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	<title>L'An 02</title>
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	<description>L'An 02 est un outil &#233;colo de diffusion et de partage, un passeur d'id&#233;es hors des cercles confidentiels.
De 2011 &#224; 2015, L'An 02 a &#233;t&#233; une revue papier, en couleurs, multipliant les formes, notamment graphiques : photo-reportage, peinture, installation, typographie, bande dessin&#233;e. Cette dimension-l&#224; ne se retrouve que dans la revue papier, toujours en vente en librairie ou par correspondance. Retrouvez sur ce nouveau site tous les textes, un dossier au traitement mosa&#239;que enrob&#233; de chroniques grin&#231;antes, de lectures in-con-tour-na-bles et de reportages militants.
D&#233;sormais, L'An 02 propose &#224; chaque changement de saison une livraison de chroniques de livres r&#233;cents qui nous aident &#224; penser l'&#233;cologie politique, la d&#233;croissance et la technocritique.</description>
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		<title>L'An 02</title>
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		<title>L'atterrissage : Vers l'&#233;tat stationnaire ?</title>
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		<dc:date>2012-07-01T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julien Milanesi</dc:creator>



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&lt;p&gt;Le moment de crise que nous vivons marque-t-il l'atterrissage &#233;conomique de nos pays riches ? On peut voir la conjoncture d&#233;prim&#233;e de ces trois ou quatre derni&#232;res ann&#233;es comme un al&#233;a &#233;conomique passager, une mauvaise p&#233;riode &#224; passer. Mais &#233;largir un peu le regard historique donne une perspective diff&#233;rente &#224; ces ann&#233;es de croissance atone, elles apparaissent comme un nouveau pallier dans la chute r&#233;guli&#232;re de la croissance des pays riches depuis les ann&#233;es 60 (1). &lt;br class='autobr' /&gt;
De nombreux &#233;conomistes voient dans (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-L-atterrisage-" rel="directory"&gt;L'atterrisage&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le moment de crise que nous vivons marque-t-il l'atterrissage &#233;conomique de nos pays riches ? On peut voir la conjoncture d&#233;prim&#233;e de ces trois ou quatre derni&#232;res ann&#233;es comme un al&#233;a &#233;conomique passager, une mauvaise p&#233;riode &#224; passer. Mais &#233;largir un peu le regard historique donne une perspective diff&#233;rente &#224; ces ann&#233;es de croissance atone, elles apparaissent comme un nouveau pallier dans la chute r&#233;guli&#232;re de la croissance des pays riches depuis les ann&#233;es 60 (1).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux &#233;conomistes voient dans cette courbe en escalier un probl&#232;me de structure, et non de conjoncture &#233;conomique passag&#232;re. Ce serait la forme actuelle du capitalisme, le n&#233;olib&#233;ralisme, qui serait en crise, qui s'effondrerait dans les convulsions d'un syst&#232;me financier qu'il a durant trente ans port&#233; au pinacle. L'analyse est convaincante, mais elle sous-entend qu'un nouveau r&#233;gime de croissance pourrait &#233;merger et prendre le relais dans le processus d'accumulation. Pourquoi pas ? La &#171; croissance verte &#187; est la premi&#232;re candidate &#224; ce r&#244;le historique (nous y reviendrons dans une prochaine chronique). Mais, mise en perspective avec la courbe de Maddison (voir chronique pr&#233;c&#233;dente), cette diminution progressive de la croissance peut aussi &#234;tre interpr&#233;t&#233;e comme une phase d'atterrissage achevant 200 ans de croissance sans pr&#233;c&#233;dent. Peu d'&#233;conomistes r&#233;cent&#183;e&#183;s ont adopt&#233; cette perspective d'analyse de la crise. Ce n'est pas surprenant car le monde acad&#233;mique a tr&#232;s largement abandonn&#233; l'id&#233;e que ce processus pouvait avoir une fin. Il y a bien s&#251;r les &#233;conomistes de la d&#233;croissance qui ont montr&#233; avec pertinence ce que cette dynamique &#233;conomique avait de destructeur, mais leur analyse ne cherche pas &#224; montrer comment et pourquoi elle pourrait s'enrayer &#224; court ou moyen terme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour trouver des &#233;conomistes s'int&#233;ressant &#224; l'id&#233;e d'un ralentissement, voire d'un arr&#234;t de la croissance par &#233;puisement de ses ressorts internes, il faut revenir loin en arri&#232;re, au temps du d&#233;collage et de l'hypoth&#232;se de l'&#233;tat stationnaire qui &#233;tait au c&#339;ur des r&#233;flexions de la &#171; premi&#232;re &#233;cole lib&#233;rale classique &#187; (2). John Stuart Mill (1806-1873), le dernier des grands auteurs classiques, &#233;crivait ainsi en 1848 que &#171; les &#233;conomistes n'ont pu manquer de voir plus ou moins distinctement que l'accroissement de la richesse n'est pas illimit&#233; ; qu'&#224; la fin de l'&#233;tat progressif se trouve l'&#233;tat stationnaire &#187; (3). Cette id&#233;e fut d'abord &#233;tablie par Adam Smith (1723-1790) pour qui il existait pour chaque pays un &#233;tat stationnaire correspondant &#224; &#171; la pl&#233;nitude de richesses que la nature de son sol et de son climat et sa situation par rapport aux autres pays lui permettrait d'acqu&#233;rir &#187; (4). L'id&#233;e fut reprise et pr&#233;cis&#233;e par David Ricardo (1772-1823) qui, en s'appuyant notamment sur les analyses de son ami Thomas Malthus (1766-1834), pr&#233;dit une auto-asphyxie du progr&#232;s &#233;conomique. Selon l'&#233;conomiste anglais, la croissance d&#233;mographique et la mise en culture de terres de moins en moins fertiles conduisent &#224; l'augmentation in&#233;luctable du prix de la nourriture et donc des salaires des ouvriers, ce qui diminue in fine les profits et les possibilit&#233;s d'accroissement ult&#233;rieur de la production. F&#233;rus de physique newtonienne, les classiques concevaient ainsi l'&#233;tat stationnaire comme un &#233;quilibre de type gravitationnel vers lequel les diff&#233;rentes forces &#233;conomiques (notamment, &#224; travers la terre, celle de la raret&#233; des ressources) font n&#233;cessairement converger le syst&#232;me (5). L'analyse est contestable en bien des endroits, mais elle nous donne une premi&#232;re cl&#233; de compr&#233;hension de la crise actuelle et du r&#244;le que pourraient notamment y tenir la rar&#233;faction et l'augmentation du prix des ressources naturelles, dont bien s&#251;r le p&#233;trole.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les travaux de John Maynard Keynes (1883-1946) &#8211; qui fut par ailleurs un des critiques les plus f&#233;roces de la pens&#233;e classique &#8211; apportent une autre r&#233;ponse, psychologique, qui peut &#234;tre compl&#233;mentaire. Pour lui &#171; la crise &#233;conomique est d'abord essentiellement une crise de confiance, &#224; savoir une situation o&#249; les croyances de l'acteur sont remises en cause &#187; ou celui-ci &#171; ne croit plus aux conventions pass&#233;es &#187; (6) et s'abstient donc d'agir, d'investir. Une des explications de l'atterrissage actuel pourrait donc &#234;tre l'absence de confiance partag&#233;e dans un nouveau r&#233;gime de croissance qui poursuivrait l'&#339;uvre d'accumulation entam&#233;e il y a 200 ans. En somme, doutant de la possibilit&#233; de continuer &#224; cro&#238;tre, et doutant tou&#183;te&#183;s, nous atterrissons.&lt;br class='autobr' /&gt;
Est-ce grave ? Non, bien au contraire, si nous savons nous y pr&#233;parer. Pour Stuart Mill, l'&#233;tat de croissance ne devrait &#234;tre qu'&#171; une des phases d&#233;sagr&#233;ables du progr&#232;s industriel &#187; (7) et Keynes esp&#232;re qu'en ces temps futurs de stagnation &#233;conomique &#171; nous serons enfin libres de nous d&#233;faire de toute sorte d'usages sociaux et de pratiques &#233;conomiques (&#8230;) que nous maintenons actuellement &#224; tout prix, quelque d&#233;testables et injustes qu'elles puissent &#234;tre, parce qu'elles sont terriblement utiles &#224; l'accumulation du capital &#187; (8). Ils y voient plut&#244;t tous deux un temps ou nous pourrons enfin &#171; cultiver librement les arts qui embellissent la vie &#187; (9) et &#171; honorer ceux qui sauront nous enseigner &#224; cueillir chaque heure et chaque jour de fa&#231;on vertueuse et bonne, ces gens merveilleux qui savent jouir imm&#233;diatement des choses, les lys des champs qui ne peinent ni ne filent &#187; (10).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) C&#233;dric Durand et Philippe L&#233;g&#233;, 2011, &#171; Vers un retour de la question de l'&#233;tat stationnaire ? &#187; in Diemer A. et Dozolme S. (dir.), &lt;i&gt;Les Enseignements de la crise des subprimes&lt;/i&gt; , &#233;ditions Clement Juglar, p.101-116.&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) Ren&#233; Passet, 2010, &lt;i&gt;Les Grandes Repr&#233;sentations du monde et de l'&#233;conomie &#224; travers l'histoire. De l'univers magique au tourbillon cr&#233;ateur&lt;/i&gt; , &#233;ditions Les Liens qui lib&#232;rent.&lt;br class='autobr' /&gt;
(3) John Stuart Mill, 1848, &lt;i&gt;Principes d'&#233;conomie politique&lt;/i&gt; , traduction de 1854, &#233;ditions Guillaumain.&lt;br class='autobr' /&gt;
(4) Adam Smith, 1776, &lt;i&gt;La Richesse des nations&lt;/i&gt; , traduction de 2000, &#233;ditions Economica.&lt;br class='autobr' /&gt;
(5) Ren&#233; Passet, &lt;i&gt;ibid&lt;/i&gt; .&lt;br class='autobr' /&gt;
(6) Andr&#233; Orl&#233;an, 2011, &lt;i&gt;L'Empire de la valeur&lt;/i&gt; , Seuil.&lt;br class='autobr' /&gt;
(7) John Stuart Mill, &lt;i&gt;ibid&lt;/i&gt; .&lt;br class='autobr' /&gt;
(8) John Maynard Keynes, 1930, &#171; Perspectives &#233;conomiques pour nos petits-enfants &#187;, publi&#233; en 2002 dans &lt;i&gt;La Pauvret&#233; dans l'abondance&lt;/i&gt; , Gallimard.&lt;br class='autobr' /&gt;
(9) John Stuart Mill, &lt;i&gt;ibid&lt;/i&gt; .&lt;br class='autobr' /&gt;
(10) John Maynard Keynes, &lt;i&gt;ibid&lt;/i&gt; .&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le D&#233;sert de la critique</title>
		<link>https://lan02.butternet.net/Le-Desert-de-la-critique</link>
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		<dc:date>2015-12-18T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ir&#232;ne Pereira</dc:creator>


		<dc:subject>Th&#233;orie politique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le D&#233;sert de la critique. D&#233;construction et politique Renaud Garcia L'&#201;chapp&#233;e, 2015 224 pages, 15 &#8364; &lt;br class='autobr' /&gt;
Renaud Garcia, enseignant en philosophie au lyc&#233;e, a d&#233;j&#224; publi&#233; r&#233;cemment deux ouvrages sur Pierre Kropotkine. Dans son nouveau livre, il s'attaque aux penseurs de la d&#233;construction et &#224; leurs h&#233;ritiers. Sous l'&#233;tiquette de la d&#233;construction, on peut classer un ensemble d'auteurs, anti-naturalistes, qui consid&#232;rent que le social est construit et qu'il peut donc &#234;tre d&#233;construit. Dans la premi&#232;re g&#233;n&#233;ration (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/+-Theorie-politique-+" rel="tag"&gt;Th&#233;orie politique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L102xH150/arton17-f07eb.jpg?1696061304' width='102' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le D&#233;sert de la critique. D&#233;construction et politique&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Renaud Garcia&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#201;chapp&#233;e, 2015&lt;br class='autobr' /&gt;
224 pages, 15 &#8364;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Renaud Garcia, enseignant en philosophie au lyc&#233;e, a d&#233;j&#224; publi&#233; r&#233;cemment deux ouvrages sur Pierre Kropotkine. Dans son nouveau livre, il s'attaque aux penseurs de la d&#233;construction et &#224; leurs h&#233;ritiers. Sous l'&#233;tiquette de la d&#233;construction, on peut classer un ensemble d'auteurs, anti-naturalistes, qui consid&#232;rent que le social est construit et qu'il peut donc &#234;tre d&#233;construit. Dans la premi&#232;re g&#233;n&#233;ration du geste d&#233;constructionniste figurent Michel Foucault ou Jacques Derrida. On peut situer dans leur h&#233;ritage les &#233;tudes post-coloniales, les &lt;i&gt;queer studies&lt;/i&gt; ou Negri et Hardt&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Michael Hardt et Antonio Negri sont les auteurs de Empire, Exils, 2000 et (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La th&#232;se de Renaud Garcia consiste a soutenir que, loin de constituer un appui solide pour la critique, le geste de la d&#233;construction conduit &#224; des impasses. L'auteur progresse dans son propos en pr&#233;sentant un auteur puis en exposant les critiques qu'il souhaite effectuer &#224; son &#233;gard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Renaud Garcia met en &#233;vidence les difficult&#233;s des analyses d&#233;constructionnistes. Celles-ci tout d'abord prennent appui sur un oubli de la question sociale. La th&#233;matique de la domination efface celle de l'exploitation &#233;conomique. Le relativisme &#233;pist&#233;mologique sans limite conduit &#224; &#233;vacuer la question de la v&#233;rit&#233; qui est pourtant indissociable de la pens&#233;e critique. N&#233;anmoins, cela ne conduit pas l'auteur &#224; r&#233;habiliter le scientisme du XIXe si&#232;cle. C'est plut&#244;t du c&#244;t&#233; d'un romantisme r&#233;volutionnaire, avec des auteurs comme Wiliam Morris ou Gustav Landauer, que Renaud Garcia cherche des appuis contre la d&#233;construction. Les analyses post-coloniales impliquent une critique de l'universalisme des Lumi&#232;res. Renaud Garcia, pour sa part, &#224; la suite de J&#233;r&#244;me Bachet, pr&#233;f&#232;re prendre la voie d'un &#171; pluriversalisme &#187; en s'appuyant sur l'exemple zapatiste. La th&#233;matique de l'omnipr&#233;sence du pouvoir chez Foucault s'est &#233;labor&#233;e en opposition aux th&#233;oriciens de l'ali&#233;nation (Karl Marx, Guy Debord, Herbert Marcuse&#8230;) : le sujet ne se trouve plus aux prises avec un syst&#232;me qui l'ali&#232;ne mais un ensemble de relations de pouvoir diss&#233;min&#233;es. Les th&#233;ories &lt;i&gt;queer &lt;/i&gt; &#233;vacuent la mat&#233;rialit&#233; &#233;conomique des rapports d'exploitation en se centrant sur la normativit&#233; des discours. En d&#233;finitive, l'auteur est conduit &#224; mettre en valeur un paradoxe &#224; l'&#339;uvre dans la pens&#233;e de la d&#233;construction. Ces auteurs s'attaquent &#224; l'h&#233;ritage des Lumi&#232;res dont la science avec ses pr&#233;tentions &#224; une raison universelle est le symbole. Pourtant ces courants, par leurs positions anti-naturalistes et constructivistes, sont conduit &#224; s'appuyer sur la technoscience. Renaud Garcia prend pour cela l'exemple de la revue &lt;i&gt;Multitudes&lt;/i&gt; qui a contribu&#233; &#224; promouvoir en France les th&#233;ories &lt;i&gt;queers &lt;/i&gt; et post-coloniales. N&#233;anmoins, &#224; travers le relais par cette revue du &lt;i&gt;Manifeste accel&#233;rationniste &lt;/i&gt;appara&#238;t mis en relief la fascination et la croyance en une transformation technoscientifique de la soci&#233;t&#233;. En effet, si ce qui est a &#233;t&#233; construit et peut &#234;tre d&#233;construit, il devient alors possible de le reconstruire. Cette m&#233;taphore aboutit &#224; faire de la technique l'instrument de cette reconstruction. La technique est alors au service de d&#233;sirs individualistes qui ne trouvent plus comme limite qu'une &#233;thique minimaliste : faire tout ce que l'on d&#233;sir sans nuire &#224; autrui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur conclut son ouvrage en se demandant quelle critique aujourd'hui peut constituer une alternative valable &#224; la d&#233;construction. Il la recherche pour sa part dans les auteurs qui selon lui proposent une analyse du monde v&#233;cu ali&#233;n&#233; par le syst&#232;me capitaliste, que ce soit Hartmut Rosa dans &lt;i&gt;Acc&#233;l&#233;ration&lt;/i&gt; ou Christophe Dejours dans &lt;i&gt;Travail vivant&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les critiques qu'effectuent Renaud Garcia &#233;vitent l'&#233;cueil de l'ext&#233;riorit&#233;. Ainsi, lorsqu'il s'oppose aux analyses postcoloniales, c'est en s'appuyant par exemple sur les Black Panthers, lorsqu'il critique les th&#233;ories &lt;i&gt;queer&lt;/i&gt;, c'est en mobilisant la f&#233;ministe Catharine MacKinnon. N&#233;anmoins, il est possible de regretter que la question de l'articulation entre le naturalisme &#233;cologique et le constructivisme social ne soit pas plus approfondie. En effet, l'&#233;cologie nous appelle &#224; ne pas &#233;vacuer la question de la nature et des limites. Mais en m&#234;me temps le constructivisme social, nous a rendu attentifs &#224; ne pas renaturaliser ce qui rel&#232;ve d'institutions sociales ou de rapports sociaux contingents. Ainsi, on peut rappeler que les syst&#232;mes de filiation et les identit&#233;s sexuelles, si l'on reprend les travaux de l'anthropologie culturelle, ont &#233;t&#233; fort diverses selon les soci&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Michael Hardt et Antonio Negri sont les auteurs de &lt;i&gt;Empire&lt;/i&gt;, Exils, 2000 et de &lt;i&gt;Multitude. Guerre et d&#233;mocratie &#224; l'&#226;ge de l'Empire&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Soigner l'esprit, gu&#233;rir la Terre</title>
		<link>https://lan02.butternet.net/Soigner-l-esprit-guerir-la-Terre</link>
		<guid isPermaLink="true">https://lan02.butternet.net/Soigner-l-esprit-guerir-la-Terre</guid>
		<dc:date>2015-12-18T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patrick Marcolini</dc:creator>


		<dc:subject>Environnement</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Soigner l'esprit, gu&#233;rir la Terre. Introduction &#224; l'&#233;copsychologie Michel Maxime Egger Labor et Fides, Gen&#232;ve, 2015 288 pages, 25 &#8364; &lt;br class='autobr' /&gt;
Apparue dans les pays anglo-saxons il y a une trentaine d'ann&#233;es, l'&#233;copsychologie reste encore largement m&#233;connue en France &#8211; une situation qui pourrait toutefois &#233;voluer avec la parution r&#233;cente de plusieurs livres en langue fran&#231;aise de ou sur ses grandes figures (Theodore Rozsak, Paul Shepard ou encore Joanna Macy) , ainsi que de cet ouvrage introductif r&#233;dig&#233; par le (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/+-Environnement-+" rel="tag"&gt;Environnement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L99xH150/arton18-deaac.jpg?1696061304' width='99' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Soigner l'esprit, gu&#233;rir la Terre. Introduction &#224; l'&#233;copsychologie&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Michel Maxime Egger&lt;br class='autobr' /&gt;
Labor et Fides, Gen&#232;ve, 2015&lt;br class='autobr' /&gt;
288 pages, 25 &#8364;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apparue dans les pays anglo-saxons il y a une trentaine d'ann&#233;es, l'&#233;copsychologie reste encore largement m&#233;connue en France &#8211; une situation qui pourrait toutefois &#233;voluer avec la parution r&#233;cente de plusieurs livres en langue fran&#231;aise de ou sur ses grandes figures (Theodore Rozsak, Paul Shepard ou encore Joanna Macy)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Cf. Joanna Macy, &#201;copsychologie pratique et rituels pour la Terre , Le (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ainsi que de cet ouvrage introductif r&#233;dig&#233; par le sociologue et journaliste Michel Maxime Egger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais que d&#233;signe-t-on exactement sous le terme &#233;copsychologie ? Comme son nom l'indique, il s'agit pour l'essentiel d'un champ de r&#233;flexion et de pratiques qui prend en compte &#171; la dimension psychologique dans l'approche des probl&#232;mes environnementaux et celle du monde naturel dans les d&#233;marches th&#233;rapeutiques &#187;. L'&#233;copsychologie met au centre de sa d&#233;marche &#171; le lien essentiel, non seulement biologique, mais &#233;motionnel et plus encore ontologique &#187; de l'&#234;tre humain &#224; la nature, et cherche &#224; r&#233;soudre tous les probl&#232;mes li&#233;s &#224; l'occultation de ce lien. Soigner le malaise voire la souffrance des personnes vivant dans des lieux coup&#233;s de la nature ; comprendre et agir sur les ressorts intimes de pathologies telles que l'addiction &#224; la technologie ou &#224; la consommation ; contrer le d&#233;ni de r&#233;alit&#233; et le sentiment d'impuissance face aux destructions massives de la nature, et inciter les populations &#224; affronter sereinement les probl&#232;mes &#233;cologiques ; &#233;duquer l'&#234;tre humain &#224; la conscience de sa place dans le monde pour r&#233;orienter ses activit&#233;s dans un sens plus respectueux de l'environnement ; plus g&#233;n&#233;ralement, r&#233;tablir la conscience d'une continuit&#233; entre l'&#234;tre humain et la nature, le moi et le monde, occult&#233;e par les pens&#233;es modernes de type objectiviste : telles sont les t&#226;ches de l'&#233;copsychologie, qui ambitionne donc d'exercer un r&#244;le moteur dans le changement g&#233;n&#233;ral de paradigme que supposent les enjeux environnementaux actuels, comme l'explique M. M. Egger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce faire, les acteurs de ce champ transdisciplinaire ont &#233;labor&#233; des pratiques th&#233;rapeutiques originales, que nous pr&#233;sente l'auteur. Elles incitent par exemple le patient &#224; questionner son mode de vie ou &#224; d&#233;velopper des activit&#233;s centr&#233;es sur le corps, les sens et l'attention au monde (m&#233;ditation, yoga, etc.). Mais elles supposent aussi de sortir du cabinet o&#249; s'enferment traditionnellement les psychologues, et d'engager des d&#233;marches visant &#224; renouer le lien entre l'&#234;tre humain et la nature. Cela peut aller de l'hortith&#233;rapie (le soin par les activit&#233;s de jardinage) aux s&#233;jours d'immersion dans la nature sauvage, seul ou petit groupe, en passant par un traitement des troubles psychiques passant par le contact r&#233;gulier avec un animal. Plus &#233;tonnant, et peut-&#234;tre moins s&#233;rieux (parce que ne tenant pas compte des contextes socioculturels dans lesquels s'inscrivent les pratiques religieuses ou spirituelles) : une frange non n&#233;gligeable de l'&#233;copsychologie s'est inspir&#233;e des soci&#233;t&#233;s tribales pour &#233;laborer le &#171; conseil chamanique &#187;, une forme de th&#233;rapie incluant le recours &#224; des danses, des invocations, des pratiques de je&#251;ne, etc., ainsi qu'une attention accrue aux r&#234;ves. Quoi qu'il en soit, dans tous les cas, il s'agit de r&#233;veiller en chacun l'&#171; inconscient &#233;cologique &#187;, notion &#233;largissant celle d'inconscient collectif postul&#233;e par Carl Gustav Jung, et d&#233;signant le sentiment instinctif, plus ou moins refoul&#233;, d'appartenir &#224; une forme de communaut&#233; r&#233;unissant tous les &#234;tres vivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A des questions environnementales qui sont habituellement pos&#233;es &#224; une &#233;chelle trop large, renfor&#231;ant ainsi notre sentiment d'impuissance, l'&#233;copsychologie a le m&#233;rite d'offrir un &#233;ventail de r&#233;ponses suggestives, &#224; taille humaine, ancr&#233;es dans le quotidien et parlant &#224; la subjectivit&#233; de chacun. En faisant appel &#224; la sensibilit&#233;, &#224; l'imaginaire, &#224; une ouverture sur la nature, elle est un pr&#233;cieux contrepoint &#224; une psychologie et une psychiatrie trop souvent r&#233;ifiantes. Qui plus est, elle porte au grand jour les causes sociales (et non uniquement individuelles) de quantit&#233; de souffrances psychiques contemporaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais sa d&#233;marche fait tout de m&#234;me probl&#232;me sur plusieurs plans. On peut lui reprocher ses incursions dans le mysticisme le plus l&#233;nifiant (nombreux sont ses repr&#233;sentants qui parlent par exemple d'&#171; &#226;me de la Terre &#187;), ou le fait qu'elle n'est pas d&#233;pourvue d'ambigu&#239;t&#233;s politiques, dont les &#233;copsychologues sont d'ailleurs conscients eux-m&#234;mes, puisque l'auteur rend compte des d&#233;bats qui les divisent. Ainsi, &#224; vouloir &#233;duquer (r&#233;&#233;duquer ?) psychiquement les populations &#224; une attitude &#171; &#233;cologiquement correcte &#187;, ne risque-t-elle pas de se transformer, d'instrument de prise de conscience, en un outil d'ing&#233;nierie sociale visant &#224; faire accepter aux gens leur place non plus dans le cosmos mais dans la soci&#233;t&#233; de l'&#233;tat d'urgence environnemental ? La recherche d'&#233;panouissement psychique qui la guide ne la rapproche-t-elle pas dangereusement du d&#233;veloppement personnel et de la culture n&#233;olib&#233;rale qui impr&#232;gne ce dernier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Voir &#224; ce sujet l'entretien avec Nicolas Marquis, &#171; Se changer soi pour (...)' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? Enfin, sa d&#233;marche biocentrique, qui se pr&#233;occupe surtout de faire des &#234;tres humains des &#171; serviteurs de la nature &#187;, et de leur vie en commun &#171; une soci&#233;t&#233; au service de la vie &#187; (pour reprendre des expressions qui reviennent &#224; de nombreuses reprises), ne risque-t-elle pas de mener &#224; une impasse ? En d&#233;finitive, la protection de la vie ou de la nature &lt;i&gt;pour elles-m&#234;mes&lt;/i&gt; n'a pas grand sens : l'une et l'autre sont plus fortes que l'&#234;tre humain, et retrouveront toujours de nouveaux &#233;quilibres quelles que soient les perturbations introduites par ce dernier. En revanche, ce qui est &#224; craindre, c'est que ces nouveaux &#233;quilibres ne laissent plus de place &#224; la libert&#233; humaine, voire &#224; l'humain tout court. Comme le concluait justement Bernard Charbonneau, &#171; ce qu'il faut d&#233;fendre contre le d&#233;cha&#238;nement de la puissance humaine ce n'est donc pas la nature en soi, mais la nature &lt;i&gt;pour l'homme&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-3' class='spip_note' rel='appendix' title='Pour reprendre les mots de Daniel C&#233;r&#233;zuelle dans &#201;cologie et libert&#233;. (...)' id='nh2-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Joanna Macy, &lt;i&gt;&#201;copsychologie pratique et rituels pour la Terre&lt;/i&gt; , Le Souffle d'or, 2008 ; Paul Shepard, &lt;i&gt;Retour aux sources du Pl&#233;istoc&#232;ne&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Nous n'avons qu'une seule Terre&lt;/i&gt; , parus respectivement aux &#233;ditions Dehors et Jos&#233; Corti en 2013 ; et Theodore Rozsak. &lt;i&gt;Vers une &#233;copsychologie lib&#233;ratrice&lt;/i&gt; , textes choisis et pr&#233;sent&#233;s par Mohammed Taleb, Le Passager clandestin, 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &#224; ce sujet l'entretien avec Nicolas Marquis, &#171; Se changer soi pour changer le monde &#187;, dans le n&#176;7 de &lt;i&gt;L'An 02&lt;/i&gt; , &#034;Altercapitalisme&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-3' class='spip_note' title='Notes 2-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour reprendre les mots de Daniel C&#233;r&#233;zuelle dans &lt;i&gt;&#201;cologie et libert&#233;. Bernard Charbonneau pr&#233;curseur de l'&#233;cologie politique&lt;/i&gt; , Parangon / VS, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Pour tout r&#233;soudre, cliquez ici !</title>
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		<dc:date>2015-12-18T00:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Camille</dc:creator>


		<dc:subject>Sciences et technocritique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Evgeny Morozov, Pour tout r&#233;soudre, cliquez ici ! L'Aberration du solutionnisme technologique FYP &#233;ditions, Limoges, 2015 352 pages, 22,50 &#8364; &lt;br class='autobr' /&gt;
L'ouvrage d'Evgeny Morozov se livre &#224; une t&#226;che peu commune : attaquer la raison &#233;conomique qui pr&#233;side au discours technologique. Il rappelle un fait anodin : les nouvelles technologies, c'est-&#224;-dire les gadgets &#233;lectroniques et les applications qui tournent dessus, sont d&#233;velopp&#233;es par des acteurs &#233;conomiques comme les autres et devraient &#234;tre consid&#233;r&#233;es (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L98xH150/arton20-9362d.jpg?1696061304' width='98' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Evgeny Morozov, &lt;i&gt;Pour tout r&#233;soudre, cliquez ici ! L'Aberration du solutionnisme technologique&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; FYP &#233;ditions, Limoges, 2015&lt;br class='autobr' /&gt; 352 pages, 22,50 &#8364;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'ouvrage d'Evgeny Morozov se livre &#224; une t&#226;che peu commune : attaquer la raison &#233;conomique qui pr&#233;side au discours technologique. Il rappelle un fait anodin : les nouvelles technologies, c'est-&#224;-dire les gadgets &#233;lectroniques et les applications qui tournent dessus, sont d&#233;velopp&#233;es par des acteurs &#233;conomiques comme les autres et devraient &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme telles. Il n'y a pas de raison de les imaginer plus philanthropiques que les industries pharmaceutiques ou agroalimentaires par exemple. Pire, l'origine de ces nouveaux acteurs, la Silicon Valley, s'est forg&#233;e avec des entreprises multimilliardaires et des start-up financ&#233;es par des fonds de capital-risque. La conclusion est limpide : il faut consid&#233;rer les entreprises de nouvelles technologies avec la m&#234;me suspicion que Wall Street.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus de rappeler cette situation, qui devrait &#234;tre un point de d&#233;part de toute vision critique des nouvelles technologies, l'ouvrage tente aussi de montrer comment ces agents font accepter l'id&#233;e que leurs actions, leurs produits et leurs services, vont dans le sens de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. L'id&#233;e de base est que les nouvelles technologies proposent des outils ou des services qui permettent de r&#233;pondre &#224; des probl&#232;mes quotidiens, voire &#224; de v&#233;ritables enjeux sociaux. Uber et Airbnb ont ainsi apport&#233; une solution au prix prohibitif du taxi et des h&#244;tels dans les grandes villes, et les algorithmes de pr&#233;vision fond&#233;s sur le &lt;i&gt;big data&lt;/i&gt; permettent de pr&#233;dire les &#233;pid&#233;mies de grippe, voire d'anticiper et de r&#233;duire la criminalit&#233;. L'ouvrage reprend ces exemples, et d'autres, de &#171; probl&#232;mes &#187; que se sont propos&#233; de r&#233;soudre des entreprises, ing&#233;nieurs ou enthousiastes des nouvelles technologies. &#192; chaque fois, il analyse la &#171; solution &#187; propos&#233;e et son v&#233;ritable impact. Il pr&#233;cise, pour chacune, les lacunes, les impens&#233;s, les probl&#232;mes nouveaux qui viennent se substituer aux anciens. Il en d&#233;gage deux aspects r&#233;currents qui composent une grande partie des discours actuels sur les nouvelles technologies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord le &#171; solutionnisme technologique &#187;, qui consiste tout bonnement &#224; dire qu'&#224; tout probl&#232;me peut &#234;tre oppos&#233; une solution technique. Le probl&#232;me avec le solutionnisme technologique n'est pas tant qu'il proclame que les nouvelles technologies sont toutes puissantes, mais qu'il a tendance &#224; d&#233;finir et r&#233;duire tout probl&#232;me social dans des termes qui puissent se r&#233;gler techniquement. L'enjeu des transports publics, par exemple, ne peut pas se r&#233;duire au fait de trouver rapidement des v&#233;hicules disponibles pour un trajet pr&#233;cis au moindre co&#251;t possible. Il faut aussi prendre en compte les questions d'&#233;galit&#233; d'acc&#232;s, de rel&#233;gation spatiale, de handicap ... bref, tout un ensemble de contextes et de valeurs qui ne peuvent pas se r&#233;sumer &#224; des param&#232;tres &#224; optimiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite le &#171; webcentrisme &#187;, qui est un concept moins clairement d&#233;fini. D'apr&#232;s Morozov, il s'agit d'une tendance &#224; penser le web comme un espace homog&#232;ne ob&#233;issant &#224; quelques principes comme l'ouverture, la transparence et la neutralit&#233;. Il semble critiquer par l&#224; deux discours. Le premier est la transposition dans le discours politique des principes du web. Si l'ouverture et la transparence des protocoles et la neutralit&#233; du net sont &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; de bonnes choses pour les &#233;changes &#233;lectroniques, la transparence totale n'est pas n&#233;cessairement b&#233;n&#233;fique dans la vie publique et politique. Un minimum d'hypocrisie, par exemple, est souvent n&#233;cessaire dans les &#233;changes humains, y compris les &#233;changes politiques, et ces principes doivent faire l'objet de d&#233;bats plut&#244;t qu'&#234;tre appliqu&#233;s &#224; la lettre. L'autre discours critiqu&#233; est la remise en question de toute proposition de r&#233;gulation du web, qui irait &#224; l'encontre de l'ouverture ou de la neutralit&#233;. Outre le fait qu'Internet est assez h&#233;t&#233;rog&#232;ne et &#233;volutif, avec de nombreux protocoles et moyens d'acc&#232;s diff&#233;rents &#224; l'information, dont tous ne respectent pas n&#233;cessairement ces principes, ces oppositions peuvent aller dans le mauvais sens. Morozov donne un exemple lors d'une conf&#233;rence : si toutes les donn&#233;es g&#233;r&#233;es par les administrations publiques devenaient librement accessibles, ce seront les multinationales des nouvelles technologiques qui pourraient en profiter le plus. En effet, ce sont elles qui disposent des meilleures infrastructures pour exploiter de gros volumes de donn&#233;es. Du coup, il peut sembler judicieux de r&#233;fl&#233;chir &#224; un moyen de r&#233;guler soit la mani&#232;re dont ces donn&#233;es sont accessibles, soit les conditions dans lesquelles les multinationales peuvent collecter et traiter ces informations publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus gros probl&#232;me &#224; la lecture du livre est que le propos est un peu confus, et que, comme lorsque l'auteur parle du &#171; webcentrisme &#187;, il laisse au lecteur le soin de vraiment comprendre ce &#224; quoi il fait r&#233;f&#233;rence. Le style journalistique et les titres-formules rendent certes la lecture agr&#233;able, mais l'absence de d&#233;finitions claires ou d'un minimum de cadre th&#233;orique donnent au tout l'impression d'&#234;tre peu structur&#233;. On serait m&#234;me tent&#233; d'y voir par moment la faiblesse de son argumentation. Autre reproche, Evgeny Morozov, qui envisage pleinement des usages pertinents des nouvelles technologies, sugg&#232;re des alternatives &#171; publiques &#187; &#224; la collecte des donn&#233;es personnelles. Pourtant, m&#234;me des cadres de la Silicon Valley commencent &#224; parler du pouvoir nocif du &lt;i&gt;big data&lt;/i&gt; et de l'impossibilit&#233; d'emp&#234;cher les &#201;tats et entreprises d'obtenir toute information pr&#233;sente sur Internet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-1' class='spip_note' rel='appendix' title='C'est le propos qu'a tenu Maciej Ceglowski, le fondateur de Pinboard, un (...)' id='nh3-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Quelques libertaires pourraient sugg&#233;rer &#224; raison que nous ne voulons tout simplement pas que des informations comme la liste de nos appels t&#233;l&#233;phonique, notre annuaire ou nos positions g&#233;ographiques, soient enregistr&#233;es et conserv&#233;es. Et ce que ce soit par des entreprises motiv&#233;es par le profit ou par des collectivit&#233;s publiques d&#233;sirant am&#233;liorer leurs services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ces r&#233;ticences, quelques bonnes id&#233;es se d&#233;gagent, m&#234;me si elles ne font pas l'objet d'une partie d&#233;di&#233;e ou d'un d&#233;veloppement minimal. Tout d'abord, les services ou solutions propos&#233;es par des entreprises sont toujours pens&#233;es dans l'int&#233;r&#234;t de celles-ci. Avec un peu d'imagination, il est souvent possible de proposer un service diff&#233;rent qui permette les m&#234;mes b&#233;n&#233;fices sociaux sans les contreparties d'un service privatis&#233;. Ensuite, le d&#233;veloppement d'un nouveau service ou d'une technologie ne doit pas &#234;tre l'unique mani&#232;re d'aborder un probl&#232;me social. Pour &#233;viter cet &#233;cueil, il est primordial de ne pas r&#233;duire les enjeux politiques &#224; de pures questions techniques. Enfin l'efficacit&#233; en politique doit toujours &#234;tre prise avec des pincettes. Avec les nouvelles technologies, il est tentant de d&#233;l&#233;guer la prise de d&#233;cisions &#224; des algorithmes et d'utiliser des applications et logiciels participatifs pour tenir compte de l'avis du plus grand nombre. Deux dangers guettent. D'un c&#244;t&#233;, une d&#233;politisation toujours plus forte, r&#233;sultat d'une limitation des rencontres physiques et d&#233;bats de vive voix ainsi que d'une attention excessive sur les probl&#232;mes facilement compr&#233;hensibles et quantifiables. De l'autre, l'apparition de mesures discriminatoires, &#171; solutions &#187; faciles et efficaces qui peuvent rapidement surgir d'un algorithme mal con&#231;u ou d'un probl&#232;me mal formul&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb3-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-1' class='spip_note' title='Notes 3-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est le propos qu'a tenu Maciej Ceglowski, le fondateur de Pinboard, un service web de gestion de signets, &lt;a href=&#034;http://www.soufron.com/et-si-le-big-data-etait-aussi-dangereux-que-le-nucleaire-faut-il-imaginer-une-demi-vie-pour-les-donnees/&#034;&gt;lors d'une conf&#233;rence professionnelle sur le sujet&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>La Double Impasse</title>
		<link>https://lan02.butternet.net/La-Double-Impasse</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Aude Vidal</dc:creator>


		<dc:subject>Th&#233;orie politique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Sophie Bessis La Double Impasse. L'Universel &#224; l'&#233;preuve des fondamentalismes religieux et marchand La D&#233;couverte, 2014 240 pages, 19 &#8364; &lt;br class='autobr' /&gt;
Deux visions inconciliables du monde : la d&#233;mocratie lib&#233;rale d'un c&#244;t&#233;, avec son individualisme bon teint, et de l'autre une doctrine pass&#233;iste, &#224; la violence m&#233;di&#233;vale. Les deux se seraient heurt&#233;s de plein fouet lors des &#233;v&#233;nements de 2015. Dans cet ouvrage publi&#233; quelques mois plus t&#244;t, Sophie Bessis renvoie dos &#224; dos ce qu'elle appelle la &#171; th&#233;ologie de march&#233; &#187; (ne (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sophie Bessis&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;i&gt;La Double Impasse. L'Universel &#224; l'&#233;preuve des fondamentalismes religieux et marchand&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; La D&#233;couverte, 2014&lt;br class='autobr' /&gt;
240 pages, 19 &#8364;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Deux visions inconciliables du monde : la d&#233;mocratie lib&#233;rale d'un c&#244;t&#233;, avec son individualisme bon teint, et de l'autre une doctrine pass&#233;iste, &#224; la violence m&#233;di&#233;vale. Les deux se seraient heurt&#233;s de plein fouet lors des &#233;v&#233;nements de 2015. Dans cet ouvrage publi&#233; quelques mois plus t&#244;t, Sophie Bessis renvoie dos &#224; dos ce qu'elle appelle la &#171; th&#233;ologie de march&#233; &#187; (ne parle-t-on pas de &#171; dogme &#187; n&#233;o-lib&#233;ral ?) et le fondamentalisme religieux, protestant et musulman au premier chef. Il ne s'agit pas selon elle d'un choc des civilisations mais du d&#233;sarroi d'un monde livr&#233; &#224; un monstre &#224; deux faces qui se nourrissent l'une l'autre, un monde au bord de l'&#233;puisement &#233;cologique et o&#249; les id&#233;es &#233;mancipatrices peinent d&#233;sormais &#224; se faire entendre. Le d&#233;veloppement ne signifie plus que l'int&#233;gration au capitalisme mondialis&#233;, l'argent passe au rouleau compresseur la diversit&#233; du monde. Les trait&#233;s transatlantique et transpacifique proposent de peaufiner l'arsenal juridique global pour la pr&#233;dation des ressources publiques par les int&#233;r&#234;ts priv&#233;s. Les mondes musulmans, du Mali &#224; l'Indon&#233;sie, sont uniformis&#233;s par la magie des p&#233;trodollars. La mondialisation est l&#224;, et bien l&#224;, mais l'universalisme recule. Ne restent que les identit&#233;s : celle des Charlie qui bravent les barbares en levant leur verre, oubliant l'&#233;tat de d&#233;litement de leur &#171; d&#233;mocratie &#187;, gouvernement repr&#233;sentatif aux abois depuis que l'ordre n&#233;olib&#233;ral s'est impos&#233; depuis Chicago ou Bruxelles ; celle de ceux et celles qui ne sont plus d&#233;sormais que des musulman-e-s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sophie Bessis, historienne de ce monde arabe qui fournit les exemples de sa d&#233;monstration, d&#233;nonce le choix fait par des r&#233;gimes autoritaires de leur opposition, qui ne sera plus marxiste mais islamiste, et la complaisance &#224; ce sujet des pays occidentaux qui se gargarisent de libert&#233; et de d&#233;mocratie tout en accordant le droit &#224; de telles aspirations &#224; qui leur chante, c'est-&#224;-dire &#224; des groupes dont les int&#233;r&#234;ts sont compatibles avec les leurs (anti-imp&#233;rialistes s'abstenir). Elle n'est pas plus tendre envers la gauche la plus radicale, post-moderne et diff&#233;rentialiste. Les exemples qu'elle donne semblent outr&#233;s, peut-&#234;tre choisis avec trop de partialit&#233; : peut-on d&#233;cemment juger en Europe des faits de violence conjugale sur des standards qu'on imagine &#234;tre ceux des &#233;poux, irr&#233;m&#233;diables autres dont il faudrait respecter les m&#339;urs ? Et puis : ne peut-on lutter contre les discriminations &#224; l'encontre des femmes voil&#233;es tout en restant critique de ce que le voile dit de la place des femmes dans l'espace public ou de la globalisation de l'islam ? Son refus du concept d'islamophobie est convainquant : racisme, violence de classe et parfois sexisme peuvent expliquer les discriminations subies en France par les descendant-e-s de sujets coloniaux sans que la religion qu'on leur pr&#234;te soit forc&#233;ment mise en cause. Il ne semble &#224; cet &#233;gard pas idiot de mod&#233;rer l'usage de cette notion plut&#244;t que d'&#233;craser des groupes sociaux sous le poids d'assignations &#224; une religion peut-&#234;tre pas pratiqu&#233;e mais tenue de r&#233;sumer leur identit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imp&#233;rialiste ou post-moderne, cynique ou noy&#233; sous les bonnes intentions, le regard pos&#233; par les occidentaux sur le monde arabe lui porte le plus souvent un grand tort en &#233;tablissant un &#171; deux poids, deux mesures &#187; syst&#233;matique. Par un tour de passe-passe, une vision in&#233;galitaire des rapports femmes-hommes serait acceptable parce que port&#233;e par des femmes revendicatrices (c'est ce que postule peu ou prou le &#171; f&#233;minisme du choix &#187;, qui refuse d'envisager contrainte et servitude volontaire), l'islamisme (soit le projet de soumission plus ou moins autoritaire de la vie publique &#224; l'interpr&#233;tation de la volont&#233; divine) pourrait &#234;tre &#171; mod&#233;r&#233; &#187; et les aspirations d&#233;mocratiques seraient des lubies de bourgeois sous influence occidentale d&#233;sormais tax&#233;s d'&#171; extr&#233;misme la&#239;c &#187;. Reprenant le mot de Kateb Yacine qui parle de la langue fran&#231;aise comme d'un &#171; butin de guerre &#187;, Sophie Bessis consid&#232;re que la libert&#233; individuelle et la souverainet&#233; populaire sont des conqu&#234;tes accessibles &#224; tous et toutes, non pas des cadeaux empoisonn&#233;s de l'Occident mais des fruits qu'il est temps de cueillir &#224; ce moment d'une histoire commune bien mouvement&#233;e. Il est certainement possible de se livrer &#224; un droit d'inventaire plus s&#233;v&#232;re que le sien sur l'universalisme (la notion de droits, individuels et formels, peut en &#234;tre l'occasion, cf. notre chronique de &lt;a href=&#034;http://www.lan02.org/2015/06/la-tyrannie-des-droits/&#034;&gt; &lt;i&gt;La Tyrannie des droits&lt;/i&gt; &lt;/a&gt; de Brewster Kneen) mais le refus qu'elle oppose &#224; cette scl&#233;rose des identit&#233;s est salutaire. En bonne historienne, elle ancre dans le temps les soubresauts du monde arabe plut&#244;t que de les essentialiser. Il a, argumente-t-elle avec &#233;l&#233;gance, droit &#224; la complexit&#233;. Et nous, lecteurs et lectrices, &#233;galement&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Brut</title>
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		<dc:date>2015-12-17T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Aude Vidal</dc:creator>


		<dc:subject>Environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Reportage</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;David Dufresne, Nancy Huston, Naomi Klein, Melina Laboucan-Massimo et Rudy Wiebe, Brut. La Ru&#233;e vers l'or noir Lux &#233;diteur, Montr&#233;al, 2015 108 pages, 12 &#8364; &lt;br class='autobr' /&gt;
Du brut. Par millions de barils. Ou comment donner &#224; voir l'exploitation des sables bitumineux du Canada. Barils, dollars, gaz &#224; effet de serre, degr&#233;s de r&#233;chauffement&#8230; On conna&#238;t l'histoire mais voici une invitation &#224; en d&#233;couvrir jusqu'aux acteurs les plus modestes, en un livre composite o&#249; se m&#234;lent reportage, t&#233;moignage, plaidoyer et litt&#233;rature, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-Lectures-" rel="directory"&gt;Lectures&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/+-Environnement-+" rel="tag"&gt;Environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://lan02.butternet.net/+-Reportage-+" rel="tag"&gt;Reportage&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L104xH150/arton19-33809.jpg?1696061304' width='104' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;David Dufresne, Nancy Huston, Naomi Klein, Melina Laboucan-Massimo et Rudy Wiebe, &lt;i&gt;Brut. La Ru&#233;e vers l'or noir&lt;/i&gt; Lux &#233;diteur, Montr&#233;al, 2015&lt;br class='autobr' /&gt;
108 pages, 12 &#8364;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Du brut. Par millions de barils. Ou comment donner &#224; voir l'exploitation des sables bitumineux du Canada. Barils, dollars, gaz &#224; effet de serre, degr&#233;s de r&#233;chauffement&#8230; On conna&#238;t l'histoire mais voici une invitation &#224; en d&#233;couvrir jusqu'aux acteurs les plus modestes, en un livre composite o&#249; se m&#234;lent reportage, t&#233;moignage, plaidoyer et litt&#233;rature, et autant de voix. Fort McMurray, dans le Nord-Est de l'Alberta, est la capitale de ces hydrocarbures que l'on dit non-conventionnels : leur exploitation, plus polluante et plus co&#251;teuse que partout ailleurs, souille 90 000 km2 de terres et le bassin du fleuve Mackenzie, l'une des principales sources d'eau douce au monde. Dans des mines &#224; ciel ouvert, des camions de trois &#233;tages chargent ce m&#233;lange de sable, d'argile et de bitume. Moins visible, l'exploitation par forage consomme plus d'eau et rel&#226;che plus de produits toxiques. Le transport par pipe-line, ensuite, d&#233;verse lors de fuites r&#233;guli&#232;res des millions de litres jusque dans l'oc&#233;an Pacifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contamination rend la r&#233;gion invivable mais pourtant on y vit. D'abord les personnes des premi&#232;res nations, dont la militante &#233;cologiste Melina Laboucan-Massimo se fait ici la porte-parole en brossant un premier tableau des d&#233;g&#226;ts inflig&#233;s aux terres des Cris lubicons, une pollution massive des &#171; ta&#239;gas, fleuves, plaines, zones humides ou tourbi&#232;res &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Melina Laboucan-Massimo, &#171; Du p&#233;trole en territoire lubicon &#187;, photo-essai sur (...)' id='nh4-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; dont ils tiraient leur subsistance. Ensuite les travailleurs du p&#233;trole ainsi que ceux et celles qui entretiennent Fort McMurray, ville-champignon et capitale des &lt;i&gt;tar sands&lt;/i&gt; . D'un ramasseur de canettes &#224; la maire, d'un tenancier de bar &#224; filles &#224; la directrice de la banque alimentaire, David Dufresne brosse leur portrait. Et en creux celui des jeunes hommes qui viennent travailler pour l'industrie p&#233;troli&#232;re, gagner des sommes folles, en claquer une partie tout en esp&#233;rant partir un matin, sans pr&#233;venir, avec un bon magot (compter 50 000 $ par semestre et ne pas imaginer rester plus de deux ans). Dufresne examine les relations entre soci&#233;t&#233; et &lt;i&gt;big business&lt;/i&gt; , ici au niveau municipal, en posant la question : le p&#233;trole est-il soluble dans la d&#233;mocratie ? Pour Nancy Huston et Naomi Klein, dont un dialogue est retranscrit, Fort McMurray est le visage de l'horreur. La loi du profit d&#233;truit les conditions d'une vie authentiquement humaine : un environnement o&#249; trouver sa subsistance, qui ne rende pas malade, et quelque chose comme une communaut&#233; politique, o&#249; le bien commun soit mieux pris en consid&#233;ration que l'avidit&#233; individuelle. Partout dans le monde cette vision recule mais Fort McKenzie pr&#233;sente un &#233;tat tr&#232;s avanc&#233; de ce que peut faire la loi du profit sur les paysages et les personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;Brut &lt;/i&gt; est bref mais entrouvre les portes d'un de ces enfers extractivistes qui nourrissent la machine industrielle. La plong&#233;e est rude mais salutaire : est-ce dans ce monde-l&#224; que nous souhaitons vivre ? Au milieu de justes indignations, cependant, la plainte de Nancy Huston sur les travailleurs du p&#233;trole contraints &#224; la prostitution (entendre : contraints &#224; recourir aux services de personnes prostitu&#233;es &#8211; dont on apprend par ailleurs qu'elles se partagent un joli g&#226;teau) pourrait presque nous faire oublier la violence que les hommes exercent sur les femmes, l&#224;-bas plus qu'ailleurs. Partout au Canada on d&#233;plore les violences, assassinats et disparitions dont sont victimes les femmes autochtones et que les industries n&#233;ocoloniales (qui comme la guerre livrent des territoires entiers &#224; des hordes d'hommes pr&#233;dateurs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Lire &#224; ce sujet &#034;Qu&#233;bec : cap au Nord !&#034; dans le n&#176;3 de L'An 02 (...)' id='nh4-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ) exacerbe. Serait-ce que l'Alberta &#233;chappe &#224; la mal&#233;diction des agressions sur les prostitu&#233;es et de la violence envers les femmes des premi&#232;res nations ? Les d&#233;bats parisiens et la bonne id&#233;e de l'auteure canadienne d'&#233;tablir pour les jeunes filles un service civil du vidage de couilles sont une chose, l'oubli de faire &#233;tat dans ce contexte d'une violence sp&#233;cifiquement dirig&#233;e contre les femmes en est une autre qui me semble plus grave. D'o&#249; une l&#233;g&#232;re d&#233;ception que cette question n'apparaisse pas, &#224; plus forte raison dans un livre qui pr&#233;sente une certaine diversit&#233; de regards, f&#233;minins notamment. Si une soci&#233;t&#233; se distingue par la mani&#232;re dont elle traite les personnes les plus vuln&#233;rables, les dangers qui p&#232;sent sur les femmes autochtones ne sont pas un d&#233;tail de l'histoire. &lt;i&gt; Brut &lt;/i&gt; reste malgr&#233; cela un riche petit ouvrage, qu'il est possible de prolonger gr&#226;ce aux &#339;uvres de David Dufresne : autour des m&#234;mes rencontres, le journaliste a produit un &lt;a href=&#034;http://www.davduf.net/-fort-mcmoney-&#034;&gt;jeu-documentaire&lt;/a&gt; puis un film. Plong&#233;e d'autant plus r&#233;aliste dans cet univers sordide, le froid et les odeurs d'hydrocarbures en moins.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb4-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-1' class='spip_note' title='Notes 4-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Melina Laboucan-Massimo, &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=qz3nSscXamI&#034;&gt;&#171; Du p&#233;trole en territoire lubicon &#187;&lt;/a&gt;, photo-essai sur un texte tr&#232;s proche de celui qui est traduit ici.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-2' class='spip_note' title='Notes 4-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire &#224; ce sujet &lt;a href=&#034;http://www.lan02.org/2013/04/quebec-cap-au-nord/&#034;&gt;&#034;Qu&#233;bec : cap au Nord !&#034;&lt;/a&gt; dans le n&#176;3 de &lt;i&gt;L'An 02&lt;/i&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>A propos des villes intelligentes</title>
		<link>https://lan02.butternet.net/A-propos-des-villes-intelligentes</link>
		<guid isPermaLink="true">https://lan02.butternet.net/A-propos-des-villes-intelligentes</guid>
		<dc:date>2015-12-12T19:56:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clarence Maeander</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;par Clarence Maeander &lt;br class='autobr' /&gt; Connaissez-vous les villes de Songdo, Masdar, PlanIt Valley ou KonzaTechnoCity ? Les villes intelligentes du futur sont l&#224;, ouvrant un avenir radieux pour la d&#233;mocratie... mais attention, vous n'avez pas int&#233;r&#234;t &#224; sortir sans smartphone. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons vu au cours des dix derni&#232;res ann&#233;es appara&#238;tre un nouvel adjectif pour d&#233;signer les villes. Celles-ci ne doivent pas seulement chercher &#224; &#234;tre comp&#233;titives, cr&#233;atives ou durables, mais devenir intelligentes, c'est-&#224;-dire comp&#233;titives (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-No5-Alerte-aux-territoires-19-" rel="directory"&gt;N&#176;5 : &#171; Alerte aux territoires ! &#187;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class='spip_document_29 spip_documents'&gt;&lt;a href='https://lan02.butternet.net/IMG/png/territoire.png' type=&#034;image/png&#034; title=&#034;territoire&#034;&gt;&lt;img src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L150xH127/territoire-df9d3-a8582.png?1696061304' width='150' height='127' alt='territoire {PNG}' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;par Clarence Maeander&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;Connaissez-vous les villes de Songdo, Masdar, PlanIt Valley ou KonzaTechnoCity ? Les villes intelligentes du futur sont l&#224;, ouvrant un avenir radieux pour la d&#233;mocratie... mais attention, vous n'avez pas int&#233;r&#234;t &#224; sortir sans smartphone.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons vu au cours des dix derni&#232;res ann&#233;es appara&#238;tre un nouvel adjectif pour d&#233;signer les villes. Celles-ci ne doivent pas seulement chercher &#224; &#234;tre comp&#233;titives, cr&#233;atives ou durables, mais devenir intelligentes, c'est-&#224;-dire comp&#233;titives et vertes &#224; la fois. Le terme de &#171; ville intelligente &#187; ou smart city fut d'abord utilis&#233; par des universitaires pour attirer l'attention sur le r&#244;le des technologies de l'information et de la communication (TIC) dans l'am&#233;lioration de la &#171; performance urbaine &#187;. Il fut ensuite propag&#233; en 2008 sous l'impulsion marketing de la &#171; plan&#232;te plus intelligente &#187; d'IBM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tude du cabinet Sircome command&#233;e par l'op&#233;rateur t&#233;l&#233;com m2ocity (1) met en avant trois dimensions principales de la &#171; ville intelligente &#187; : la gestion de l'&#233;nergie, notamment par la mise en place de smart grid (ou &#171; r&#233;seau intelligent &#187;) ; l'appropriation de la &#171; ville intelligente &#187; par les habitant&#183;e&#183;s, c'est-&#224;-dire l'association de ces dernier&#183;e&#183;s aux projets et aux d&#233;cisions en passant par le num&#233;rique (e-democratie et smartphones) ; l'acc&#232;s &#224; internet partout dans la ville, pour tou&#183;te&#183;s les habitant&#183;e&#183;s et/ou pour tous les objets. Ce dernier point est essentiel. L'optimisation technique des villes intelligentes repose sur la propagation de deux technologies s&#339;urs : les puces RFID ( &lt;i&gt;radio-frequency identification&lt;/i&gt; ) et leur extension, le standard NFC ( &lt;i&gt;near field communication&lt;/i&gt; ). Ces technologies sans fil permettent aux p&#233;riph&#233;riques &#233;quip&#233;s (smartphones, tablettes, cartes de transport) de communiquer avec d'autres p&#233;riph&#233;riques ou infrastructures sans contact. Ces technologies composent ce qui est couramment nomm&#233; &#171; l'internet des objets &#187; et qui permet de conna&#238;tre &#224; tout moment la position de tout objet &#233;quip&#233; et connect&#233;. Ceci pour optimiser la gestion des flux (eau, &#233;lectricit&#233;, humains).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Le futur est d&#233;j&#224; l&#224;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Construite sur une &#238;le artificielle en Cor&#233;e du Sud, voici Songdo International Business District, la ville vitrine de la multinationale am&#233;ricaine Cisco sp&#233;cialis&#233;e dans le mat&#233;riel de r&#233;seau :&#171; Lors de la phase de construction, Cisco a truff&#233; chaque parcelle de la ville et tout le b&#226;ti de capteurs embarqu&#233;s qui transmettent en continu un flux d'informations &#224; un contr&#244;leur central. Toutes sortes de donn&#233;es en provenance des b&#226;timents, des routes et des infrastructures y sont envoy&#233;es en permanence : des informations relatives &#224; la temp&#233;rature, &#224; la demande &#233;nerg&#233;tique, aux conditions de trafic, etc. Des cam&#233;ras plac&#233;es dans les rues permettent par exemple d'analyser le flux des pi&#233;tons et de r&#233;guler en cons&#233;quence l'&#233;clairage public, permettant ainsi une utilisation plus rationnelle. Des puces RFID, accol&#233;es aux v&#233;hicules, r&#233;pertorient en temps r&#233;el les conditions de trafic exact sur les art&#232;res de la ville et permettent de mieux g&#233;rer les feux de signalisation ou d'afficher des messages de pr&#233;vention routi&#232;re &#187; (2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;T&#233;moignant du savoir-faire des magnats des TIC, &#233;mergent aussi Masdar, une &#171; ville verte &#187; construite ex nihilo au milieu du d&#233;sert de l'&#233;mirat d'Abou Dabi ; PlanIt Valley au Portugal (3) ; KonzaTechnoCity au Kenya, &#233;l&#233;gamment renomm&#233;e &#171; Silicon Savannah &#187;, etc. Pour s&#251;r, les &#171; pays pauvres et en d&#233;veloppement &#187; constituent le nouveau march&#233; de la ville : en Europe ou aux &#201;tats-Unis, il n'y a plus d'argent &#224; faire et nous manquons d'espace pour b&#226;tir de nouvelles villes (4).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les projets de villes intelligentes concernent aussi les villes &#171; traditionnelles &#187;, celles dont la reconversion technologique des espaces urbains reste &#224; faire. Comp&#233;titivit&#233; et d&#233;veloppement durable obligent. Des classements et labels sont &#233;tablis pour motiver les villes &#224; entrer dans la comp&#233;tition. Voici cinq &#171; villes embl&#233;matiques &#187; selon l'&#233;tude Sircome : Lyon, Lille (5), Nantes, et &#224; &#233;galit&#233; pour la quatri&#232;me place Paris et Issy-les-Moulineaux (6). Cette derni&#232;re ville brille notamment par le r&#233;am&#233;nagement du &#171; Fort-d'Issy &#187;, incluant la gestion des appartements par smartphone interpos&#233; (7).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Politique et libert&#233; dans un monde &#171; plus intelligent &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours sur la ville intelligente fait g&#233;n&#233;ralement cohabiter les enjeux d'optimisation avec un enthousiasme immod&#233;r&#233; pour le &#171; participatif &#187; et &#171; l'appropriation &#187;. Dans la &#171; ville intelligente &#187; les citoyen&#183;ne&#183;s sont en contact direct avec la mairie pour notifier les trous dans la chauss&#233;e, ils et elles produisent des donn&#233;es sur toutes leurs activit&#233;s et certain&#183;e&#183;s d'entre eux innovent, c'est-&#224;-dire s'approprient et r&#233;utilisent les donn&#233;es pour produire de nouveaux services. Bref, le/la citadin&#183;e est enfin lib&#233;r&#233;&#183;e de toute contrainte, il/elle peut se d&#233;placer avec fluidit&#233;, entreprendre &#224; souhait, reprendre le contr&#244;le de sa consommation d'&#233;nergie, optimiser son int&#233;rieur connect&#233; et sociabiliser par &#233;cran interpos&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la &#171; ville intelligente &#187; est tentaculaire, si ce n'est totalitaire. Peu de risque quant &#224; la &#171; fracture num&#233;rique &#187; : les prix chuteront et nous aurons acc&#232;s &#224; l'&#233;quipement citoyen minimal (8). En revanche, les citoyenn&#183;e&#183;s devront&#234;tre &#233;quip&#233;&#183;e&#183;s de smartphones : pour pouvoir optimiser la gestion des flux, les tracer et les quantifier, la production d'informations tout azimuts et leur centralisation sont capitales. La technologie &#224; l'&#339;uvre dans la ville intelligente exclura n&#233;cessairement ceux et celles qui refuseraient d'y &#234;tre int&#233;gr&#233;&#183;e&#183;s (c'est-&#224;-dire qui refuseraient d'&#234;tre &#233;quip&#233;&#183;e&#183;s d'objets puc&#233;s, voire d'&#234;tre eux/elles-m&#234;mes puc&#233;&#183;e&#183;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a par ailleurs une illusion fondamentale &#224; croire que la notion d'efficacit&#233;, d'optimisation, peut &#234;tre concili&#233;e avec celle de libert&#233;. Dans une telle organisation, la &#171; gouvernance participative &#187; est un v&#339;u pieux tant il est peu probable que nous puissions discuter de &#171; l'optimalit&#233; &#187; des algorithmes du syst&#232;me d'exploitation urbain. Les choix politiques sont &#233;touff&#233;s par le fonctionnement du syst&#232;me technologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette participation illusoire s'ajoutent les l&#233;gitimes craintes de surveillance. Notons le faible impact de &#171; scandales &#187; comme Prism (9) sur nos habitudes de consommation num&#233;rique ou l'attention mod&#233;r&#233;e que nous portons aux questions li&#233;es &#224; la neutralit&#233; du net. Depuis une dizaine d'ann&#233;es, de nombreux acteurs fondateurs de l'internet nous alertent au sujet des dangers que comportent une fermeture progressive du net, notamment en raison de nos comportements moutonniers donnant un pouvoir d&#233;mesur&#233; aux GAFA (10). Prism ne concerne au fond que l'internet, votre messagerie et les sites sur lesquels vous naviguez. La &#171; ville intelligente &#187; embrasse, elle, la totalit&#233; de votre vie : l'int&#233;rieur de votre appartement, l'entreprise dans laquelle vous travaillez, l'ensemble des lieux publics que vous traversez, tout ce que vous consommez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;La magie des TIC vertes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; encore, le discours de la &#171; ville intelligente &#187; s'accompagne de v&#339;ux pieux dans l'espoir de donner un sens au d&#233;lire technologique. L'invention du concept de &#171; TIC vertes &#187; fait suite &#224; un rapport &#233;tablissant que les &#233;missions de gaz &#224; effet de serre li&#233;es aux TIC repr&#233;sentent 2 % des &#233;missions globales, chiffre comparable &#224; celui de l'aviation (11). Il mise sur la r&#233;duction de l'empreinte &#233;nerg&#233;tique du secteur des TIC et sur &#171; l'optimisation des ressources &#187; que permettraient ces derni&#232;res, pr&#233;tendant ainsi r&#233;duire l'ensemble des &#233;missions de 15 &#224; 30 % d'ici 2020. Malheureusement, en regardant plus loin que l'efficacit&#233; &#233;nerg&#233;tique d'un appareil donn&#233;, nous constatons que les smartphones et tablettes se multiplient, que les &#233;crans LCD sont toujours plus grands, que les d&#233;chets sont toujours mal pris en charge, et que la production de donn&#233;es ne cesse de cro&#238;tre, augmentant la consommation des r&#233;seaux et le nombre de serveurs devant les stocker. Consid&#233;rant que le succ&#232;s de la &#171; ville intelligente &#187; passe par la multiplication des capteurs, des p&#233;riph&#233;riques et donc des donn&#233;es, on ne peut que douter de cette solution marchande et liberticide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est d&#233;j&#224; bien tard pour s'&#233;lever contre ce mouvement, et nous avons peu &#224; attendre d'&#201;tats capitalistes et gestionnaires qu&#233;mandant des solutions industrielles pour relancer la croissance. Pour sortir de l'impasse, commen&#231;ons par refuser les smartphones et autres p&#233;riph&#233;riques NFC ou RFID, relais essentiels de ce monde technologique. D&#233;branchons-nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Op&#233;rateur cr&#233;&#233; en 2011 par V&#233;olia eau et Orange et d&#233;di&#233; aux &#171; objets communicants &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) &lt;a href=&#034;http://www.technocite.be/index.php/fr/blog/88-blog-it-jeu-video-formation-div/154-la-technologie-cisco-a-lechelle-dune-ville&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.technocite.be/index.php/fr/blog/88-blog-it-jeu-video-formation-div/154-la-technologie-cisco-a-lechelle-dune-ville&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(3) Projet momentan&#233;ment report&#233; en raison de la crise. &lt;a href=&#034;http://www.globalconreview.com/companies/internet-everything&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.globalconreview.com/companies/internet-everything&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(4) &#171; Cisco a estim&#233; que 10 &#224; 13 trillions de dollars am&#233;ricains seront d&#233;pens&#233;s au cours des dix prochaines ann&#233;es pour la construction de nouvelles villes [dans des pays en d&#233;veloppement]. Par ailleurs la reconversion [retrofitting] des espaces urbains existants cr&#233;e un march&#233; technologique accessible de l'ordre de 400 billions de dollars [pour le Nord] &#187;. &lt;a href=&#034;http://living-planit.com/what_is_living_planit.htm&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://living-planit.com/what_is_living_planit.htm&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(5) Dans la continuit&#233; de ce que d&#233;crit Tomjo, L'Enfert Vert. Un projet pav&#233; de bonnes intentions, Montreuil, L'&#201;chapp&#233;e, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(6) &lt;a href=&#034;http://www.zdnet.fr/actualites/lyon-en-tete-du-palmares-des-villes-francaises-intelligentes-39795628.htm&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.zdnet.fr/actualites/lyon-en-tete-du-palmares-des-villes-francaises-intelligentes-39795628.htm&lt;/a&gt;. L'&#233;tude Sircome dresse &#171; le palmar&#232;s des 50 villes intelligentes les plus embl&#233;matiques de France &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(7) Ma&#238;trise de la temp&#233;rature, de la lumi&#232;re et de la s&#233;curit&#233; &#224; partir d'un ordinateur de bord reli&#233; &#224; un smartphone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(8) Dans son rapport de novembre 2013, le Conseil national du num&#233;rique a invent&#233; le concept d'e-inclusivit&#233; dans le but de r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s et aider &#224; l'&#233;mancipation des individus par le num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(9) Prism est un programme de surveillance &#233;lectronique mis en place par la NSA (National Security Agency) aux &#201;tats-Unis collectant les renseignements &#224; partir d'internet et des fournisseurs &#233;lectroniques (Google, Facebook, Youtube, Microsoft, Yahoo, Skype, AOL, Apple, etc.) dont le monde a pris connaissance en juin 2013 suite aux r&#233;v&#233;lations de l'ancien employ&#233; Edward Snowden.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(10) Google, Apple, Facebook, Amazon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(11) Flipo F., Dobr&#233; M., Michot M., &lt;i&gt;La Face cach&#233;e du num&#233;rique. L'Impact environnemental des nouvelles technologies&lt;/i&gt; , L'&#201;chapp&#233;e, Montreuil, 2013.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>A partir de l'envo&#251;tement&#8230;</title>
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&lt;p&gt;Entretien avec le philosophe Fr&#233;d&#233;ric Neyrat Propos recueillis par Makekazzo &lt;br class='autobr' /&gt; L'An 02 : Le film Low Life , dans lequel vous apparaissez, traite de la lutte des sans-papiers sur le mode inhabituel de la magie noire. Vous avez consacr&#233; un livre sur l'&#171; envo&#251;tement &#187; chez Antonin Artaud. Quelle est la pertinence de la question de la sorcellerie dans notre monde gestionnaire et bureaucratique ? &lt;br class='autobr' /&gt; Fr&#233;d&#233;ric Neyrat : Vis-&#224;-vis d'Artaud, la question de l'envo&#251;tement &#233;tait une mani&#232;re d'interroger le (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-No3-Ogres-et-sorcieres-Autres-regards-sur-la-societe-technicienne-17-" rel="directory"&gt;N&#176;3 : Ogres et sorci&#232;res. Autres regards sur la soci&#233;t&#233; technicienne&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_14 spip_documents'&gt;&lt;a href='https://lan02.butternet.net/IMG/png/sorciere_petite.png' type=&#034;image/png&#034; title=&#034;sorciere_petite&#034;&gt;&lt;img src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L150xH119/sorciere_petite-74633-4e39d.png?1696061304' width='150' height='119' alt='sorciere_petite {PNG}' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Entretien avec le philosophe Fr&#233;d&#233;ric Neyrat&lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;strong&gt; Propos recueillis par Makekazzo&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;L'An 02&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; : Le film &lt;i&gt;Low Life&lt;/i&gt; , dans lequel vous apparaissez, traite de la lutte des sans-papiers sur le mode inhabituel de la magie noire. Vous avez consacr&#233; un livre sur l'&#171; envo&#251;tement &#187; chez Antonin Artaud. Quelle est la pertinence de la question de la sorcellerie dans notre monde gestionnaire et bureaucratique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Fr&#233;d&#233;ric Neyrat&lt;/strong&gt; : Vis-&#224;-vis d'Artaud, la question de l'envo&#251;tement &#233;tait une mani&#232;re d'interroger le rapport intime entre la folie de cet &#233;crivain et la d&#233;mence de la colonisation capitaliste. Parler d'envo&#251;tement pour d&#233;crire ce rapport, c'est commencer par laisser de c&#244;t&#233; ce qu'on croit savoir de l'&#171; exploitation &#187; et de l'&#171; ali&#233;nation &#187;. C'est s'installer, comme avec le terme de sorcellerie, dans un anachronisme volontaire capable de d&#233;chirer le pr&#233;sent. Plus le pr&#233;sent est compact, coup&#233; des avenirs improbables comme des pass&#233;s sacrifi&#233;s, plus il se perd comme pr&#233;sent &#8211; un pr&#233;sent sans pass&#233; ni avenir est, litt&#233;ralement, inhabitable. Vaudou, envo&#251;tement, zombie, sorcier, magie, tous ces termes cr&#233;ent des zones d'ombres, des zones d'opacit&#233; dans ce syst&#232;me que vous nommez &#171; bureaucratique &#187; et &#171; gestionnaire &#187;, et que je qualifie pour ma part de &#171; surexpos&#233; &#187; ou de &#171; clairvoyant &#187;. Ces deux derniers termes s'appliquent aux nouvelles Lumi&#232;res que nous devons combattre et indiquent en quel sens notre &#233;poque exige un nouveau romantisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;L'An 02&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; : C'est-&#224;-dire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Fr&#233;d&#233;ric Neyrat&lt;/strong&gt; : Romantiques sont non seulement une mani&#232;re de vivre intens&#233;ment le pr&#233;sent sur fond d'un pass&#233; &#224; reprendre et d'un avenir &#224; conqu&#233;rir, mais aussi une mani&#232;re de r&#233;investir le langage. Envo&#251;tement ou sorcellerie, ce ne sont pas d'abord des concepts, mais des m&#233;taphores, qui ne valent que dans la tension qu'elles cr&#233;ent avec les objets qu'elles sont cens&#233;es d&#233;crire &#8211; capitalisme, colonisation, destruction du psychisme, canalisation pr&#233;ventive de l'avenir, etc. Il s'agit donc d'une guerre port&#233;e dans le langage. Fonder la pens&#233;e politique, aussi &#233;mancipatrice soit-elle, sur le seul calcul de l'injustice ou la plate description de l'horreur &#233;cologique, c'est se condamner &#224; partager avec l'ennemi la m&#234;me &#233;masculation des mots, la m&#234;me pauvret&#233; d'imaginaire. J'affirme que le manque de perspective, de profondeur psychique, imaginaire et langagi&#232;re, est l'une des causes du manque de r&#233;volution. Dire qu'il est trop tard pour &#234;tre romantique, trop tard pour faire sentir l'&#233;nigme de l'univers &#224; m&#234;me la terre saccag&#233;e reviendrait &#224; dire qu'il est trop tard pour tout. Ce &#224; quoi je me refuse. Il nous faut continuer &#8211; ici et maintenant - &#224; affirmer en quoi il est juste, bon et beau que les conditions de possibilit&#233;s du vivant soient d&#233;fendues jusqu'&#224; notre ultime souffle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;L'An 02&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; : Les &#233;cologistes en appellent g&#233;n&#233;ralement &#224; ne pas &#171; regarder ailleurs quand la maison br&#251;le &#187;, or &lt;i&gt;Low Life&lt;/i&gt; met en sc&#232;ne une r&#233;sistance sous la forme d'une &#233;vasion par la f&#234;te, la danse ou le sommeil, vus comme des espaces d'autonomie. Certains crieraient au repli h&#233;doniste objectivement utile pour le capitalisme. Y a-t-il malgr&#233; tout une puissance subversive dans la sarabande, l'amour et la r&#234;verie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Fr&#233;d&#233;ric Neyrat&lt;/strong&gt; : Regardons le feu tant que nous voulons, tant que nous ne regarderons pas ailleurs, par ailleurs, &#224; partir d'un ailleurs, nous n'y verrons que du feu. Car voir n'est pas une action m&#233;canique d'application des yeux sur un objet, cela implique une donation de sens, qui suppose une capacit&#233; de discernement. Comme le dit quelque part Beckett, &#171; Quoi, j'ai pass&#233; toute ma roulure de vie dans les sables, et tu veux que j'y voie des nuances ? &#187; Sans art, c'est-&#224;-dire sans diff&#233;rence articul&#233;e entre ce qui existe et ce qui pourrait &#234;tre, ce qu'on voit et d'autres mani&#232;res de voir, de sentir et d'entendre, il n'y a aucune chance que l'&#233;cocide en cours soit reconnu &#224; sa juste mesure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce sens, parler de r&#234;ve n'a rien &#224; voir avec l'id&#233;e d'une fuite dans le r&#234;ve, mais tout avec la n&#233;cessit&#233; de repenser l'articulation de ce qu'on appelle &#171; r&#234;ve &#187; avec ce qu'on appelle &#171; r&#233;alit&#233; &#187;. De nombreux artistes de bio art ont le sentiment que leurs &#339;uvres, support&#233;es par des laboratoires scientifiques, ne sont plus des r&#234;ves, des m&#233;taphores, mais bien des r&#233;alit&#233;s, et ils en sont fiers &#8211; pensez &#224; Eduardo Kac et ses bidouilles transg&#233;niques. Finalement, le r&#234;ve est devenu tr&#232;s dangereux, ce que Burroughs avait parfaitement compris : &#171; L'Am&#233;rique n'est pas tant un cauchemar qu'un non-r&#234;ve. [&#8230;] Le r&#234;ve est un &#233;v&#233;nement spontan&#233; et donc dangereux pour un syst&#232;me de contr&#244;le cr&#233;&#233; par des non-r&#234;veurs &#187;. C'est plut&#244;t du non-r&#234;ve que vend le capitalisme, c'est-&#224;-dire de l'hallucination (du 3D). De la non-m&#233;taphore, c'est-&#224;-dire de la fixation dans les flux du changement permanent. Bref, ne nous faisons pas avoir par les clich&#233;s du capitalisme qui pr&#233;tend avoir investi les d&#233;sirs d'autonomie, de cr&#233;ativit&#233; et d'amour&#8230; Croire un seul instant que l'autonomie est ce qui se passe dans une usine capitaliste, que la cr&#233;ation est identique &#224; la production de marchandise ou que l'amour consiste &#224; rencontrer quelqu'un sur Second Life est la preuve que la capacit&#233; de r&#234;ver, de reprendre les promesses du pass&#233;, de relancer les d&#233;s de l'avenir, a &#233;t&#233; s&#233;rieusement compromise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sachons prot&#233;ger la &#171; r&#234;verie &#187;, surtout si c'est celle d'un promeneur solitaire. Elle est l'une des formes de l'ailleurs &#224; partir duquel une politique efficace est pensable. Elle est ce qui permet &#224; la v&#233;rit&#233; de ne pas &#234;tre seulement &#171; d&#233;rangeante &#187;, mais de pouvoir s'articuler sur une foi dans un monde qui puisse nous convenir. Nietzsche forever.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;L'An 02&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; : L'&#233;cologie suppose aussi un sens de la limite, de la mesure. Si le capitalisme est pareil &#224; un Cronos d&#233;vorant ses enfants, quel autre L&#233;viathan viendra arr&#234;ter cet ogre ? Comment, donc, juguler l' &lt;i&gt;hubris&lt;/i&gt; capitaliste sans sacrifier l'autonomie des individus ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Fr&#233;d&#233;ric Neyrat&lt;/strong&gt; : En r&#233;troc&#233;dant une part de d&#233;mesure (1) aux formes de vie, c'est-&#224;-dire en proc&#233;dant &#224; une nouvelle m&#233;tabolisation anthropologique de la d&#233;mesure comme amour, imagination et formes d'auto-organisations attentives aux relations qu'elles g&#233;n&#232;rent et qui les obligent. Je consid&#232;re en effet, contre Hans Jonas, que le probl&#232;me n'est pas de r&#233;-encha&#238;ner Prom&#233;th&#233;e, le pauvre, le tortur&#233;, mais, 1/ de brider &#8211; &#224; d&#233;faut d'abolir &#8211; le capitalisme et 2/ de refonder le rapport sensitif, &#233;motionnel, esth&#233;tique que nous entretenons avec le monde comme avec les m&#233;diations techniques. On ne peut traiter de la question de l'hubris en g&#233;n&#233;ral, il faut la territorialiser &#224; chaque fois, voir si elle ouvre un espace ou, au contraire, le d&#233;truit. &#171; Nombreux sont les Terribles, mais aucun plus que l'Homme &#187; lorsqu'il ne conna&#238;t plus aucun espace ni aucun temps pour exp&#233;rimenter ce que l'existence a de profond&#233;ment d&#233;mesur&#233;, rebelle &#224; toute norme, toute arch&#233;. L'ogre, ou le L&#233;viathan, ou l'&#201;tat despotique, a besoin du capitalisme pour l'alimenter. Il ne sera jamais &#233;cologique. Le &#171; p&#233;tainisme vert &#187; que pronostiquait Gorz sera tout simplement un nationalisme brun qui finira par se manger lui-m&#234;me suite aux manques de vivres. Ogre autophagique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Cf. &#171; D&#233;mesure &#187;, et le dossier &#171; Prom&#233;th&#233;e contre Areva &#187; in &lt;i&gt;Multitudes&lt;/i&gt; 2011/4 (n&#176; 47).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;Low Life&lt;/i&gt; de Nicolas Klotz et &#201;lisabeth Perceval&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle s'appelle Carmen, lui Hussain. Il est afghan, elle lyonnaise. Elle milite aux c&#244;t&#233;s des sans-papiers, lui est demandeur d'asile. Ils se croisent dans un squat et ils s'aiment. Mais au lieu d'obtenir le statut de r&#233;fugi&#233;, Hussain re&#231;oit son &#171; arr&#234;t de mort &#187; : l'arr&#234;t&#233; d'obligation de quitter le territoire fran&#231;ais. Pour vivre leur histoire, ils se r&#233;fugient dans une vie souterraine, nocturne, sous les radars de la police : une &#171; sous-vie &#187;. Apr&#232;s &lt;i&gt;La Blessure&lt;/i&gt; , qui traitait d&#233;j&#224; de l'immigration clandestine (2004) et &lt;i&gt;La Question humaine&lt;/i&gt; (2007) (1), qui retra&#231;ait les liens de filiation refoul&#233;s entre le management capitaliste et les heures les plus noires de notre modernit&#233;, le tandem Klotz-Perceval signe avec &lt;i&gt;Low Life&lt;/i&gt; (2012) une trag&#233;die contemporaine sur le face-&#224;-face entre une jeunesse rebelle, peinte en puissance antique, et un &#201;tat traqueur et expulseur. A rebours des repr&#233;sentations documentaires sur les luttes militantes, les &#171; armes des faibles &#187; contre les descentes polici&#232;res, la vid&#233;osurveillance et la biom&#233;trie sont, dans ce film, rien de moins que la gu&#233;rilla vaudou et l'&#233;vasion narcoleptique. Une fa&#231;on de replacer le r&#234;ve, la passion amoureuse et le fantastique au c&#339;ur de la politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Adapt&#233; du roman &#233;ponyme de Fran&#231;ois Emmanuel, Stock, 2000, r&#233;&#233;d. Le Livre de poche.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Alerte aux territoires !</title>
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&lt;p&gt;Plus la mondialisation s'acc&#233;l&#232;re (avec la pr&#233;paration cette ann&#233;e d'une zone de libre &#233;change transatlantique) et plus nous avons envie de nous r&#233;clamer &#171; de quelque part &#187;. Les territoires sont donc &#224; l'honneur : les marques r&#233;gionales de textile ou de bouffe industrielle fleurissent, les suppl&#233;ments locaux permettent aux hebdos parisiens de vendre encore un peu de papier et les discours des &#233;lu&#8901;e&#8901;s d&#233;bordent de territoires qu'il faut &#171; d&#233;velopper &#187;, &#171; mettre en synergie &#187;, &#171; am&#233;nager &#187;, etc. Derri&#232;res (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-Dossiers-" rel="directory"&gt;Dossiers&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_29 spip_documents'&gt;&lt;a href='https://lan02.butternet.net/IMG/png/territoire.png' type=&#034;image/png&#034; title=&#034;territoire&#034;&gt;&lt;img src='https://lan02.butternet.net/local/cache-vignettes/L150xH127/territoire-df9d3-a8582.png?1696061304' width='150' height='127' alt='territoire {PNG}' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;Plus la mondialisation s'acc&#233;l&#232;re (avec la pr&#233;paration cette ann&#233;e d'une zone de libre &#233;change transatlantique) et plus nous avons envie de nous r&#233;clamer &#171; de quelque part &#187;. Les territoires sont donc &#224; l'honneur : les marques r&#233;gionales de textile ou de bouffe industrielle fleurissent, les suppl&#233;ments locaux permettent aux hebdos parisiens de vendre encore un peu de papier et les discours des &#233;lu&#8901;e&#8901;s d&#233;bordent de territoires qu'il faut &#171; d&#233;velopper &#187;, &#171; mettre en synergie &#187;, &#171; am&#233;nager &#187;, etc. Derri&#232;res ces petites fiert&#233;s avance la propagande &lt;i&gt;d&#233;senclavatrice&lt;/i&gt; , o&#249; le territoire est le pendant g&#233;ographique du &#171; citoyen &#187; : toujours requis mais jamais central.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#171; ambition territoriale &#187; n'est pas la r&#233;appropriation de nos lieux de vie. C'est leur d&#233;possession par le vide du &#171; marketing territorial &#187; qui aspire et dig&#232;re leurs richesses, c'est leur mise en concurrence par des infrastructures de transport permettant d'exploiter au maximum les diff&#233;rents arguments de leur comp&#233;titivit&#233; sur le march&#233; national ou mondial. Les habitant&#8901;e&#8901;s ? D&#233;m&#233;nag&#233;&#8901;e&#8901;s, r&#233;enclav&#233;&#8901;e&#8901;s entre une voie rapide et un a&#233;roport, ou &#224; reconvertir en guides touristiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la d&#233;brouille parigote &#224; l'ironie landaise, en passant par l'organisation beauceronne, ici et l&#224;, et encore l&#224;-bas, ils et elles r&#233;sistent. Nous transmettons leur message : alerte, on nous vole nos territoires !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Sommaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Phil&#233;mon, &#171; Enlarge your capitale &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
David Langlois-Mallet, &#171; Le Grand Paname, fabrique de l'imaginaire &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
A propos de &lt;i&gt;Paris sans le peuple&lt;/i&gt; , d'Anne Clerval&lt;br class='autobr' /&gt;
Clarence Maeander, &#171; A propos des villes intelligentes &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Natacha Sansoz et Pantxo Desbordes, &#171; Greetings from Mont-de-Marsan &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Castets, &#171; Neuf fontaines &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;a S&#233;bastien, &#171; Le NIMBY contre l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral ? Tout contre &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Sophie M&#233;trich et Julien Milanesi, &#171; L'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral et moi &#187;, roman-photo&lt;br class='autobr' /&gt;
Jacques Prades, &#171; Territoire et &#233;conomie coop&#233;rative &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dario Fo, &#171; Le si&#232;ge de Bologne &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'extr&#234;me droite est-elle technocritique ?</title>
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		<dc:date>2015-12-12T19:55:31Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patrick Marcolini</dc:creator>



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&lt;p&gt;La critique de la soci&#233;t&#233; industrielle est-elle r&#233;ac ? Allons d&#233;j&#224; voir si les cercles r&#233;actionnaires portent un regard critique sur la technique. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'historien Fran&#231;ois Jarrige a r&#233;cemment fait para&#238;tre une volumineuse histoire des &#171; technocritiques &#187;, retra&#231;ant l'action de toutes celles et tous ceux qui, dans les deux derniers si&#232;cles, ont d&#233;nonc&#233; le caract&#232;re n&#233;faste des technologies de leur temps et tent&#233; d'en enrayer les effets d&#233;vastateurs : briseurs de machines, utopistes sociaux, critiques (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lan02.butternet.net/-No6-Qui-est-reac-Qui-est-moderne-20-" rel="directory"&gt;N&#176;6 : &#034;Qui est r&#233;ac ? Qui est moderne ?&#034;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;La critique de la soci&#233;t&#233; industrielle est-elle r&#233;ac ? Allons d&#233;j&#224; voir si les cercles r&#233;actionnaires portent un regard critique sur la technique.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'historien Fran&#231;ois Jarrige a r&#233;cemment fait para&#238;tre une volumineuse histoire des &#171; technocritiques &#187;, retra&#231;ant l'action de toutes celles et tous ceux qui, dans les deux derniers si&#232;cles, ont d&#233;nonc&#233; le caract&#232;re n&#233;faste des technologies de leur temps et tent&#233; d'en enrayer les effets d&#233;vastateurs : briseurs de machines, utopistes sociaux, critiques philosophiques de la modernit&#233;, communaut&#233;s alternatives, mouvements &#233;cologistes radicaux et autres groupes anti-industriels. Ce travail ne se borne pas &#224; faire &#233;merger des archives les figures de r&#233;sistances au &#171; progr&#232;s &#187; technique beaucoup plus nombreuses et vigoureuses que l'historiographie classique ne le laissait croire. En exposant leurs raisons et en montrant leur clairvoyance face &#224; des processus sociaux et environnementaux dont nous voyons aujourd'hui l'aboutissement d&#233;sastreux, il r&#233;habilite une critique de la soci&#233;t&#233; industrielle sur laquelle pesaient jusque-l&#224; de graves soup&#231;ons. En effet, pour reprendre les mots de Fran&#231;ois Jarrige : &#171; Dans le champ politique, la technocritique n'a bonne presse ni &#224; gauche ni &#224; droite. Pour la droite lib&#233;rale, elle est le nouveau visage d'une obsession r&#233;gulatrice tentant de brider la libre entreprise et le progr&#232;s. A gauche subsiste l'id&#233;e que &#8220;des pens&#233;es conservatrices, voire r&#233;actionnaires, alimentent aujourd'hui encore certaines actions technophobes&#8221; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Fran&#231;ois Jarrige, Technocritiques. Du refus des machines &#224; la contestation (...)' id='nh5-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Effectivement, pour une partie de la gauche, y compris de la gauche anticapitaliste, d&#232;s qu'on critique la technoscience, l'id&#233;ologie du progr&#232;s ou la soci&#233;t&#233; industrielle, le spectre de l'extr&#234;me droite n'est pas loin&#8230; Mais ce rapprochement est-il fond&#233; ? L'extr&#234;me droite a-t-elle v&#233;ritablement proc&#233;d&#233; &#224; une critique de la science et de la technique modernes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'on prononce le mot &#171; extr&#234;me droite &#187;, la premi&#232;re image qui vient &#224; l'esprit est naturellement celle du fascisme italien et de l'Allemagne nationale-socialiste. Or le r&#233;gime de Mussolini s'est pr&#233;cis&#233;ment distingu&#233; par une s&#233;rie de grands travaux publics visant &#224; moderniser une Italie per&#231;ue comme retardataire par rapport aux grandes puissances industrielles du nord de l'Europe : ass&#232;chement et mise en culture des mar&#233;cages du Latium, stimulation de la production agricole, construction d'autoroutes et de lignes de chemin de fer, investissements massifs dans l'industrie lourde, etc. Le nazisme, pour sa part, s'est caract&#233;ris&#233; par le recours accru aux pesticides et aux engrais chimiques dans le domaine agricole, la valorisation de l'automobile pour tous et la construction d'un des premiers r&#233;seaux autoroutiers au monde, l'usage intensif des nouvelles techniques de communication de masse, le redressement et la mobilisation de l'arsenal industriel allemand en vue de pr&#233;parer la guerre, la mise au point de nouveaux proc&#233;d&#233;s industriels pour obtenir des substances telles que mati&#232;res plastiques, caoutchouc et textiles de synth&#232;se, etc.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Voir George L. Mosse, La R&#233;volution fasciste. Vers une th&#233;orie g&#233;n&#233;rale du (...)' id='nh5-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Autant de faits qui allaient bien dans le sens du progr&#232;s&#8230; technique. En outre, comme plusieurs auteurs l'ont fait remarquer, les m&#233;canismes d'extermination mis en &#339;uvre dans les camps nazis peuvent eux-m&#234;mes &#234;tre rapport&#233;s aux logiques fondamentales de la modernit&#233; industrielle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-3' class='spip_note' rel='appendix' title='Cf. Enzo Traverso, La Violence nazie. Une g&#233;n&#233;alogie europ&#233;enne , Paris, La (...)' id='nh5-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, les r&#233;f&#233;rences laudatives &#224; l'Antiquit&#233; romaine dans l'Italie fasciste ou au Saint-Empire romain germanique dans l'Allemagne nazie ne doivent pas faire illusion : il s'agissait l&#224; de r&#234;veries &#171; paling&#233;n&#233;siques &#187; (pour reprendre l'expression de l'historien Roger Griffin&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-4' class='spip_note' rel='appendix' title='Roger Griffin, The Nature of Fascism , Londres, Pinter, 1991, et (...)' id='nh5-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), c'est-&#224;-dire qu'elles n'imaginaient pas la possibilit&#233; de revenir en arri&#232;re dans le pass&#233;, mais plut&#244;t de faire &lt;i&gt;rena&#238;tre&lt;/i&gt; celui-ci &#224; travers et par la modernit&#233; &#8211; notamment technologique. Or pour rena&#238;tre, il faut d&#233;j&#224; avoir disparu. Rien d'&#233;tonnant donc &#224; ce que les restes concrets de ce pass&#233; aient &#233;t&#233; d&#233;truits au passage &#8211; comme les vestiges architecturaux de la Rome des C&#233;sars, d&#233;molis sous Mussolini pour construire les monuments c&#233;l&#233;brant la puissance retrouv&#233;e de l'Italie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-5' class='spip_note' rel='appendix' title='Cf. Emilio Gentile, Fascismo di pietra , Roma, Laterza, 2007.' id='nh5-5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui s'applique au fascisme et au nazisme est valable, mutatis mutandis, pour la majeure partie de l'extr&#234;me droite, qui a &#233;t&#233; &#8211; et reste encore &#8211; largement tributaire des paradigmes intellectuels qui ont accompagn&#233; le d&#233;veloppement de la soci&#233;t&#233; industrielle. Chez le royaliste Charles Maurras par exemple, qui fut le fondateur de l'Action fran&#231;aise et le th&#233;oricien du nationalisme int&#233;gral, on serait bien en peine de trouver une critique de la technique et de la science modernes. Et pour cause : il se revendiquait explicitement de la fine fleur du positivisme, c'est-&#224;-dire d'Auguste Comte et de Fr&#233;d&#233;ric Le Play. Comme l'explique Colette Capitan : &#171; Ce que la biologie enseigne, ou les sciences de la nature, le nationalisme int&#233;gral, lui-m&#234;me con&#231;u comme syst&#232;me scientifique, devait pouvoir le corroborer dans le domaine des sciences humaines et de l'histoire &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-6' class='spip_note' rel='appendix' title='Colette Capitan, Charles Maurras et l'id&#233;ologie d'Action fran&#231;aise. &#201;tude (...)' id='nh5-6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La situation est m&#234;me plus frappante encore si l'on observe les mouvements d'extr&#234;me droite qui sont apparu plus r&#233;cemment dans le champ politique. On conna&#238;t, bien s&#251;r, les appels retentissants de Marine Le Pen et du Front national &#224; une vigoureuse r&#233;industrialisation de la France. On sait moins, toutefois, que le FN est aussi l'un des partis les plus en pointe sur les questions num&#233;riques, se mobilisant contre la loi LOPPSI, demandant une protection intransigeante des donn&#233;es personnelles et de la libert&#233; d'expression sur Internet, ou encore approuvant l'introduction de tablettes num&#233;riques &#224; l'&#233;cole (pourvu qu'elles soient fran&#231;aises !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a l&#224; l'indice d'un ph&#233;nom&#232;ne qui devrait attirer toute l'attention des &#171; antifascistes &#187; : du FN jusqu'aux disciples d'Alain Soral en passant par les Identitaires, l'extr&#234;me droite actuelle ne montre en fait aucune r&#233;pulsion vis-&#224;-vis des nouvelles technologies. Et pour cause : &lt;i&gt;elle leur est consubstantiellement li&#233;e&lt;/i&gt; . &#216;yvind Strommen, auteur d'une enqu&#234;te approfondie sur &#171; la toile brune &#187;, parle m&#234;me &#224; cet &#233;gard d'une extr&#234;me droite de troisi&#232;me g&#233;n&#233;ration : apr&#232;s la premi&#232;re marqu&#233;e par le nazisme et la seconde qui plongeait ses racines dans le racisme des gens ordinaires, celle-ci a pour principale caract&#233;ristique d'avoir &#233;t&#233; directement s&#233;cr&#233;t&#233;e par Internet. Internet offre en effet des moyens in&#233;dits par rapport aux anciennes techniques de communication politique : illustrer et renforcer les messages id&#233;ologiques par des images et des vid&#233;os frappantes ; faciliter la mise en contact discr&#232;te avec les groupes extr&#233;mistes, alors qu'il fallait autrefois se rendre physiquement &#224; des r&#233;unions pour les rencontrer et les suivre ; multiplier les espaces de discussion o&#249; des points de vue et des comportements habituellement inacceptables en soci&#233;t&#233; sont normalis&#233;s et encourag&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-7' class='spip_note' rel='appendix' title='&#216;yvind Strommen, La Toile brune , Arles, Actes Sud, 2012, p. (...)' id='nh5-7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est bien ce qui se produit aujourd'hui avec &#201;galit&#233; &amp; R&#233;conciliation, l'organisation d'Alain Soral, dont le succ&#232;s repose quasi-exclusivement sur les vid&#233;os qu'elle met en ligne quotidiennement sur son site Internet, devenu une v&#233;ritable machine de guerre. Mais c'est aussi le cas pour les Identitaires, dont le mod&#232;le cyberactiviste a largement d&#233;teint sur le reste de l'extr&#234;me droite&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-8' class='spip_note' rel='appendix' title='Les principales figures du mouvement identitaire, &#224; l'image de Fabrice Robert (...)' id='nh5-8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on s'&#233;carte un peu de ce panorama, le candidat le plus s&#233;rieux &#224; la cat&#233;gorie &#8211; bien fantomatique &#8211; des &#171; techno-critiques &#187; d'extr&#234;me droite pourrait &#234;tre Alain de Benoist, le fondateur de la Nouvelle Droite, un courant intellectuel d&#233;veloppant depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1970 une critique acharn&#233;e du jud&#233;o-christianisme et de l'&#233;conomie marchande, accus&#233;s de saper les fondements de la &#171; civilisation europ&#233;enne &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-9' class='spip_note' rel='appendix' title='L'organe central de la Nouvelle Droite a longtemps &#233;t&#233; (et reste encore dans (...)' id='nh5-9'&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Alain de Benoist s'est en effet distingu&#233; depuis une quinzaine d'ann&#233;es par une m&#233;fiance revendiqu&#233;e vis-&#224;-vis de la technoscience, et par un ralliement explicite aux th&#232;ses de la d&#233;croissance. Ses revues, &lt;i&gt;&#201;l&#233;ments&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Krisis&lt;/i&gt; , font r&#233;guli&#232;rement place &#224; des textes portant sur la critique du machinisme et des sciences, tandis que ses &#233;crits inspirent les animateurs (&#224; vrai dire assez groupusculaires) de la revue &lt;i&gt;R&#233;bellion&lt;/i&gt; , dont plusieurs articles ont approch&#233; des th&#233;matiques semblables. Mais le personnage ainsi que ses disciples se sont aussi signal&#233;s par une tactique r&#233;currente depuis les ann&#233;es 1980, consistant &#224; s'emparer de toutes les questions occupant le devant de la sc&#232;ne &#224; l'extr&#234;me gauche pour en donner une version d'extr&#234;me droite, en essayant de ramener &#224; eux et &#224; leurs objectifs des intellectuels ou des forces politiques issus du &#171; camp d'en face &#187;. C'est une application directe de leur strat&#233;gie dite &#171; m&#233;tapolitique &#187;, celle du &#171; gramscisme de droite &#187; : pour remporter le combat politique, il faut remporter celui de la culture et des id&#233;es, en imposant sa vision du monde au-del&#224; des clivages traditionnels&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-10' class='spip_note' rel='appendix' title='Cf. Alain de Benoist, Jean-Jo&#235;l Br&#233;geon, Claudine Glot et al., &#171; Pour un (...)' id='nh5-10'&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ainsi a-t-on vu le tiers-mondisme, l'anti-imp&#233;rialisme ou encore la cause palestinienne faire les frais de cette strat&#233;gie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-11' class='spip_note' rel='appendix' title='Pour une illustration de cette strat&#233;gie sur la question du tiers-mondisme, (...)' id='nh5-11'&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ne serait-ce pas au tour de l'&#233;cologie, de la d&#233;croissance et de la critique de la soci&#233;t&#233; industrielle ? Un indice pourrait en &#234;tre le fait que, jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es 70, la Nouvelle Droite &#233;tait plut&#244;t empreinte d'un certain positivisme et ne montrait aucune sympathie pour l'&#233;cologie politique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-12' class='spip_note' rel='appendix' title='Comme l'admet St&#233;phane Fran&#231;ois lui-m&#234;me, pourtant prompt &#224; d&#233;noncer les (...)' id='nh5-12'&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour justifier le ralliement de la Nouvelle Droite &#224; la critique de la technique, Alain de Benoist se r&#233;f&#232;re essentiellement &#224; une constellation d'auteurs issus de la R&#233;volution conservatrice, un courant intellectuel qui s'est d&#233;velopp&#233; dans l'Allemagne des ann&#233;es 1900-1930 et auquel ont &#233;t&#233; associ&#233;s des penseurs tels qu'Oswald Spengler, Ernst J&#252;nger ou Martin Heidegger. Si plusieurs repr&#233;sentants de la R&#233;volution conservatrice &#233;mirent effectivement un certain nombre de r&#233;probations &#224; l'&#233;gard de l'industrialisme &#8211; et ce sont peut-&#234;tre l&#224; les seuls qu'on puisse faire entrer dans la cat&#233;gorie des &#171; techno-critiques &#187; d'extr&#234;me droite &#8211; &#171; bien plus nombreux &#233;taient ceux qui, s'ils critiquaient bien la domination de la technique et de la science dans la soci&#233;t&#233; moderne, faisaient peser cette critique non pas sur la technique en tant que telle, mais sur la d&#233;faillance des cat&#233;gories dirigeantes &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-13' class='spip_note' rel='appendix' title='Stefan Breuer, Anatomie de la R&#233;volution conservatrice , Paris, &#201;ditions de (...)' id='nh5-13'&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ainsi Spengler, dans &lt;i&gt;L'Homme et la technique&lt;/i&gt; (1931), craignait-il que les &#233;lites occidentales, se d&#233;tournant de la technique par &#171; une sorte de pacifisme dans le combat contre la nature &#187;, ne la livrent aux peuples colonis&#233;s, qui s'en empareraient pour la retourner contre la &#171; civilisation blanche &#187;. Dans &lt;i&gt;Le Travailleur&lt;/i&gt; de J&#252;nger (1932), on retrouve la m&#234;me id&#233;e : &#224; l'ancienne bourgeoisie doit se substituer une nouvelle &#233;lite, forg&#233;e dans le creuset des guerres et de l'industrie, capable de plier &#224; sa volont&#233; de domination et d'organisation une technique jusque-l&#224; d&#233;cha&#238;n&#233;e. Le cas d'Heidegger, s'il est plus complexe et toujours en d&#233;bat, rel&#232;ve probablement de la m&#234;me esp&#232;ce, dans la mesure o&#249; le philosophe affirma &#224; plusieurs reprises que le national-socialisme, auquel il avait un temps apport&#233; son soutien, avait pos&#233; &#8211; sans le r&#233;soudre &#8211; le probl&#232;me d'une relation ad&#233;quate entre l'&#234;tre humain et l'essence de la technique. Apr&#232;s guerre, Heidegger finira par adopter une posture fataliste, refusant d'envisager quelque opposition que ce soit &#224; la soci&#233;t&#233; industrielle : &#171; Seul un Dieu peut encore nous sauver &#187; sera son dernier mot sur la question, en 1966&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-14' class='spip_note' rel='appendix' title='Lire notamment son entretien donn&#233; au journal Der Spiegel en 1966 et (...)' id='nh5-14'&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; techno-critique &#187; est finalement loin d'&#234;tre plus repr&#233;sent&#233;e &#224; l'extr&#234;me droite qu'&#224; l'extr&#234;me gauche. Elle est en fait une attitude transversale &#224; tous les courants politiques, &#224; tel point qu'on peut la trouver chez des auteurs aussi mod&#233;r&#233;s que le philosophe Alain, compagnon de route du Parti radical sous la IIIe R&#233;publique, ou l'&#233;crivain humaniste Georges Duhamel, auteur notamment des &lt;i&gt;Sc&#232;nes de la vie future&lt;/i&gt; en 1930. De sorte que le rapprochement entre critique de la soci&#233;t&#233; industrielle et extr&#234;me droite a finalement plus valeur pol&#233;mique qu'autre chose. La plupart du temps, il rel&#232;ve en fait du stratag&#232;me &#233;nonc&#233; par Schopenhauer en 1831 dans &lt;i&gt;L'Art d'avoir toujours raison&lt;/i&gt; : &#171; Nous pouvons rapidement &#233;liminer ou du moins rendre suspecte une affirmation de l'adversaire oppos&#233;e &#224; la n&#244;tre en la rangeant dans une cat&#233;gorie ex&#233;crable, pour peu qu'elle s'y rattache par similitude ou m&#234;me tr&#232;s vaguement &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-15' class='spip_note' rel='appendix' title='Arthur Schopenhauer, stratag&#232;me n&#176;32 de L'Art d'avoir toujours raison , Mille (...)' id='nh5-15'&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb5-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-1' class='spip_note' title='Notes 5-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fran&#231;ois Jarrige, Technocritiques. Du refus des machines &#224; la contestation des technosciences , Paris, La D&#233;couverte, 2014, p. 335-336.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-2' class='spip_note' title='Notes 5-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir George L. Mosse, &lt;i&gt;La R&#233;volution fasciste. Vers une th&#233;orie g&#233;n&#233;rale du fascisme&lt;/i&gt; , Paris, Seuil, 2003, p. 52-54 et 183-191, ainsi que la mise au point tout &#224; fait opportune de Fran&#231;ois Jarrige dans son livre, op. cit., p. 139-143.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-3' class='spip_note' title='Notes 5-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Enzo Traverso, &lt;i&gt;La Violence nazie. Une g&#233;n&#233;alogie europ&#233;enne&lt;/i&gt; , Paris, La Fabrique, 2002, et Zygmunt Bauman, &lt;i&gt;Modernit&#233; et Holocauste&lt;/i&gt; , Paris, La Fabrique, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-4' class='spip_note' title='Notes 5-4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Roger Griffin, &lt;i&gt; The Nature of Fascism&lt;/i&gt; , Londres, Pinter, 1991, et &lt;i&gt;Modernism and Fascism. The Sense of a Beginning under Mussolini and Hitler&lt;/i&gt; , Basingstoke (GB), Palgrave Macmillan, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-5' class='spip_note' title='Notes 5-5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Emilio Gentile, &lt;i&gt;Fascismo di pietra&lt;/i&gt; , Roma, Laterza, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-6' class='spip_note' title='Notes 5-6' rev='appendix'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Colette Capitan, &lt;i&gt; Charles Maurras et l'id&#233;ologie d'Action fran&#231;aise. &#201;tude sociologique d'une pens&#233;e de droite&lt;/i&gt; , Paris, Seuil, 1972, p. 95.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-7' class='spip_note' title='Notes 5-7' rev='appendix'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#216;yvind Strommen, &lt;i&gt;La Toile brune&lt;/i&gt; , Arles, Actes Sud, 2012, p. 81-85.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-8'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-8' class='spip_note' title='Notes 5-8' rev='appendix'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les principales figures du mouvement identitaire, &#224; l'image de Fabrice Robert ou Laurent Ozon, travaillent d'ailleurs directement dans les nouvelles technologies, selon ce qu'ils affirment eux-m&#234;mes sur les sites Internet de leurs mouvements respectifs (le Bloc identitaire et Maison commune). Sur la strat&#233;gie des Identitaires, cf. Emmanuel Casajus, &lt;i&gt;Le Combat culturel. Images et actions chez les Identitaires&lt;/i&gt; , Paris, L'Harmattan, 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-9'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-9' class='spip_note' title='Notes 5-9' rev='appendix'&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'organe central de la Nouvelle Droite a longtemps &#233;t&#233; (et reste encore dans une certaine mesure) le GRECE, &#171; Groupement d'&#233;tudes et de recherches sur la civilisation europ&#233;enne &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-10'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-10' class='spip_note' title='Notes 5-10' rev='appendix'&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Alain de Benoist, Jean-Jo&#235;l Br&#233;geon, Claudine Glot et al., &#171; Pour un &#034;gramscisme de droite&#034; &#187;, &lt;i&gt;Actes du XVIe colloque national du GRECE&lt;/i&gt; , Paris, Le Labyrinthe, 1982.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-11'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-11' class='spip_note' title='Notes 5-11' rev='appendix'&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour une illustration de cette strat&#233;gie sur la question du tiers-mondisme, cf. Alain de Benoist, &lt;i&gt;Europe, Tiers monde, m&#234;me combat&lt;/i&gt; , Paris, Robert Laffont, 1986, et l'analyse critique de Fran&#231;ois Partant, &#171; Un livre et de nombreux auteurs : Alain de Benoist et le tiers-mondisme &#187;, &lt;i&gt;in Cette crise qui n'en est pas une&lt;/i&gt; , Paris, L'Harmattan, 1994, p. 245-273.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-12'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-12' class='spip_note' title='Notes 5-12' rev='appendix'&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comme l'admet St&#233;phane Fran&#231;ois lui-m&#234;me, pourtant prompt &#224; d&#233;noncer les racines pr&#233;tendument r&#233;actionnaires de l'&#233;cologie politique (cf. S. Fran&#231;ois, &lt;i&gt;L'&#201;cologie politique : une vision du monde r&#233;actionnaire ?&lt;/i&gt; , Paris, Cerf, 2006, p. 81-82).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-13'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-13' class='spip_note' title='Notes 5-13' rev='appendix'&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Stefan Breuer, &lt;i&gt;Anatomie de la R&#233;volution conservatrice&lt;/i&gt; , Paris, &#201;ditions de la Maison des sciences de l'homme, 1996, p. 86.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-14'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-14' class='spip_note' title='Notes 5-14' rev='appendix'&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire notamment son entretien donn&#233; au journal &lt;i&gt;Der Spiegel&lt;/i&gt; en 1966 et publi&#233; dix ans plus tard : Martin Heidegger, &lt;i&gt;R&#233;ponses et questions sur l'histoire et la politique&lt;/i&gt; , Paris, Mercure de France, 1977. On remarquera d'ailleurs que des auteurs tels qu'Adorno ou Anders, inspirateurs des courants anti-industriels actuels, ont pris le soin de se distinguer des positions de Heidegger. Cf. G&#252;nther Anders, &lt;i&gt; Sur la pseudo-concr&#233;tude de la philosophie de Heidegger&lt;/i&gt; (1948), Paris, Sens &amp; Tonka, 2003 et T. W. Adorno, &lt;i&gt;Jargon de l'authenticit&#233;. De l'id&#233;ologie allemande&lt;/i&gt; (1964), Payot, 1989&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-15'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-15' class='spip_note' title='Notes 5-15' rev='appendix'&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Arthur Schopenhauer, stratag&#232;me n&#176;32 de &lt;i&gt;L'Art d'avoir toujours raison&lt;/i&gt; , Mille et une nuits, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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