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	<title>L'An 02</title>
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	<description>L'An 02 est un outil &#233;colo de diffusion et de partage, un passeur d'id&#233;es hors des cercles confidentiels.
De 2011 &#224; 2015, L'An 02 a &#233;t&#233; une revue papier, en couleurs, multipliant les formes, notamment graphiques : photo-reportage, peinture, installation, typographie, bande dessin&#233;e. Cette dimension-l&#224; ne se retrouve que dans la revue papier, toujours en vente en librairie ou par correspondance. Retrouvez sur ce nouveau site tous les textes, un dossier au traitement mosa&#239;que enrob&#233; de chroniques grin&#231;antes, de lectures in-con-tour-na-bles et de reportages militants.
D&#233;sormais, L'An 02 propose &#224; chaque changement de saison une livraison de chroniques de livres r&#233;cents qui nous aident &#224; penser l'&#233;cologie politique, la d&#233;croissance et la technocritique.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>L'An 02</title>
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		<title>L'utopie d'un monde sans &#201;tats et sans capitalistes</title>
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		<dc:date>2013-07-01T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Godard</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;par Philippe Godard &lt;br class='autobr' /&gt;
Fin des &#201;tats, fin du Capital ? Un programme irr&#233;aliste ? Voire pire : exactement le programme de nos pires ennemis ! Car la disparition de l'Union sovi&#233;tique, en les rendant orphelins de leur fr&#232;re jumeau mais ennemi, a permis aux capitalistes de faire d&#233;finitivement oublier cette appellation &#8211; contr&#244;l&#233;e par l'Office marxiste de direction de la pens&#233;e orthodoxe &#8211; pour la troquer contre celle, beaucoup plus confusionniste, de &#171; lib&#233;raux &#187;. Les lib&#233;raux ne sont pas &#8211; ils ne sont (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-Invite-" rel="directory"&gt;Invit&#233;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class='spip_document_8 spip_documents'&gt;&lt;a href='https://lan02.butternet.net/IMG/jpg/invite-color2.jpg' type=&#034;image/jpeg&#034; title=&#034;invit&#233;-color&#034;&gt;&lt;img src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L150xH111/invite-color2-7d5de-6db63.jpg?1698011313' width='150' height='111' alt='invit&#233;-color {JPEG}' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;par Philippe Godard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin des &#201;tats, fin du Capital ? Un programme irr&#233;aliste ? Voire pire : exactement le programme de nos pires ennemis ! Car la disparition de l'Union sovi&#233;tique, en les rendant orphelins de leur fr&#232;re jumeau mais ennemi, a permis aux capitalistes de faire d&#233;finitivement oublier cette appellation &#8211; contr&#244;l&#233;e par l'Office marxiste de direction de la pens&#233;e orthodoxe &#8211; pour la troquer contre celle, beaucoup plus confusionniste, de &#171; lib&#233;raux &#187;. Les lib&#233;raux ne sont pas &#8211; ils ne sont plus&#8230; &#8211; capitalistes, et en plus, ils sont contre l'&#201;tat !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est d'une v&#233;ritable utopie dont nous parlons ici. Attention cependant &#224; ne pas oublier que les mots sont pi&#233;g&#233;s, et tout particuli&#232;rement : utopie, &#201;tat et capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Utopique, un monde sans &#201;tats ni exploitation, qui travaille &#224; l'&#233;mancipation des &#234;tres humains ? Sans aucun doute, car nous avons perdu l'avantage. Dans les ann&#233;es 1970 et dans les pays d&#233;velopp&#233;s, port&#233;s par un vent de contestation et d'invention, d'imagination (presque) au pouvoir, cette utopie a pu sembler presque &#224; port&#233;e de main &#8211; non violente ou arm&#233;e d'un AK-47, la discussion &#233;tait ouverte. Aujourd'hui, nous ne discutons plus des moyens : nous n'y croyons plus, pour l'immense majorit&#233; d'entre nous. M&#234;me pas la peine de nous poser la question du comment puisque l'utopie a fait pschhhittt et s'est solubilis&#233;e dans le capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Consensus a pris la t&#234;te au terme d'une lutte d'un demi-si&#232;cle &#8211; le temps qu'il lui aura fallu pour faire croire &#224; certains que la d&#233;mocratie parlementaire et le capitalisme sont le meilleur ou le moins pire des syst&#232;mes auxquels nous pouvons pr&#233;tendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le Consensus n'a pas r&#233;duit la Marge &#224; n&#233;ant. Loin de l&#224;. Or, dans les marges du syst&#232;me s'&#233;laborent des contre-politiques, des politiques du Contre, de la Marge qui se pense comme telle. Et qui vise, qui est en tension vers, qui se donne pour horizon la disparition de l'&#201;tat, de tous les &#201;tats, et du capitalisme, de tous les capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'utopie en a vu d'autres, de ces p&#233;riodes dramatiques durant lesquelles, r&#233;duite &#224; n&#233;ant en apparence, elle ne pouvait plus reposer que sur la vieille taupe ou qui creusait toujours. Si l'utopie d'un monde sans &#201;tat vit toujours, c'est parce que le c&#339;ur de la Marge bat encore, et parce que les capitalistes eux-m&#234;mes, aux prises avec leurs contradictions, se disent que les &#201;tats sont peut-&#234;tre en trop. Certes, ils partent d'un point de vue oppos&#233; aux n&#244;tres et aboutissent, en toute logique, &#224; une conclusion oppos&#233;e &#224; la n&#244;tre : la perp&#233;tuation de la hi&#233;rarchie et de l'exploitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui compte davantage aujourd'hui qu'hier : nous convaincre que dans les interstices du syst&#232;me, et m&#234;me l&#224; o&#249; l'on n'aper&#231;oit que la force brute du Capital, il est n&#233;anmoins possible de nous glisser pour maintenir le syst&#232;me &#224; distance, pour op&#233;rer sur un mode politique, et dire et redire et reredire, mais surtout agir : le Capital nuit, nuisons au Capital. Nous n'avons rien &#224; perdre ! Ne sauvons surtout pas ce syst&#232;me qui nous broie, et d&#232;s maintenant, l'utopie d'un monde sans &#201;tats et sans oppression peut vivre. &#192; la Marge, une Marge offensive, qui fissure le Consensus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>L'Empire de l'illusion</title>
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		<dc:date>2012-12-01T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Godard</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'Empire de l'illusion Chris Hedges Lux, &#171; Futur proche &#187;, Montr&#233;al, 2012, 272 pages, 20 &#8364; &lt;br class='autobr' /&gt;
Avec un tel titre, voici encore un ouvrage post-situ ou crypto-situ ? Non, m&#234;me si la r&#233;flexion de l'Am&#233;ricain Chris Hedges s'inscrit dans la lign&#233;e des Debord &amp; Cie. Hedges r&#233;fl&#233;chit lui aussi au r&#233;el, &#224; l'authentique, au spectacle comme rapport social entre les humain&#183;e&#183;s, m&#233;diatis&#233; par des images. Et il montre comment l'illusion de vivre &#233;tend son empire, aux d&#233;pens de la vie elle-m&#234;me. Les spectateurs des (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L99xH150/arton71-8ee2a.jpg?1703349048' width='99' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'Empire de l'illusion&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Chris Hedges&lt;br class='autobr' /&gt;
Lux, &#171; Futur proche &#187;, Montr&#233;al,&lt;br class='autobr' /&gt; 2012, 272 pages, 20 &#8364;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avec un tel titre, voici encore un ouvrage post-situ ou crypto-situ ? Non, m&#234;me si la r&#233;flexion de l'Am&#233;ricain Chris Hedges s'inscrit dans la lign&#233;e des Debord &amp; Cie. Hedges r&#233;fl&#233;chit lui aussi au r&#233;el, &#224; l'authentique, au spectacle comme rapport social entre les humain&#183;e&#183;s, m&#233;diatis&#233; par des images. Et il montre comment l'illusion de vivre &#233;tend son empire, aux d&#233;pens de la vie elle-m&#234;me. Les spectateurs des matchs de catch sont avides d'anecdotes sur la vie des stars du ring, mais ces potins sont construits par des metteurs en sc&#232;ne : pour que les masses y croient, il a bien fallu, constate Hedges, faire de la culture une illusion, cette soupe insipide qui dont se repa&#238;t le chaland, berc&#233; par le ch&#244;mage, la violence, l'alcoolisme, la mis&#232;re intellectuelle qui s'est empar&#233;e de l'Am&#233;rique du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas que la culture qui soit dans la ligne de mire : le savoir devient lui aussi une illusion, et les universit&#233;s ne forment plus des personnes utilisant leurs connaissances au service de certaines causes, mais plut&#244;t des opportunistes, qui savent se propulser aux sommets de la hi&#233;rarchie estudiantine. Celle-ci est con&#231;ue comme un marchepied pour acc&#233;der aux plus hautes charges sociales. On devient donc pr&#233;sident d'un pays m&#234;me si on n'en a absolument pas la capacit&#233; intellectuelle, car ce n'est plus cela qui compte. Nous pourrions ainsi parler d'une &#171; kakistocratie &#187;, d'un &#171; pouvoir des pires &#187;, par opposition au pouvoir des meilleurs que pr&#233;tendait &#234;tre l'aristocratie. &#171; Les pouvoirs &#233;conomiques qui gardent l'&#201;tat en otage se sont appropri&#233; les symboles de sa puissance, son langage et ses traditions patriotiques. Ils pr&#233;tendent d&#233;fendre la libert&#233;, qu'ils associent au libre march&#233; et au droit d'exploiter autrui. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet empire de l'illusion qui s'empare du monde nous invite &#224; mieux consid&#233;rer notre mode d'agir politique. Les situationnistes croyaient avoir trouv&#233; la voie : en dehors de l'Internationale situationniste, point (ou peu ?) de salut. Ou comment, &#224; partir d'une position th&#233;orique fulgurante, aboutir &#224; une lourde d&#233;faite concr&#232;te, que met en &#233;vidence la r&#233;cup&#233;ration, par ses pires adversaires, de tout ce que l'IS a produit. &lt;i&gt;L'Empire de l'illusion&lt;/i&gt; nous laisserait un brin d&#233;sabus&#233;&#183;e&#183;s, si nous nous en tenions &#224; sa derni&#232;re phrase : &#171; &lt;i&gt;M&#234;me si l'humanit&#233; plonge dans les t&#233;n&#232;bres, l'amour survivra et, dans les d&#233;combres s'il le faut, triomphera&lt;/i&gt; . &#187; On n'est plus dans l'avant-gardisme ni&#233; mais bien r&#233;el de l'IS, on &#171; retombe &#187; dans une sorte de romantisme politique de bon aloi. Mais oublions la derni&#232;re phrase, et remontons &#224; peine une demi-page plus haut : &#171; &lt;i&gt;La culture de l'illusion est essentiellement une culture de la mort. Lorsqu'elle dispara&#238;tra, elle ne laissera pas grand-chose en h&#233;ritage.&lt;/i&gt; &#187; C'est cela, cette mort en h&#233;ritage et un peu de vie l&#224;-dedans quand m&#234;me, qu'il s'agit de prendre en consid&#233;ration &#8211; ce que fait tr&#232;s bien Hedges &#8211; pour avancer, en tension vers l'utopie. Car &#224; tout moment, derri&#232;re l'illusion, &#224; la marge de cet empire, il se cr&#233;e sans cesse du r&#233;el, qui &#233;chappe au pouvoir, profond&#233;ment humain et vivant, loin de la culture de mort qui voudrait nous enserrer. &#192; cet endroit pr&#233;cis se situe la tension vers l'utopie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'utopie d'un monde sans arm&#233;e</title>
		<link>https://lan02.butternet.net/L-utopie-d-un-monde-sans-armee</link>
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		<dc:date>2012-12-01T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Godard</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;par Philippe Godard &lt;br class='autobr' /&gt;
Notre plan&#232;te croule sous les armes d&#233;tenues par nos ennemis, au sens fort du terme : ceux qui s'opposeront les armes &#224; la main &#224; l'&#233;mancipation du genre humain. Dans le monde contemporain, le r&#244;le des arm&#233;es reste &#233;minent. Mais l'av&#232;nement d'une humanit&#233; sans arm&#233;e, m&#234;me si cela reste une utopie, a quelques atouts &#224; faire valoir&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#201;tats-Unis ont tripl&#233; leurs ventes d'armes en un an : en 2011, le pays phare du militarisme mondial a &#233;coul&#233; pour 66 milliards d'armes, fournies pour (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class='spip_document_8 spip_documents'&gt;&lt;a href='https://lan02.butternet.net/IMG/jpg/invite-color2.jpg' type=&#034;image/jpeg&#034; title=&#034;invit&#233;-color&#034;&gt;&lt;img src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L150xH111/invite-color2-7d5de-6db63.jpg?1698011313' width='150' height='111' alt='invit&#233;-color {JPEG}' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;par Philippe Godard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre plan&#232;te croule sous les armes d&#233;tenues par nos ennemis, au sens fort du terme : ceux qui s'opposeront les armes &#224; la main &#224; l'&#233;mancipation du genre humain. Dans le monde contemporain, le r&#244;le des arm&#233;es reste &#233;minent. Mais l'av&#232;nement d'une humanit&#233; sans arm&#233;e, m&#234;me si cela reste une utopie, a quelques atouts &#224; faire valoir&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats-Unis ont tripl&#233; leurs ventes d'armes en un an : en 2011, le pays phare du militarisme mondial a &#233;coul&#233; pour 66 milliards d'armes, fournies pour l'essentiel aux souverains arabes, contre 21 milliards en 2010. Les &#201;tats-Unis sont en crise, et l'arm&#233;e reste, pour eux, la meilleure assurance de leur leadership mondial, comme l'expliquait Howard Zinn dans son &lt;i&gt;Histoire populaire des &#201;tats-Unis&lt;/i&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, les arm&#233;es co&#251;tent tr&#232;s cher. Le capitalisme fait face &#224; sa contradiction fondamentale : il recherche toujours les co&#251;ts les plus bas, et cette course entra&#238;ne &#224; moyen et long terme une diminution de son taux de profit. Certes, beaucoup de facteurs entrent en ligne de compte dans cette &#171; baisse tendancielle du taux de profit &#187; qui n'est pas m&#233;canique mais, dans un monde devenu global, la r&#233;alit&#233; &#233;conomique s'assombrit pour les capitalistes. Utiliser les armes est d&#232;s lors tentant : l'un des meilleurs moyens pour se sortir de la crise a toujours &#233;t&#233;, pour le capitalisme, la destruction d'un pays, qui devenait ensuite un terrain de jeu &#224; reconstruire&#8230; par les capitalistes ! En 1945, d&#233;truire l'Allemagne et le Japon offrait de belles perspectives : ces deux pays disposaient des cadres et de l'infrastructure sociale, industrielle et intellectuelle n&#233;cessaire &#224; la reprise des affaires, et, pour mener &#224; bien cette t&#226;che, les &#201;tats-Unis pouvaient s'appuyer sur le pillage du tiers-monde. Mais aujourd'hui, faire la guerre &#224; la Chine ou au Pakistan reviendrait &#224; attaquer des pays utiles en tant que pays-ateliers ; ces nations se reconstruiraient-elles sous la houlette nord-am&#233;ricaine apr&#232;s leur &#233;crasement ? Pas certain : la plan&#232;te semble &#224; bout de souffle, et la destruction ne serait pas si facile ni aussi rentable qu'en 1939-1945. Ou alors il faut envisager le nouveau r&#244;le des arm&#233;es comme celui d'un maintien de l'ordre plan&#233;taire : plus vraiment une arm&#233;e, mais une sorte de police globale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, il est logique, sur le plan &#233;conomique, que le capitalisme d&#233;sarme partiellement. En effet, les budgets militaires sont colossaux ; certains pays ne vont plus pouvoir les assumer, du fait du service de leur dette notamment. Il va devenir de plus en plus &#233;vident qu'entretenir des arm&#233;es aussi co&#251;teuses se fera aux d&#233;pens des budgets sociaux : l'&#233;ducation, la sant&#233;, etc. Allons-nous vers des explosions sociales incontr&#244;l&#233;es ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;sarmement int&#233;gral &#8211; et non partiel &#8211; devrait redevenir l'une de nos priorit&#233;s, &#233;thique, &#233;conomique et &#233;cologique. Pas la peine de d&#233;velopper ici la capacit&#233; de nuisance &#233;cologique des arm&#233;es, de l'agent Orange &#224; la guerre nucl&#233;aire. Si nous pr&#244;nons une &#233;cologie coh&#233;rente et si la coh&#233;rence est un atout en politique, le d&#233;sarmement doit donc devenir l'une de nos revendications fondamentales, au m&#234;me titre que l'arr&#234;t imm&#233;diat du nucl&#233;aire et des cultures OGM.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>F&#233;e et libre</title>
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		<dc:date>2012-12-01T00:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Godard</dc:creator>



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&lt;p&gt;Les f&#233;es sont un peu farouches. Mais, on le sait depuis l'enfance, elles aiment se r&#233;unir secr&#232;tement au fond des for&#234;ts et y c&#233;l&#233;brer des cultes joyeux qui redonnent sens et beaut&#233; &#224; la vie. &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s la fin des ann&#233;es 1970, un certain nombre de militants gays, autour d'Harry Hay, per&#231;oivent que la &#171; lib&#233;ration &#187; que les homos sont en train obtenir risque de tr&#232;s vite se transformer en une simple int&#233;gration &#224; la soci&#233;t&#233; de consommation. Mais pour eux, les gays ne doivent pas oublier ce que l'exp&#233;rience de la (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les f&#233;es sont un peu farouches. Mais, on le sait depuis l'enfance, elles aiment se r&#233;unir secr&#232;tement au fond des for&#234;ts et y c&#233;l&#233;brer des cultes joyeux qui redonnent sens et beaut&#233; &#224; la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s la fin des ann&#233;es 1970, un certain nombre de militants gays, autour d'Harry Hay, per&#231;oivent que la &#171; lib&#233;ration &#187; que les homos sont en train obtenir risque de tr&#232;s vite se transformer en une simple int&#233;gration &#224; la soci&#233;t&#233; de consommation. Mais pour eux, les gays ne doivent pas oublier ce que l'exp&#233;rience de la minorit&#233; sexuelle leur a appris : le caract&#232;re construit des normes sociales, la fa&#231;on dont elles servent certains int&#233;r&#234;ts et pas d'autres, et la n&#233;cessit&#233; d'inventer pour s'&#233;manciper. Se lib&#233;rer de l'h&#233;t&#233;rocentrisme pour s'ali&#233;ner &#224; nouveau dans le consum&#233;risme serait donc pour eux une forme d'&#233;chec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es soixante, Harry Hay a rencontr&#233; diff&#233;rents formes de spiritualit&#233; am&#233;rindiennes et a imm&#233;diatement per&#231;u leur potentiel subversif et alternatif au mod&#232;le dominant. La conception non-binaires des genres, le d&#233;passement des apparences physiques et la recherche de la sinc&#233;rit&#233; &#233;motionnelle sont des &#233;l&#233;ments qui rentrent fortement en r&#233;sonance avec l'id&#233;alisme du mouvement gay radical dont Hay se revendique alors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est de cette conjonction que vont na&#238;tre les f&#233;es. En 1979, Harry Hay et ses amis lancent un appel pour la &#171; Conf&#233;rence spirituelle des Radical Faeries &#187; et organisent un premier rassemblement aux &#201;tats-Unis. Suite &#224; cet &#233;v&#233;nement fondateur, le mouvement va peu &#224; peu essaimer et les groupes de f&#233;es se multiplier &#224; travers le monde, reprenant les grands principes sans reproduire strictement le m&#234;me mod&#232;le. Car la f&#233;erie est avant tout une dynamique qui fonctionne en r&#233;seau et non un mouvement structur&#233; et hi&#233;rarchis&#233;. Il s'agit fondamentalement de faire se rencontrer des personnes qui souhaitent vivre dans la &#171; bienveillance choisie et partag&#233;e &#187;, comme le dit Absinthe, l'une des f&#233;es fran&#231;aises que nous avons rencontr&#233;e. Cette dynamique est scand&#233;e par des rassemblements dans des &#171; sanctuaires &#187;, qui sont en fait des lieux communautaires, libertaires et &#233;cologistes. Car c'est dans une frugalit&#233; pleinement choisie que les f&#233;es c&#233;l&#232;brent la vie, rendent hommage &#224; la nature et tentent de r&#233;enchanter le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s marqu&#233; par l'h&#233;ritage am&#233;rindien &#224; ces d&#233;buts, le mouvement, en s'internationalisant, s'est ouvert sans encombre &#224; d'autres imaginaires. Car, comme le souligne Absinthe, &#171; nous croyons comme les pa&#239;ens croyaient &#187;, utilisant la force all&#233;gorique des h&#233;ritages culturels pour dire plus que la stricte objectivit&#233; rationnelle ne le peut. Cohabitent ainsi pacifiquement chez les f&#233;es des &#233;l&#233;ments de la culture celtique, du paganisme germanique ou de la spiritualit&#233; indienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proches du mouvement queer, les f&#233;es revendiquent des identit&#233;s en mouvement, et les rituels qu'elles pratiquent tiennent plus de la performance que de la liturgie norm&#233;e, et leurs engagements spirituels n'ont pas vocation &#224; constituer de nouveaux dogmes mais, au contraire, d'ouvrir des possibles. Elles participent ainsi activement &#224; la d&#233;colonisation des imaginaires et pourraient &#234;tre une source d'inspiration pour tous ceux et toutes celles qui souhaitent s'&#233;manciper du f&#233;tichisme de la marchandise et s'inventer une vie plus douce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NB : Pour acc&#233;der aux textes fondateur du mouvement des Radical Faeries, lire Harry Hay, &lt;i&gt; Radically Gay&lt;/i&gt; , Beacon Press Books, Boston (USA), 1996.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les Sanctuaires de l'ab&#238;me. Chronique du d&#233;sastre de Fukushima</title>
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		<dc:creator>Philippe Godard</dc:creator>



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&lt;p&gt;Les Sanctuaires de l'ab&#238;me. Chronique du d&#233;sastre de Fukushima Nadine et Thierry Ribault &#233;ditions de l'Encyclop&#233;die des Nuisances 2012, 135 pages, 15 &#8364; &lt;br class='autobr' /&gt;
Un an apr&#232;s Fukushima, il est temps d'en tirer des bilans circonstanci&#233;s et approfondis. Celui que proposent Nadine et Thierry Ribault s'appuie sur plusieurs types de sources, officielles ou militantes, en fran&#231;ais ou en japonais, sur leurs propres connaissances du Japon, pays o&#249; il et elle r&#233;sidaient en 2011, et sur le travail remarquable d'un de (...)&lt;/p&gt;


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Nadine et Thierry Ribault &lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;ditions de l'Encyclop&#233;die des Nuisances&lt;br class='autobr' /&gt;
2012, 135 pages, 15 &#8364;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un an apr&#232;s Fukushima, il est temps d'en tirer des bilans circonstanci&#233;s et approfondis. Celui que proposent Nadine et Thierry Ribault s'appuie sur plusieurs types de sources, officielles ou militantes, en fran&#231;ais ou en japonais, sur leurs propres connaissances du Japon, pays o&#249; il et elle r&#233;sidaient en 2011, et sur le travail remarquable d'un de leurs amis japonais, Wataru Iwata. Celui-ci habitait Tokyo et se r&#233;fugia chez eux, &#224; Kyoto, au moment de la catastrophe, avant de d&#233;cider de partir dans la zone de Fukushima pour y aider les habitant&#183;e&#183;s en d&#233;tresse, les informer, mesurer la radioactivit&#233;, etc. L&#224;, il a pu juger de l'ampleur du d&#233;sastre, car le mot n'est pas trop fort. Et le d&#233;sastre ne se limite pas &#224; des aspects politiques : la catastrophe nucl&#233;aire est &#233;galement &#233;thique. Elle implique le triomphe du mensonge &#8211; les victimes finissent par n'avoir d'autre solution que d'accepter le discours du Pouvoir puisqu'il n'y a rien d'autre &#224; quoi se raccrocher &#8211; et leur soumission oblig&#233;e aux premiers sauveurs venus, en l'occurrence les mafieux japonais, les yakuza.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce livre n'est cependant pas qu'un t&#233;moignage. Il analyse la terreur nucl&#233;aire sous tous ses aspects, depuis l'incapacit&#233; du gouvernement &#224; mettre en &#339;uvre des mesures d'aide minimales jusqu'&#224; ses mensonges pour cacher son imp&#233;ritie. Le r&#244;le des yakuza et des responsables locaux, des simples citoyen&#183;ne&#183;s, des menteurs officiels d'&#201;tat comme des militant&#183;e&#183;s antinucl&#233;aires, tout cela est pass&#233; au crible de la critique et donne une vision du Japon qui n'a rien &#224; voir avec la version officielle propag&#233;e ici par l'ASN, Areva ou l'&#201;tat. Comme le serait tout pays touch&#233; par une catastrophe d'une telle ampleur, le Japon n'&#233;tait pas en mesure de l'affronter. Aucun pays ne le sera jamais. Par exemple, peut-on envisager s&#233;rieusement d'&#244;ter des milliers de kilom&#232;tres cubes de terre de la surface du sol pour retrouver une terre non radioactive, comme le proposent certains ? Pour la d&#233;poser o&#249; ? Et pour trouver quoi sous ce sol ? De la roche ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout se passe comme si, face &#224; un d&#233;sastre impens&#233;, n'importe quelle solution semblait d'un coup cr&#233;dible. Le livre montre bien cette d&#233;mesure nucl&#233;aire, qui est l'un des aspects les plus oppressants, car face &#224; l'&#233;normit&#233; de l'accident et de ses cons&#233;quences, il est bien &#233;vident que les humain&#183;e&#183;s, les simples humain&#183;e&#183;s, ne sont plus que de d&#233;risoires f&#233;tus de paille, ballott&#233;s &#231;&#224; et l&#224;, au propre et au figur&#233; : on leur ment comme on veut et on les d&#233;place, les d&#233;porte. On les stigmatise selon les besoins du moment : aujourd'hui au Japon, &#234;tre un&#183;e rescap&#233;&#183;e de Fukushima est une tache qui entraine le rejet par la peur de la contamination radioactive &#8211; un comble !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En derni&#232;re analyse, ce livre est un formidable plaidoyer pour une sortie imm&#233;diate du nucl&#233;aire. Il n'y a aucune autre solution, &#224; moins d'esp&#233;rer que, jamais, un autre Fukushima ne se produise&#8230; Le lobby nucl&#233;aire avait d&#233;j&#224; tent&#233; de nous le faire croire apr&#232;s Tchernobyl, mais le mensonge peut-il encore fonctionner ? Il para&#238;t que c'&#233;tait la faute aux Sovi&#233;tiques et &#224; leur &#171; mauvaise &#187; science&#8230; Mais au Japon ? M&#234;me dans le pays du monde le plus organis&#233;, le nucl&#233;aire ne peut pas &#234;tre domin&#233;. Ne le sera jamais.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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