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	<title>L'An 02</title>
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	<description>L'An 02 est un outil &#233;colo de diffusion et de partage, un passeur d'id&#233;es hors des cercles confidentiels.
De 2011 &#224; 2015, L'An 02 a &#233;t&#233; une revue papier, en couleurs, multipliant les formes, notamment graphiques : photo-reportage, peinture, installation, typographie, bande dessin&#233;e. Cette dimension-l&#224; ne se retrouve que dans la revue papier, toujours en vente en librairie ou par correspondance. Retrouvez sur ce nouveau site tous les textes, un dossier au traitement mosa&#239;que enrob&#233; de chroniques grin&#231;antes, de lectures in-con-tour-na-bles et de reportages militants.
D&#233;sormais, L'An 02 propose &#224; chaque changement de saison une livraison de chroniques de livres r&#233;cents qui nous aident &#224; penser l'&#233;cologie politique, la d&#233;croissance et la technocritique.</description>
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		<title>L'An 02</title>
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		<title>Repenser la question sociale</title>
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		<dc:date>2012-07-01T00:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Sandrine Rousseau</dc:creator>



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&lt;p&gt;La question sociale demeure prisonni&#232;re d'un cadre de pens&#233;e productiviste, mais l'&#233;cologie politique lui offre une opportunit&#233; de renouveau. Par Sandrine Rousseau, &#233;conomiste et membre du bureau ex&#233;cutif d'EELV. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;cologie est-elle un luxe ? Il est vrai que, dans les campagnes &#233;lectorales o&#249; les questions de ch&#244;mage et de pouvoir d'achat sont centrales, les &#233;cologistes sont &#224; la peine. On leur reproche souvent d'avoir pour seul programme social la cr&#233;ation &#171; d'emplois verts &#187;, entre greenwashing de (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-No2-L-ecologie-contre-le-peuple-" rel="directory"&gt;N&#176;2 : L'&#233;cologie contre le peuple ?&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;La question sociale demeure prisonni&#232;re d'un cadre de pens&#233;e productiviste, mais l'&#233;cologie politique lui offre une opportunit&#233; de renouveau. Par Sandrine Rousseau, &#233;conomiste et membre du bureau ex&#233;cutif d'EELV.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cologie est-elle un luxe ? Il est vrai que, dans les campagnes &#233;lectorales o&#249; les questions de ch&#244;mage et de pouvoir d'achat sont centrales, les &#233;cologistes sont &#224; la peine. On leur reproche souvent d'avoir pour seul programme social la cr&#233;ation &#171; d'emplois verts &#187;, entre &lt;i&gt;greenwashing&lt;/i&gt; de m&#233;tiers traditionnels et cr&#233;ation d'activit&#233;s annexes. Pourtant la lutte contre la pr&#233;carit&#233;, le mal travail et les emplois ind&#233;cents sont au c&#339;ur du message &#233;cologiste. Mais ce discours pour une &#171; &#233;cologie sociale &#187; est-il audible ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Red&#233;finir le social&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord un constat : la d&#233;finition de ce qui est &#171; social &#187; n'a rien de naturel. Elle est marqu&#233;e par le compromis salarial fordiste, ou, pour le dire autrement, est per&#231;u comme &#171; social &#187; ce qui s'accorde avec un d&#233;placement vers les salari&#233;&#183;e&#183;s du curseur du compromis salarial fordiste. Rappelons-en les grandes lignes : une hausse majeure de la productivit&#233; (et donc une ali&#233;nation plus grande du travailleur) en &#233;change d'une s&#233;paration stricte entre travail et hors travail, et une croissance r&#233;guli&#232;re du pouvoir d'achat. D'un c&#244;t&#233; abandon de l'autonomie, de l'autre am&#233;lioration de la capacit&#233; &#224; accumuler les biens mat&#233;riels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le progr&#232;s technique, des ressources environnementales gratuites et la mise au travail salari&#233; des femmes ont en grande partie permis de faire fonctionner ce consensus relatif jusqu'aux ann&#233;es 1980. Mais depuis trente ans ce mod&#232;le a atteint ses limites sociales, environnementales et familiales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent, c'est la crise de l'emploi qui a le plus attir&#233; l'attention. Le ch&#244;mage de masse a mis &#224; l'agenda les &#171; plans &#187; de cr&#233;ation d'emplois : pression sur le SMIC, all&#232;gements de cotisations, d&#233;gr&#232;vements en tous genres, usage de travailleurs bon march&#233; (d&#233;localis&#233;&#183;e&#183;s, immigr&#233;&#183;e&#183;s, femmes en reprise d'activit&#233;, etc.). Ces politiques ont eu en commun de mettre l'accent sur la dimension quantitative de l'emploi, laissant dans l'ombre les questions li&#233;es &#224; la qualit&#233; et au sens des emplois ainsi cr&#233;&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A travers ce nouvel objectif &#8211; la baisse du co&#251;t du travail &#8211; la bourgeoisie a pu prot&#233;ger ses positions en profitant de deux atouts : son patrimoine (et les revenus qui en d&#233;coulent), et la schizophr&#233;nie du travailleur fordiste. Les riches ont la possibilit&#233; de &#171; vendre &#187; un travail qualifi&#233;. Ils et elles ach&#232;tent ensuite en grande partie des biens ayant requis une force de travail peu qualifi&#233;e, achet&#233;e &#224; vil prix... Pour les pauvres, la situation est plus compliqu&#233;e : ils et elles vendent et ach&#232;tent ce travail devenu bon march&#233;. Alors si pour les un&#183;e&#183;s la baisse du co&#251;t du travail devient ais&#233;ment un objectif souhaitable puisqu'il rench&#233;rit leur pouvoir d'achat relatif... Pour les second&#183;e&#183;s la situation est plus complexe : les int&#233;r&#234;ts du consommateur et du travailleur non qualifi&#233; sont bien souvent antagoniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cologie politique est, &#224; l'oppos&#233;, une rupture fondamentale de ce compromis. Elle ne souhaite pas ren&#233;gocier la position du curseur, elle vise &#224; remettre en cause les termes de l'&#233;change. En ce sens, sa position &#171; sociale &#187; est plus complexe. Elle ne peut se contenter d'affirmer vouloir distribuer plus de pouvoir d'achat. C'est la notion m&#234;me qui doit &#234;tre d&#233;construite, avec celles de productivit&#233; et de croissance...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Transformer l'emploi&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mod&#232;le &#233;cologiste peut d&#233;fendre un nouvel &#233;change s'appuyant sur la double transformation de l'emploi et de la consommation. Or, changer l'emploi ne consiste pas &#224; cr&#233;er des &#171; emplois verts &#187; (dans le cadre d'une croissance verte et qui permettrait de distribuer des gains de productivit&#233; verts sous forme de voitures vertes, de lessives vertes et de papiers recycl&#233;s...) mais &#224; rendre les emplois r&#233;ellement &#171; soutenables &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un nouveau rapport salarial doit &#234;tre construit autour de trois transformations radicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Changement d'abord des modes de r&#233;mun&#233;ration. Le salaire repose traditionnellement sur l'id&#233;e d'un &#233;change individualis&#233; entre un employeur et un&#183;e salari&#233;&#183;e. Il r&#233;mun&#232;re une qualification, un effort, un m&#233;rite individuels... Or la production rel&#232;ve d'un processus collectif. Les comp&#233;tences sont socialement produites, la productivit&#233; n'est pas individualisable, la r&#233;ussite ou non d&#233;pend bien plus d'une conjonction de facteurs collectifs que de l'h&#233;ro&#239;sme d'un producteur isol&#233;. Par cons&#233;quent la r&#233;mun&#233;ration (et la qualit&#233; des emplois) ne peut pas &#234;tre individualis&#233;e, et nous devons aller vers une socialisation croissante des revenus. Si le salaire ne repr&#233;sente pas une contribution individuelle &#224; la production (impossible &#224; &#233;tablir de mani&#232;re cr&#233;dible), alors les in&#233;galit&#233;s que l'on observe ne se justifient pas. L'augmentation des minima sociaux et du SMIC, la mise en place d'un salaire maximal, le retour &#224; une fiscalit&#233; fortement progressive sont les traductions concr&#232;tes de ce constat simple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me r&#233;volution : celle du temps de travail. Le fordisme a scell&#233; une s&#233;paration stricte entre travail et hors-travail. La flexibilisation r&#233;cente a remis en cause cette situation en permettant au travail de d&#233;border sur la vie priv&#233;e et familiale (imposition d'horaires flexibles et a-sociaux, travail au sifflet, etc.). Le mod&#232;le de production &#233;cologiste doit imposer le hors-travail &#224; l'entreprise : cong&#233;s parentaux ou pour activit&#233; b&#233;n&#233;vole, assouplissement des r&#232;gles d'absences, renouveau de la r&#233;gulation des pauses et de l'intensit&#233; du travail, d&#233;veloppement de la formation des adultes (au-del&#224; de la stricte formation professionnelle).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me axe de transformation : la r&#233;appropriation par les salari&#233;s de leur travail. Trente ans apr&#232;s les lois Auroux, il est plus que temps de redonner une impulsion &#224; la d&#233;mocratie en entreprise. La production est collective, les d&#233;cisions doivent l'&#234;tre &#233;galement. La pr&#233;sence syndicale, le r&#244;le des instances repr&#233;sentatives, les droits individuels face &#224; la hi&#233;rarchie ne sont pas des gadgets pour temps prosp&#232;res mais les exigences d'un nouveau rapport salarial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, c'est le mode de consommation qu'il convient de modifier radicalement en promouvant une autre approche de la richesse. L'accumulation mat&#233;rielle de biens individuels a atteint ses limites. Les gains en termes d'efficacit&#233; &#233;nerg&#233;tique ne seront pas &#224; la hauteur des enjeux. De nombreux travaux ont montr&#233; que le bien-&#234;tre n'est pas corr&#233;l&#233; &#224; la richesse mat&#233;rielle : le temps libre, l'acc&#232;s &#224; des services non marchands, l'usage de biens collectifs sont des &#233;l&#233;ments essentiels, aux impacts environnementaux limit&#233;s, qu'il faut d&#233;velopper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la dimension &#171; sociale &#187; de l'&#233;cologie politique tient surtout &#224; son objectif prioritaire de lutte contre les in&#233;galit&#233;s. La raret&#233; implique in&#233;vitablement un partage des ressources et cela d'autant plus que l'impact sur l'environnement de la consommation des plus riches est particuli&#232;rement grand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Changement du travail, transformation de la consommation, marche vers une plus grande &#233;galit&#233;, l'&#233;cologie politique n'est pas un peu, beaucoup ou passionn&#233;ment sociale. Elle n'est pas partiellement compatible avec le socialisme, elle en est le renouvellement, l'approfondissement, l'adaptation incontournable &#224; un monde &#233;puis&#233;. Pour souligner le potentiel de radicalit&#233; que contient l'&#233;cologie, certains parlent d'&#233;co-socialisme. L'expression est belle, mais cela pourrait bien &#234;tre, tout compte fait, un pl&#233;onasme.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Faut-il taxer l'&#233;nergie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans notre mod&#232;le marchand, le syst&#232;me de prix offre des signaux sur lesquels on peut agir : taxer certaines consommations et en subventionner d'autres est &#224; la base de la fiscalit&#233; &#233;cologique. (...) L'instauration d'une contribution climat-&#233;nergie qui permette &#224; terme de donner un signal-prix sur les consommations les plus polluantes est n&#233;cessaire. (&#8230;) La critique la plus fr&#233;quemment adress&#233;e &#224; ce type de mesures est qu'elles seraient particuli&#232;rement p&#233;nalisantes pour les plus pauvres. (&#8230;) Les d&#233;penses &#233;nerg&#233;tiques couvrent en effet pr&#232;s de 15 % des revenus des 20 % les plus pauvres, contre &#224; peine 6 % de ceux les plus riches ou encore 6 % pour les Parisiens et 12 % pour les ruraux&#8230; Pourtant, une taxe de ce type est aussi l'occasion de redistribuer les richesses. (&#8230;) Ainsi, redistribu&#233;e int&#233;gralement de mani&#232;re forfaitaire aux m&#233;nages, une taxe de 40 euros par tonne de carbone am&#233;liorerait de 0,5 % le revenu consomm&#233; r&#233;el des 20 % les plus pauvres. Ce montant d&#233;passerait 2 % pour une taxe de 200 euros la tonne. Mieux, rien ne nous emp&#234;che d'imaginer un transfert lui-m&#234;me progressif, &#224; l'image de ce qui a &#233;t&#233; fait au Danemark, o&#249; la moiti&#233; des gains issus d'une taxe environnementale a &#233;t&#233; utilis&#233;e pour les allocations familiales. Certes, les plus pauvres consomment proportionnellement des biens plus intenses en &#233;nergie et en carbone, mais ils consomment toujours beaucoup moins en valeur absolue [que les plus riches]. La redistribution est ainsi relativement ais&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sandrine Rousseau, &lt;i&gt;Oui, l'&#233;cologie, c'est social !&lt;/i&gt; , Les Petits Matins, 2012, pp. 93-96.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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