spirituel &lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Mohammed Taleb&lt;br class='autobr' /&gt;
Sang de la Terre, 2014&lt;br class='autobr' /&gt;
254 pages, 19 &#8364;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt; Nature vivante et &#226;me pacifi&#233;e &lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Mohammed Taleb&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;ditions Arma Artis, 2014&lt;br class='autobr' /&gt;
248 pages, 30 &#8364;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; L'&#233;cologie, c'est un truc d'Occidentaux. &#187; Le reproche est bien connu : la remise en cause du d&#233;veloppement serait l'apanage d'une partie privil&#233;gi&#233;e de l'humanit&#233;, qui se permet d'interdire aux autres, au nom du respect de la Nature, le confort mat&#233;riel et le progr&#232;s technique dont elle jouit depuis plus d'un si&#232;cle. C'est cette mani&#232;re de voir les choses que bat en br&#232;che &lt;i&gt;L'&#201;cologie vue du Sud&lt;/i&gt; . Son auteur, Mohammed Taleb, montre au contraire la vivacit&#233; et la multiplicit&#233; des mouvements de r&#233;sistance &#233;cologique en Afrique, en Asie, au Moyen Orient et en Am&#233;rique latine. Les exemples ne manquent pas : paysan&#183;ne&#183;s sans terre du Br&#233;sil, luttes contre les barrages hydrauliques ou pour une agriculture biologique en Inde, mobilisations pacifiques des habitant&#183;e&#183;s des contreforts de l'Himalaya contre la d&#233;forestation, r&#233;sistance des paysan&#183;ne&#183;s de Palestine &#224; la spoliation de leurs terres ainsi qu'aux pollutions chimiques issues des usines isra&#233;liennes, ou encore construction dans toute l'Afrique subsaharienne de plusieurs coalitions de petits producteurs, pasteurs, chasseurs-cueilleurs, peuples indig&#232;nes, syndicats et associations &#233;cologistes pour le d&#233;veloppement d'une agriculture familiale contre l'agriculture industrielle et faisant la promotion des semences traditionnelles locales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'avance M. Taleb, ces mouvements nous rappellent que l'&#233;cologie ne peut pas se limiter &#224; la pr&#233;servation de l'environnement. &#171; Dans les pays du Sud, l'&#233;cologie est d'abord pens&#233;e et v&#233;cue comme une relation organique entre des humains et leur environnement naturel &#187;, c'est-&#224;-dire qu'elle poss&#232;de &#224; la fois une dimension existentielle et spirituelle : dans des soci&#233;t&#233;s encore largement rurales, l'affirmation &#233;cologiste se construit &#224; travers un enracinement, un attachement &#224; un espace de vie et dans une approche spirituelle impr&#233;gn&#233;e des traditions culturelles locales. M. Taleb rel&#232;ve &#224; plusieurs reprises les rapports intimes entre ces mouvements de r&#233;sistance &#233;cologique et les conceptions po&#233;tiques ou mystiques qui les inspirent et parlent toutes d'une unit&#233; ins&#233;cable entre l'homme et la Nature. Il fait ainsi entrer en dialogue des courants aussi diff&#233;rents que la th&#233;ologie de la lib&#233;ration latino-am&#233;ricaine, l'&#233;cologie sacr&#233;e indienne, l'&#171; islam cosmique de r&#233;sistance &#187;, la spiritualit&#233; des peuples autochtones d'Am&#233;rique du nord. Avec, &#224; l'horizon, la conviction que chaque peuple du monde pourrait, &#224; partir de sa culture propre, &#233;laborer une voie originale vers l'&#233;cologie politique &#8211; un peu comme chaque pays, au XXe si&#232;cle, a tent&#233; de tracer sa propre voie vers le socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Taleb montre bien que cette &#233;cologie &#171; tricontinentale &#187; a ses homologues en Occident : la d&#233;croissance, l'&#233;cosocialisme ou encore l'&#233;cologie sociale. Et c'est justement pour prolonger la perspective interculturelle adopt&#233;e dans L'&#201;cologie vue du Sud qu'il fait para&#238;tre en parall&#232;le, chez un &#233;diteur plus confidentiel, une &#233;tude intitul&#233;e Nature vivante et &#226;me pacifi&#233;e. Par-del&#224; les oppositions Nord-Sud ou Orient-Occident, et dans une perspective &#171; &#233;copsychologique &#187;, il y pr&#233;sente en effet une galerie de penseurs et penseuses qui ont mis en lumi&#232;re les correspondances, voire l'intrication, entre monde ext&#233;rieur et monde int&#233;rieur. Du n&#233;oplatonisme dans ses avatars chr&#233;tiens ou musulmans jusqu'&#224; la contre-culture de Theodore Roszak, en passant par le romantisme allemand, H. D. Thoreau ou Rabindranath Tagore, cette galerie sugg&#232;re un d&#233;passement par en haut du &#171; d&#233;senchantement du monde &#187; auquel a abouti le capitalisme. Comme l'&#233;crit M. Taleb : &#171; Les &#233;p&#233;es les meilleures sont celles qui sont faites &#224; partir d'un alliage de fer et de carbone. [&#8230;] Pourquoi ne pas relier organiquement la tradition alchimique au marxisme romantique, l'&#233;sot&#233;risme de l'islam &#224; l'&#233;cologie sociale, la litt&#233;rature chevaleresque aux pamphlets contre le capital ? [&#8230;] Entre la Nature vivante et l'&#194;me du monde d'une part, et le Capital, d'autre part, aucune conciliation, aucun compromis n'est possible. En ces temps de crise, c'est notre &#226;me qui est sur le Front. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
