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	<title>L'An 02</title>
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	<description>L'An 02 est un outil &#233;colo de diffusion et de partage, un passeur d'id&#233;es hors des cercles confidentiels.
De 2011 &#224; 2015, L'An 02 a &#233;t&#233; une revue papier, en couleurs, multipliant les formes, notamment graphiques : photo-reportage, peinture, installation, typographie, bande dessin&#233;e. Cette dimension-l&#224; ne se retrouve que dans la revue papier, toujours en vente en librairie ou par correspondance. Retrouvez sur ce nouveau site tous les textes, un dossier au traitement mosa&#239;que enrob&#233; de chroniques grin&#231;antes, de lectures in-con-tour-na-bles et de reportages militants.
D&#233;sormais, L'An 02 propose &#224; chaque changement de saison une livraison de chroniques de livres r&#233;cents qui nous aident &#224; penser l'&#233;cologie politique, la d&#233;croissance et la technocritique.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>L'An 02</title>
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		<title>D&#233;couvrir l'&#233;cof&#233;minisme</title>
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		<dc:date>2014-09-01T00:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Thierry Paquot</dc:creator>



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&lt;p&gt;Ce vieux livre jauni a d'l'id&#233;e &lt;br class='autobr' /&gt; La petite biblioth&#232;que verte de Thierry Paquot &lt;br class='autobr' /&gt; &#192; c&#244;t&#233; d'une th&#233;orie &#233;cologiste domin&#233;e par les hommes, des femmes s'attaquent &#224; la m&#234;me question en la liant &#224; la domination masculine... Thierry Paquot remonte quelques si&#232;cles, &#224; la recherche de ces &#233;cologistes f&#233;ministes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#171; femmes savantes &#187; ne sont pas des &#171; pr&#233;cieuses ridicules &#187;, elles pensent, cherchent, d&#233;couvrent, &#233;crivent, dialoguent et surtout agissent. La soci&#233;t&#233; patriarcale brime les femmes depuis belle lurette et (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-Lectures-" rel="directory"&gt;Lectures&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L150xH150/arton123-9c3a9.png?1703349039' width='150' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce vieux livre jauni a d'l'id&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;La petite biblioth&#232;que verte de Thierry Paquot&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;&#192; c&#244;t&#233; d'une th&#233;orie &#233;cologiste domin&#233;e par les hommes, des femmes s'attaquent &#224; la m&#234;me question en la liant &#224; la domination masculine... Thierry Paquot remonte quelques si&#232;cles, &#224; la recherche de ces &#233;cologistes f&#233;ministes.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; femmes savantes &#187; ne sont pas des &#171; pr&#233;cieuses ridicules &#187;, elles pensent, cherchent, d&#233;couvrent, &#233;crivent, dialoguent et surtout agissent. La soci&#233;t&#233; patriarcale brime les femmes depuis belle lurette et cette subordination est non sans mal contest&#233;e depuis plus d'un si&#232;cle par le f&#233;minisme. La romanci&#232;re et militante du MLF (1) Fran&#231;oise d'Eaubonne (1920-2005) forge le n&#233;ologisme &#171; &#233;cof&#233;minisme &#187; en 1974 dans son ouvrage &lt;i&gt;Le F&#233;minisme ou la mort&lt;/i&gt; (2) en combinant l'apport de son amie Simone de Beauvoir aux analyses de Serge Moscovici sur &lt;i&gt;La Soci&#233;t&#233; contre nature&lt;/i&gt; (3). Ce dernier explique que &#171; la nature &#187; n'existe pas ind&#233;pendamment des humain-e-s qui ne cessent de la fa&#231;onner, de l'asservir et de l'alt&#233;rer par leurs activit&#233;s pr&#233;datrices port&#233;es par un d&#233;ploiement inconsid&#233;r&#233; des techniques. Le mot ne prend pas en France. Aux &#201;tats-Unis sortent en 1978 deux ouvrages ( &lt;i&gt;Woman and Nature&lt;/i&gt; et &lt;i&gt; Gyn/Ecology&lt;/i&gt; (4)) qui articulent f&#233;minisme et question environnementale sans user du mot &#171; &#233;cof&#233;minisme &#187;. Seul le second fait r&#233;f&#233;rence &#224; la Fran&#231;aise, puis en 1988, Karen Sarren en fait l'origine d'un mouvement diffus m&#234;lant la non-violence, le f&#233;minisme, l'&#233;cologie et les droits des animaux. (5). L'&#233;cof&#233;minisme consid&#232;re que l'exploitation de la nature et la domination des femmes rel&#232;vent de la m&#234;me supr&#233;matie masculine, ce sont les deux faces de la m&#234;me m&#233;daille. Ainsi contribuer &#224; la reconnaissance de la nature participe du combat en faveur de l'&#233;mancipation f&#233;minine et d'un n&#233;cessaire changement de la condition masculine. La r&#233;ticence des hommes &#224; associer &#171; &#233;cologie &#187; et &#171; f&#233;minisme &#187; traduit bien leur peur, inconscience souvent, de perdre un pouvoir issu de cette conception masculine de la nature et d'admettre leur ambivalence. Pour de nombreuses cultures, la f&#233;minit&#233; et la nature sont parentes, toutes deux doivent &#234;tre &#171; ma&#238;tris&#233;es &#187; et &#171; poss&#233;d&#233;es &#187; par les hommes, ce sont ces derniers qui les ensemencent. La virginit&#233; correspond &#224; l'&#233;tat &#171; naturel &#187; des femmes, tout comme une parcelle &#171; sauvage &#187; qui n'est pas encore mise en culture : dans les deux cas, ce sont les hommes qui d&#233;cident. Cette soumission de la femme est inscrite avec leurs larmes dans les trois religions monoth&#233;istes qui ne visent aucunement &#224; les &#171; lib&#233;rer &#187;, pas plus qu'&#224; magnifier l'amour et la jouissance, mais bien au contraire &#224; renforcer leur culpabilit&#233; originelle (&#171; C'est la faute &#224; &#200;ve ! &#187;) et &#224; brandir l'&#233;pouvantail du &#171; p&#233;ch&#233; &#187; qui conduit aux Enfers !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvrages &#171; g&#233;n&#233;ralistes &#187; de g&#233;ohistoire de la pens&#233;e environnementale et favorables &#224; l'&#233;cologie politique consacrent principalement des hommes (6), seule Rachel Carson est &#224; juste titre salu&#233;e (7). Pourtant, avant m&#234;me l'appellation d'&#233;cof&#233;minisme, les femmes sont l&#233;gions &#224; s'&#234;tre engag&#233;es &#224; la fois dans le combat f&#233;ministe et dans l'&#233;tude de la nature, percevant leur proximit&#233; et leurs interactions. Almira Phelps (1793-1884) s'av&#232;re une &#233;ducatrice novatrice qui attribue aux sciences naturelles une place de choix dans sa p&#233;dagogie, tout comme sa s&#339;ur Emma Willard (1787-1870) qui milite pour les droits des femmes. Margaret Fuller (1810-1850) traduit Goethe en anglais, est r&#233;dactrice en chef de The Dial (la revue d'Emerson et de ses complices de Concord), relate ses voyages en parfaite observatrice de la nature puis publie Women in the Nineteenth Century (8). Ces femmes ouvrent la voie &#224; d'autres naturalistes, comme l'aquarelliste et voyageuse Constance Gordon Cumming (1837-1924) qui n'a pas sa pareille pour portraiturer les volcans du Pacifique ; la sociologue britannique, traductrice d'Auguste Comte, Harriet Martineau (1802-1876) qui s'int&#233;resse &#224; tous les &#233;l&#233;ments d'une soci&#233;t&#233;, du plus marginal au mieux int&#233;gr&#233;, dans sa remarquable &#233;tude des &#201;tats-Unis (9) ; les ornithologues renomm&#233;es Olive Thorne Miller (1831-1918) et Florence Merriam (1863-1948) (10) ; Jane Colden (1724-1766), une botaniste qui herborise toute la flore de New York, etc. (11).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient aussi de mentionner les femmes architectes-paysagistes comme Beatrix Farrand (1872-1959) &#224; qui l'on doit Dumbarton Oaks (Washington), Marian Cruger Coffin (1876-1957) qui con&#231;ut de nombreuses r&#233;alisations paysag&#232;res dont Gibraltar Gardens &#224; Wilmington, les campus de l'universit&#233; de Delaware et de celle de Long Island. Martha Brookes Hutcheson (1871-1959) transforme sa ferme du New Jersey en &lt;i&gt;Bamboo Brook Outdoor Education Center&lt;/i&gt; et publie &lt;i&gt;The Spirit of the Garden&lt;/i&gt; (12). Ellen Shipman (1869-1950) dessine plus de 400 projets et cr&#233;e des jardins pour la famille Cooper ou encore celle d'Edison. Ces architectes-paysagistes am&#233;ricaines revendiquent l'influence de la britannique Gertrude Jekyll (1843-1932), jardini&#232;re et paysagiste qui s'inspire du mouvement de William Morris, &#171; Art and Crafts &#187;, et veille &#224; respecter aussi bien le muret que le lichen, le ruisseau que le rocher, les arbres solitaires ou regroup&#233;s en bosquet que les fleurs dont le parfum compte autant que les couleurs&#8230; Son approche sensorielle se trouve th&#233;oris&#233;e dans ses ouvrages et valoris&#233;e dans ses innombrables photographies. La nature sollicite simultan&#233;ment les six sens (l'ou&#239;e, le toucher, la vue, le go&#251;t, l'odorat et le mouvement) du/de la promeneur/euse en des combinatoires exub&#233;rantes et al&#233;atoires : voir une fleur s'ouvrir me touche, tout comme en sentir une autre me transporte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis, l'&#233;cof&#233;minisme doit se positionner vis-&#224;-vis de l'&#171; &#233;cologie sociale &#187; , des mouvements politiques &#171; verts &#187;, des &#171; radicaux &#187;, des &#171; gays et lesbiennes &#187;, des partisan&#8226;e&#8226;s du droit des animaux (13), des militant-e-s antinucl&#233;aires, des activistes anti-OGM, des anti-racistes, etc. Il ne s'agit pas d'un isme de plus mais d'une d&#233;marche transversale qui &#171; &#233;cologise &#187; et &#171; f&#233;minise &#187; toute analyse sociale et tout comportement individuel et concerne celles et ceux qui veulent vivre au rythme de leur chronobiologie et de leurs d&#233;sirs en amiti&#233; avec le vivant. Par cons&#233;quent les femmes &#233;co-activistes ne sont pas qu'anglo-saxonnes. Il suffit de se r&#233;f&#233;rer &#224; Wangari Muta Maatha&#239; (1940-2011), biologiste et v&#233;t&#233;rinaire k&#233;nyane, fondatrice du &#171; Green Belt Movement &#187; en 1977, prix Nobel alternatif en 1984 et prix Nobel de la paix en 2004, auteure de nombreux essais (14). Ou &#224; Vandana Shiva (n&#233;e en 1952), physicienne et &#233;cologiste indienne, titulaire du prix Nobel alternatif en 1993, auteure de plusieurs livres (15), fondatrice de l'association &#171; Navdanya &#187; qui lutte contre les OGM et d&#233;fend l'agriculture biologique et le savoir-faire des paysan-ne-s. Vandana Shiva revendique la prakiti, terme sanscrit qui d&#233;signe la vitalit&#233; intrins&#232;que &#224; la nature et aux humain-e-s, et plus particuli&#232;rement aux femmes. Avec la sociologue Maria Mies, elle &#233;crit dans &lt;i&gt;&#201;cof&#233;minisme&lt;/i&gt; : &#171; Nous voyons comme des probl&#232;mes f&#233;ministes la d&#233;vastation de la terre et de ses &#234;tres par les guerriers d'entreprises et la menace d'annihilation nucl&#233;aire par les guerriers militaires. C'est la m&#234;me mentalit&#233; masculiniste qui voudrait nous d&#233;nier notre droit sur notre propre corps et notre propre sexualit&#233; et qui d&#233;pend de multiples syst&#232;mes de domination et de pouvoir &#233;tatique pour arriver &#224; ses fins &#187; (16). Vingt ans plus tard, alors que le f&#233;minisme r&#233;gresse insensiblement et que l'&#233;cologie demeure fragile, le diagnostic est toujours pertinent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Mouvement de lib&#233;ration des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) Fran&#231;oise d'Eaubonne, &lt;i&gt; Le F&#233;minisme ou la mort&lt;/i&gt; , &#233;ditions Pierre Horay, Paris, 1974.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(3) Serge Moscovici, &lt;i&gt;La Soci&#233;t&#233; contre nature&lt;/i&gt; , Union g&#233;n&#233;rale d'&#233;ditions, Paris, 1972.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(4) Susan Griffin, &lt;i&gt;Woman and Nature : The Roaring Inside Her&lt;/i&gt; , Harper &amp; Row, New York, 1978 ; Mary Daly, &lt;i&gt;Gyn/Ecology : The Metaethics of Radical Feminism&lt;/i&gt; , Beacon press, Boston, 1978.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(5) Karen Warren, &#171; Toward an Ecofeminist Ethic &#187;, &lt;i&gt;Studies in the Humanities&lt;/i&gt; , 15, 2, 1988, p. 140-156. Un extrait du livre de F. d'Eaubonne est aussi traduit dans Elaine Marks, Isabelle de Coutivron (&#233;d..), &lt;i&gt;New French Feminisms : An Anthology&lt;/i&gt; , University of Massachusetts Press, 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(6) Par exemple, Donald Worster, &lt;i&gt;Les Pionniers de l'&#233;cologie&lt;/i&gt; , Sang de la terre, 1992 (1985) ; Roderick Nash, &lt;i&gt;Wilderness and the American Mind&lt;/i&gt; , Yale University Press, 1967.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(7) Rachel Carson, &lt;i&gt;Printemps silencieux&lt;/i&gt; , Wildproject, Marseille, 2011 pour la derni&#232;re &#233;dition poche (1962).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(8) Margaret Fuller, &lt;i&gt;La Femme au 19e si&#232;cle&lt;/i&gt; , &#233;d. Saint-Martin, Montr&#233;al, 1988 (1845).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(9) Harriet Martineau, &lt;i&gt;Studies of America, 1831-1868&lt;/i&gt; , 8 vol., Thoemmes Continuum, Bristol, 2004 (1838).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(10) Florence Merriam dans &lt;i&gt;How Birds Affect the Farm and Garden&lt;/i&gt; (1895) &#233;tudie les oiseaux dans leurs relations avec l'ensemble du monde vivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(11) Il faut aussi mentionner Susan Fenimor Cooper (1813-1894), fille du romancier et auteure de &lt;i&gt;Rural Hours&lt;/i&gt; (New York, 1850) qu'appr&#233;ciait Henry David Thoreau ; Kate O. Sessions (1857-1940), botaniste et horticultrice de talent ; ou encore Celia Thaxter (1835-1894), po&#233;tesse et peintre de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(12) Martha Brookes Hutcheson, &lt;i&gt;The Spirit of the Garden&lt;/i&gt; , University of Massachusetts Press, 2001 (1923).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(13) Le FAR, &lt;i&gt;Feminists for Animal Rights&lt;/i&gt; , est cr&#233;&#233; en 1983.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(14) Notamment &lt;i&gt;Pour l'amour des arbres&lt;/i&gt; , L'Archipel, 2005 et &lt;i&gt;R&#233;parons la terre&lt;/i&gt; , &#233;ditions H&#233;lo&#239;se d'Ormesson, 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(15) Dont &lt;i&gt;La Guerre de l'eau. Privation, pollution et profit&lt;/i&gt; , Parangon, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(16) Maria Mies, Vandana Shiva, &lt;i&gt;Ecof&#233;minisme,&lt;/i&gt; L'Harmattan, 1998 (1993), p. 27.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lectures&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux histoires des id&#233;es et de leurs th&#233;oriciennes et praticiennes : Vera Norwood, &lt;i&gt;Made From This Earth. American Women and Nature&lt;/i&gt; , University of North Carolina Press, 1993 ; Greta Gaard, &lt;i&gt;Ecological Politics : Ecofeminism and the Greens&lt;/i&gt; , Temple University Press, 1998.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux anthologies : Judith Plant (ed.), &lt;i&gt;Healing the Wounds : The Promise of Ecofeminism&lt;/i&gt; , New Society, Philadephia, 1989 ; Irene Diamond, Gloria Feldman Orenstein (&#233;d.), &lt;i&gt;Reweaving the World : The Emergence of Ecofeminism&lt;/i&gt; , Sierra Club Books, San Francisco, 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un recueil d'essais : Karen Warren (dir.), &lt;i&gt;Ecofeminism : Women, Culture, Nature&lt;/i&gt; , Indiana University Press, 1997.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux ouvrages militants : Carolyn Merchant, &lt;i&gt;The Death of Nature : Women, Ecology and the Scientific Revolution&lt;/i&gt; , Harper and Row, New York, 1980 ; Maria Mies, Vandana Shiva, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>R&#233;gion ou bior&#233;gion ?</title>
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		<dc:creator>Thierry Paquot</dc:creator>



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&lt;p&gt;La biblioth&#232;que verte de Thierry Paquot &lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;gion n'a rien de naturel, c'est une construction sociale dat&#233;e. Autant dire que sa d&#233;limitation g&#233;ographique est tributaire de ce qu'on entend par le mot &#171; r&#233;gion &#187;. Est-ce un simple d&#233;coupage administratif ? Un &#233;chelon dans l'organigramme de la gouvernance d'une nation ? En France, les r&#233;gions ne sont pas le r&#233;sultat d'une conviction r&#233;gionaliste &#8211; qui privil&#233;gierait la d&#233;centralisation en attribuant aux habitant&#183;e&#183;s d'une r&#233;gion les pr&#233;rogatives de son (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La biblioth&#232;que verte de Thierry Paquot&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La r&#233;gion n'a rien de naturel, c'est une construction sociale dat&#233;e. Autant dire que sa d&#233;limitation g&#233;ographique est tributaire de ce qu'on entend par le mot &#171; r&#233;gion &#187;. Est-ce un simple d&#233;coupage administratif ? Un &#233;chelon dans l'organigramme de la gouvernance d'une nation ? En France, les r&#233;gions ne sont pas le r&#233;sultat d'une conviction r&#233;gionaliste &#8211; qui privil&#233;gierait la d&#233;centralisation en attribuant aux habitant&#183;e&#183;s d'une r&#233;gion les pr&#233;rogatives de son auto-gouvernement, ind&#233;pendamment de l'autorit&#233; nationale &#8211;, mais de la volont&#233; de l'&#201;tat de &#171; moderniser &#187; son administration et &#233;ventuellement de se rapprocher des citoyen&#183;ne&#183;s. C'est avouer que le futur passage de 22 r&#233;gions (+ 5 d&#233;partements et r&#233;gions d'outre-mer) &#224; 13, propos&#233; par le gouvernement en juillet 2014 et approuv&#233; par l'Assembl&#233;e Nationale, est un acte politique sans aucune concertation, sans r&#233;el d&#233;bat public et r&#233;f&#233;rendum, et surtout sans bilan de l'exp&#233;rience historique des r&#233;gions. Les raisons de cette diminution du nombre des r&#233;gions et ses cons&#233;quences, aussi bien &#233;conomiques qu'institutionnelles, demeurent &#171; g&#233;n&#233;rales &#187;, pour ne pas dire impr&#233;cises (il est en effet particuli&#232;rement difficile de chiffrer le co&#251;t de fonctionnement des &#171; nouvelles &#187; r&#233;gions, la r&#233;organisation territoriale que cela entra&#238;ne, les effets sur l'emploi des fonctionnaires, etc.). Cette d&#233;cision n'est port&#233;e par aucun enthousiasme citoyen. Il faut avouer que le r&#233;gionalisme, qu'il soit ind&#233;pendantiste, d&#233;centralisateur ou f&#233;d&#233;raliste, n'a gu&#232;re de militant&#183;e&#183;s audibles. Il n'existe plus de mouvements culturels populaires comme la France en a connu, non sans ambigu&#239;t&#233;, &#224; la fin du XIXe si&#232;cle avec le F&#233;librige et Fr&#233;d&#233;ric Mistral (1) , par exemple, ou apr&#232;s la seconde guerre mondiale avec les Occitan&#183;e&#183;s et les Breton&#183;ne&#183;s. Un th&#233;oricien comme Robert Lafont est bien oubli&#233; ainsi que sa &lt;i&gt;R&#233;volution r&#233;gionaliste&lt;/i&gt; (1967) et des &#233;crits de Bernard Charbonneau on retient rarement &lt;i&gt;Sauver nos r&#233;gions. &#201;cologie, r&#233;gionalisme et soci&#233;t&#233;s locales&lt;/i&gt; (1991).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cologie politique, qui s'efforce de penser et d'agir dialectiquement en prenant en compte &#224; la fois le global et le local, ne saurait se d&#233;sint&#233;resser du r&#233;gional, cette &#233;chelle territoriale propre &#224; la mise en &#339;uvre d'actions soucieuses de l'environnement, de ce qui fait environnement. Ce territoire r&#233;gional qu'on peut appeler &#171; bior&#233;gion &#187; ne correspond aucunement &#224; une circonscription &#233;lectorale ou &#224; un pan de l'&#201;tat, il en est m&#234;me l'alternative en actes. En effet, il attend d'autres modalit&#233;s d&#233;mocratiques (mandats plus courts, tirage au sort pour certaines responsabilit&#233;s, budgets participatifs, r&#233;f&#233;rendums d'initiative citoyenne, d&#233;bats publics th&#233;matiques, etc.) et promeut une r&#233;elle autonomie par rapport &#224; la tutelle &#233;tatique. Le cadre national appara&#238;t alors comme une survivance d'une &#233;poque r&#233;volue qui perdure cahin-caha tandis que l'Union europ&#233;enne patine sans boussole politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alberto Magnaghi pr&#233;conise le r&#233;seautage des bio-r&#233;gions urbaines &#224; l'&#233;chelle de l'Europe, puis du monde, afin d'impulser une &#171; mondialisation par le bas &#187; r&#233;pondant &#224; la &#171; mondialisation par le haut &#187; que le capitalisme financiaris&#233; entretient. Apr&#232;s la publication, il y a quinze ans, de son livre fondateur, &lt;i&gt;Il progetto locale. Verso la coscienza di luogo&lt;/i&gt; , il r&#233;capitule ses id&#233;es et travaux dans &lt;i&gt;La Bior&#233;gion urbaine. Petit trait&#233; sur le territoire bien commun &lt;/i&gt; (2). Qu'entend-il par l&#224; ? &#171; Cela veut dire que le territoire, con&#231;u et g&#233;r&#233; comme un bien commun, n'est plus une plate-forme instrumentalis&#233;e mais devient le lieu central dans la production de la richesse, c'est-&#224;-dire dans l'&#233;conomie, et que le gouvernement du territoire devient l'activit&#233; de construction des politiques &#233;conomiques, sociales, environnementales, paysag&#232;res qui concourent &#224; fournir les bases concr&#232;tes de production de nouvelles richesses soutenables. Les institutions qui r&#233;gissent le territoire comme un bien commun n'interviennent donc pas sur les effets du d&#233;veloppement et sur la conservation de quelques aires pr&#233;serv&#233;es du d&#233;veloppement. Au contraire, elles exercent leur gouvernement directement sur le d&#233;veloppement et sur la qualit&#233; du d&#233;veloppement local auto-soutenable &#187; (p. 23). Ce retour au territoire exige une excellente connaissance de son histoire mais aussi et surtout de ses potentialit&#233;s &#233;cosyst&#233;miques tant c'est avant tout l'association des humain&#183;e&#183;s et du vivant qui conf&#232;re &#224; cette r&#233;gion sa qualit&#233; de bior&#233;gion. Le vivant se &#171; d&#233;brouille &#187; tant bien que mal, alors que les habitant&#183;e&#183;s, eux/elles, ont &#233;t&#233; d&#233;poss&#233;d&#233;&#183;e&#183;s de leur appartenance &#224; un territoire, ils/elles en sont au mieux les consommateurstrices passif.ve.s. La bior&#233;gion n'est concevable qu'&#224; partir de cette auto-reterritorialisation de chacun.e qui exalte &#171; une nouvelle relation de co&#233;volution entre habitants/producteurs et territoire &#187;, qui soit &#171; capable, &#224; travers des formes partag&#233;es et communautaires de &#034;soin&#034; des valeurs patrimoniales reconnues comme biens communs, de d&#233;terminer les &#233;quilibres durables entre &#233;tablissement humain et milieu ambiant en reconnectant de nouveaux usages, de nouveaux savoirs, de nouvelles technologies &#224; la sagesse environnementale historique &#187; (p. 151). Alberto Magnaghi n'imagine pas la cr&#233;ation de bior&#233;gions sans au pr&#233;alable un vaste et profond mouvement de conscientisation environnementale. Il faut bien le reconna&#238;tre, nous en sommes loin&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce r&#233;gionalisme &#233;cologique, qui ne se r&#233;duit pas &#224; la d&#233;fense des campagnes contre les villes mais pense l'urbain dans sa constante interrelation avec la r&#233;gion dans laquelle et avec laquelle il d&#233;ploie ses activit&#233;s para&#238;t r&#233;current ; il a d&#233;j&#224; &#233;t&#233;, avec d'autres mots et d'autres m&#233;thodes, envisag&#233;, en particulier par l'&#201;cossais Patrick Geddes (1854-1932), puis par son &#171; &#233;l&#232;ve &#187; am&#233;ricain Lewis Mumford (1895-1990) (3). Le premier, sexologue, botaniste, biologiste, r&#233;nove en 1892 une tour &#224; Edimbourg et en fait un lieu d'observation, l'Outlook Tower, afin d'accompagner les habitant&#183;e&#183;s dans la d&#233;couverte de leur ville et de sa r&#233;gion. Il met au point le &lt;i&gt;regional survey&lt;/i&gt; qui documente l'habitant&#183;e sur cette d&#233;marche nouvelle qu'il nomme civics, ce que Fran&#231;oise Choay traduit par &#171; polistique &#187; &#8211; et surtout pas par &#171; instruction civique &#187;. Patrick Geddes pense qu'un&#183;e citoyen&#183;ne inform&#233;&#183;e en vaut deux, aussi accumule-t-il les donn&#233;es sur son territoire, les pr&#233;sente-t-il dans une exposition (la premi&#232;re des &lt;i&gt;cities exhibitions&lt;/i&gt; date de 1910), les discute-t-il lors de d&#233;bats publics et au cours de l'&#233;laboration d'une planification territoriale collective. Le second, Lewis Mumford, combinera ces &#171; outils &#187; aux r&#233;alit&#233;s am&#233;ricaines (importance du &#171; voisinage &#187;, &lt;i&gt;neighborhood&lt;/i&gt; , de la &#171; communaut&#233; &#187;, &lt;i&gt;community&lt;/i&gt; , et de la pr&#233;sence constante de la &#171; nature &#187;, par exemple). C'est en 1915 qu'il d&#233;couvre l'&#339;uvre de Patrick Geddes ; l'ann&#233;e suivante il lui &#233;crit, puis l'invite &#224; effectuer une tourn&#233;e de conf&#233;rences qui aura lieu en 1923, au moment o&#249; il cofonde avec un groupes d'intellectuel&#183;le&#183;s &#171; critiques &#187; (comme l'architecte Clarence Stein et la sp&#233;cialiste du logement, Catherine Bauer) la Regional Planning Association of America qui sera &#224; l'origine de la cr&#233;ation de deux r&#233;alisations urbaines, Sunnyside Gardens &#224; Queens (NY) et Radburn &#224; Bergen County dans le New Jersey, inspir&#233;es &#224; la fois par la Garden-City d'Ebenezer Howard et par la d&#233;centralisation telle que la con&#231;oit Piotr Kropotkine dans &lt;i&gt;Champs, usines et ateliers&lt;/i&gt; . C'est Geddes qui lui conseille de lire George P. Marsh (Man and Nature, 1864) et Mumford, comprenant alors comment l'homme modifie son environnement, imagine une r&#233;gion &#171; naturelle &#187;, &#171; organique &#187;, qui magnifie les interactions amicales entre les humain&#183;e&#183;s et le vivant (faune et flore), sans que les premier&#183;e&#183;s d&#233;gradent, d&#233;truisent, se subordonnent le second. Il s'int&#233;resse aussi bien aux &#233;crits et r&#233;alisations d'Andrew Jackson Downing qu'&#224; ceux de Frederick Law Olmsted afin de combiner au mieux ville et campagne en une bior&#233;gion in&#233;dite et prometteuse (4).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons mieux conna&#238;tre d'o&#249; nous venons pour savoir o&#249; nous souhaitons aller, aussi est-il essentiel de ne pas perdre le fil vert des exp&#233;rimentations, des id&#233;es, des alternatives, que la culture dominante ne cesse d'isoler, de d&#233;nigrer ou, pire, d'ignorer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Le F&#233;librige est un mouvement po&#233;tique n&#233; en 1854 pour la d&#233;fense du proven&#231;al et plus g&#233;n&#233;ralement de l'occitan. Fr&#233;d&#233;ric Mistral, son plus c&#233;l&#232;bre repr&#233;sentant, a obtenu le prix Nobel de litt&#233;rature en 1904.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) &lt;i&gt;Le Projet local&lt;/i&gt; a &#233;t&#233; traduit en fran&#231;ais et publi&#233; aux &#233;ditions Mardaga, &#224; Li&#232;ge, en 2003, sous le regard attentif de Fran&#231;oise Choay. &lt;i&gt;La Bior&#233;gion urbaine. Petit trait&#233; sur le territoire bien commun&lt;/i&gt; est publi&#233; directement en fran&#231;ais par Eterotopia France (collection &#171; Rhizome &#187;) en 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(3) Il existe de tr&#232;s nombreux textes qui pr&#233;sentent et commentent la conception &#171; r&#233;gionaliste &#187; de Lewis Mumford ; je recommande plus particuli&#232;rement : &lt;i&gt;Community Planning in the 1920's&lt;/i&gt; , par Roy Lubove (Pittsburgh, University of Pittsburgh Press, 1963), &lt;i&gt;Education for Transformation : Implication in Lewis Mumford's Ecohumanism&lt;/i&gt; , par David R. Conrad (Palm Springs, ETC publication, 1976), &#171; The Use of Catastrophism : Lewis Mumford, Vernon L. Parrington, Van Wyck Brooks, and the End of American Regionalism &#187;, par John L. Thomas ( &lt;i&gt;American Quarterly&lt;/i&gt; , vol.42, n&#176;2, juin 1990), &lt;i&gt;Lewis Mumford. Public Intellectual&lt;/i&gt; , sous la direction de Thomas P. Hughes et Agatha Hughes (New York, Oxford University Press, 1990), &lt;i&gt;Revolt of the Provinces : The Regionalist Movement in America, 1920-1945&lt;/i&gt; , par Robert L. Dorman (Chapel Hill, The University of North Carolina Press, 1993), &lt;i&gt;Lewis Mumford and the Ecological Region : The Politics of Planning&lt;/i&gt; , par Mark Luccarelli (New York, The Guilford Press, 1995).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(4) Lewis Mumford aborde fr&#233;quemment cette question, d&#232;s &lt;i&gt;The Story of Utopias&lt;/i&gt; (New York, Boni and Liveright, 1922), puis de fa&#231;on &#233;parpill&#233;e dans divers articles (&#171; The Theory and Practice of Regionalism &#187;, &lt;i&gt;Sociological Review&lt;/i&gt; , n&#176; XIX, XX et XXI, 1927 et 1928) et chapitres (&#171; Regional and Dramatics Sallies &#187;, dans &lt;i&gt;Sketches From Life&lt;/i&gt; (New York, The Dial Press, 1982). Quant aux rapports de Mumford avec Geddes, l'introduction de Frank G. Novak &#224; &lt;i&gt;Lewis Mumford &amp; Patrick Geddes. The Correspondance&lt;/i&gt; (Londres, Routledge, 1995), est &#233;clairante.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La biblioth&#232;que verte de Thierry Paquot</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Thierry Paquot</dc:creator>



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&lt;p&gt;&#034;Ce vieux livre jauni a d'l'id&#233;e&#034; La biblioth&#232;que verte de Thierry Paquot &lt;br class='autobr' /&gt; De nombreux ouvrages contribuent depuis plus d'un si&#232;cle &#224; doter l'&#233;cologie politique de r&#233;f&#233;rences tant th&#233;oriques (manifestes, r&#233;cits utopiques, programmes alternatifs, romans &#224; th&#232;se, etc.) que pratiques (autobiographies de militant&#183;e&#183;s, comptes-rendus d'exp&#233;rimentations, guides techniques pour un habitat bioclimatique ou un chauffage solaire, l'agroforesterie ou le traitement des d&#233;chets, etc.), qui constituent une &#171; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-Lectures-" rel="directory"&gt;Lectures&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L150xH150/arton97-bc96a.png?1703349039' width='150' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#034;Ce vieux livre jauni a d'l'id&#233;e&#034;&lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;strong&gt;La biblioth&#232;que verte de Thierry Paquot&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;De nombreux ouvrages contribuent depuis plus d'un si&#232;cle &#224; doter l'&#233;cologie politique de r&#233;f&#233;rences tant th&#233;oriques (manifestes, r&#233;cits utopiques, programmes alternatifs, romans &#224; th&#232;se, etc.) que pratiques (autobiographies de militant&#183;e&#183;s, comptes-rendus d'exp&#233;rimentations, guides techniques pour un habitat bioclimatique ou un chauffage solaire, l'agroforesterie ou le traitement des d&#233;chets, etc.), qui constituent une &#171; biblioth&#232;que verte &#187; aux riches rayons en plusieurs langues. Promenons-nous du c&#244;t&#233; des &#201;tats-Unis du XIXe si&#232;cle de fa&#231;on buissonni&#232;re, en compagnie de Thierry Paquot.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Am&#233;rique, &#224; peine d&#233;couverte en 1492, attire toute une population europ&#233;enne bigarr&#233;e qui s'y installe pour en exploiter les richesses tant mini&#232;res qu'agricoles sans aucun &#233;gard pour les Indien&#183;ne&#183;s, qui au fil des si&#232;cles seront extermin&#233;s et parqu&#233;s dans des &#171; r&#233;serves &#187;. Terre d'accueil pour une population souvent mis&#233;rable qui fuit la pauvret&#233;, les &#201;tats-Unis vont se construire en conqu&#233;rant leur ind&#233;pendance de la couronne d'Angleterre puis en acqu&#233;rant de nouveaux territoires, non sans violence, unifiant une vaste contr&#233;e de la c&#244;te est &#224; la c&#244;te ouest, repoussant sans cesse la &#171; fronti&#232;re &#187;. La &#171; nature &#187; d&#233;couverte, d&#233;crite, cartographi&#233;e, souvent d&#233;natur&#233;e et cultiv&#233;e (sur la base de l'esclavagisme dans les vastes domaines du Sud), participe &#224; tout un imaginaire qui dotera l'Am&#233;ricain&#183;e &#8211; personnage r&#233;cent model&#233; avec de nombreuses argiles aux origines contrast&#233;es &#8211; d'une r&#233;f&#233;rence type : la petite maison dans la prairie. En effet, l'un des P&#232;res fondateurs, Thomas Jefferson, r&#234;ve d'une communaut&#233; de fermier&#183;e&#183;s, pacifiques, solidaires, propri&#233;taires. Il ne faut pas s'&#233;tonner alors si l'un des premiers romanciers am&#233;ricains, Fenimore Cooper, publie une saga, &lt;i&gt;Bas-de-Cuir&lt;/i&gt; , dont le premier volume s'intitule &lt;i&gt;Les Pionniers&lt;/i&gt; (1823) et le troisi&#232;me &lt;i&gt;La Prairie&lt;/i&gt; (1827), tandis que le premier &#171; intellectuel &#187; am&#233;ricain (American scholar), Ralph Waldo Emerson (1803-1882) publie en 1836 une conf&#233;rence rest&#233;e c&#233;l&#232;bre, Nature. &#192; sa suite, son jeune ami, Henry David Thoreau (1817-1862) va avec &lt;i&gt;Walden ou la vie dans les bois&lt;/i&gt; (publi&#233; en 1854) rendre compte de son exp&#233;rience de &#171; simplicit&#233; volontaire &#187; avant d'en appeler &#224; La D&#233;sob&#233;issance civile (1849) et de faire conna&#238;tre &#224; ses concitoyen&#183;ne&#183;s l'incroyable richesse &#171; naturelle &#187; des &#201;tats-Unis, &#224; qui sait l'observer, l'admirer, la respecter. Il serait facile de les d&#233;signer comme des &#171; &#233;cologistes &#187;, mais alors au prix d'un anachronisme. Emerson et Thoreau expriment dans leurs &#233;crits respectifs les ambivalences qu'ils vivent en m&#234;me temps que leur pays : la m&#233;canisation et l'urbanisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme les &#339;uvres, une fois publi&#233;es, n'appartiennent plus &#224; leurs auteurs mais &#224; leurs lecteurs, l'on peut admettre qu'ils figurent dor&#233;navant en bonne place dans la &#171; biblioth&#232;que verte &#187; de tout&#183;e militant&#183;e &#233;cologiste. Il ne faudrait pas pour autant en oublier quelques autres, tous aventuriers et naturalistes : George Marsh, John Wesley Powell, John Muir et John Burroughs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;George Perkins Marsh&lt;/strong&gt; (1801-1882), personnage haut en couleurs, na&#238;t &#224; Woodstock dans le Vermont. Juriste de formation, tour &#224; tour &#233;leveur de moutons, vendeurs de biens immobiliers, constructeurs de routes, il entre au Congr&#232;s en 1843 et est r&#233;&#233;lu aux &#233;lections suivantes. Il devient alors ambassadeur de son pays &#224; Constantinople (1849-1853), puis visite le Moyen-Orient o&#249; il herborise avant de rentrer aux &#201;tats-Unis enseigner l'anglais et de repartir en 1861 comme diplomate &#224; Turin, Florence et Rome. Il parle une vingtaine de langues, r&#233;dige la premi&#232;re grammaire islandaise en anglais et publie &lt;i&gt;Lectures on the English Language&lt;/i&gt; (1860) et &lt;i&gt;The Origin and History of the English Language and of the Early Literature It Embodies&lt;/i&gt; (1862). Avec &lt;i&gt;Man and Nature, Physical Geography as Modified by Human Action&lt;/i&gt; (1864) il &#233;tudie avec une certaine jubilation le monde vivant, les for&#234;ts, les cours d'eau et les oc&#233;ans, la terre et le sol, etc. Il consid&#232;re que tuer un oiseau revient &#224; se priver d'un incroyable &#171; semeur de graines &#187;. Il conseille la reforestation de nombreuses r&#233;gions bois&#233;es des &#201;tats-Unis victimes de coupes irraisonnables pour la construction, l'alimentation des machines &#224; vapeur, etc. Il sera en partie entendu. Lewis Mumford (1895-1990) lui consacre un tr&#232;s beau chapitre dans &lt;i&gt;The Brown Decades. A Study of the Arts in America, 1865-1895&lt;/i&gt; (1931) et le pr&#233;sente comme une &#171; source vive &#187; ( &lt;i&gt;fountainhead&lt;/i&gt; ).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;John Wesley Powell&lt;/strong&gt; (1834-1902) est le d&#233;couvreur des fleuves (Mississipi, Ohio, Illinois, Colorado,&#8230;) sur lesquels il navigue infatigablement tout en effectuant des relev&#233;s tant hydrologiques que g&#233;ographiques. Il parcourt le Grand Canyon et en explore les moindres plis, plissements et plissures sans oublier d'observer la faune, la flore et les Indien&#183;ne&#183;s. Il devient le directeur du &lt;i&gt;Bureau of Ethnology&lt;/i&gt; de la Smithsonian Institution et publie &lt;i&gt;Canyons of the Colorado&lt;/i&gt; (1895).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;John Muir&lt;/strong&gt; (1833-1914), n&#233; en &#201;cosse, suit ses parents qui migrent aux &#201;tats-Unis en 1849. Adolescent, il travaille &#224; la ferme paternelle tout en supportant tant bien que mal l'&#233;ducation religieuse et manifeste d'incroyables talents d'inventeur. Il met au point de nombreuses machines, en am&#233;liore d'autres&#8230; &#192; l'universit&#233;, il &#233;tudie les humanit&#233;s mais aussi la g&#233;ologie, la chimie et la botanique. Il fuit son pays en guerre, en 1864, pour le Canada qu'il visite durant deux ans. Apr&#232;s diverses m&#233;saventures, il devient berger dans la vall&#233;e de Yosemite, dont il tombe sous le charme. Il y accueillera, &#224; plusieurs reprises, Emerson, avec qui il entretient une correspondance. Il &#233;crit abondamment sur la nature qu'il &#233;tudie in situ (en particulier l'Alaska) et milite d&#232;s 1890 pour que la r&#233;gion de Yosemite devienne un parc national, ce qui adviendra en 1905. Entre temps, il a parcouru bien d'autres &#233;tats (le Dakota, le Wyoming, le Montana, l'&#233;tat de Washington, l'Oregon, la Californie&#8230;) et d'autres pays (France, Finlande, Russie, Inde, Chine, Japon, Australie, Hawa&#239;&#8230;). Il publie en 1894, &lt;i&gt;The Mountains of California&lt;/i&gt; , puis d'innombrables articles &#233;rudits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;John Burroughs&lt;/strong&gt; (1837-1921), fils de fermier, d'instituteur &#224; la campagne il se fait bureaucrate &#224; Washington, lit Emerson et Thoreau, rencontre Walt Whitman, sur qui il &#233;crit un essai, voyage en France et en Angleterre puis ach&#232;te une ferme, construit sa maison, observe la nature sur laquelle il va &#233;crire de tr&#232;s nombreux ouvrages pl&#233;biscit&#233;s par un public fid&#232;le de plus en plus large. Il devient l'ami de John Muir, participe &#224; la commission Harriman et doit raconter son exp&#233;dition en Alaska, en pr&#233;sentant la g&#233;ographie de ce pays, mais aussi d&#233;crire la faune et la flore et enqu&#234;ter sur ses habitant&#183;e&#183;s. Ces textes en font un &#171; sage &#187; des campagnes qui expose sa conception de la vie et du monde &#224; partir d'histoires &#171; naturelles &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces quatre auteurs sont tous anim&#233;s d'une incroyable curiosit&#233; envers la nature au point d'en devenir des observateurs savants, comp&#233;tents et militants. En effet, ce qui les rassemble, n'est pas une volont&#233; de &#171; prot&#233;ger &#187; la nature, mais de l'aimer pour elle-m&#234;me, dans ses &#233;volutions, ses transformations, ses tensions. Ils refusent &#224; la mettre sous cloche et cherchent toujours &#224; maintenir un contact physique, sensible, affectif avec ses manifestations. En faire des &#171; &#233;cologistes &#187; de la premi&#232;re heure serait exag&#233;r&#233;. Leo Marx avec &lt;i&gt;The Machine in the Garden&lt;/i&gt; (Oxford University Press, 1964) restitue le &#171; sentiment de la nature &#187; qui domine aux &#201;tats-Unis du XVIe si&#232;cle au d&#233;but du XXe si&#232;cle et pointe chez des auteurs comme Emerson, par exemple, de nombreuses ambigu&#239;t&#233;s quant &#224; la technique et &#224; la grande ville. Roderick Nash dans &lt;i&gt;Wilderness and the American Min&lt;/i&gt; d (Yale Universit&#233;y Press, 1967) &#233;tudie avec passion la place de la &#171; nature sauvage &#187; ( &lt;i&gt;wilderness&lt;/i&gt; ) dans la pens&#233;e am&#233;ricaine en s'attardant sur Thoreau, Muir et Aldo Leopold (1887-1948). Ces deux livres rendent intelligibles cette p&#233;riode qui contradictoirement associe les &#171; progr&#232;s &#187; techniques et leurs irresponsables accidents &#224; la c&#233;l&#233;bration d'une nature, sauvage ou cultiv&#233;e, constitutive de l'humanit&#233; m&#234;me de l'humain. Ce que celui-ci a tendance &#224; oublier&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;En guise de notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;George Perkins Marsh. Prophet of Conservation&lt;/i&gt; , University of Washington Press, 2000, par David Lowenthal en attendant la traduction de son &#339;uvre ma&#238;tresse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;Souvenirs d'enfance et de jeunesse&lt;/i&gt; (Corti, 2004), &lt;i&gt;Quinze cents kilom&#232;tres &#224; pied &#224; travers l'Am&#233;rique profonde&lt;/i&gt; (Corti, 2006), &lt;i&gt; Journal de voyage dans l'Arctique&lt;/i&gt; (Corti, 2008) et &lt;i&gt;C&#233;l&#233;brations de la Nature&lt;/i&gt; (Corti, 2011) de John Muir, tous excellemment traduits et annot&#233;s par Andr&#233; Fayot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;Construire sa maison&lt;/i&gt; (Premi&#232;res Pierres, 2005) et &lt;i&gt;L'Art de voir les choses&lt;/i&gt; (&#171; Pages choisies &#187;, F&#233;d&#233;rop, 2007) de John Burroughs, traduits et pr&#233;sent&#233;s par Jo&#235;l Cornuault.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Thierry Paquot, philosophe de l'urbain, est l'auteur de nombreux ouvrages, dont &lt;i&gt;L'Ami-Livre. Confidences d'un bouquinomane&lt;/i&gt; (Vichy, La Br&#232;che, 2010).&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Quelle vacance ?</title>
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		<dc:creator>Thierry Paquot</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;par Thierry Paquot &lt;br class='autobr' /&gt;
Avec l'&#233;t&#233;, la fin de l'&#233;cole, les cong&#233;s pay&#233;s, le ralentissement g&#233;n&#233;ral, vient le temps des vacances, p&#233;riode b&#233;nie o&#249; l'on ne travaille plus de mani&#232;re contrainte, heureux moment consacr&#233; aux seuls loisirs&#8230; Pourtant le mot &#171; vacance &#187;, qui d&#233;rive du latin vacare (&#171; &#234;tre vide &#187;, &#171; &#234;tre libre &#187;, &#171; avoir du temps &#187;) et qui va donner en fran&#231;ais &#171; vaquer &#187;, c'est-&#224;-dire se consacrer &#224; telle activit&#233;, d&#233;signe avant tout la possibilit&#233; de l'oisivet&#233;. Se rendre &#171; vacant&#183;e &#187; c'est devenir (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-Invite-" rel="directory"&gt;Invit&#233;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class='spip_document_8 spip_documents'&gt;&lt;a href='https://lan02.butternet.net/IMG/jpg/invite-color2.jpg' type=&#034;image/jpeg&#034; title=&#034;invit&#233;-color&#034;&gt;&lt;img src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L150xH111/invite-color2-7d5de-6db63.jpg?1698011313' width='150' height='111' alt='invit&#233;-color {JPEG}' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;par Thierry Paquot&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'&#233;t&#233;, la fin de l'&#233;cole, les cong&#233;s pay&#233;s, le ralentissement g&#233;n&#233;ral, vient le temps des vacances, p&#233;riode b&#233;nie o&#249; l'on ne travaille plus de mani&#232;re contrainte, heureux moment consacr&#233; aux seuls loisirs&#8230; Pourtant le mot &#171; vacance &#187;, qui d&#233;rive du latin &lt;i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
vacare&lt;/i&gt; (&#171; &#234;tre vide &#187;, &#171; &#234;tre libre &#187;, &#171; avoir du temps &#187;) et qui va donner en fran&#231;ais &#171; vaquer &#187;, c'est-&#224;-dire se consacrer &#224; telle activit&#233;, d&#233;signe avant tout la possibilit&#233; de l'oisivet&#233;. Se rendre &#171; vacant&#183;e &#187; c'est devenir disponible pour autre chose que ce qu'on fait d'habitude. Cette id&#233;e d'une libert&#233; ordinaire se retrouve bien dans l'expression &#171; poste vacant &#187;, c'est-&#224;-dire &#171; libre &#187;. Un temps &#171; occup&#233; &#187; n'est pas &#171; libre &#187;, un territoire &#171; occup&#233; &#187; n'est pas &#171; libre &#187;, un peuple &#171; occup&#233; &#187; n'est pas &#171; libre &#187;&#8230; Occupation ou libert&#233;, l'alternative semble simple&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, la soci&#233;t&#233; de consommation persuade chaque individu qu'il a &lt;i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
droit&lt;/i&gt; &lt;i&gt; &lt;/i&gt; &#224; des vacances. Qu'il &lt;i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
doit&lt;/i&gt; &lt;i&gt; &lt;/i&gt; les prendre et en confier l'organisation &#224; un professionnel, industriel des loisirs. Du coup, ces vacances deviennent une consommation et perdent en partie leur qualit&#233; d'inutilit&#233; et d'improvisation, leur statut hors &#233;conomie marchande, de temporalit&#233; ind&#233;termin&#233;e, sans &#171; temps-pour &#187;, ouverte &#224; l'impr&#233;vu... La soci&#233;t&#233; de consommation &#8211; et toute l'organisation du travail &#8211;, transforme ce droit en devoir, le &#171; devoir de vacance &#187; ! Le mauvais citoyen est celui qui ne participe pas &#224; la vaste transhumance de juillet-ao&#251;t, qui choisit ses rythmes &#224; lui et se trouve &#224; contretemps des autres. Chaque salari&#233;&#183;e doit &#224; l'avance &#171; poser &#187; ses jours sur le gigantesque calendrier impersonnel et faire le compte de sa RTT. Et alors vient l'angoisse du &#171; &lt;i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s l'enfance, on nous conditionne au temps plein. Un&#183;e instituteur/rice qui n'occupe pas les enfants en permanence, tol&#232;re des pauses, favorise la r&#234;verie, g&#233;n&#232;re inexorablement la fronde de parents m&#233;contents et p&#233;titionnaires : &#171; &lt;i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Quoi, elle/il ne sait pas leur donner du travail !&lt;/i&gt; &#187; Pourtant, ces instants &lt;i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
entre-deux&lt;/i&gt; activit&#233;s, cette mise sur la touche du jeu collectif, cet &lt;i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224;-c&#244;t&#233;&lt;/i&gt; du temps occup&#233;, compt&#233;, attribu&#233;, s'av&#232;rent particuli&#232;rement pr&#233;cieux, autant pour la chronobiologie de l'enfant que pour sa capacit&#233; &#224; unifier les pi&#232;ces de ce puzzle d&#233;nomm&#233; &#171; vie quotidienne &#187;. Aussi n'est-il gu&#232;re &#233;tonnant que la/le futur&#183;e vacancier/&#232;re redoute un temps &#171; vide &#187;, tant elle/il est tributaire des rythmes sociaux, de l' &lt;i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
emploi&lt;/i&gt; du temps, des horaires impos&#233;s, de cette chronophagie sans souplesse. Alors m&#234;me qu'une heure ne vaut jamais une autre heure. Une heure d'attente est bien longue tandis qu'une heure de lecture qui vous transporte est toujours trop courte !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la formule &#171; partir en vacances &#187;, il y a &#171; partir &#187; et &#171; vacances &#187;. &#171; Partir &#187;, afin de rompre avec la routine et ses paysages familiers et &#171; vacances &#187; pour oser d&#233;guster le temps telle une gourmandise, en r&#233;orienter le cours, en perturber le d&#233;roul&#233; chronologique, le faire sien. Pour jouir de ses vacances, il convient d'apprendre &#224; &#234;tre vacant&#183;e, c'est-&#224;-dire &#224; combiner la disponibilit&#233; et la disposition, ou pour le dire autrement savoir &#234;tre attentif/ve et attentionn&#233;&#183;e ! On vous le rendra bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thierry Paquot milite pour une &#233;cologie temporelle dans son &lt;i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Art de la sieste&lt;/i&gt; (Zulma, 1998) et son &lt;i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Petit Manifeste pour une &#233;cologie existentielle&lt;/i&gt; &lt;i&gt; &lt;/i&gt; (Bourin-&#233;diteur, 2007). Dans &lt;i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Un philosophe en ville&lt;/i&gt; &lt;i&gt; &lt;/i&gt; (Infolio, 2011), il aborde les saisons, les jours, les nuits, la quotidiennet&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Vous avez dit &#171; proximit&#233; &#187; ?</title>
		<link>https://lan02.butternet.net/Vous-avez-dit-proximite</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Thierry Paquot</dc:creator>



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&lt;p&gt;par Thierry Paquot &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Circuits courts &#187;, &#171; produits du terroir &#187;, &#171; mat&#233;riaux locaux &#187;, &#171; commerces de proximit&#233; &#187;, &#171; livraisons &#224; domicile &#187;, &#171; comit&#233;s de quartier &#187;, &#171; repas d'immeuble &#187;, &#171; f&#234;te des voisin&#183;e&#183;s &#187; &#8211; que sais-je encore ? &#8211; la limitation des d&#233;placements, des gens et des biens, s'impose de plus en plus comme l'expression &#233;vidente du bon sens. Pourtant l'&#234;tre humain d&#233;sire sortir, aller ailleurs, parcourir le monde&#8230; Comment penser un tel paradoxe d'un point de vue environnemental ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Qui n'est pas en col&#232;re (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-Invite-" rel="directory"&gt;Invit&#233;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_8 spip_documents'&gt;&lt;a href='https://lan02.butternet.net/IMG/jpg/invite-color2.jpg' type=&#034;image/jpeg&#034; title=&#034;invit&#233;-color&#034;&gt;&lt;img src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L150xH111/invite-color2-7d5de-6db63.jpg?1698011313' width='150' height='111' alt='invit&#233;-color {JPEG}' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;par Thierry Paquot&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Circuits courts &#187;, &#171; produits du terroir &#187;, &#171; mat&#233;riaux locaux &#187;, &#171; commerces de proximit&#233; &#187;, &#171; livraisons &#224; domicile &#187;, &#171; comit&#233;s de quartier &#187;, &#171; repas d'immeuble &#187;, &#171; f&#234;te des voisin&#183;e&#183;s &#187; &#8211; que sais-je encore ? &#8211; la limitation des d&#233;placements, des gens et des biens, s'impose de plus en plus comme l'expression &#233;vidente du bon sens. Pourtant l'&#234;tre humain d&#233;sire sortir, aller ailleurs, parcourir le monde&#8230; Comment penser un tel paradoxe d'un point de vue environnemental ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui n'est pas en col&#232;re d'apprendre que les crevettes p&#234;ch&#233;es en mer du Nord sont d&#233;cortiqu&#233;es et pr&#233;par&#233;es au Maroc avant de parader dans l'assiette du consommateur europ&#233;en ? Et le jus d'orange californien qui parcourt 8000 kilom&#232;tres avant d'atterrir dans votre verre ? Et le petit yaourt tout inoffensif et si onctueux, pourquoi totalise-t-il des centaines de kilom&#232;tres lui aussi avant de caresser votre langue ? Le container, voil&#224; le coupable ! C'est lui, et plus g&#233;n&#233;ralement le transport maritime, si peu co&#251;teux, qui expliquerait ces incroyables circonvolutions plan&#233;taires. Certes le commerce au loin ne date pas d'hier, pourtant ce sont dor&#233;navant des produits d' &lt;i&gt;ici&lt;/i&gt; qui viennent de &lt;i&gt;l&#224;-bas&lt;/i&gt; et r&#233;ciproquement, suite &#224; la globalisation et &#224; une nouvelle division internationale du travail qui d&#233;localise et relocalise incessamment les entreprises, les cultures, la main d'&#339;uvre, d'o&#249; d'invraisemblables trafics aux m&#233;faits rarement comptabilis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ce tournis programm&#233;, gaspilleur d'&#233;nergies, de temps, de terres, destructeur d'&#233;cosyst&#232;mes aquatiques et traumatisant pour les populations concern&#233;es (migrations forc&#233;es ici et d&#233;structuration &#233;conomico-territorales l&#224;), il para&#238;t tout bonnement raisonnable d'&#233;conomiser les transports et de consommer principalement ce qui est produit localement. Pourquoi mille citadins se rendraient-ils avec mille automobiles &#224; l'hypermarch&#233; r&#233;gional alors qu'une poign&#233;e de marchands ambulants pourraient les desservir, tout comme quelques AMAP&#8230; Des villages urbains et des quartiers de villes accueilleraient avec satisfaction la pr&#233;sence de services, d'artisans, de boutiques accessibles &#224; pied ou &#224; v&#233;lo. Pourquoi le t&#233;l&#233;travail n'est-il pas davantage stimul&#233; ? Comment ne pas mieux recycler, r&#233;parer, r&#233;cup&#233;rer, r&#233;utiliser pour contrer l'obsolescence impos&#233;e ? C'est chaque territoire qu'il convient de reconfigurer, non plus &#224; l'aune du productivisme mais &#224; celui de l'exigence environnementale, afin de cr&#233;er des bio-r&#233;gions ayant leurs propres instances politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'habitant&#183;e ? Doit-il ou elle ne plus bouger au risque de para&#238;tre environnementalement incorrect ? L'enfant veut jouer dehors, l'adolescent&#183;e d&#233;couvrir le monde, l'adulte changer d'air. La g&#233;ographie existentielle de chacun&#183;e est dor&#233;navant r&#233;elle et virtuelle, g&#233;ographique et num&#233;rique, continue et discontinue. Elle s'inscrit dans un monde sans cesse renouvel&#233; et consid&#232;re &#224; la suite de Miguel Torga, &#233;crivain portugais, que &#171; l'universel, c'est le local moins les murs &#187;. Oui, opposons l'universalit&#233; de la condition humaine (celle qui dialectiquement combine le proche et le lointain) &#224; la tyrannie des mobilit&#233;s contraintes promues par un capitalisme d&#233;vastateur. Osons le local et l'ailleurs qui sont notre richesse !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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