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	<title>L'An 02</title>
	<link>https://lan02.butternet.net/</link>
	<description>L'An 02 est un outil &#233;colo de diffusion et de partage, un passeur d'id&#233;es hors des cercles confidentiels.
De 2011 &#224; 2015, L'An 02 a &#233;t&#233; une revue papier, en couleurs, multipliant les formes, notamment graphiques : photo-reportage, peinture, installation, typographie, bande dessin&#233;e. Cette dimension-l&#224; ne se retrouve que dans la revue papier, toujours en vente en librairie ou par correspondance. Retrouvez sur ce nouveau site tous les textes, un dossier au traitement mosa&#239;que enrob&#233; de chroniques grin&#231;antes, de lectures in-con-tour-na-bles et de reportages militants.
D&#233;sormais, L'An 02 propose &#224; chaque changement de saison une livraison de chroniques de livres r&#233;cents qui nous aident &#224; penser l'&#233;cologie politique, la d&#233;croissance et la technocritique.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>L'An 02</title>
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		<title>Des savoirs populaires &#224; l'&#233;cologie politique</title>
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		<dc:date>2012-07-01T19:55:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Fran&#231;ois de Beaulieu</dc:creator>



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&lt;p&gt;Alors que l'&#233;cologie politique est pr&#233;sent&#233;e comme un ph&#233;nom&#232;ne urbain de privil&#233;gi&#233;&#183;e&#183;s, retour sur une &#233;vidence pour Fran&#231;ois de Beaulieu, historien et administrateur de l'association naturaliste Bretagne Vivante : l'&#233;cologie est aux racines de la culture populaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Un sacr&#233; samedi d'avant les d&#233;fendu de, verboten, forbidden. Un samedi qui aurait pu durer sans fin dans les &#233;pices, le rythme et la joie partag&#233;e &#8211; si vous ne l'aviez d&#233;truit de vos mains. Bandes de cons. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Andr&#233; Hardellet, Les Chasseurs , (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-No2-L-ecologie-contre-le-peuple-" rel="directory"&gt;N&#176;2 : L'&#233;cologie contre le peuple ?&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Alors que l'&#233;cologie politique est pr&#233;sent&#233;e comme un ph&#233;nom&#232;ne urbain de privil&#233;gi&#233;&#183;e&#183;s, retour sur une &#233;vidence pour Fran&#231;ois de Beaulieu, historien et administrateur de l'association naturaliste Bretagne Vivante : l'&#233;cologie est aux racines de la culture populaire.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un sacr&#233; samedi d'avant les d&#233;fendu de, verboten, forbidden. Un samedi qui aurait pu durer sans fin dans les &#233;pices, le rythme et la joie partag&#233;e &#8211; si vous ne l'aviez d&#233;truit de vos mains. Bandes de cons. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Andr&#233; Hardellet, &lt;i&gt;Les Chasseurs&lt;/i&gt; , 1966&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cela se passe sous nos yeux. Si vite &#224; l'&#233;chelle de l'histoire des hommes et si lentement &#224; l'&#233;chelle de l'histoire d'un seul homme que nous avons du mal &#224; le voir. La civilisation rurale, apr&#232;s &#224; peine 10 000 ans d'existence, rend son dernier soupir en Europe. Pourtant, de la m&#233;moire individuelle de ceux et celles qui sont n&#233;&#183;e&#183;s avant 1960 en milieu rural, voire suburbain, pourraient surgir les mille raisons de se r&#233;volter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; De mon temps&#8230; on remplissait une boite d'allumettes avec des sauterelles en dix minutes dans la prairie pr&#232;s de la voie ferr&#233;e&#8230; en &#233;t&#233;, on devait nettoyer les pare-brise couverts d'insectes tous les trois jours&#8230; le soir, quand on d&#238;nait dehors, il y avait toujours des papillons de nuit &#224; tourner autour de la lampe&#8230; &#187; Ces savoirs naturalistes basiques ne doivent rien &#224; l'&#233;cologie scientifique ou aux documentaires animaliers. Ils sont la traduction sensible d'une culture longtemps rest&#233;e coll&#233;e aux chaussures boueuses de ceux et celles qui sont parti&#183;e&#183;s voir &#224; la ville si l'air &#233;mancipait vraiment. On a pu voir que, s'ils en avaient la libert&#233;, les ouvrier&#183;e&#183;s recr&#233;aient sur le moindre bout de terrain une ferme en mod&#232;le r&#233;duit. D'autres emmenaient leurs enfants &#224; la p&#234;che ou aux champignons comme pour continuer &#224; f&#234;ter le printemps et l'automne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Les pieds sur terre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces 10 000 ans de ruralit&#233; ont tiss&#233; des savoirs, des pratiques et une culture qui ont fa&#231;onn&#233; les paysages europ&#233;ens (ager, hortus, saltus). En livrant une grande partie de ces paysages &#224; l'agriculture intensive et le reste &#224; la for&#234;t industrielle ou &#224; la friche, le productivisme forcen&#233; a tent&#233; de balayer la culture populaire qui s'enracinait dans des &#233;quilibres &#233;cologiques robustes. Ainsi, en zone m&#233;diterran&#233;enne, on savait jouer avec le feu sans que cela vire &#224; la catastrophe ; ainsi, en Bretagne, on savait am&#233;liorer l'ordinaire avec des oiseaux de mer sans que cela tourne &#224; l'extinction d'une esp&#232;ce ; ainsi, un peu partout o&#249; il y avait des marais on savait jouer avec l'eau pour nourrir les hommes et les b&#234;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des milliers de dictons, mimologismes, contes, chants, l&#233;gendes et r&#233;cits t&#233;moignent d'une compr&#233;hension proprement &#233;cologique du monde. Un chant traditionnel breton (recueilli en 1835) explique d&#233;j&#224; comment les talus jouent un r&#244;le dans la r&#233;sistance &#224; l'&#233;rosion et aux &#233;carts thermiques et hydriques : &#171; La premi&#232;re chose c'est de faire des talus. / Sans talus, tu n'auras rien. / Si tu laisses ton champ ouvert / Au vent sauvage, au vent de mer, / Il ne te restera pas dedans / De quoi remplir l'escarcelle du barde &#187;. Les signes annonciateurs du printemps &#233;taient aussi pr&#233;cieux au plan psychologique que pour le calage du calendrier agraire ; nous mesurons mal la complexit&#233; des observations crois&#233;es des plantes et des animaux (sans &#234;tre paysan, Ch&#226;teaubriand savait, comme tout enfant du voisinage, qu'aux environs de Combourg pas moins de cinq oiseaux annon&#231;aient le printemps).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un double processus de destruction, de la nature et des cultures qui s'y enracinaient, est &#224; l'&#339;uvre depuis soixante ans. Dans un m&#234;me mouvement les agriculteurs et agricultrices ont perdu tout contr&#244;le sur leur travail et sur la m&#233;moire collective qui leur permettait de lire la nature o&#249; s'inscrivait leur action. C'est le march&#233; qui d&#233;tient d&#233;sormais la clef des champs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Il n'y en aura pas pour tout le monde&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que, dans les ann&#233;es 1970, le mouvement &#233;cologiste s'&#233;tait d&#233;velopp&#233; en France sur une base fortement implant&#233;e dans le monde rural (combats contre le remembrement, l'extension du camp du Larzac, l'enr&#233;sinement&#8230;) et en lien avec les associations de protection de la nature, l'&#233;cologie politique s'est d&#233;velopp&#233;e sur une base urbaine aussi ignorante qu'indiff&#233;rente aux enjeux li&#233;s &#224; la protection de la nature. Consid&#233;rant en quelque sorte qu'elle n'avait rien &#224; prouver dans ce domaine qui lui &#233;tait comme acquis par principe, l'&#233;cologie politique a de fait d&#233;sert&#233; le champ de la biodiversit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans un retour aux sources, elle restera coup&#233;e des racines de la culture populaire. De m&#234;me, sans une reconqu&#234;te de leur territoire et de sa compr&#233;hension globale, les ruraux et les urbain&#183;e&#183;s prol&#233;taris&#233;&#183;e&#183;s resteront &#224; la merci de l'id&#233;ologie dominante. La nature reste l'indispensable point de jonction entre les deux cultures. Et on aurait tort de croire que la marche restera longue pour le peuple. Il existe une conscience aigu&#235; de tous les grands enjeux (1). Au fond, chacun&#183;e sait d&#233;j&#224; qu'il n'y en aura pas pour tout le monde. Et la r&#233;volte ne peut que monter contre la minorit&#233; qui d&#233;truit la plan&#232;te en s'arrogeant tous droits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Un sondage r&#233;alis&#233; par Harris Interactive souligne que de 95 % &#224; 84 % des Fran&#231;ai&#183;se&#183;s estiment qu'il est important de s'occuper dans les ann&#233;es &#224; venir de la pollution de l'eau et de l'air, de l'extinction des esp&#232;ces animales et v&#233;g&#233;tales, de l'&#233;puisement des ressources fossiles et du r&#233;chauffement climatique. Une autre enqu&#234;te men&#233;e par le Credoc sur les attitudes des Fran&#231;ai&#183;se&#183;s en mati&#232;re de d&#233;veloppement durable montre qu'une &#233;crasante majorit&#233; (93 %) pense que les comportements individuels peuvent avoir un &#171; impact important &#187; sur l'environnement ; de m&#234;me, 80 % estiment qu'ils pourraient &#171; faire mieux &#187; dans ce domaine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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