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	<title>L'An 02</title>
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	<description>L'An 02 est un outil &#233;colo de diffusion et de partage, un passeur d'id&#233;es hors des cercles confidentiels.
De 2011 &#224; 2015, L'An 02 a &#233;t&#233; une revue papier, en couleurs, multipliant les formes, notamment graphiques : photo-reportage, peinture, installation, typographie, bande dessin&#233;e. Cette dimension-l&#224; ne se retrouve que dans la revue papier, toujours en vente en librairie ou par correspondance. Retrouvez sur ce nouveau site tous les textes, un dossier au traitement mosa&#239;que enrob&#233; de chroniques grin&#231;antes, de lectures in-con-tour-na-bles et de reportages militants.
D&#233;sormais, L'An 02 propose &#224; chaque changement de saison une livraison de chroniques de livres r&#233;cents qui nous aident &#224; penser l'&#233;cologie politique, la d&#233;croissance et la technocritique.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>L'An 02</title>
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		<title>La Route (The Road, 2006)</title>
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		<dc:date>2011-12-01T00:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Makekazzo, Philippe Colomb</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Face &#224; la catastrophe, on joue souvent sur la dialectique savoir/imaginer : on savait que c'&#233;tait possible, mais on n'imaginait pas que &#231;a arriverait vraiment. Ce foss&#233; entre la connaissance abstraite et la perception sensible, analys&#233; notamment par G. Anders et J.-P. Dupuy, est au principe de la difficult&#233; &#224; mobiliser la soci&#233;t&#233; en faveur des changements n&#233;cessaires &#224; la survie de la biosph&#232;re telle que nous la connaissons. Avec ce roman extr&#234;mement fort, Cormac McCarthy prend l'exact contre-pied et met (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-Lectures-" rel="directory"&gt;Lectures&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L91xH150/arton9-5c82f.jpg?1703349051' width='91' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Face &#224; la catastrophe, on joue souvent sur la dialectique savoir/imaginer : on savait que c'&#233;tait possible, mais on n'imaginait pas que &#231;a arriverait vraiment. Ce foss&#233; entre la connaissance abstraite et la perception sensible, analys&#233; notamment par G. Anders et J.-P. Dupuy, est au principe de la difficult&#233; &#224; mobiliser la soci&#233;t&#233; en faveur des changements n&#233;cessaires &#224; la survie de la biosph&#232;re telle que nous la connaissons.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec ce roman extr&#234;mement fort, Cormac McCarthy prend l'exact contre-pied et met le lecteur dans la situation de ne rien savoir et de tout imaginer. D&#232;s le d&#233;part, nous sommes plong&#233;s dans un monde post-apocalyptique, o&#249; toute vie ordinaire semble avoir &#233;t&#233; d&#233;truite bien qu'&#224; aucun moment la catastrophe ne sera nomm&#233;e ni d&#233;crite.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un homme tente de survivre dans les rares vestiges de la civilisation, d&#233;sesp&#233;r&#233;ment accroch&#233; &#224; un caddie. Alors que les dernier&#183;e&#183;s humain&#183;e&#183;s semblent abandonn&#233;&#183;e&#183;s &#224; une lutte monstrueuse pour la survie, la pr&#233;sence de son fils va infl&#233;chir son cheminement. Car, contrairement &#224; l'homme, l'enfant croit que la coop&#233;ration et la confiance sont encore possibles, et d&#233;tourne l'homme de la violence syst&#233;matique.&lt;br class='autobr' /&gt;
En rendant la catastrophe palpable sans jamais l'expliquer, en suivant le parcours sans espoir d'un homme sans nom, ce texte fascinant nous met cr&#251;ment face &#224; nos responsabilit&#233;s : est-ce vraiment ce monde-l&#224; dont nous r&#234;vons ? Et si non, pourquoi continuons-nous obstin&#233;ment &#224; le construire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Philippe Colomb&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Il n'y a qu'un probl&#232;me &#233;cologique vraiment s&#233;rieux : c'est l'enfant&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;McCarthy, lecteur du &lt;i&gt;Principe responsabilit&#233;&lt;/i&gt; ? Pour Hans Jonas, l'enfant cristallise l'interpellation &#233;thique par excellence. Fondamentalement d&#233;pendant d'autrui pour se perp&#233;tuer dans son &#234;tre et r&#233;aliser la promesse qu'il constitue, l'enfant exige la responsabilit&#233; de l'adulte &#224; son &#233;gard. Dans &lt;i&gt;La Route&lt;/i&gt; , l'humanit&#233;, tomb&#233;e dans la barbarie et la pr&#233;dation, s'oppose &#224; la relation, altruiste et sacrificielle, qu'entretient &#171; l'Homme &#187; &#224; &#171; l'enfant &#187;. A travers celle-ci, se joue non pas la lutte pour la survie, mais pour la civilisation elle-m&#234;me : &#171; Il n'aurait pas cru que la valeur de la moindre petite chose p&#251;t d&#233;pendre d'un monde &#224; venir &#187;. L'effondrement de la soci&#233;t&#233; sous le coup de la catastrophe condamne l'humanit&#233; au n&#233;ant du pr&#233;sent et de la pulsion. En ce sens, on peut lire le roman de McCarthy, non seulement comme une mise en garde face aux menaces &#233;cologiques, mais aussi comme un rappel fracassant de nos obligations &#224; l'&#233;gard des g&#233;n&#233;rations futures : avant comme apr&#232;s la catastrophe, l'humanit&#233; incons&#233;quente, soumise &#224; la tyrannie du &#171; right here, right now &#187; ou du &#171; tout, tout de suite &#187;, est une esp&#232;ce qui, litt&#233;ralement ou objectivement, mange ses enfants&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Makekazzo&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Les Faiseuses d'histoires. Que font les femmes &#224; la pens&#233;e ?</title>
		<link>https://lan02.butternet.net/Les-Faiseuses-d-039-histoires-Que-font-les-femmes-a-la-pensee</link>
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		<dc:date>2011-12-01T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Colomb</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Les Faiseuses d'histoires. Que font les femmes &#224; la pens&#233;e ? Vinciane Despret, Isabelle Stengers Les Emp&#234;cheurs de penser en rond / La D&#233;couverte, 2011 205 pages, 14 &#8364; &lt;br class='autobr' /&gt;
L'une des le&#231;ons essentielles que le f&#233;minisme nous a apprises est que la forme et la m&#233;thode ne sont jamais neutres et renvoient toujours &#224; des enjeux de pouvoir et de positionnement par rapport au sujet trait&#233;. Avec ce nouvel ouvrage, Vinciane Despret et Isabelle Stengers nous montrent une nouvelle fois comment on peut penser (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L108xH150/arton10-fb403.png?1703349051' width='108' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les Faiseuses d'histoires. Que font les femmes &#224; la pens&#233;e ?&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Vinciane Despret, Isabelle Stengers&lt;br class='autobr' /&gt;
Les Emp&#234;cheurs de penser en rond / La D&#233;couverte, 2011&lt;br class='autobr' /&gt; 205 pages, 14 &#8364;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'une des le&#231;ons essentielles que le f&#233;minisme nous a apprises est que la forme et la m&#233;thode ne sont jamais neutres et renvoient toujours &#224; des enjeux de pouvoir et de positionnement par rapport au sujet trait&#233;. Avec ce nouvel ouvrage, Vinciane Despret et Isabelle Stengers nous montrent une nouvelle fois comment on peut penser diff&#233;remment, comment la forme peut s'adapter aux interrogations qu'elle porte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Partant d'une r&#233;flexion sur le texte &lt;i&gt;Les Trois Guin&#233;es&lt;/i&gt; de Virginia Woolf et du refus de cette derni&#232;re de rejoindre la &#171; procession d'hommes charg&#233;s d'honneurs et de responsabilit&#233; &#187;, les auteures ont voulu mieux comprendre comment les femmes qui ont &#171; r&#233;ussi &#187; dans la vie intellectuelle se positionn&#233;es par rapport &#224; sexisme qui continue &#224; marquer le fonctionnement de l'universit&#233;. Et elles r&#233;sument cette probl&#233;matique en une question : &#171; Que font les femmes &#224; la pens&#233;e ? &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
On imagine tr&#232;s bien comment une telle enqu&#234;te pourrait &#234;tre men&#233;e depuis une position de surplomb, le ou la sociologue nivelant la parole multiple des femmes interrog&#233;es afin de la faire tenir dans un cadre intellectuel bien structur&#233;. Ici, tout au contraire, Despret et Stengers nous offrent une forme ouverte, perc&#233;e de multiples chemins de traverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre se d&#233;coupe en trois parties, qui correspondent &#224; trois &#233;tapes de la recherche. La premi&#232;re partie est une analyse de la position d&#233;velopp&#233;e par Virginia Woolf dans &lt;i&gt;Les Trois Guin&#233;es&lt;/i&gt; , qui articule &#224; la fois le constat de l'acception de certaines femmes dans les cercles du pouvoir et la contestation des valeurs virilistes qui continuent d'irriguer ces cercles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sur cette position critique de l'int&#233;rieur que Despret et Stengers vont interroger Fran&#231;oise Balibar, Bernadette Bensaude-Vincent, Laurence Boucaux, Barbara Cassin, Mona Chollet, &#201;milie Hache, Fran&#231;oise Sironi, Marcelle Stroobants et Benedikte Zitouni. Les auteures ont choisi ce &#171; terrain &#187; de recherche car, disent-elles, ce sont &#171; des femmes dont nous pressentions qu'elles pourraient s'y entendre, que leur exp&#233;rience pourrait aider la n&#244;tre, qu'elles pourraient ajouter d'autres histoires &#224; celles que nous avions tiss&#233;es &#187; (p. 86). En interrogeant ce &#171; terrain &#187; sous forme d'une longue lettre, les auteures laissent &#233;galement ouverte la forme de la r&#233;ponse de leurs interlocutrices. La deuxi&#232;me partie de l'ouvrage consiste ainsi en une restitution individuelle des diff&#233;rentes r&#233;ponses. M&#234;me si Despret et Stengers tissent une analyse et soulignent les points communs et les divergences, elles respectent la singularit&#233; de chacune de ces voix, rendant ainsi compte d'une exp&#233;rience commune et multiple &#224; fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sortir de la pens&#233;e binaire, faire des histoires plut&#244;t qu'&#233;tablir des cat&#233;gories, &#233;couter le pluralisme de la multitude, voil&#224; peut-&#234;tre ce que que les femmes &#171; font &#224; la pens&#233;e &#187; : &#171; chaque fois que nous r&#233;ussissons &#224; multiplier les versions plut&#244;t que de nous soumettre &#224; celle qui nous assigne un choix &#034;ou bien&#8230; ou bien&#8230;&#034;, nous savons que nous faisons grincer des dents &#187; (p. 192). C'est en tout cas la subtile le&#231;on que ce livre d&#233;bordant d'intelligence et de bienveillance nous offre &#224; toutes... et tous.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Trois livres pour une &#233;cologie de gauche</title>
		<link>https://lan02.butternet.net/Trois-livres-pour-une-ecologie-de-gauche</link>
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		<dc:date>2011-12-01T00:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Colomb</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le Temps du monde fin. Vers l'apr&#232;s-capitalisme Genevi&#232;ve Azam, Les Liens qui lib&#232;rent, 2010 222 pages, 18 &#8364; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ne soyons pas des &#233;cologistes ben&#234;ts. Pour un protectionnisme &#233;cologique et social , Aur&#233;lien Bernier, Michel Marchand et le M'PEP, Mille et une nuits, 2010 128 pages, 3,50 &#8364; &lt;br class='autobr' /&gt; Marx &#233;cologiste John Bellamy Foster, Amsterdam, 2011 133 p., 12 &#8364; &lt;br class='autobr' /&gt;
Sont parus &#224; quelques mois d'intervalle deux livres portant la m&#234;me ambition de conjuguer &#171; &#233;cologie &#187; et &#171; altermondialisme &#187; (pour les deux (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L96xH150/arton23-48c65.jpg?1703349051' width='96' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Temps du monde fin. Vers l'apr&#232;s-capitalisme&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Genevi&#232;ve Azam,&lt;br class='autobr' /&gt;
Les Liens qui lib&#232;rent, 2010&lt;br class='autobr' /&gt; 222 pages, 18 &#8364;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ne soyons pas des &#233;cologistes ben&#234;ts. Pour un protectionnisme &#233;cologique et social&lt;/i&gt; ,&lt;br class='autobr' /&gt;
Aur&#233;lien Bernier, Michel Marchand et le M'PEP, &lt;br class='autobr' /&gt; Mille et une nuits, 2010&lt;br class='autobr' /&gt; 128 pages, 3,50 &#8364;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt; Marx &#233;cologiste&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; John Bellamy Foster,&lt;br class='autobr' /&gt;
Amsterdam, 2011&lt;br class='autobr' /&gt; 133 p., 12 &#8364;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sont parus &#224; quelques mois d'intervalle deux livres portant la m&#234;me ambition de conjuguer &#171; &#233;cologie &#187; et &#171; altermondialisme &#187; (pour les deux notions, les guillemets s'imposent &#233;videmment, tant elles peuvent &#234;tre vagues et impr&#233;cises). Genevi&#232;ve Azam est responsable du p&#244;le &#233;cologie &#224; ATTAC. Aur&#233;lien Bernier et Michel Marchand participent au M'PEP (Mouvement Politique d'&#201;ducation Populaire), organisation issue la crise d&#233;mocratique qu'&#224; connue ATTAC en 2008. Ce sont donc en quelque sorte les deux s&#339;urs ennemies de l'altermondialisme fran&#231;ais qui expriment aujourd'hui leurs position par rapport aux questions environnementales fondamentales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouvrage de Genevi&#232;ve Azam se distingue certainement par la profondeur, la rigueur et la vigueur de son propos, mais aussi par son sens de la p&#233;dagogie. A chacun de ses d&#233;veloppements, Azam prend un soin tout particulier &#224; faire le lien entre les auteur&#183;e&#183;s &#171; classiques &#187; de la pens&#233;e progressiste et les probl&#233;matiques plus sp&#233;cifiquement &#233;cologistes : Marx, Hannah Arendt ou Marcel Mauss sont ainsi discut&#233;&#183;e&#183;s et articul&#233;&#183;e&#183;s avec les apports d'Ilich, Jean-Pierre Dupuy ou Naomi Klein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le premier chapitre, la rupture avec le marxisme historique est &#224; la fois marqu&#233;e et pens&#233;e : &#171; La possibilit&#233; de voir &#233;merger d'autres mondes ne tient &#224; aucune n&#233;cessit&#233; historique a priori, &#224; aucun mouvement de l'histoire qui conduirait vers un progr&#232;s in&#233;luctable. Elle suppose cependant l'acceptation de la finitude de la Terre et un changement d'imaginaire des mouvements d'&#233;mancipation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Azam brosse ensuite une rapide histoire de l'exploitation des ressources naturelles par l'humanit&#233;, insistant sur l'imaginaire de domination de la nature qui traverse finalement tous les syst&#232;mes productiviste. C'est de cet imaginaire que na&#238;t, pour l'auteur, le sentiment d'arrachement moderne : &#171; La dualit&#233; entre la nature et la culture, qui exprime la n&#233;cessit&#233; pour les soci&#233;t&#233;s de construire des artifices humains qui les s&#233;parent du monde naturel, a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e sous la forme de la domination et d'une s&#233;paration radicale, d'une privation du sol, d'une d&#233;-solation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la critique d'Azam est totalement justifi&#233;e par rapport &#224; la mise en &#339;uvre historique des id&#233;es marxistes, on lira cependant avec beaucoup d'int&#233;r&#234;t le petit ouvrage de John Bellamy Foster sur le &#171; Marx &#233;cologiste &#187;. Prenant &#224; contre-pied beaucoup de lectures rapides, Foster pointe l'influence de Justus von Liebig sur la compr&#233;hension par Marx de la rupture dans la soci&#233;t&#233; capitaliste de &#171; l'interaction m&#233;tabolique &#187; entre les soci&#233;t&#233;s humaines et la nature. S'appuyant principalement sur l'exemple de l'appauvrissement des sols et l'amoncellement de d&#233;chets g&#233;n&#233;r&#233;s par la dissociation des lieux de production et des lieux de consommation, Foster trace de fa&#231;on assez convaincante le portrait d'un Marx profond&#233;ment conscient des enjeux de la soutenabilit&#233; du d&#233;veloppement et refusant l'approche &#171; prom&#233;th&#233;enne &#187; du capitalisme. Selon Foster, le peu de visibilit&#233; de cette dimension &#233;cologique de la pens&#233;e marxiste s'explique par la conviction que ces probl&#232;mes ne deviendront des urgences qu'apr&#232;s la r&#233;volution prol&#233;tarienne et que celle-ci reste dont la priorit&#233; du moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais plus subtilement, Foster discute avec les marxistes contemporains l'id&#233;e que la contradiction &#233;cologique du capitalisme soit r&#233;volutionnaire : comme les derni&#232;res d&#233;cennies l'ont tristement montr&#233;, les d&#233;sastres &#233;cologiques ne sont pas en eux-m&#234;mes des moteurs suffisants pour renverser l'organisation &#233;conomique de la soci&#233;t&#233;. C'est tr&#232;s pr&#233;cis&#233;ment sur ce point que l'ouvrage de Bernier et Marchand ne convainc pas tout &#224; fait. Apr&#232;s avoir dress&#233; un tableau des ravages du n&#233;olib&#233;ralisme sur les ressources naturelles et d&#233;nonc&#233; la supercherie du capitalisme &#171; vert &#187;, les auteurs d&#233;crivent abondamment les leviers de la mobilisation n&#233;cessaire &#224; mettre en &#339;uvre pour un programme de sortie du n&#233;o-lib&#233;ralisme : une forme &#233;cologique, sociale et universaliste de protectionnisme et une sortie de l'OMC, la construction de nouvelles solidarit&#233;s et la mise en place d'une &#233;cologie r&#233;publicaine. Mais le moteur r&#233;volutionnaire de la lutte des classes semblant bien enray&#233;, on peut s'interroger sur la force de celui de la lutte pour la justice &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce point que l'approche d'Azam semble plus riche et articule fortement les questions d'exploitation des ressources naturelles (elle souligne notamment sur les enjeux de l'&#171; extractivisme &#187;, exploitation n&#233;o-coloniale des richesses des sols) et de reconstruction d'une communaut&#233; politique. En mettant la relocalisation au c&#339;ur de son projet politique anti-capitaliste, Azam pointe une piste prometteuse : permettre aux peuples de reprendre la main sur l'utilisation des ressources de son territoire, c'est enclencher une dynamique positive d'appropriation de sa propre vie par chacun et chacune, de sortie de domination &#233;conomique du Sud par le Nord, et de r&#233;g&#233;n&#233;ration du projet d&#233;mocratique. S'appuyant sur des exemples sud-am&#233;ricains r&#233;cents, Azam montre qu'une soci&#233;t&#233; peut faire d&#233;mocratiquement le choix de la sobri&#233;t&#233; et de l'&#233;quilibre &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car pour Azam, l'humanit&#233; doit r&#233;apprendre &#224; habiter la Terre (elle insiste sur la majuscule), c'est-&#224;-dire qu'elle doit sortir de l'ethnocentrisme et arr&#234;ter de regarder la Terre depuis le ciel. &#171; La Terre vue de la Terre n'est pas le monde d'en bas vu par ceux d'en haut, il n'est pas celui d'une rationalit&#233; technicienne abstraite qui surplomberait le monde v&#233;cu, ni le monde horizontal de la modernit&#233; liquide qui condamne les humains &#224; une vie en surface, tels des parasites, elle n'est pas celui de peuples imaginaires et abstraits, c'est un monde o&#249; les domin&#233;s disent autre chose que la domination, o&#249; la pauvret&#233; n'est pas une d&#233;faite, o&#249; les certitudes de l'ethnocentrisme sont bouscul&#233;es par des mondes qui viennent heurter le n&#244;tre, comme des objets &#034;sauvages&#034; ont boulevers&#233; l'art du XXe si&#232;cle avant d'&#234;tre renvoy&#233;s sur le march&#233; des &#034;arts premiers&#034;. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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