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	<title>L'An 02</title>
	<link>https://lan02.butternet.net/</link>
	<description>L'An 02 est un outil &#233;colo de diffusion et de partage, un passeur d'id&#233;es hors des cercles confidentiels.
De 2011 &#224; 2015, L'An 02 a &#233;t&#233; une revue papier, en couleurs, multipliant les formes, notamment graphiques : photo-reportage, peinture, installation, typographie, bande dessin&#233;e. Cette dimension-l&#224; ne se retrouve que dans la revue papier, toujours en vente en librairie ou par correspondance. Retrouvez sur ce nouveau site tous les textes, un dossier au traitement mosa&#239;que enrob&#233; de chroniques grin&#231;antes, de lectures in-con-tour-na-bles et de reportages militants.
D&#233;sormais, L'An 02 propose &#224; chaque changement de saison une livraison de chroniques de livres r&#233;cents qui nous aident &#224; penser l'&#233;cologie politique, la d&#233;croissance et la technocritique.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>L'An 02</title>
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		<title>Il &#233;tait une fois les projectionnistes</title>
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		<dc:date>2013-07-01T00:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lala Lili</dc:creator>



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&lt;p&gt;Dans la s&#233;rie des m&#233;tiers d'antan : projectionniste. En 2006, titulaire depuis peu d'un CAP, je suis engag&#233;e pour des remplacements dans une grande cha&#238;ne de cin&#233;mas. J'encha&#238;ne sur une cinquantaine de CDD pour finir par d&#233;crocher un CDI, &#224; mi-temps puis &#224; plein temps. Nous sommes alors en permanence trois op&#233;rateurs/rices pour plus de quinze salles. Le travail peut &#234;tre intense, particuli&#232;rement du lundi au mercredi matin, &#224; monter et d&#233;monter les bobines ou &#224; r&#233;gler image et niveau sonore pour la (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-Chronique-du-vrai-travail-" rel="directory"&gt;Chronique du {vrai} travail&lt;/a&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans la s&#233;rie des m&#233;tiers d'antan : projectionniste. En 2006, titulaire depuis peu d'un CAP, je suis engag&#233;e pour des remplacements dans une grande cha&#238;ne de cin&#233;mas. J'encha&#238;ne sur une cinquantaine de CDD pour finir par d&#233;crocher un CDI, &#224; mi-temps puis &#224; plein temps. Nous sommes alors en permanence trois op&#233;rateurs/rices pour plus de quinze salles. Le travail peut &#234;tre intense, particuli&#232;rement du lundi au mercredi matin, &#224; monter et d&#233;monter les bobines ou &#224; r&#233;gler image et niveau sonore pour la semaine. Avec quatre ou cinq kilom&#232;tres de pellicule pour un film, les bobines nous arrivent s&#233;par&#233;es, pesant au total une vingtaine de kilos. Il faut en remonter entre six et huit, mises bout &#224; bout et coll&#233;es sur le m&#234;me cerceau. Un boulot physique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui les fichiers arrivent via connexion s&#233;curis&#233;e sur les machines, qu'il faut programmer au d&#233;but de la semaine pour qu'elles marchent toutes seules jusqu'au mardi. A peine est-il besoin de les allumer le matin et de les &#233;teindre le soir. En cas de d&#233;faillance, le/la technicien-ne de garde appelle la &lt;i&gt;hotline&lt;/i&gt; qui &#224; distance prend la main sur la machine. Pour celles et ceux qui n'ont pas fait l'objet d'un plan social, le travail est devenu simple surveillance, d'un ennui et d'une solitude que n'envient pas leurs coll&#232;gues au ch&#244;mage. M&#234;me ces postes sont vou&#233;s &#224; dispara&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus de projectionnistes, plus de pellicules &#224; reproduire en plusieurs centaines d'exemplaires : est-ce que le dispositif est plus &#233;cologique ? Certes les pellicules sont des supports synth&#233;tiques bien crades, mais le num&#233;rique augmente la rapidit&#233; de l'obsolescence des machines. Les formats (35 mm pour une bande classique) n'ont pas chang&#233; ces derni&#232;res d&#233;cennies, et nous bossions sur des machines qui avaient quinze ans. Quarante ou cinquante dans certains cin&#233;-clubs. Comme un ordi, les machines num&#233;riques ont une dur&#233;e de vie de sept &#224; huit ans. &lt;i&gt;Made in China, dead in Ghana&lt;/i&gt; . Les petits cin&#233;mas fran&#231;ais, gr&#226;ce au volontarisme des municipalit&#233;s qui ont subventionn&#233; leur &#233;quipement, ont r&#233;ussi leur transition mieux qu'ailleurs. Paradoxalement, le passage au num&#233;rique est bien plus lent aux USA, o&#249; l'on n'octroie pas autant d'aides &#224; l'exploitation. Les financements publics ont donc contribu&#233; &#224; la vitesse du basculement op&#233;r&#233; en France entre 2010 et 2012. Entre le succ&#232;s d' &lt;i&gt;Avatar&lt;/i&gt; et mon entr&#233;e &#224; P&#244;le emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus &#233;conomique, le num&#233;rique ? Entre les frais d'installation (machines, r&#233;organisation des cabines et mise en r&#233;seau), le rythme de renouvellement des machines, l'externalisation de leur entretien, il y a encore quelques inconnues et beaucoup de disparit&#233;s dans les diff&#233;rents mod&#232;les &#233;conomiques. Mais une chose est certaine : les co&#251;ts mat&#233;riels remplacent les co&#251;ts humains. Et les petites salles, qui ont bien r&#233;ussi ce passage, restent vuln&#233;rables et pourraient avoir du mal &#224; se faire aider en cas de nouveau bond technique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les distributeurs, c'est tout b&#233;nef : les frais de copie et de transport disparaissent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Une partie de ces &#233;conomies est compens&#233;e par des &#171; frais de copies virtuelles (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le contr&#244;le sur les usages du film sont plus faciles (la projection sauvage du film en-dehors des horaires d'ouverture, &#224; l'attention du personnel, n'est plus qu'un souvenir). Pour les cin&#233;astes, la qualit&#233; de l'image n'est pas au rendez-vous : perte de fluidit&#233;, de profondeur de champ, et les points de brillance de la projection num&#233;rique peuvent ruiner leur travail d'&#233;talonnage. La plus grande in&#233;galit&#233; de traitement est de mise pour les films de patrimoine : quelques dizaines de grands films sortent en num&#233;rique dans des versions restaur&#233;es, mais le tout-venant continuera &#224; n'exister que sur pelloche. Et les spectateurs/rices ? Les cin&#233;philes se plaignent d'une image trop r&#233;aliste, trop brillante et qui ressemble un peu trop &#224; de la t&#233;l&#233;. Les autres acceptent des d&#233;fauts qui sont les m&#234;mes qu'&#224; la maison. Il faudra leur en mettre &#224; tou&#183;te&#183;s plein la vue pour qu'ils et elles sortent leurs dix euros par film ou vingt par mois. Mais ceci est une autre histoire...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une partie de ces &#233;conomies est compens&#233;e par des &#171; frais de copies virtuelles &#187;, une contribution obligatoire qui porte sur les deux premi&#232;res semaines d'exploitation. Elle participera au financement sur le long terme de l'&#233;quipement des petites salles.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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