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	<title>L'An 02</title>
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	<description>L'An 02 est un outil &#233;colo de diffusion et de partage, un passeur d'id&#233;es hors des cercles confidentiels.
De 2011 &#224; 2015, L'An 02 a &#233;t&#233; une revue papier, en couleurs, multipliant les formes, notamment graphiques : photo-reportage, peinture, installation, typographie, bande dessin&#233;e. Cette dimension-l&#224; ne se retrouve que dans la revue papier, toujours en vente en librairie ou par correspondance. Retrouvez sur ce nouveau site tous les textes, un dossier au traitement mosa&#239;que enrob&#233; de chroniques grin&#231;antes, de lectures in-con-tour-na-bles et de reportages militants.
D&#233;sormais, L'An 02 propose &#224; chaque changement de saison une livraison de chroniques de livres r&#233;cents qui nous aident &#224; penser l'&#233;cologie politique, la d&#233;croissance et la technocritique.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>L'An 02</title>
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		<title>Pour en finir avec l'alternative &#171; Progr&#232;s &#187; ou &#171; R&#233;action &#187;</title>
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		<dc:date>2015-07-01T00:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Aur&#233;lien Boutaud</dc:creator>



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&lt;p&gt;par Aur&#233;lien Berlan &lt;br class='autobr' /&gt;
Il arrive souvent, chez les gens &#171; de gauche &#187;, de penser que toute critique du &#171; Progr&#232;s &#187; (dans ses dimensions actuellement dominantes, celles du d&#233;veloppement &#233;conomique, scientifique et technologique) est forc&#233;ment &#171; r&#233;actionnaire &#187; (au sens o&#249; elle serait &#171; de droite &#187; et ferait le jeu des &#233;lites capitalistes). C'est notamment la position de Jacques Ranci&#232;re qui d&#233;nonce aujourd'hui, au nom de l'&#233;galit&#233;, toute critique des formes de vie modernes en termes d'ali&#233;nation &#8211; qu'il s'agisse (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-No6-Qui-est-reac-Qui-est-moderne-20-" rel="directory"&gt;N&#176;6 : &#034;Qui est r&#233;ac ? Qui est moderne ?&#034;&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_35 spip_documents'&gt;&lt;a href='https://lan02.butternet.net/IMG/png/reac_moderne.png' type=&#034;image/png&#034; title=&#034;reac_moderne&#034;&gt;&lt;img src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L150xH120/reac_moderne-4a75a-2e6eb.png?1698011316' width='150' height='120' alt='reac_moderne {PNG}' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;par Aur&#233;lien Berlan&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il arrive souvent, chez les gens &#171; de gauche &#187;, de penser que toute critique du &#171; Progr&#232;s &#187; (dans ses dimensions actuellement dominantes, celles du d&#233;veloppement &#233;conomique, scientifique et technologique) est forc&#233;ment &#171; r&#233;actionnaire &#187; (au sens o&#249; elle serait &#171; de droite &#187; et ferait le jeu des &#233;lites capitalistes). C'est notamment la position de Jacques Ranci&#232;re qui d&#233;nonce aujourd'hui, au nom de l'&#233;galit&#233;, toute critique des formes de vie modernes en termes d'ali&#233;nation &#8211; qu'il s'agisse de celle de Debord ou de celle de Finkielkraut, mis dans le m&#234;me sac. Cette position nous semble intenable dans la mesure o&#249; les formes de vie modernes (bas&#233;es sur le salariat et la consommation de masse) supposent des in&#233;galit&#233;s terribles (entre les nations et au sein de chacune d'elles) et o&#249; le &#171; Progr&#232;s &#187; (&#233;conomique et technoscientifique) fait en r&#233;alit&#233; le jeu du capitalisme. Si l'on revient aux d&#233;bats qui ont eu lieu dans l'Allemagne de 1900, o&#249; la r&#233;volution industrielle s'est fa&#238;te de mani&#232;re particuli&#232;rement rapide et brutale, on remarque une configuration qui peut nous aider &#224; sortir de l'alternative d&#233;su&#232;te, h&#233;rit&#233;e de la R&#233;volution fran&#231;aise, entre Progr&#232;s et R&#233;action, entre Ranci&#232;re et Finkielkraut. Face au nouveau monde industriel engendr&#233; par le capitalisme, deux courants d'id&#233;es &#233;taient alors en concurrence pour en pointer les probl&#232;mes : la critique sociale qui s'attaquait aux in&#233;galit&#233;s et la critique culturelle qui d&#233;non&#231;ait les formes de vie li&#233;es au d&#233;veloppement industriel. Une critique pertinente du capitalisme nous semble aujourd'hui devoir articuler ces deux approches, sociale et culturelle, condition &lt;i&gt; sine qua non&lt;/i&gt; pour sortir de l'alternative infernale &#171; Progr&#232;s &#187; ou &#171; R&#233;action &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;&#201;mergence et h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; de la critique culturelle en Allemagne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par bien des aspects, les courants intellectuels et politiques qui d&#233;veloppent aujourd'hui une critique du monde contemporain ax&#233;e sur les questions &#233;cologiques et technologiques r&#233;&#233;ditent, de mani&#232;re consciente ou non, le geste de ce qu'on a appel&#233; la &lt;i&gt;Kulturkritik&lt;/i&gt; &#8211; qu'on peut traduire en fran&#231;ais par &#171; critique culturelle &#187;. Il s'agit d'une vaste mouvance qui se d&#233;veloppe dans l'Allemagne des ann&#233;es 1870 &#224; 1914 et compte de grands penseurs comme Nietzsche, qui fait office de figure tut&#233;laire, Ludwig Klages, Theodor Lessing, Rudolf Euken, Max Scheler, etc. ; on lui associe &#233;galement les &#233;crivains Thomas Mann, Hermann Broch et Robert Musil, les po&#232;tes Hugo von Hofmannsthal ou Stefan George. Il faut enfin y compter des historiens (Jacob Burckhardt, Johan Huizinga) et des publicistes politiques (Julius Langbehn et Paul de Lagarde dans le camp nationaliste, ou Gustav Landauer dans le camp anarchiste). Cette mouvance exerce une influence majeure sur les p&#232;res fondateurs de la sociologie allemande (Ferdinand T&#246;nnies, Georg Simmel et Max Weber), ainsi que sur des figures singuli&#232;res telles qu'Oswald Spengler ou le jeune Walter Benjamin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan socio-&#233;conomique, l'Allemagne de cette &#233;poque est marqu&#233;e par l'av&#232;nement d'un capitalisme o&#249; l'accumulation de richesse abstraite (de capital) est bas&#233;e sur la production en masse &#224; l'aide des machines (c'est l'&#232;re du machinisme). La critique culturelle est une r&#233;action &#224; ce ph&#233;nom&#232;ne, mais dans toutes ses dimensions : &#233;conomique et technique bien s&#251;r, mais aussi politique et socioculturelle. Car &#224; l'intensification du travail et &#224; l'extension du salariat correspondent une urbanisation galopante, une p&#233;n&#233;tration croissante de l'argent dans tous les aspects de la vie, la mont&#233;e en puissance de l'&#201;tat bureaucratique ainsi que l'av&#232;nement de la &#171; d&#233;mocratie &#187;, &#224; la fois comme r&#233;gime bas&#233; sur la concurrence parlementaire des partis et comme forme de soci&#233;t&#233;, la soci&#233;t&#233; de masse. Dans les discours associ&#233;s &#224; la &lt;i&gt;Kulturkritik&lt;/i&gt; , tous ces ph&#233;nom&#232;nes se retrouvent, &#224; divers degr&#233;s, d&#233;nonc&#233;s : la ville tentaculaire, l'&#226;ge des machines, la marchandisation, le syst&#232;me des partis, la soci&#233;t&#233; de masse et ses valeurs bourgeoises, lib&#233;rales et mat&#233;rialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Critique culturelle versus critique sociale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, si la &lt;i&gt;Kulturkritik&lt;/i&gt; s'attaque bien &#224; ce que l'on appelait vers 1900 &#171; l'&#232;re du capitalisme &#187;, elle ne co&#239;ncide pas pour autant avec la critique sociale ( &lt;i&gt;Gesellschaftskritik&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Sozialkritik&lt;/i&gt; ) apparue dans le sillage du mouvement ouvrier. Elle est m&#234;me en partie oppos&#233;e aux id&#233;es port&#233;es par cette &#171; social-d&#233;mocratie &#187;, car les repr&#233;sentants de la &lt;i&gt;Kulturkritik&lt;/i&gt; n'h&#233;sitent pas &#224; remettre en question le bien-fond&#233; de la d&#233;mocratie et/ou des aspirations socialistes &#8211; une attitude pouvant d'ailleurs aller jusqu'&#224; un rejet pur et simple. En ce sens, la critique culturelle est, aussi, une &lt;i&gt;critique de la critique sociale&lt;/i&gt; . Par l&#224;, on se retrouve donc dans une situation triangulaire, o&#249; le capitalisme lib&#233;ral se heurte &#224; deux types d'attaque assez diff&#233;rents. Cela complique singuli&#232;rement la d&#233;termination des positions en pr&#233;sence, qui ne peut se faire par simple opposition binaire &#8211; m&#234;me si chaque camp cherche bien s&#251;r &#224; mettre les deux autres dans le m&#234;me sac : la critique sociale renvoie dos &#224; dos, dans le camp &#171; r&#233;actionnaire &#187;, le lib&#233;ralisme des capitalistes et la critique culturelle des &#171; intellectuels &#187; ; cette derni&#232;re ne voit dans la social-d&#233;mocratie que le dernier avatar d'un &#171; progressisme &#187; port&#233; aussi par les bourgeois lib&#233;raux qui, quant &#224; eux, tendront &#224; d&#233;noncer dans cette double critique, sociale et culturelle, le m&#234;me &#171; utopisme &#187; dangereux pour l'ordre civilis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit de leur diversit&#233; et m&#234;me de leur incompatibilit&#233;, les discours rassembl&#233;s sous la notion de &lt;i&gt;Kulturkritik&lt;/i&gt; pr&#233;sentent des points communs qui ressortent nettement lorsqu'on les compare &#224; ceux qui sont associ&#233;s &#224; la critique sociale. La critique sociale se formule en g&#233;n&#233;ral &#224; partir d'une analyse &#233;conomique du monde, particuli&#232;rement attentive aux &#233;volutions de l'industrie, du commerce et du march&#233; du travail. La critique culturelle tend au contraire &#224; se d&#233;sint&#233;resser des analyses &#233;conomiques : si elle note certaines &#233;volutions se faisant sur ce terrain, elle ne fait pr&#233;cis&#233;ment que les noter, sans les approfondir. Les changements de structure sociale constituent tout au plus l'arri&#232;re-plan d'analyses portant avant tout sur les &#233;volutions culturelles, celles des dispositions morales et des repr&#233;sentations du monde, examin&#233;es sans &#234;tre forc&#233;ment rapport&#233;es aux premi&#232;res. La culture, ici, ne d&#233;signe pas tant une sph&#232;re particuli&#232;re d'activit&#233; qu'un id&#233;al de d&#233;veloppement personnel o&#249; les diff&#233;rents aspects de la vie convergent dans une totalit&#233; qui fait sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette divergence est ins&#233;parable de leur projet pratique : si la critique sociale vise &#224; &#171; transformer le monde &#187; par le moyen d'un renversement ou d'une modification des rapports sociaux, la critique culturelle aspire plut&#244;t &#224; &#171; changer la vie &#187; par le biais d'un changement de &#171; rapport au monde &#187; ou de &#171; conception du monde &#187;. Alors que la critique sociale tend &#224; se concentrer sur la d&#233;nonciation des injustices et de l'oppression dont les ouvriers et les plus mal lotis font les frais, la critique culturelle tend &#224; &#233;carter la question des in&#233;galit&#233;s comme secondaire, voire &#224; la rejeter comme biais&#233;e. Loin de recourir au langage des &#171; injustices sociales &#187;, elle parle plut&#244;t celui des &#171; maux &#187; du pr&#233;sent : ali&#233;nation, nihilisme, d&#233;senchantement, d&#233;g&#233;n&#233;rescence, d&#233;personnalisation, esseulement, m&#233;canisation de la vie &#8211; autant de termes qui ne renvoient pas &#224; des probl&#232;mes de justice, c'est-&#224;-dire &#224; des probl&#232;mes de r&#233;partition des biens (mat&#233;riels ou non) entre les membres d'une communaut&#233;. Si la critique sociale d&#233;nonce en premier lieu les injustices li&#233;es &#224; la structure de la soci&#233;t&#233; et pose donc, au moins de mani&#232;re implicite, les questions de l'&#233;galit&#233; sociale et de la redistribution des richesses, la critique culturelle s'attaque plut&#244;t &#224; la dimension &#171; pathologique &#187; des formes de vie modernes et suppose donc des repr&#233;sentations de ce que doit &#234;tre la vie bonne, saine, pleine, intense ou authentique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;La critique culturelle des formes de vie et d'humanit&#233; modernes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question des &#171; pathologies de la modernit&#233; &#187; a bien s&#251;r un versant social. Ce qui caract&#233;rise la &lt;i&gt;Kulturkritik&lt;/i&gt; , c'est de la formuler dans le cadre d'une probl&#233;matique des &#171; types humains &#187;. Elle s'attache aux effets de la r&#233;volution industrielle sur les formes de vie et, par l&#224;, sur les formes d'humanit&#233; &#8211; si du moins on reconna&#238;t que nous sommes le produit de nos conditions de vie, qui influencent le type d'&#233;motions, de d&#233;sirs, d'intelligence que l'on va (ou non) d&#233;velopper. Aux questions de justice, qui concernent les relations entre les individus et les classes, elle substitue un questionnement sur la substance m&#234;me de l'humain. Elle s'attaque &#224; l'impact &#171; anthropologique &#187; ou &#171; caract&#233;rologique &#187; de la r&#233;volution industrielle, c'est-&#224;-dire &#224; ce que cette derni&#232;re change dans notre constitution profonde. Cette approche originale est intimement li&#233; &#224; la notion de culture : cette derni&#232;re insuffle une perspective sp&#233;cifique d'analyse critique, visant la mani&#232;re dont la modernit&#233; &#171; cultive &#187; un nouveau type d'humanit&#233;, disons l'homo &#339;conomicus, en favorisant le d&#233;veloppement de certaines qualit&#233;s humaines (l'esprit de calcul, de travail et de discipline) au d&#233;triment d'autres qualit&#233;s dont l'&#233;panouissement est inhib&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La critique culturelle d&#233;signe donc une r&#233;flexion critique sur la mani&#232;re dont les formes de vie d&#233;terminent l'&#233;mergence de &#171; types humains &#187; sp&#233;cifiques. Logiquement, elle s'int&#233;resse tout particuli&#232;rement &#224; la question de la formation de l'individu par l'instruction, au syst&#232;me &#233;ducatif et &#224; ce qu'on peut appeler la &#171; question scolaire &#187;, d&#233;non&#231;ant souvent le &#171; formatage &#187; par le syst&#232;me acad&#233;mique. Elle s'attaque &#224; la fois &#224; la science universitaire, dont elle critique le caract&#232;re born&#233; et mutilant, et &#224; l'enseignement secondaire, que ce soit pour d&#233;noncer, au nom de la vie, son autoritarisme traditionnel et sa p&#233;dagogie du &#171; gavage &#187; ou, presque inversement, pour d&#233;plorer le nivellement par le bas li&#233; &#224; son adaptation &#224; une nouvelle soci&#233;t&#233; exigeant sa d&#233;mocratisation et sa modernisation (au sens d'un renforcement du poids de l'enseignement technique au d&#233;triment des Humanit&#233;s) (1).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Des visions du monde oppos&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre s&#233;rie d'oppositions entre critique sociale et critique culturelle se situe sur le plan des conceptions g&#233;n&#233;rales du monde. Comme le rappelle Hobsbawm, si les avocats de la social-d&#233;mocratie d&#233;non&#231;aient &#171; l'exploitation, la richesse et sa concentration croissante &#187;, ils &#233;taient par ailleurs &#171; vou&#233;s corps et &#226;me &#224; cette id&#233;e cl&#233; du XIXe si&#232;cle : le &#8220;progr&#232;s&#8221; &#187;, et &#171; proclamaient, surtout quand ils &#233;taient marxistes, la n&#233;cessaire marche en avant de l'histoire vers un avenir meilleur, dont les contours restaient peut-&#234;tre encore flous mais qui verrait certainement le triomphe de la raison et de l'instruction, de la science et des techniques &#187; (2). Il est &#224; peine exag&#233;r&#233; de dire que la &lt;i&gt;Kulturkritik&lt;/i&gt; est, sur tous ces points, l'image invers&#233;e de la critique sociale. Quand la critique culturelle s'int&#233;resse &#224; des ph&#233;nom&#232;nes socio-structurels, elle ne d&#233;nonce en g&#233;n&#233;ral ni l'exploitation des prol&#233;taires, ni la concentration du capital &#8211; et si elle le fait, c'est d'un point de vue moral et non sociopolitique. Par contre, elle s'attaque au d&#233;veloppement des techniques industrielles et des sciences qui les soutiennent, voyant aussi d'un mauvais &#339;il le &#171; triomphe de la raison et de l'instruction &#187;, du moins sous la forme envisag&#233;e par les socialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette mesure, on peut d&#233;finir la critique sociale comme une critique de la soci&#233;t&#233; capitaliste (sans mise en cause de la technique, base du d&#233;veloppement industriel) et la critique culturelle comme une critique du progr&#232;s industriel (sans mise en cause de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, base de la soci&#233;t&#233; bourgeoise). La critique culturelle appara&#238;t en effet comme une r&#233;action &#224; la glorification, par les technocrates et certains socialistes, de &#171; la science associ&#233;e &#224; la technique comme guide et avant-garde &#187; d'une civilisation mondiale. Elle aboutit &#224; une mise en question du progr&#232;s et du rationalisme, ou plut&#244;t d'une forme particuli&#232;re de rationalisme, sp&#233;cifi&#233; comme utilitariste et scientiste, mat&#233;rialiste et positiviste, qui appara&#238;t souvent comme &#171; l'ennemi principal &#187; et la &#171; racine du mal &#187;. La croyance dans le progr&#232;s et (ce qui revient presque au m&#234;me) en la valeur n&#233;cessairement positive du d&#233;ploiement historique de la raison scientifique, qui constitue le trait d'union entre la pens&#233;e lib&#233;rale et la critique sociale, se voit contr&#233;e par une r&#233;flexion sensible aux &lt;i&gt;co&#251;ts&lt;/i&gt; du progr&#232;s, &#224; ses effets destructeurs pour les formes de vie &#233;prouv&#233;es, les h&#233;ritages culturels et naturels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci implique, on l'aura devin&#233;, que la critique culturelle ne cherche pas tant ses ressources utopiques dans l'id&#233;e d'un avenir meilleur que dans celle d'un pass&#233; idyllique, se rattachant par l&#224; au romantisme. Mais si elle n'est jamais exempte d'une dimension &#171; conservatrice &#187; (par sa critique du progr&#232;s) ou &#171; pass&#233;iste &#187; (par sa valorisation du pass&#233;), cela ne signifie pas qu'elle soit ipso facto de droite &#8211; tout d&#233;pend des aspects du progr&#232;s qu'elle rejette, et des aspects du pass&#233; qu'elle approuve. Ce qui ne fait par contre gu&#232;re de doute, c'est que cette critique ne s'adresse pas au prol&#233;tariat, et qu'elle n'est pas port&#233;e par lui. En tant que discours, la critique sociale est certes aussi, comme la critique culturelle, formul&#233;e de fait par une fraction de la bourgeoisie cultiv&#233;e. Mais la critique sociale prend explicitement le parti du prol&#233;tariat : c'est &#224; lui qu'elle s'adresse car c'est en lui qu'elle place ses espoirs. En revanche, la critique culturelle du tournant du si&#232;cle ne mise pas sur lui. Quand elle place ses espoirs dans un groupe social, c'est soit dans la jeunesse, soit dans la paysannerie, soit dans une humanit&#233; future dont elle esp&#232;re l'av&#232;nement &#8211; diversit&#233; qui t&#233;moigne de ce qu'elle n'est ni organis&#233;e, ni unifi&#233;e politiquement, prenant des directions diverses allant de l'extr&#234;me droite &#224; l'extr&#234;me gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Une articulation n&#233;cessaire d&#232;s lors que le &#171; progr&#232;s &#187; fait le jeu du capital&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on tient compte de la pluralit&#233; effective de ces niveaux de distinction, alors la critique culturelle ne vient pas tant contrer la critique sociale que la doubler, non seulement parce qu'elle constitue une &lt;i&gt;autre&lt;/i&gt; perspective critique, bas&#233;e sur une approche diff&#233;rente des probl&#232;mes li&#233;s &#224; l'av&#232;nement du capitalisme, mais aussi parce que cette approche semble &lt;i&gt;plus globale et radicale&lt;/i&gt; . Bien s&#251;r, ce surcro&#238;t de globalit&#233; et de radicalit&#233; ne signifie pas que la critique qui en r&#233;sulte soit plus pertinente, plus lucide ou plus profonde &#8211; il faut plut&#244;t y voir un &#171; geste &#187; constitutif de la critique culturelle par rapport &#224; la critique sociale. Il n'en reste pas moins que ces approches, tout en &#233;tant diam&#233;tralement oppos&#233;es, exercent toutes deux une certaine force d'attraction, parce qu'elles mettent chacune en lumi&#232;re des aspects diff&#233;rents de la crise provoqu&#233;e par l'irruption du capitalisme industriel, et r&#233;v&#232;lent ce faisant les d&#233;ficits de l'autre. C'est &#224; leur articulation qu'il faut travailler aujourd'hui. Et il le faut d'autant plus que le &#171; Progr&#232;s &#187;, qui a perdu sa dimension sociale et politique et se restreint de plus en plus &#224; son versant &#233;conomique et technologique, ne va plus dans le sens d'un d&#233;passement du capitalisme mais, tout au contraire, dans celui de la colonisation croissante du monde et de la vie par ce syst&#232;me &#233;conomique insoutenable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Plus largement, la critique culturelle est li&#233;e au d&#233;veloppement d'un &#171; mouvement de Jeunesse &#187; en r&#233;volte contre le syst&#232;me scolaire et la vie &#224; laquelle il pr&#233;pare, ainsi qu'&#224; un vaste mouvement pour la &#171; r&#233;forme de la vie quotidienne &#187; qui &#233;voque bien des aspects des mouvements alternatifs qui ont pris leur essor, dans le monde entier, &#224; partir des ann&#233;es 1970.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) Eric J. Hobsbawm, &lt;i&gt;L'&#200;re des empires : 1875-1914&lt;/i&gt; , Hachette, 1997, p. 184.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La croissance rend-elle fou ?</title>
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&lt;p&gt;par Aur&#233;lien Boutaud &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est au d&#233;but des ann&#233;es 1980 que l'&#233;conomiste am&#233;ricain Kenneth Boulding a prononc&#233; cette phrase rest&#233;e c&#233;l&#232;bre : &#171; Celui qui croit qu'une croissance exponentielle peut continuer ind&#233;finiment dans un monde fini est soit un fou, soit un &#233;conomiste. &#187; Le pr&#233;sident de l'Association des &#233;conomistes am&#233;ricains &#233;tait mieux plac&#233; que quiconque pour mesurer le caract&#232;re insens&#233; de ce qu'on appelle aujourd'hui la &#171; croissance verte &#187;. Car c'est en effet au tournant des ann&#233;es 1980 que cette id&#233;e (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class='spip_document_8 spip_documents'&gt;&lt;a href='https://lan02.butternet.net/IMG/jpg/invite-color2.jpg' type=&#034;image/jpeg&#034; title=&#034;invit&#233;-color&#034;&gt;&lt;img src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L150xH111/invite-color2-7d5de-6db63.jpg?1698011313' width='150' height='111' alt='invit&#233;-color {JPEG}' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;par Aur&#233;lien Boutaud&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au d&#233;but des ann&#233;es 1980 que l'&#233;conomiste am&#233;ricain Kenneth Boulding a prononc&#233; cette phrase rest&#233;e c&#233;l&#232;bre : &#171; Celui qui croit qu'une croissance exponentielle peut continuer ind&#233;finiment dans un monde fini est soit un fou, soit un &#233;conomiste. &#187; Le pr&#233;sident de l'Association des &#233;conomistes am&#233;ricains &#233;tait mieux plac&#233; que quiconque pour mesurer le caract&#232;re insens&#233; de ce qu'on appelle aujourd'hui la &#171; croissance verte &#187;. Car c'est en effet au tournant des ann&#233;es 1980 que cette id&#233;e va v&#233;ritablement prendre forme. Confront&#233;e &#224; la question des limites de la plan&#232;te, une poign&#233;e d'&#233;conomistes propose alors une solution th&#233;orique imparable : l'hypoth&#232;se dite de substituabilit&#233;. Pour faire simple, l'hypoth&#232;se sugg&#232;re que la d&#233;gradation du capital naturel peut &#234;tre ind&#233;finiment compens&#233;e par la production de capital artificiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la somme totale de capital restant constante, la croissance peut se poursuivre ad vitam aeternam. Apr&#232;s tout, il suffisait d'y penser ! Ravis de leur &#233;poustouflante trouvaille th&#233;orique, ces m&#234;mes &#233;conomistes se sont alors mis au travail, produisant dans le courant des ann&#233;es 1990 et 2000 pl&#233;thore d'articles acad&#233;miques bourr&#233;s de formules math&#233;matiques d&#233;montrant qu'une croissance infinie &#233;tait possible&#8230; tout du moins, sur le papier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Restait &#224; transformer l'hypoth&#232;se acad&#233;mique en un v&#233;ritable projet politique. Et c'est bien entendu l&#224; que les choses se compliquent. Car pour devenir r&#233;alit&#233;, la substituabilit&#233; suppose une artificialisation et une mise sous pression extr&#234;mes de la nature. Produire plus d'alimentation gr&#226;ce aux OGM. Produire plus d'&#233;lectricit&#233; gr&#226;ce au nucl&#233;aire. Produire plus de carburant gr&#226;ce aux &#233;nergies fossiles non conventionnelles. Produire plus d'&#233;nergie renouvelable issue de la biomasse gr&#226;ce &#224; la biologie de synth&#232;se (1). Et qui sait, demain : pourquoi ne pas refroidir le climat en dispersant dans l'atmosph&#232;re des particules de SO2 qui limiteront le rayonnement solaire ? Pourquoi ne pas mettre la diversit&#233; biologique sous cloche dans d'immenses parcs cl&#244;tur&#233;s, ou mieux encore&#8230; dans des banques de semences ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend mieux pourquoi Kenneth Boulding parlait de folie. Car derri&#232;re les th&#233;ories et les formules math&#233;matiques des &#233;conomistes, appara&#238;t peu &#224; peu le visage gla&#231;ant de la croissance infinie. Et s'il n'est plus question d'en rire aujourd'hui, c'est justement parce que ces projets d&#233;lirants n'en sont plus au stade th&#233;orique : &#224; des degr&#233;s d'avancement divers, ils font d&#233;j&#224; partie de la r&#233;alit&#233; des ann&#233;es 2010. Aux USA, au Canada ou encore en Australie, la production de gaz de schiste ou de p&#233;trole bitumineux est en plein essor. La manipulation du vivant est quant &#224; elle en train de franchir un cap vertigineux avec le d&#233;veloppement de la biologie de synth&#232;se : ainsi, John Craig Venter et ExxonMobil nous promettent pour bient&#244;t la production industrielle de biomasse de synth&#232;se destin&#233;e &#224; la fourniture de carburant. Quant aux techniques de manipulation du climat, elles sont entr&#233;es dans l'agenda politique depuis que le GIEC a admis qu'elles devaient faire partie des options &#224; envisager pour contrer le r&#233;chauffement climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, ces projets d&#233;lirants ne laissent gu&#232;re de place &#224; la contestation populaire. Pour perp&#233;tuer une &#233;conomie de croissance, il faudra bien que le peuple se plie aux exigences de l'innovation technoscientifique. On ne manquera d'ailleurs pas de proc&#233;der au chantage &#224; l'emploi et &#224; la comp&#233;titivit&#233; pour forcer le passage &#8211; comme le font d&#233;j&#224; Michel Rocard, Louis Gallois, Jacques Attali ou encore Claude All&#232;gre pour l&#233;gitimer l'exploitation des gaz de schiste. Car inventer un mod&#232;le &#233;conomique plus sobre, plus solidaire et moins d&#233;pendant de la croissance, il va sans dire qu'aux yeux des productivistes, cela rel&#232;ve tout simplement&#8230; de la folie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Folie de la croissance contre folie de l'accroissance&#8230; reste &#224; choisir son camp.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Lire &#224; ce sujet l'article de Th&#233;o Tierwater et C&#233;line Pessis dans ce num&#233;ro (NdR).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'&#201;conomie expliqu&#233;e aux humains</title>
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&lt;p&gt;L'&#201;conomie expliqu&#233;e aux humains Emmanuel Delannoy Wildproject, 2011, 144 pages, 16 &#8364; &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;conomie, d&#233;j&#224;, c'est rasoir. Mais alors l'&#233;conomie de l'environnement, avec ses multiples branches qui vont de l'&#233;conomie de la biodiversit&#233; &#224; celle des ressources naturelles&#8230; On se demande bien comment rendre un sujet pareil un tant soi peu ludique ! C'est pourtant ce que tente de faire le grand capricorne dans cet ouvrage. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais au fait : le grand capricorne, vous connaissez ? Cerambix Cerdo, de son nom latin&#8230; la (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L97xH150/arton70-11fe1.jpg?1703349048' width='97' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt; L'&#201;conomie expliqu&#233;e aux humains &lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Emmanuel Delannoy&lt;br class='autobr' /&gt;
Wildproject, &lt;br class='autobr' /&gt;
2011, 144 pages, 16 &#8364;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;conomie, d&#233;j&#224;, c'est rasoir. Mais alors l'&#233;conomie de l'environnement, avec ses multiples branches qui vont de l'&#233;conomie de la biodiversit&#233; &#224; celle des ressources naturelles&#8230; On se demande bien comment rendre un sujet pareil un tant soi peu ludique ! C'est pourtant ce que tente de faire le grand capricorne dans cet ouvrage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au fait : le grand capricorne, vous connaissez ? Cerambix Cerdo, de son nom latin&#8230; la grande famille des Cerambycidae &#8211; plus de 25 000 esp&#232;ces : &#231;a ne vous dit toujours rien ? Tant pis. Apr&#232;s tout, il vous suffit de savoir que le grand capricorne est un insecte. Un col&#233;opt&#232;re qui aime bien les ch&#234;nes. Et cet &#233;minent repr&#233;sentant de la biodiversit&#233; s'est mis en t&#234;te de nous parler d'&#233;conomie. Tout le pari de cet ouvrage est donc l&#224; : il s'agit d'inverser le regard. Ne plus seulement consid&#233;rer la nature comme un objet &#233;conomique mais, au contraire, observer l'&#233;conomie humaine &#224; l'aune de l'&#233;conomie naturelle. Cette &#233;conomie qui r&#233;git les &#233;cosyst&#232;mes. Cette &#233;conomie au sens premier du terme, faite d'optimisation, de synergies, de diversit&#233;, de r&#233;silience, de recyclage, de sobri&#233;t&#233; et d'optimisation des ressources. Un changement de perspective qui nous invite &#224; porter un regard pour le moins critique sur l'&#233;conomie humaine : elle qui g&#226;che, qui gaspille, qui pollue &#224; foison et qui croit pouvoir cro&#238;tre ind&#233;finiment&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais alors, que peut nous apprendre l'&#233;conomie des &#233;cosyst&#232;mes ? En quoi peut-elle nous aider &#224; &#233;cologiser notre &#233;conomie ? Grand capricorne a quelques id&#233;es sur le sujet. Oh, rien de r&#233;volutionnaire ou de tout &#224; fait nouveau, non : tout existe d&#233;j&#224;, tout a &#233;t&#233; dit et &#233;crit auparavant. Simplement, mis bout &#224; bout, ces quelques principes nous invitent &#224; repenser fondamentalement notre rapport au monde. Les chapitres s'encha&#238;nent, courts, pr&#233;cis, donnant &#224; chaque fois &#224; l'auteur l'occasion de tirer du monde vivant quelques le&#231;ons de &#171; savoir-vivre dans un monde aux ressources limit&#233;es &#187;. On y trouve une analyse critique de la mon&#233;tarisation du vivant et de la compensation &#8211; ces piliers de l'&#233;conomie de l'environnement avec ses corollaires &#171; droits &#224; polluer &#187;. On y croise &#233;galement quelques principes qui nous rappellent ceux de la bio&#233;conomie du bon docteur Georgescu-Roegen. Grand capricorne en profite aussi pour nous donner quelques pistes concr&#232;tes de transition &#233;cologique : du c&#244;t&#233; de l'&#233;conomie circulaire, par exemple (o&#249; des entreprises optimisent l'utilisation de leurs ressources) ; mais aussi du c&#244;t&#233; de l'&#233;conomie de la fonctionnalit&#233;, qui permet de substituer la possession d'un bien par l'usage de celui-ci, favorisant ainsi la durabilit&#233; des produits dans le temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien de bien neuf, me direz-vous. Non, c'est vrai. Mais on vous l'avait dit : grand capricorne n'a pas l'intention d'inventer. Il observe, il adapte, il recycle&#8230; et au passage, il tente une synth&#232;se abordable par un large public des id&#233;es qui ont pu traverser la pens&#233;e &#233;cologiste au cours des derni&#232;res ann&#233;es. Pas b&#234;te !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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